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Le samedi 13 mars 2010 à 14h30 à l'Atelier des Canulars se tiendra, avec le collectif Dissent ! Paris, une discution/echange autour des contres-sommet.
- Globalisation - capitalisme / Éducation - partage des savoirs, Globalisation - capitalisme, Résistances et solidarités internationales, En une
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Festival alternatif, ponctué de conférences-débats, projections, défilé avec les enfants de villeurbanne, soirée Marmite (scène ouverte spectacle vivant) et trois soirs de Koncerts (musique africaine/ électro/ festif/ reggae). Tous ceci du 15 au 20 mars.
- Fêtes - Festivals - Vie du mouvement / Fêtes - Festivals - Vie du mouvement
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Il y a des écrits, parfois, rarement même, qui réussissent à parler à toutes les parties de votre cerveau en même temps. Au centre du volcan, qui apparait ici pour la première fois en français est de ceux-là. Dans ce texte qui prend pour fil conducteur la critique du concept de Progrès, l'auteur examine de façon critique les révolutions des XIXe et XXe siècles à la lumière de la réalité des émeutes et des insurrections qui n'ont pas suivi les traces des quelques architectes politiques de la révolution (on y cite par exemple, l'avènement du socialisme). Il explore également, sur les traces de Bakounine et Coeurderoy, les relations généralement considérées comme dichotomiques, entre la raison et les passions, afin de se réapproprier les deux dans un souci d'émancipation totale. C'est de l'inconnu que tente de nous parler ce texte, de cette grande inconnue qu'est l'insurrection, qui arrête le temps et le démolit comme le Vésuve contre Pompéi. Comme la guerre sociale contre la routine du quotidien. Mais c'est aussi de la peur qu'elle inspire dont nous parle ce texte italien, lorsque le retour à la normale n'est plus possible. Nous vous invitons donc à le lire avec intérêt, à en diffuser le contenu, plus que le bout de papier que vos doigts triturent.
Ravage Éditions, février 2010.
Bien que mise à l'épreuve par les catastrophes multiples qui pèsent sur l'humanité, la conviction enracinée que toute l'Histoire s'est développée en poursuivant une route progressive plus ou moins constante, sinon entièrement régulière, continue d'être défendue et soutenue. Cette idée d'évolution progressive n'est pas si étrange, car vraie. Vraie car, de la désertion des cavernes, nous avons maintenant atteint le point de voyager dans l'espace. Aujourd'hui est meilleur qu'hier - et plus mauvais que demain. Mais quel fut le point de départ de cette irrésistible course ? Un des pères de l'anthropologie culturelle, L.H. Morgan, dans son étude des lignes du progrès humain, de l'état sauvage à la civilisation, divise l'histoire de l'humanité en trois étapes : l'état primitif, la période barbare, et celle de la civilisation. Morgan déclare que cette dernière étape a commencée par l'invention d'un alphabet phonétique et avec la diffusion de l'écriture. « Au commencement était le Verbe » dit la Bible [1]. C'est le discours, qui a facilité le cours de l'humanité, lui permettant de conjecturer, discuter, répliquer, argumenter, s'accorder, conclure. Sans le discours, la tour de Babel de la communauté humaine n'aurait pas pu être construite. Dans la force persuasive du mot, la Raison se manifeste elle-même et devient ainsi la technique pour la création et le gouvernement du monde, s'assurant que les humains ne tournent pas en rond, se propulsant dans la voie considérée comme meilleure. Et la Raison, comme un sage romain l'a dit, est la seule chose par laquelle « nous nous distinguons des brutes ».
Dante a utilisé la même expression pour distinguer les animaux qui n'étaient pas rationnels de l'être humain, qui l'était : « il est évident que vivre en animal équivaut à ressentir - des animaux, je dis, des brutes - vivre comme un homme c'est utiliser la raison. » En effet, les humains eux-mêmes peuvent aussi vivre comme des « brutes » quand ils renoncent aux prérogatives que le poète Toscan considère comme typiques de l'être humain, et sources de sa grandeur. Effectivement, toute la philosophie enseigne que l'être humain diffère des animaux parce qu'il est doué de raison. Si il se limitait à la satisfaction de ses besoins physiologiques, rien ne le séparerait du reste de la faune, et la vie sur cette planète se limiterait de façon stable dans des conditions préhistoriques. Mais ce n'est pas le cas. Et les modification qu'entraine ce processus d'évolution, est vu comme un progrès. L'être humain marche dorénavant droit et défie les cieux tandis que les animaux continuent pour la plupart à ramper au sol. C'est pourquoi l'on pense que les animaux sont guidés par l'Instinct - qui les mène à se préserver et à chercher ce qui est le plus bénéfique - considéré comme le bas du ventre ; tandis que les humains sont guidés par la Raison - qui les mène à poursuivre le juste et l'utile - représenté par la tête.
Et la Raison, comme les grecs anciens le disaient, est commune à tous et universelle. Donc, la Raison est Une. Mais qui détermine cela ? Et, par dessus tout, qu'arrive-t-il si quelqu'un s'oppose à cela, refusant de suivre parce qu'il a d'autres raisons auxquelles il n'a pas l'intention de renoncer ? Si la raison est manifestée par le discours, qu'arrive-t-il lorsque nous n'avons pas les mots pour exprimer ce qui nous anime ? Le monde dans lequel nous vivons est un univers renfermé sur lui-même, à tel point qu'il ne peut pas tolérer ce qui lui échappe, il est seulement capable d'accepter ce qui peut être inclut dans ses schémas cognitifs et normatifs, et donc il finit par confiner ce qu'il ne peut pas expliquer dans les limites de la folie, de la barbarie et de l'utopisme irrationnel.
Même la critique sociale - comprise non seulement dans sa simple expression théorique, mais aussi dans sa réalisation pratique - a connue cette brutalité, une étape dans laquelle la lutte contre l'ordre social provoqué par l'inassouvissement de sa propre condition misérable n'avait pas encore développé de formes articulées par l'activité projectuelle, mais s'était plutôt cantonnée à assumer des formes de révoltes sporadiques -et en manque de motivations théoriques- et n'avait visé qu'à des satisfactions immédiates. Autrement dit, quand le navire a débordé, une violence aveugle s'est déchainée, qui, bien qu'elle était capable d'identifier l'ennemi, n'était pas encore capable d'exprimer ses raisons. Et à cause de cela, aussitôt que la colère s'est apaisée, la situation est retournée à normale. Avec l'être humain comme avec la critique sociale, il est possible d'indiquer un point de départ de l'instant où l'instinct a laissé sa place à la raison.
Dans la première moitié du XIXe siècle, on a pu voir la dernière grande révolte « insensée » (le luddisme) et l'apparition du projet politique qui, sans oublier ses illustres prédécesseurs, exigerait l'intervention de Marx et Engels pour être pleinement développé. L'année 1848 était non seulement l'année des grands soulèvements sociaux partout en Europe, mais aussi l'année où le Manifeste du Parti Communiste a vu la lumière de jour. Le désir de changer le monde est sorti de la caverne, a dissous une grande partie de ses caractéristiques mystiques et idéalistes pour acquérir sa propre rationalité et devenir science sociale. Ce n'était pas par hasard qu'Engels, dans sa préface à l'édition anglaise du Manifeste, publiée en 1888, décrivait les mouvements sociaux radicaux d'avant 1848 comme des « formes purement instinctives de communisme brut et mal taillé ».
Convaincu de l'imbécillité des explosions irréfléchies de haine, cette lutte pour la liberté élabore ses programmes, ses stratégies, et commence à préconiser la subversion de la société entière et sa reconstruction sur d'autres bases. Le communisme scientifique et toutes ses variantes naquirent, de même pour le mouvement anarchiste. Pendant 150 ans, les communistes autoritaires et les anarchistes ont tout deux vu la prise de conscience comme la condition fondamentale de tout changement social. Tandis que les partisans de l'autorité ont aspiré à imposer cette conscience d'en haut par leurs organisations politiques sur un prolétariat préparé pour cela, les anarchistes ont essayé de l'élever spontanément par la propagande ou par l'exemple. Des millions d'écrits ont été distribués dans ce but, sous forme de journaux, magazines, livres, brochures, affiches, tracts ; des conférences, manifestations et autres initiatives ont été organisés et des comités et associations ont été constitués ; sans mentionner toutes les luttes sociales et les attaques individuelles ou collectives effectuées contre les institutions. Le cœur de chaque révolutionnaire était rempli de beaucoup d'espoir.
Il y avait la certitude que toute cette activité mènerait tôt ou tard au réveil des consciences parmi les exploités, qui rendrait la révolution, finalement possible. La raison de la Liberté - toujours pensée comme indivisible, commune à tous et universelle - prendrait alors la place des raisons du Pouvoir, qui avait usurpé sa légitimité.
Aujourd'hui nous savons que ce processus déterministe n'était qu'une illusion. L'histoire ne va pas inévitablement quelque part. Et quand bien même, le pouvoir n'a jamais cessé d'exister. Si autrefois les exploités se remuaient à la simple mention du mot « grève » ; se réunissaient dans chaque ville, pays, usine ou quartier parce que la vie elle-même était la vie collective de la classe ; si la vie des opprimés incluait la discussion quotidienne des conditions d'existence et de la lutte ; si malgré l'hétérogénéité de cette conscience, ils ont discuté de la nécessité de détruire le capitalisme, de construire une nouvelle société sans exploités ni exploiteurs, partout ; il est indéniable qu'au cours des quelques dernières décennies, tout cela a disparu, avec le tant redouté « prolétariat » - considéré en tant que classe : la vision du monde opposé à celle du Capital.
Ce n'est pas un hasard. Le Capital s'est appliqué à atteindre le point où il peut construire une société idéale dans laquelle l'ennemi n'existe plus, où ne reste plus seulement que des bons citoyens productifs, des humanoïdes capables de reproduire la société sans poser de questions. Face au danger représenté par la raison révolutionnaire, un groupe dense de philosophes et de flatteurs, d'artistes, auteurs, linguistes, sociologues, psychanalystes, historiens - se sont consacrés à drainer cette raison révolutionnaire de toute signification. La « fin de l'Histoire » signifie qu'il n'y a plus d'avenir dont on peut revendiquer l'influence : l'instant, cette pulsation abstraite, artificielle, déconnecté de la durée, est élevé au rang d'application suprême. Dans ces temps sans profondeur, la chose est surmontée par l'apparence, le contenu s'efface devant la forme vide, le choix cède à l'automatisme, l'individu abdique son autonomie. Ainsi, il se retrouve plongé de nouveau dans le vide oppressant des affiches publicitaires qui rendent l'Absence quelque peu séduisante. La raison d'État a perduré, seulement pour gérer et endurer, c'est une chose que les ecclésiastiques du post-modernisme n'ont jamais pensé à remettre en question.
De cette façon, le pouvoir a essayé d'effacer préventivement les raisons des révolutionnaires. Et non seulement les grandes raisons - Communisme ou Anarchie - Mais les plus petites et les plus simples aussi, celles qui marquent la vie quotidienne de chaque exploité, lui permettant d'être conscient de ce qu'il veut et pourquoi il le veut, distinguer les riches des pauvres, la police des prisonniers, la violence de l'état de celle du rebelle, la charité de la solidarité. Mais concernant cette intention de mettre fin à toute rébellion à jamais, quelque chose n'a pas fonctionné.
Les révoltes continuent d'éclater. Ce qui les caractérise est le fait qu'il n'y a aucune progression quantitative visible avant l'explosion ; les dimensions grandissent au plus haut niveau sans être précédées par de grandes luttes partielles. Leur étincelle n'est pas la promesse d'une liberté future, mais la conscience d'une misère présente, qui, lorsqu'elle n'est pas économique, est certainement émotionnelle. Maintenant, la révolte n'a plus de raisons d'avancer, elle est sans objectifs précis et explicites, elle propose rarement quoi que ce soit de pro-positif. Le point de départ est une négation générale des aspects de la vie dans laquelle économie, politique, société et quotidien sont mélangés. Maintenant la révolte est caractérisée par l'action violente et résolue des insurgés qui occupent les rues et se heurtent violemment avec tous les organes de l'État, mais aussi, entre eux. Nous sommes au seuil de la guerre civile, nous sommes déjà dans la guerre civile.
Le fait même que la révolte peut assumer la forme d'une explosion imprévue révèle un élément fort important : l'effet de surprise. Le vieil arsenal social-démocrate réformiste est désarmé face aux actions des insurgés. Le syndicalisme se trouve lui aussi complètement incapable de répondre et d'incorporer la violence en son sein. Les assistants sociaux et tous les agents de médiation sociale de l'État se trouvent généralement complètement débordés. L'absence de demandes précises rend le travail de récupération encore plus difficile et il n'y a plus rien à faire pour ces gens que de les dénigrer en parlant de « l'autisme des rebelles ». Mais il n'y a pas que les conseillers du roi qui s'inquiètent. Les révolutionnaires aussi, habitués pendant des années à la répétition constante du concept que la révolution « n'a rien en commun avec l'explosion d'un baril de poudre », cette découverte les prends donc au dépourvu. Comment raisonnez-vous avec celui qui n'a aucune raison ? Comment discutez-vous avec celui qui n'a aucun mot ? La révolte peut être féroce, mais elle n'est actuellement pas capable de faire les distinctions qui exigent une analyse. N'importe lequel d'entre nous pourrait se retrouver dans la position du conducteur de camion passé à tabac et attaqué à coup de pierres au cours de la révolte de 1992 à Los Angeles.
« Le coq contraint dans l'étroitesse de la stalle, entouré par des chevaux, sans autre literie à portée de main, a été contraint de rechercher une place sur le plancher rendu peu fiable par le cheval piétinant tout autour. Étant en sérieux danger pour sa fragile vie, le coq avança prudemment l'invitation suivante : "je vous prie, messieurs, laissez nous nous stabiliser sur nos pieds ; je crains qu'autrement, nous pourrions nous piétiner les uns les autres. »
A la lanterne de notre conscience plus ou moins critique, nous errons dans la tentative vaine d'illuminer la nuit noire qui nous entoure aujourd'hui. Tous les textes que nous avons lus se montrent inadéquats, incapables de nous faire parvenir un fil pour nous mener hors de ce labyrinthe. Quand les événements quotidiens se présentent à nous, nous ne sommes plus capables de les déchiffrer. Des révoltes continuent à éclater dans le monde entier, mais pas une trace d'elles n'apparaît dans nos manuels. Ainsi, quand nous dénigrons la mauvaise insurrection en Albanie (1997) et applaudissons à la bonne révolte à Seattle (1999), conformément à notre raison bourrée de notions livresques, nous n'agissons pas tellement différemment du coq de la fable : nous conseillons à chacun de se tenir stables. Enfin, une révolte comme il se doit ! Que tous les insurgés du monde la prennent comme modèle !
Ainsi, nous voyons de nouveau comment l'exigence avancée par les révolutionnaires au cours de l'histoire a presque toujours exclusivement été logique, pour ne pas dire normative. Et la norme fait de son mieux pour contraindre la réalité à s'y conformer. Mais le réel s'en échappe, parce qu'aucune idéologie n'est en position de l'épuiser. Malgré les meilleures intentions, rien ne garantit que la révolte de Seattle devienne un modèle. A vrai dire, il semble que le vent souffle dans l'autre sens.
Pendant des années, nous avons soutenu la vertu de la raison comme seule guide de nos actions, et maintenant nous nous retrouvons avec rien ou presque en main. Dans la recherche d'un chemin pour s'évader de l'absurdité qui menace notre existence, il est difficile de résister à la tentation de changer radicalement de direction et de porter notre attention sur ce que l'on considère habituellement comme l'antipode de la raison, à savoir, la passion. Après tout, il y en a déjà qui ont redécouvert que les passions sont l'une des armes les plus dangereuses dans l'attaque contre ce monde d'autorité et d'argent. Nous pouvons épousseter les vieux textes de Bakounine et Coeurderoy, anarchistes du XIXe siècle qui ont exaltés le « déchaînement des passions malicieuses » et la « révolution comme travail de Cosaques ».
Écoutons les paroles destructrices de Coeurderoy : « Révolutionnaires anarchistes, disons-le hautement : nous n'avons d'espoir que dans le déluge humain ; nous n'avons d'avenir que dans le chaos ; nous n'avons de ressource que dans une guerre générale qui, mêlant toutes les races et brisant tous les rapports établis, retirera des mains des classes dominantes les instruments d'oppression avec lesquels elles violent les libertés acquises au prix du sang. Instaurons la révolution dans les faits, transfusons-la dans les institutions ; qu'elle soit inoculée par le glaive dans l'organisme des sociétés, afin qu'on ne puisse plus la leur ravir ! Que la mer humaine monte et déborde ! quand tous les déshérités seront pris de famine, la propriété ne sera plus chose sainte ; dans le fracas des armes, le fer résonnera plus fort que l'argent ; quand chacun combattra pour sa propre cause, personne n'aura besoin d'être représenté ; au milieu de la confusion des langues, les avocats, les journalistes, les dictateurs de l'opinion perdront leurs discours. entre ses doigts d'acier, la révolution brise tous les nœuds gordiens ; elle est sans entente avec le Privilège, sans pitié pour l'hypocrisie, sans peur dans les batailles, sans frein dans les passions, ardente avec ses amants, implacable avec ses ennemis. Par Dieu ! laissons-la donc faire et chantons ses louanges comme le matelot chante les grands caprices de la mer, sa maîtresse ! » [2]
Revendiquer le chaos après avoir futilement essayé de mettre les choses en ordre pendant des années. Exalter la barbarie après l'avoir identifiée pendant si longtemps comme le capitalisme. Cela pourrait même sembler contradictoire, mais de cette manière, ne nous sentons nous pas beaucoup plus proche du but ?
Pourtant, si nous y réfléchissons bien, il est étrange que pour avancer la thèse qui veut que la barbarie soit non seulement ce qui inspire le plus la crainte en nous, mais aussi une possibilité sur laquelle parier, il faut faire appel à de tels signes avant-coureurs. Comme si nous nous sentions en tort et ainsi dans le besoin de trouver de nouvelles justifications derrière lesquelles cacher nos doutes et notre insécurité. Mais alors, que servons nous en nous consacrant à la fabrication des analyses des changements profonds subis par la structure sociale, en illustrant la restructuration technologique du capital, en exposant l'atomisation du système de production, en agissant pour la fin des grandes idéologies, en stoppant le déclin du sens, en se lamentant sur la dégradation de la langue, etc, etc ? Raison après raison, analyse après analyse, citation après citation, peut-être que tout ce que nous avons réussi à faire est l'érection d'un autre mur insurmontable, qui nous protégerait, si ce n'est pas de la réalité externe, de nous-mêmes.
Si la raison est une boussole, les passions sont les vents.
En réalité, nous sommes les victimes d'une grande tromperie, conçue par nous-mêmes. Lorsque nous nous approprions les textes d'un Bakounine ou d'un Coeurderoy pour soulager la sensation brûlante laissée par les déceptions causées par la mort de tout les grands projets sociaux, nous ne prenons pas assez en considération que ces anarchistes ne sont pas nos contemporains, n'ont pas été témoins de la chute du mur de Berlin, n'ont pas vécu à l'ère d'Internet. Nous proposons leurs idées à nouveau, mais évitons les réflexions qui les ont précédées (dans un contexte historique complètement différent du notre) pour placer leurs espoirs en une transformation radicale non pas dans l'adhésion à un programme idéal, mais dans la sauvage irruption des forces humaines les plus sombres. Ainsi, nous pouvons laisser aux cochons tant de questions, comme le pourquoi -comme disait Coeurderoy- « la révolution sociale ne peut plus être menée par une initiative partielle, par la facilité, par le Bien. Il est nécessaire que l'Humanité se libère par une révolte générale, par un contrecoup, par le Mal. »
Mieux vaux alors déguiser les vieilles certitudes dans de nouveaux habits que de s'en débarrasser. Mieux vaut nous regarder dans le miroir qui reflète l'image d'un individu civilisé et pensant, bien qu'à l'intérieur un barbare libre et sauvage guette l'occasion propice pour se montrer. Si on ne peut plus avoir foi en la vertu du progrès, mieux vaux jurer sur la nature spontanée, véritable et substantielle de l'individu sur qui la civilisation a surimposé ses vulgaires conventions sociales au cours des siècles. Mais n'est-ce pas aussi une projection idéologique, une version mise à jour du soleil de l'avenir qui se montera tôt ou tard derrière les sommets comme par magie ? Et le problème consiste dans le fait de ne pas savoir s'il y a une nature humaine non contaminée par la télévision que l'on pourrait redécouvrir, ou si l'homme inconscient pourrait être extirpé de l'empoisonnement du Capital.
En fait, malgré les apparences, les textes de Bakounine et Coeurderoy sont le fruit d'un raisonnement parfaitement logique. Le but que l'on veut réaliser détermine les moyens qui seront utilisés. Si notre but était de redistribuer les cartes du jeu, on pourrait facilement proposer un argument raisonnable sur les moyens à utiliser. Il serait entendu que chacun à son tour devrait tenir la banque. Mais si notre objectif est de détruire le jeu en soi, avec toutes ses règles, ses cartes et les joueurs qui y prennent part, alors les choses changent. Autrement dit, si nos désirs se limitaient au remplacement d'une classe dirigeante, la restauration de secteurs actuellement hors d'usage, la réduction des prix, la baisse des taux d'intérêt, la meilleure ventilation des cellules de prison et autres choses du même genre, ils resteraient dans la sphère du possibilisme rationnel.
Si au lieu de cela nous voulons mettre fin au monde tel que nous le connaissons et entrer par conséquent dans un monde qui est tout à fait fantastique à imaginer, alors nous faisons face à un projet considéré comme impossible, extraordinaire, qui exige des moyens surhumains pour être réalisé.
Une révolte pesée dans la balance de la commodité, avec un œil attentif aux avantages et aux inconvénients à chaque étape de sa progression, est vouée à la défaite dés le départ, parce qu'elle ne peut seulement s'avancer que jusqu'à un certain point et s'arrêter ensuite. Du point de vue de la logique, il est toujours préférable de trouver un compromis que de se battre. Il n'est pas raisonnable pour une personne exploitée de se rebeller contre la société, parce que la société la maîtrisera. La barricade peut toujours avoir son charme, mais il est inutile de cacher que beaucoup y rencontreront leur mort. Et personne ne sait à l'avance dans quelle poitrine la balle s'arrêtera.
Voila pourquoi les seuls alliés qui restent sont les passions, ces viles passions pour lesquelles tout est possible, même l'impossible.
Bakounine et Coeurderoy l'ont compris. On ne peut pas faire la révolution avec le bon sens. Seule la passion est capable de magnifier l'esprit humain, le portant vers des fins impensables, l'armant d'une force invincible. Seuls les individus qui ont « perdus la tête », sur qui la raison n'exerce plus aucun contrôle, sont capables d'accomplir les actes nécessaires à la destruction d'un ordre dirigeant séculaire. Comme nous pouvons le voir, il n'est pas question de convertir un maximum de personnes à un idéal considéré comme juste, mais de les exalter. Comme un vieil anarchiste aimait à le dire : « les gens partagent beaucoup les qualités du charbon : une masse infecte et sale lorsqu'éteinte ; lumineuse et ardente lorsqu'enflammée. »
Mais l'ardeur des passions ne dure pas longtemps, elle est passagère, comme les révoltes actuelles. C'est une intoxication qui pousse au-delà de soi-même, mais qui se rendort aussitôt la nuit tombée. On peut retirer de cela que si la raison seule n'est pas capable de nous guider vers la liberté, il en va de même de la passion seule. Mais personne n'a jamais revendiqué une telle chose. Nous voilà devant les conséquences d'un malentendu qui survient lorsqu'on oppose une passion censément irrationnelle à une raison vraisemblablement indifférente, générant ainsi une antithèse qui n'existe pas dans la réalité. Parce que, loin d'être impétueuse et non réfléchie, la passion est tout à fait capable de prendre le temps et de se donner une perspective pour achever ses buts. De même que les acrobaties de la raison servent le plus souvent à justifier le résultat de nos passions après coup. Peut-être que rien n'a encore montré à quel point logique et passion se complètent, s'interpénètrent profondément et se contiennent mutuellement, comme dans le travail de Sade où l'on retrouve le chevauchement continuel de scènes orgiaques et d'argumentation philosophique. La boussole et les vents sont tous deux indispensables. Peu importe le voyage que l'on entreprend, on ne peut pas faire sans l'un ou l'autre de ces deux éléments. C'est pourquoi Bakounine a invoqué la fureur, mais a aussi parlé du besoin d'un « pilote invisible ». Maintenant, il y a le fait qu'il est impossible de piloter une tempête. On peut seulement l'endurer.
« La révolution violente que nous avons senti grandir depuis quelques années et que j'avais personnellement tant désiré est passée en-dessous de ma fenêtre, sous mes yeux et m'a retrouvé embarrassé, incrédule. [...]. Les trois premiers mois étaient les pires. Comme plusieurs autres j'étais hanté par la perte épouvantable de contrôle. Moi, qui avait désiré la subversion, le renversement de l'ordre établi, avec toute ma force, en effet moi, maintenant au centre du volcan, j'abhorre les exécutions sommaires, le pillage, tous les actes de banditisme. J'ai été déchiré comme toujours entre l'attraction théorique et émotionnelle pour le désordre et le besoin élémentaire d'ordre et de paix. »
Luis Buñuel.
Il n'y a pas que la personne politique et économique, inquiétée par les élections et la bourse, qui affronte la tempête, contre le chaos et les forces primordiales de la barbarie, mais, par dessus tout, la personne moraliste. Désavouer les normes sociales, s'abandonner aux instincts signifie tomber en arrière dans l'obscurité du sauvage au point de ranimer les horreurs de la horde primordiale. La civilisation, alors, pourrait être la Raison, l'Ordre, la Loi et pas nécessairement celle de l'État. Les camarades de Bakounine à Lyon n'oublient pas les reproches. Un d'entre eux se souvient comment les conflits ont éclaté entre eux « dont la cause principale était la grande théorie de Bakounine sur la nécessité de permettre à toutes les passions, tous les appétits, toute la colère des gens de se manifester librement déchaînés, sans muselière. » Il y avait un camarade en particulier qui « ne voulait pas saisir ce déluge possible de violence de la bête humaine » et qui condamna « chaque sorte de crime et d'abomination, qui donnerait à la révolution une mine sinistre, et qui priverait la grandeur de l'idée par la brutalité des instincts, se soulevant contre ceux qui ont l'amour dans leurs cœurs pour les grandes choses et dont la conscience a le sens du juste et du bon. » Comment est-ce possible - demanda-t-il - « que les gens qui représentent l'idée de l'avenir puissent avoir le droit de la souiller par le contact de la barbarie la plus antique que même les civilisations les plus élémentaires cherchent à réprimer ? »
Les observations de ce camarade de Bakounine ont fait beaucoup plus de chemin que les textes de l'anarchiste russe. La preuve de cela est l'oubli auquel ce dernier a été relégué, au même titre que Coeurderoy. La barbarie ne peut être la porte vers la liberté, alors ces gens nous rappellent à l'ordre, qui, pour la plupart, sont les mêmes qui en d'autres occasions ont trouvé la force d'affirmer que la guerre produit la paix, que les riches préservent les pauvres, que la force garantis l'égalité. Alors, qu'est-ce qui peut ouvrir la chemin vers la liberté ? Peut-être l'expansion des marchés ? Une augmentation du nombre de partis ? La consolidation des forces d'ordre ? Un meilleur enseignement scolaire ? La grève générale ? Une organisation révolutionnaire avec un million de membres ? Le développement des forces productives ? Et pourquoi pas le respect du mécanisme déterministe de ce fameux moteur de l'histoire ? C'est une mystification, cependant, de dépeindre une situation d'anomie c'est-à-dire d'une absence ou d'un grand affaiblissement des normes qui gouvernent la conduite des individus - avec les nuances les plus sombres. Il doit encore être démontré qu'à l'intérieur de l'individu un monstre prêt à torturer des innocents est dissimulé. En réalité il s'agit simplement d'une hypothèse -comme souvent réfutée ou affirmée par l'expérience historique- dont la diffusion profite à ceux qui gouvernent, décident et imposent.
Un marin qui chante les « caprices de la mer » ne va probablement pas exalter la beauté du naufrage qui va avec. De la même façon, reconnaître le rôle développé dans chaque processus de transformation sociale par les passions, même les plus sombres, ne signifie pas prendre la défense du viol, des massacres ou des lynchages. Il n'y a aucune utilité à cacher que chaque révolution a connu ses excès. Cependant, cela ne signifie pas non plus le renoncement à la révolution, de peur que celle-ci n'arrive, comme les revendiquées belles âmes l'ont toujours prétendues, ni à y participer gaiement. Parce que les gens déchaînent aussi leurs plus sombres passions qui ont été réprimées pendant beaucoup trop longtemps. En cela, les révolutionnaires ne seront vraisemblablement pas à leurs côtés. En effet, on présume qu'ils ont des choses tout à fait différentes à faire, enfermés chez eux ou complètement perdus au milieu du marasme hurlant. Même au milieu de la tempête, le marin qui sait où il veut aller garde toujours un œil sur la boussole et une main sur le gouvernail - et dans son cœur l'espoir de pouvoir exploiter la force de l'eau autant que possible pour parvenir à sa destination et faire en sorte que son embarcation subsiste. Sans aucune certitude sur un éventuel sauvetage, naturellement, mais sans abandonner d'avance non plus.
Les réflexions de Bakounine et Coeurderoy -que certains décriraient comme métahistorique et qui, comme nous l'avons vu, n'ont pas réveillé beaucoup de sympathies parmi les révolutionnaires - ont trouvées un support non souhaité dans les conclusions que quelques observateurs du comportement humain ont tiré. Quand Bakounine parle de la révolution comme d'une fête dans laquelle les participants sont magnifiés par l'intoxication (« certains de la terreur folle, d'autres de l'extase fou ») et où il semble que « le monde entier a été mis sens dessus dessous, l'incroyable devenu familier, l'impossible possible et le possible et le familier insensés », nous le prenons littéralement.
Par exemple, Roger Caillois, dans son essai qui analyse la signification que la fête a eu dans les différents types de société humaine [3], parle de « la contagion d'une exaltation ... qui incite à s'abandonner, sans contrôle, aux impulsions les plus irrationnelles. » La décrivant comme une « explosion intermittente », le savant français explique comment la fête « apparaît à l'individu comme un autre monde, où il ne se sent plus seul et transformé par les forces qui le surmontent ». Son but est celui du « commencement de la recréation du monde à nouveau ». « Le cosmos a émergé du chaos » écrit Caillois - l'être humain regarde avec nostalgie un monde qui ne connait pas la pénibilité du travail, où les désirs sont réalisés sans se trouver mutilés par aucune sorte de prohibition sociale. L'Âge d'Or répond à cette conception d'un monde sans guerre et sans commerce, sans esclavage et sans propriété privée. « Mais ce monde de lumière, de joie sereine, d'une vie simple et heureuse est en même temps un monde de créations exubérantes et désordonnées, de réalisations monstrueuses et excessives. »
L'innovation de la barbarie, si nous voulons l'appeler ainsi, se trouve dans le fait qu'elle ne nous invite ni à abattre, torturer ou égorger, ni à imaginer une société égalitaire et heureuse. Dans l'explosion de sa frénésie, la barbarie nous propose de faire émerger courageusement les parties les plus dangereuses, inacceptables et antisociales de nous même. Dés la naissance, nous nous sommes trouvés assaillis par un système social d'un moralisme chirurgical, dont le but est d'exécuter le nombre maximal d'amputations sur nous au bénéfice d'un idéaliste degré d'ordre maximal. En faisant face à la barbarie, nous devons seulement répondre à une question fondamentale, celle de notre entièreté.
« Il n'est plus nécessaire de compter sur la bonne volonté et les faveurs particulières. On ne peut plus payer la rançon au chef du purgatoire, ni huiler la paume du gardien de l'enfer ; il n'y a plus un paradis où l'on pourrait garantir un siège à l'avance. »
Rene Daumal.
Le monde dans lequel nous vivons est une prison, dont les compartiments unités sont appelés Travail, Argent, Marchandise et dans laquelle les pauses nous sont accordées comme les vacances d'été. Nous sommes nés et avons toujours vécus à l'intérieur de cet univers-prison. D'ailleurs, il est tout ce que nous connaissons. Il est à la fois notre cauchemar et notre sécurité. Et pourtant. Comme chaque prisonnier le sait bien, notre cœur a compté les pas qui nous séparent des murs, calculant ensuite les mètres de briques qu'il nous serait nécessaire d'escalader. Comme chaque prisonnier le sait bien, nos yeux ont scruté cette ligne mince à l'horizon qui divise le fil de fer barbelé du ciel, des milliers et des milliers de fois, pour que nous puissions alors réfléchir aux formes et aux couleurs que nous entrevoyons vaguement là-bas. Mais nous ne savons pas ce qui se trouve au-delà du mur de cet enclos. Peut-être un paysage merveilleux. Peut-être une jungle dangereuse. Peut-être les deux. Chaque conjecture proposée est un mensonge. Certainement qu'il y a la liberté, quoi que cela puisse être. Une fois conquise, il ne tient qu'à nous de savoir comment la maintenir et êtres capables d'y prendre plaisir. Il ne tient qu'à nous, aussi, si nous le choisissons, d'y renoncer, mais pas avant de l'avoir essayée.
Maintenant plus que jamais, c'est l'heure du défi. Penser que l'on peut s'échapper de la vie quotidienne est folie. Et, de plus, un évadé solitaire finit par vivre une vie misérable. Mais le désir de détruire cette prison dans sa totalité pour libérer chacun, est une barbarie. Par quel droit nous immisçons-nous dans la vie des autres ? Et pourtant. Et pourtant, il y a cet instant où le désespoir et l'angoisse de n'avoir que des perspectives incomplètes et provisoires se renversent et se changent en la détermination d'être soi-même, un individu, sans attendre, d'identifier nos moyens et nos fins et de faire triompher la souveraineté de la révolte sur le néant. Quand nous parviendrons à cet instant, saurons-nous que faire ? Ou sonnerons nous la retraite pour retourner à ce monde que nous ne connaissons que trop bien ?
Dominique Misein.
Extrait du journal anarchiste italien Diavolo In Corpo. Traduit et annoté par l'éditeur.
[1] Cette phrase débute le prologue de l'Evangile selon St Jean : « Au commencement était le Verbe … Le Verbe était avec Dieu.. Le Verbe était Dieu… »
[2] Extrait de Hurrah !!! ou la révolution par les cosaques, Coeurderoy, Octobre 1854.
[3] Les Jeux et les hommes : le masque et le vertige, 1958.
13:14
12:59
Sur le libéblog / Les promesses de madame Pécresse
et RDV samedi13 mars à 15H place de la République à Paris pour manifester contre la reprise des expulsions ! A tres bientot L'équipe de Jeudi-Noir
Les promesses de madame Pécresse
Le 21 janvier dernier, nous avions profité d'un meeting de l'UMP à deux pas de la place des Vosges pour interpeller Valérie Pécresse sur les problèmes de logement en Ile-de-France, en particulier pour les jeunes. Comme les gardes du corps de François Fillon s'étaient invités (gentiment) dans la discussion, Valérie Pécresse nous a conviés quelques semaines plus tard sur sa péniche de campagne. A vrai dire, il n'y a pas eu d'annonces fracassantes. Enfin, presque, mais vous allez voir…
Nous étions donc reçus par la candidate et pas par la ministre, c'est-à-dire par celle qui fait les promesses et pas par celle qui est censée les tenir. Premier point, qui peut être réellement intéressant, elle ne veut pas faire de distinction entre étudiants, apprentis, jeunes travailleurs... Si elle devient présidente de la Région, elle veut construire des logements pour tous ! Comme il y a un véritable manque de logements, il faut faire feu de tout bois (je vous passe le couplet "Huchon, l'a rien foutu").
Une chance, elle est tombée sur un architecte –un vrai– Wilmotte, il s'appelle. Il propose de faire des petits cubes en bois, 13m2 pour les célibataires, 24m2 pour les couples. On pose le tout sur une barge placée en bord de Seine, comme ça pas de problème de foncier à résoudre. Il y a le même projet à Lyon. Cependant, comme dans Paris intra-muros, c'est un peu difficile de placer des barges sur tous les quais, Valérie propose un autre projet, de Jean Nouvel celui-là : un pont habité sur la Seine, du côté de Tolbiac. Au premier niveau, des commerces et restaurants qui financent la construction, au deuxième niveau un "Learning Center", et au troisième, 1000 chambres étudiantes. J'ai quelques doutes sur les 1000 chambres. Même en les montant sur 2 niveaux, ça nécessiterait de couvrir la Seine sur plusieurs centaines de mètres de long, sans parler des problèmes d'éclairage.
Bref, de grands projets, très beaux, censés coûter moins chers que des constructions classiques, mais qui sont plus de l'ordre du gadget que d'une véritable politique de logement. Quand on fait remarquer que c'est très bien de vouloir construire –c'est nécessaire– mais qu'on pourrait peut-être commencer par ne pas démolir, en donnant l'exemple de la Cité Universitaire Jean Zay à Anthony, Valérie Pécresse s'exclame "mais vous savez très bien que c'est un problème politique", rappelle que le département des Hauts-de-Seine s'est engagé à remplacer les chambres démolies (où ? quand ?) et change de sujet.
C'est vrai, quelle naïveté de notre part aussi de vouloir parler de problème politique avec une tête de liste aux régionales, accessoirement ministre responsable des CROUS... Intéressons-nous plutôt aux vrais sujets ! D'ailleurs, avons-nous un casier judiciaire vierge ? Après tout, Jean Perrin, l'inénarrable président de l'UNPI (l'Union Nationale de la Propriété Immobilière) nous a bien comparés à des pirates qui prennent les enfants en otage dans les maternelles... Aussi, quand on émet un doute sur les engagements de la ministre, par exemple à propos des travaux du 24, rue de la Harpe qui n'ont toujours pas commencé plusieurs mois après la date prévue, elle est toute surprise et s'engage à vérifier ce qu'on lui dit, ce qui est très gentil de sa part. Enfin, on aborde presque au hasard le sujet de la Marquise, et là, on s'entend répondre que les habitants étudiants pourraient peut-être obtenir une chambre en CROUS jusqu'en août prochain... Quel dommage qu'ils ne l'aient pas obtenue en septembre dernier !
• Christophe Driesbach (Jeudi Noir)
12:59
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Les promesses de madame Pécresse
Le 21 janvier dernier, nous avions profité d'un meeting de l'UMP à deux pas de la place des Vosges pour interpeller Valérie Pécresse sur les problèmes de logement en Ile-de-France, en particulier pour les jeunes. Comme les gardes du corps de François Fillon s'étaient invités (gentiment) dans la discussion, Valérie Pécresse nous a conviés quelques semaines plus tard sur sa péniche de campagne. A vrai dire, il n'y a pas eu d'annonces fracassantes. Enfin, presque, mais vous allez voir…
Nous étions donc reçus par la candidate et pas par la ministre, c'est-à-dire par celle qui fait les promesses et pas par celle qui est censée les tenir. Premier point, qui peut être réellement intéressant, elle ne veut pas faire de distinction entre étudiants, apprentis, jeunes travailleurs... Si elle devient présidente de la Région, elle veut construire des logements pour tous ! Comme il y a un véritable manque de logements, il faut faire feu de tout bois (je vous passe le couplet "Huchon, l'a rien foutu").
Une chance, elle est tombée sur un architecte –un vrai– Wilmotte, il s'appelle. Il propose de faire des petits cubes en bois, 13m2 pour les célibataires, 24m2 pour les couples. On pose le tout sur une barge placée en bord de Seine, comme ça pas de problème de foncier à résoudre. Il y a le même projet à Lyon. Cependant, comme dans Paris intra-muros, c'est un peu difficile de placer des barges sur tous les quais, Valérie propose un autre projet, de Jean Nouvel celui-là : un pont habité sur la Seine, du côté de Tolbiac. Au premier niveau, des commerces et restaurants qui financent la construction, au deuxième niveau un "Learning Center", et au troisième, 1000 chambres étudiantes. J'ai quelques doutes sur les 1000 chambres. Même en les montant sur 2 niveaux, ça nécessiterait de couvrir la Seine sur plusieurs centaines de mètres de long, sans parler des problèmes d'éclairage.
Bref, de grands projets, très beaux, censés coûter moins chers que des constructions classiques, mais qui sont plus de l'ordre du gadget que d'une véritable politique de logement. Quand on fait remarquer que c'est très bien de vouloir construire –c'est nécessaire– mais qu'on pourrait peut-être commencer par ne pas démolir, en donnant l'exemple de la Cité Universitaire Jean Zay à Anthony, Valérie Pécresse s'exclame "mais vous savez très bien que c'est un problème politique", rappelle que le département des Hauts-de-Seine s'est engagé à remplacer les chambres démolies (où ? quand ?) et change de sujet.
C'est vrai, quelle naïveté de notre part aussi de vouloir parler de problème politique avec une tête de liste aux régionales, accessoirement ministre responsable des CROUS... Intéressons-nous plutôt aux vrais sujets ! D'ailleurs, avons-nous un casier judiciaire vierge ? Après tout, Jean Perrin, l'inénarrable président de l'UNPI (l'Union Nationale de la Propriété Immobilière) nous a bien comparés à des pirates qui prennent les enfants en otage dans les maternelles... Aussi, quand on émet un doute sur les engagements de la ministre, par exemple à propos des travaux du 24, rue de la Harpe qui n'ont toujours pas commencé plusieurs mois après la date prévue, elle est toute surprise et s'engage à vérifier ce qu'on lui dit, ce qui est très gentil de sa part. Enfin, on aborde presque au hasard le sujet de la Marquise, et là, on s'entend répondre que les habitants étudiants pourraient peut-être obtenir une chambre en CROUS jusqu'en août prochain... Quel dommage qu'ils ne l'aient pas obtenue en septembre dernier !
• Christophe Driesbach (Jeudi Noir)
12:58
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Les promesses de madame Pécresse
Le 21 janvier dernier, nous avions profité d'un meeting de l'UMP à deux pas de la place des Vosges pour interpeller Valérie Pécresse sur les problèmes de logement en Ile-de-France, en particulier pour les jeunes. Comme les gardes du corps de François Fillon s'étaient invités (gentiment) dans la discussion, Valérie Pécresse nous a conviés quelques semaines plus tard sur sa péniche de campagne. A vrai dire, il n'y a pas eu d'annonces fracassantes. Enfin, presque, mais vous allez voir…
Nous étions donc reçus par la candidate et pas par la ministre, c'est-à-dire par celle qui fait les promesses et pas par celle qui est censée les tenir. Premier point, qui peut être réellement intéressant, elle ne veut pas faire de distinction entre étudiants, apprentis, jeunes travailleurs... Si elle devient présidente de la Région, elle veut construire des logements pour tous ! Comme il y a un véritable manque de logements, il faut faire feu de tout bois (je vous passe le couplet "Huchon, l'a rien foutu").
Une chance, elle est tombée sur un architecte –un vrai– Wilmotte, il s'appelle. Il propose de faire des petits cubes en bois, 13m2 pour les célibataires, 24m2 pour les couples. On pose le tout sur une barge placée en bord de Seine, comme ça pas de problème de foncier à résoudre. Il y a le même projet à Lyon. Cependant, comme dans Paris intra-muros, c'est un peu difficile de placer des barges sur tous les quais, Valérie propose un autre projet, de Jean Nouvel celui-là : un pont habité sur la Seine, du côté de Tolbiac. Au premier niveau, des commerces et restaurants qui financent la construction, au deuxième niveau un "Learning Center", et au troisième, 1000 chambres étudiantes. J'ai quelques doutes sur les 1000 chambres. Même en les montant sur 2 niveaux, ça nécessiterait de couvrir la Seine sur plusieurs centaines de mètres de long, sans parler des problèmes d'éclairage.
Bref, de grands projets, très beaux, censés coûter moins chers que des constructions classiques, mais qui sont plus de l'ordre du gadget que d'une véritable politique de logement. Quand on fait remarquer que c'est très bien de vouloir construire –c'est nécessaire– mais qu'on pourrait peut-être commencer par ne pas démolir, en donnant l'exemple de la Cité Universitaire Jean Zay à Anthony, Valérie Pécresse s'exclame "mais vous savez très bien que c'est un problème politique", rappelle que le département des Hauts-de-Seine s'est engagé à remplacer les chambres démolies (où ? quand ?) et change de sujet.
C'est vrai, quelle naïveté de notre part aussi de vouloir parler de problème politique avec une tête de liste aux régionales, accessoirement ministre responsable des CROUS... Intéressons-nous plutôt aux vrais sujets ! D'ailleurs, avons-nous un casier judiciaire vierge ? Après tout, Jean Perrin, l'inénarrable président de l'UNPI (l'Union Nationale de la Propriété Immobilière) nous a bien comparés à des pirates qui prennent les enfants en otage dans les maternelles... Aussi, quand on émet un doute sur les engagements de la ministre, par exemple à propos des travaux du 24, rue de la Harpe qui n'ont toujours pas commencé plusieurs mois après la date prévue, elle est toute surprise et s'engage à vérifier ce qu'on lui dit, ce qui est très gentil de sa part. Enfin, on aborde presque au hasard le sujet de la Marquise, et là, on s'entend répondre que les habitants étudiants pourraient peut-être obtenir une chambre en CROUS jusqu'en août prochain... Quel dommage qu'ils ne l'aient pas obtenue en septembre dernier !
• Christophe Driesbach (Jeudi Noir)
12:58
Sur le libéblog / Les promesses de madame Pécresse
et RDV samedi13 mars à 15H place de la République à Paris pour manifester contre la reprise des expulsions ! A tres bientot L'équipe de Jeudi-Noir
Les promesses de madame Pécresse
Le 21 janvier dernier, nous avions profité d'un meeting de l'UMP à deux pas de la place des Vosges pour interpeller Valérie Pécresse sur les problèmes de logement en Ile-de-France, en particulier pour les jeunes. Comme les gardes du corps de François Fillon s'étaient invités (gentiment) dans la discussion, Valérie Pécresse nous a conviés quelques semaines plus tard sur sa péniche de campagne. A vrai dire, il n'y a pas eu d'annonces fracassantes. Enfin, presque, mais vous allez voir…
Nous étions donc reçus par la candidate et pas par la ministre, c'est-à-dire par celle qui fait les promesses et pas par celle qui est censée les tenir. Premier point, qui peut être réellement intéressant, elle ne veut pas faire de distinction entre étudiants, apprentis, jeunes travailleurs... Si elle devient présidente de la Région, elle veut construire des logements pour tous ! Comme il y a un véritable manque de logements, il faut faire feu de tout bois (je vous passe le couplet "Huchon, l'a rien foutu").
Une chance, elle est tombée sur un architecte –un vrai– Wilmotte, il s'appelle. Il propose de faire des petits cubes en bois, 13m2 pour les célibataires, 24m2 pour les couples. On pose le tout sur une barge placée en bord de Seine, comme ça pas de problème de foncier à résoudre. Il y a le même projet à Lyon. Cependant, comme dans Paris intra-muros, c'est un peu difficile de placer des barges sur tous les quais, Valérie propose un autre projet, de Jean Nouvel celui-là : un pont habité sur la Seine, du côté de Tolbiac. Au premier niveau, des commerces et restaurants qui financent la construction, au deuxième niveau un "Learning Center", et au troisième, 1000 chambres étudiantes. J'ai quelques doutes sur les 1000 chambres. Même en les montant sur 2 niveaux, ça nécessiterait de couvrir la Seine sur plusieurs centaines de mètres de long, sans parler des problèmes d'éclairage.
Bref, de grands projets, très beaux, censés coûter moins chers que des constructions classiques, mais qui sont plus de l'ordre du gadget que d'une véritable politique de logement. Quand on fait remarquer que c'est très bien de vouloir construire –c'est nécessaire– mais qu'on pourrait peut-être commencer par ne pas démolir, en donnant l'exemple de la Cité Universitaire Jean Zay à Anthony, Valérie Pécresse s'exclame "mais vous savez très bien que c'est un problème politique", rappelle que le département des Hauts-de-Seine s'est engagé à remplacer les chambres démolies (où ? quand ?) et change de sujet.
C'est vrai, quelle naïveté de notre part aussi de vouloir parler de problème politique avec une tête de liste aux régionales, accessoirement ministre responsable des CROUS... Intéressons-nous plutôt aux vrais sujets ! D'ailleurs, avons-nous un casier judiciaire vierge ? Après tout, Jean Perrin, l'inénarrable président de l'UNPI (l'Union Nationale de la Propriété Immobilière) nous a bien comparés à des pirates qui prennent les enfants en otage dans les maternelles... Aussi, quand on émet un doute sur les engagements de la ministre, par exemple à propos des travaux du 24, rue de la Harpe qui n'ont toujours pas commencé plusieurs mois après la date prévue, elle est toute surprise et s'engage à vérifier ce qu'on lui dit, ce qui est très gentil de sa part. Enfin, on aborde presque au hasard le sujet de la Marquise, et là, on s'entend répondre que les habitants étudiants pourraient peut-être obtenir une chambre en CROUS jusqu'en août prochain... Quel dommage qu'ils ne l'aient pas obtenue en septembre dernier !
• Christophe Driesbach (Jeudi Noir)
12:55
On en parle et on en reparle à longueur de messages, d’interventions… Et voilà qu’une émission « Vous êtes libres ce soir ? » en parle aussi !
Une très bonne manière de s’informer sur les enjeux du droit d’auteur, ici par le biais de Walt Disney et de ses rapports avec les lois sur le droit d’auteur américaines.
Voici l’accroche de l’émission :
Emission VELCS n°28
Cette émission a pour thème un genre particulier des biens communs, à savoir les œuvres du domaine public. C’est l’occasion de se rappeler ce qu’est le droit d’auteur et son histoire. On en profite pour faire une bonne dédicace à la Walt Disney Company qui a pas mal profité du domaine public et autres exceptions au droit d’auteur pour se développer, et qui à la fin du XXe siècle a fait des pieds et des mains pour que SES œuvres lui appartiennent vingt ans de plus. On aime pas trop d’ailleurs l’expression « tomber dans le domaine public », qui est péjorative alors que l’entrée dans le domaine public est une victoire pour nous tous.
Autres liens:
- Wikisource: la bibliothèque libre qui met à disposition plein d’œuvres du domaine public
- Free Culture de Lawrence Lessig, pour tout savoir de l’évolution du droit d’auteur
Télécharger (OGG)
Emission VELCS n°28
Cette émission a pour thème un genre particulier des biens communs, à savoir les oeuvres du domaine public. C’est l’occasion de se rappeler ce qu’est le droit d’auteur et son histoire. On en profite pour faire une bonne dédicace à la Walt Disney Company qui a pas mal profité du domaine public et autres exceptions au droit d’auteur pour se développer, et qui à la fin du XXe siècle a fait des pieds et des mains pour que SES oeuvres lui appartiennent vingt ans de plus. On aime pas trop d’ailleurs l’expression « tomber dans le domaine public », qui est péjorative alors que l’entrée dans le domaine public est une victoire pour nous tous.
Autres liens:
- Wikisource: la bibliothèque libre qui met à disposition plein d’oeuvre du domaine public
- Free Culture de Lawrence Lessig, pour tout savoir de l’évolution du droit d’auteur
Bonne écoute !
Faîtes circuler !

12:27
12:27
12:11
Strasbourg, 10 mars 2010 - Le Parlement européen a massivement approuvé une résolution1 exprimant son opposition au processus de négociation de l'Accord Commercial Anti-contrefaçon, ou ACTA. Cette résolution constitue un appel important à la transparence et au respect des procédures démocratiques. Dans les semaines à venir, le Parlement aura l'occasion d'aller plus loin en se prononçant plus précisément sur le contenu de l'accord, notamment au travers de la déclaration écrite2 12/20103.
<!--break-->
La résolution, soutenue par les cinq groupes politiques principaux du Parlement européen, enjoint à la Commission de faire la lumière sur l'ACTA en rendant publics les documents de négociation. Elle rappelle le rôle du Parlement dans l'organisation institutionnelle de l'Union européenne et indique que le Parlement n'hésitera pas à saisir la Cour de Justice pour défendre ses prérogatives de co-législateur.
L'opposition du Parlement européen s'exprime également au travers d'une déclaration écrite4 qui se concentre sur le contenu même du projet de l'ACTA. La déclaration écrite 12/2010 s'intéresse directement aux problèmes fondamentaux posés par l'ACTA, tels que la modification du régime de responsabilité des acteurs d'Internet. Une telle mesure mettrait gravement en cause la neutralité du Net et les libertés publiques en faisant des hébergeurs et des fournisseurs d'accès une police privée et des auxiliaires de justice sur les questions de droit d'auteur. La déclaration met aussi en garde contre les propositions visant à renforcer les sanctions civiles et pénales en matière de droit des brevets qui pourraient faire obstacle à l'accès aux savoirs et aux médicaments de par le monde.
«Le vote de la résolution par 633 voix contre 13 constitue un signal fort envoyé aux négociateurs de la Commission et aux États membres. Le Parlement européen déclare de manière écrasante qu'il ne tolérera pas le manque de transparence autour de l'ACTA. Cette résolution est un premier pas important, et le Parlement doit désormais indiquer quelles sont les lignes jaunes que les négociateurs européens ne doivent pas franchir au travers de la déclaration écrite 12/2010. Après cette étape décisive pour la transparence démocratique, les citoyens doivent appeler les eurodéputés à signer la déclaration écrite afin de s'opposer aux mesures de l'ACTA mettant en cause l'Internet libre et ouvert», conclut Jérémie Zimmermann, porte-parole de le Quadrature du Net.
11:40
Préavis de grève reconductible à la SNCF à compter du 23 mars, pour un vrai service public et stopper le démantèlement de l'entreprise. Lors des conciliations des 11 et 19 février 2010 la direction n'a apporté aucune réponse aux attentes et inquiétudes des salariés de la SNCF.
La direction SNCF a refusé d'entendre le message adressé par les grévistes le 3 février 2010 dernier. Conformément à l'engagement pris par plusieurs fédérations de donner une suite plus forte que 24 heures à cet ultimatum du 3 février, la fédération SUD-Rail appelle les cheminots à une grève reconductible à compter du 23 mars 2010.
* SUD-Rail exige l'arrêt de toutes les suppressions d'emploi qui nuisent au service public, à sa sécurité, aux conditions de travail des cheminots.
* SUD-Rail exige de mettre des cheminots en nombre suffisant pour assurer la sécurité des circulations et la sûreté des cheminots et des usagers.
* SUD-Rail affirme qu'il y a urgence à cesser l'éclatement de l'entreprise : en intégrant RFF au sein de la SNCF, en stoppant les découpages en cours (Fret, Infra/Circulation, Gares et connexions, ECT, Traction, Matériel, Territoires de production, etc.)
* SUD-Rail exige une revalorisation générale des salaires et pension, la transformation de la prime de fin d'année en véritable 13ème mois.
* SUD-Rail est pour une retraite décente pour tous les salariés-es, avec une pension au minimum au SMIC, payée par une meilleure répartition des richesses. Pas de report de l'âge de départ à la retraite, taux plein avec 37,5 annuités, annulation des décotes …. Tout cela est "finançable" sans problème !
11:36
Aujourd'hui, des mobilisations s'amplifient dans toute l'Europe face à la marchandisation du savoir. Un sommet alternatif sera organisé à Bruxelles à l'occasion du conseil européen des 25 et 26 mars qui fera le bilan de la stratégie de Lisbonne. Et, alors que les Etats vont célébrer à Vienne, les 11 et 12 mars, les dix ans du processus de Bologne, des réseaux étudiants et universitaires dans différents pays européens agissent, préparent un contresommet militant, et appellent ensemble à une grève européenne.
Ces mouvements sociaux percent l'épaisse couche de consensus qui prévaut dans les institutions : sous prétexte d' « harmoniser » les systèmes d'enseignement supérieur, le processus de Bologne prépare leur mise en concurrence et privatisation rampante. Il s'inscrit dans la stratégie de Lisbonne, dite pour « l'économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde », et qui a guidé les politiques européennes depuis dix ans. Celle-ci prévoit entre autres choses l'édification d'un marché européen de l'enseignement supérieur et de la recherche. C'est dans ce cadre que s'inscrivent les récentes réformes mises en oeuvre au niveau national dans les différents pays européens. Au nom de la « compétitivité », ces réformes obligent les Universités à recourir à des financements privés et à augmenter les droits de scolarité. Elles creusent les inégalités en contraignant de plus en plus d'étudiants à un endettement massif qui décourage les plus démuniEs de la poursuite des études. Le service public est sacrifié à la rentabilité : sur le « marché du savoir », les étudiantEs sont sélectionnéEs en fonction de leurs ressources. Avec la mise en place de méthodes de gestion managériales, la précarisation des personnels, l'accroissement du pouvoir des entreprises, le savoir tend à être mis entièrement au service des intérêts économiques, au détriment de ses fonctions sociétales, et les filières jugées « peu rentables » sont le plus souvent promises à la disparition…
L'éducation est l'une des plaques tournantes du système, sa transformation traduit et détermine des rapports de forces nouveaux dans la société, qui pèsent sur les droits sociaux des (futurs) travailleurs/chômeurs. C'est en effet tout un modèle social que la stratégie de Lisbonne entreprend plus largement de déconstruire, en poursuivant un objectif général de déréglementation et dérégulation. Ce n'est pas seulement le monde de la connaissance qui est attaqué mais aussi celui du travail, flexibilisé et précarisé, les grands services publics, tels que l'énergie ou les transports, qui sont soumis à la concurrence, désorganisés et privatisés, les systèmes de solidarités et de redistribution grignotés par le dumping social et fiscal, l'environnement ravagé par les logiques productivistes d'une pseudo « croissance économique durable » ... Par la nécessaire « adaptation à la mondialisation », on justifie ainsi toutes les régressions sociales et catastrophes écologiques, alors même que c'est la Commission européenne de concert avec les gouvernements qui a développé le libre-échange comme moyen de faire peser une contrainte sur les choix publics. L'objectif de ces politiques est d'augmenter toujours plus les profits et revenus des classes dominantes, et d'asseoir leur pouvoir à la fois économiquement et culturellement. Quand la Commission européenne ambitionne de « diffuser dès les petites classes l'esprit d'entreprise », ce n'est pas seulement le savoir, mais aussi la pensée et la société entière au service d'une minorité détenant le pouvoir économique.
Les résistances et mobilisations doivent converger, ici et en Europe, contre toutes ces attaques, contre la précarité, le chômage, la casse des solidarités et des services publics, le pillage de l'environnement, la marchandisation du savoir... Nous devons mettre en réseau et solidariser les luttes en Europe, initier un nouveau processus militant, amorcer les premiers contours d'un contre-système éducatif qui irait de pair avec une nouvelle définition des priorité économiques et sociales. Aussi appelons-nous à participer au contre-sommet de Vienne et nous inscrivons-nous pleinement dans l'appel aujourd'hui lancé à la grève européenne. Solidaires des actions menées dans ce cadre dans toute l'Europe, nous appelons à faire grève sur nos universités lors de la journée d'action du 12 mars pour faire de celle-ci un temps fort de la mobilisation européenne. Nous appelons aussi à deux semaines d'actions locales du 11 au 26 mars, faisant la jonction entre le contre-sommet de Vienne et le Sommet alternatif de Bruxelles, entre les luttes contre la marchandisation du savoir et les enjeux plus larges de la stratégie de Lisbonne qui au nom de la compétitivité détruit les droits sociaux. Il faut nous réapproprier l'espace public, par le débat et l'action militante, dans les amphis et les cafés, dans la rue et le métro, pour montrer et faire entendre qu'une autre Europe existe, une Europe résistante et en mouvement…
Signataires : Attac Campus, Fédération Sud Etudiant, Fac Verte, Jeunes Alternatifs, Jeunes de l'Union démocratique bretonne, Jeunes Verts, Jeunes Laïcs et Solidaires, NPA Jeunes, SUD Lycéen Manche, Front de lutte pour l'éducation.
Avec les soutiens de : ATTAC France, Alternatifs, Marches Européennes, AC ! (Agir ensemble contre le chômage), Stop Précarité
Réseau Europe - [reseau-europe.eu] -
reseau.europe@gmail.com
11:29
Les Islandais ont décidé à plus de 90 % de rejeter la loi qui prévoyait que l'Islande devait rembourser 3,8 milliards d'euros au Royaume-Uni et aux Pays-bas pour indemniser les clients fortunés britanniques et néerlandais de la banque islandaise Icesave qui avaient perdu leurs avoirs lors de la crise financière.
Ainsi ces clients qui avaient joué sur les marchés financiers pour avoir des rémunérations mirobolantes de leurs investissements, et qui sont donc coresponsables de la débâcle financière, auraient dû être remboursés par le peuple islandais !
Ce vote du peuple islandais prend une signification particulière alors que le peuple grec essaie de résister à la violente purge que le gouvernement grec et l'Union européenne veulent lui imposer pour, là aussi, lui faire payer le prix d'une crise dont il n'est nullement responsable.
Une même politique d'austérité drastique touche, ou va toucher, tous les pays européens. Partout l'objectif des gouvernements et des institutions de l'Union européenne est de faire payer la crise aux populations, alors même que ce sont les marchés financiers qui sont les responsables de la crise actuelle.
Ce sont eux qui, par leur cupidité et leur aveuglement, ont plongé le monde dans la récession. Pour y remédier et pour les sauver de la faillite, les Etats ont dû emprunter auprès… de ces mêmes investisseurs internationaux qui maintenant leur reprochent un endettement dont ils sont les premiers responsables et dont ils profitent.
Mieux encore, les banques et autres institutions financières empruntent de l'argent à la Banque centrale européenne (BCE) à un taux extrêmement faible (de l'ordre de 1 %) pour ensuite prêter de l'argent aux Etats à un taux beaucoup plus élevé.
Mais le scandale ne s'arrête pas là. Prenant prétexte d'attaques spéculatives, les instances européennes et les gouvernements veulent prendre des mesures visant à réduire drastiquement les dépenses publiques, notamment celles relatives à la protection sociale et aux services publics. Injustes socialement, ces mesures sont stupides économiquement.
Réduire la dépense publique n'aura pour conséquence que de casser nette une activité économique qui peine à redémarrer.
Conséquences inévitables : hausse du chômage, baisse des recettes fiscales et donc … aggravation des déficits publics.
Il faut rompre avec cette logique absurde en commençant à briser les reins à la finance spéculative et arrêter de laisser le financement des Etats dans les mains des marchés financiers.
La BCE doit, soit directement, soit indirectement, pouvoir financer les Etats. Ensuite, plutôt que de réduire les dépenses publiques, il faut accroître les recettes de l'Etat.
En France, deux moyens simples existent pour cela : supprimer les niches fiscales qui profitent aux plus riches et dont le coût pour le budget de l'Etat est de 70 milliards d'euros ; supprimer les exonérations de cotisations sociales dont bénéficient le patronat et qui représentent un manque à gagner de 30 milliards d'euros pour l'Etat.
Au-delà, il faut imposer une réforme fiscale d'ampleur qui restaure la fonction de l'impôt en taxant fortement les hauts revenus et le capital financier.
Des solutions existent pour sortir du piège de la dette. Mais elles supposent un affrontement avec le patronat et les marchés financiers.
Tous les gouvernements européens sont aujourd'hui en train de préparer une politique d'austérité drastique pour faire payer la crise aux salariés et plus largement aux populations, le tout sous le contrôle étroit de la Commission européenne et de la BCE.
Il est aujourd'hui grand temps que les salariés européens se mobilisent pour imposer d'autres orientations.
Cela devrait être un objectif partagé par toutes les organisations syndicales à l'échelle européenne.
11:21
NE NOUS LAISSONS PAS EMPOISONNER LA VIE PAR LES PESTICIDES
Marche pour une terre sans pesticides, dimanche 28 mars 2010 - 15h00. Pointe de la Torche. PLOMEUR - FINISTÈRE.
LES PESTICIDES SONT PARTOUTDans l'air que nous respirons, dans l'eau des rivières où meurent poissons et batraciens, dans les pluies, dans la brume du matin, dans le brouillard qui nous enveloppe, dans les terres que nous cultivons, dans l'eau du robinet que nous buvons, dans la nourriture que nous mangeons. On en trouve jusque dans le sang du cordon ombilical et le liquide amniotique. Avant même de naître, nous baignons dans ces poisons.
LES PESTICIDES SONT DANGEREUXDe nombreuses études ont montré leur dangerosité pour la santé humaine : développement de cancers, stérilité, maladie de Parkinson, maladie d'Alzheimer et autres réjouissances. Ils détruisent la vie partout où ils sont utilisés — détruire la vie est d'ailleurs leur fonction — mettant en danger la biodiversité indispensable à notre espèce.
Derrière les chiffres, il y a les drames qu'engendrent les maladies, ces maladies qui entraînent toujours plus d'utilisation de médicaments qui, à leur tour, vont aggraver la situation écologique puisqu'on en trouve des résidus dans les rivières.
LES PESTICIDES NE SONT PAS UNE FATALITÉDes agriculteurs qui s'attaquent aux industriels de l'agrochimie et gagnent leurs procès, des victimes (agriculteurs et particuliers) qui s'organisent pour agir contre les pesticides, des apiculteurs qui entreprennent des actions contre ceux qui massacrent les abeilles,… Un peu partout les victimes se rebiffent. Et elles ne sont pas seules : malgré une politique agricole qui encourage les pratiques polluantes, de plus en plus d'agriculteurs conventionnels se tournent vers une autre agriculture, celle qui leur permet de reprendre contact avec la terre.
Nous sommes partie prenante de ce mouvement qui prend de l'ampleur.
Si vous aussi vous avez fait le choix de la vie contre la chimie, de la santé contre l'empoisonnement, faites-le savoir en venant à la
MARCHE POUR UNE TERRE SANS PESTICIDESdimanche 28 mars 2010 - 15h00 - Pointe de la Torche
PLOMEUR - FINISTÈRE
A l'appel de : AE2D - Alerte à l'Ouest - Bretagne vivante - Cap bio - Collectif eau pure - Eau et Rivières de Bretagne - GAB29 - Goyen environnement - L'eau et la terre - O.C.E - Réseau Cohérence - S-eau-S - Sauval - Syndicat des apiculteurs professionnels de Bretagne
11:17
La 27ème action du Collectif des Déboulonneurs de Lille s'est déroulée le 7 mars 2010 au marché de Wazemmes. Le rendez-vous était fixé à midi à l'intersection de la rue Léon Gambetta et de la rue Colbert. Du Collectif proprement dit, nous étions une vingtaine mais le nombre de personnes extérieures au groupe faisant leur marché a « noyé » le groupe dans la foule. Deux journalistes de la Voix du Nord et de Nord Eclair étaient présents, et une équipe de France 3, présente pour les élections régionales (jour de marché oblige...), nous a rejoint.
Aless a pris la parole avec le porte-voix pour expliquer aux passants le but du Collectif et l'action non-violente qui allait être entreprise.
Des policiers réglaient la circulation non loin de notre groupe, mais ne sont pas intervenus. Roberto, dont c'était le dépuce-barbouil-lage, inscrivit sur un premier panneau « Libérons l'espace public ». Nous nous sommes ensuite dirigés le long de la rue Léon Gambetta en entonnant la chanson du barbouilleur. Arrivés à l'intersection de la rue Léon Gambetta et de la rue Charles Quint, nous laissâmes Marion barbouiller le panneau du carrefour d'un limpide « Stop pub ». Dans ses bras, sa petite fille de 2 semaines et demi.
Aless reprit ensuite la parole pour nous fixer rendez-vous le 27 mars pour la prochaine action du Collectif. Les policiers qui gardaient l'entrée du marché à ce niveau ne sont pas davantage intervenus que leurs collègues « stationnés » à l'autre entrée du périmètre de vente. Nous nous sommes alors dispersés pour nous retrouver l'après-midi à la Maison de la Nature et de l'Environnement peindre des inscriptions sur des bâches qui serviront à couvrir des panneaux publicitaires.
11:13
Quand bébé rime avec business, le projet pédagogique n'est pas au cœur des préoccupations des entreprises, c'est plutôt la mise en place d'une organisation rentable au détriment de la qualité du travail.
Nous défendons des pédagogies "innovantes", centrées sur l'enfant et sa famille, la réflexion sur nos pratiques, la communication et l'autonomie. Cela gêne une pensée normative, associée à des pratiques managériales qui entravent les libertés de mouvements, le bien-être de l'enfant et l'accueil personnalisé des familles.
Quand une équipe dynamique et reconnue dans ses compétences a en plus le culot de se syndiquer, l'entreprise pique sa crise !!
Récemment 5 salariées d'une structure (qui en compte 9) ont fait l'objet de mises à pied conservatoires et ont été convoquées à des entretiens préalable au licenciement au lendemain d'une journée de grève suite aux pressions de la direction. Elles ont été sommées de quitter la crèche sous les yeux des enfants qui ont découvert une nouvelle équipe du jour au lendemain.
Imaginez le bouleversement des parents qui se voient ce jour-là confier leurs chérubins à des personnes inconnues des enfants !
Stop à la répression !Pour accueillir les jeunes enfants dans de meilleures conditions, nous continuons à revendiquer :
. la réintégration des salariées sanctionnées
. la liberté syndicale
. le rattachement à une convention collective choisie par les salarié-e-s
. le respect des projets pédagogiques tournés vers l'émancipation des enfants
. le refus des heures supplémentaires et l'embauche de personnel !
. une augmentation conséquente des salaires
. 8 semaines de congés pour tous et toutes !
. un droit à la formation et à l'information pour toutes les catégories de personnel !
11:05
La déclaration écrite 12/2010 [1] concernant l'Accord Commercial Anti-contrefaçon (ou ACTA, son acronyme anglais) est désormais ouverte à signature. Elle doit être signée dans les trois mois par plus de la moitié des eurodéputés pour être adoptée. Le Parlement européen doit saisir cette occasion de démontrer son engagement à protéger les droits et libertés. Les citoyens européens soucieux de l'ACTA et souhaitant préserver un Internet ouvert peuvent participer [2] en contactant [3] les eurodéputés et en les appelant à signer la déclaration écrite.
La déclaration écrite 12/2010 a été déposée par Françoise Castex (FR, S&D), Alexander Alvaro (DE, ALDE), Stavros Lambrinidis (GR, S&D) and Zuzana Roithova (CZ, PPE). Elle exprime la crainte de voir les négociations en cours sur ACTA mettre en cause la liberté d'expression, la neutralité du Net, le droit à un procès équitable, ainsi que le droit au respect à la vie privée et l'accès aux médicaments dans les pays en développement.
La déclaration écrite définit des lignes rouges à ne pas franchir pour les négociateurs de l'ACTA, soulignant que les acteurs d'Internet ne doivent pas être tenus pour responsables des actions entreprises par leurs utilisateurs, ni être contraints de surveiller et de filtrer les réseaux. Le texte est en accord avec les recommandations du Contrôleur européen de protection des données qui, dans un avis récent, se montre extrêmement critique des dispositions actuellement négociées dans le cadre de l'ACTA.
Une page de campagne dédiée [4] a été mise en place pour permettre à tout citoyen de participer à la collecte des signatures d'une majorité d'eurodéputés. Du lundi 8 au jeudi 11 mars, ces derniers se retrouveront à Strasbourg pour une séance plénière. À partir d'aujourd'hui et jusqu'à la mi-juin, les sessions plénières [5] constitueront un moment idéal pour procéder à la collecte de signatures.
« En signant la déclaration écrite 12/2010, les eurodéputés feraient la preuve de leur détermination à protéger les citoyens. L'adoption de la déclaration écrite enverra un signal fort en direction de la Commission et des États membres en indiquant que le Parlement ne laissera pas les libertés des citoyens européens être balayées par d'opaques tractations diplomatiques. Tout citoyen ou organisation inquiet des conséquences possibles de l'ACTA peut participer en appelant les eurodéputés à signer la déclaration », conclut Jérémie Zimmermann, porte-parole de La Quadrature du Net.
0012/2010
Déclaration écrite sur l'absence d'un processus transparent et la présence d'un contenu potentiellement controversé concernant l'accord commercial anti-contrefaçon (ACAC)
Le Parlement européen,– vu l'article 123 de son règlement,
A. considérant les négociations en cours concernant l'accord commercial anti-contrefaçon (ACAC),
B. considérant que le rôle de codécision du Parlement européen en matière commerciale et son accès aux documents de négociation sont garantis par le traité de Lisbonne,
1. considère que l'accord proposé ne doit pas imposer indirectement l'harmonisation de la législation européenne sur le droit d'auteur, les brevets ou les marques et qu'il convient de respecter le principe de subsidiarité ;
2. déclare que la Commission devrait immédiatement mettre à la disposition du public tous les documents relatifs aux négociations en cours ;
3. estime que l'accord proposé ne doit pas imposer de restrictions à la procédure judiciaire ni affaiblir les droits fondamentaux tels que la liberté d'expression et le droit au respect de la vie privée ;
4. souligne qu'une évaluation des risques économiques et d'innovation doit précéder l'introduction de sanctions pénales dans les cas où des mesures civiles sont déjà instaurées ;
5. considère que les fournisseurs de services internet ne doivent pas être tenus responsables des données qu'ils transmettent ou hébergent par l'intermédiaire de leurs services dans une mesure qui impliquerait une surveillance préalable ou le filtrage de ces données ;
6. signale que toute mesure visant à renforcer les compétences en termes de contrôle transfrontalier et de saisies de marchandises ne peut porter atteinte à l'accès à des médicaments légaux, abordables et sûrs à l'échelle mondiale ;
7. charge son Président de transmettre la présente déclaration, accompagnée du nom des signataires, au Conseil et à la Commission, ainsi qu'aux parlements des États membres.
Les traductions de la déclaration écrite, qui seront bientôt en ligne sur le site du Parlement européen, sont disponibles sur notre wiki.
[1] http://www.laquadrature.net/wiki/De...
[2] Une page de campagne est prévue à cet effet : http://www.laquadrature.net/wiki/Ai...
[3] L'outil "Mémoire Politique" permet de contacter facilement les eurodéputés : http://www.laquadrature.net/wiki/Me...
[4] Page de campagne : http://www.laquadrature.net/wiki/Ai...
[5] Les sessions plénières se tiendront : - du 8 au 11 mars ; - du 19 au 22 avril ; - du 17 au 20 mai ; - du 14 juin au 17 juin.
Deux "mini-plénières" se tiendront également à Bruxelles les 24 et 25 mars ainsi que les 5 et 6 mai.
10:57
Rendez-nous visite aujourd'hui mardi 9 mars 2010 à partir de 14H et tous les après-midi suivants, au 43, rue du 8 mai 1945, rez-de-chaussée, à Saint-Martin d'Hères.
Groupe Femme de Défends-toit
defdends-toit at boum.org
06 87 02 58 44 / 06 33 72 79 31
Depuis un an et demi, des femmes de St Martin d'Hères se battent pour obtenir un logement pour chacun et chacune d'entre nous ; des logements dignes, choisis, adaptés à nos besoins, à nos réalités. Parmi nous, baladées de bureau en bureau, de dossiers en dossiers, es femmes, des mères de famille, nombreuse ou pas, des grands-mères avec leurs petites retraites attendent, depuis longtemps, des solutions adaptées à leurs besoins, leurs revenus. Aujourd'hui elles se rebellent et nous nous sommes installées depuis samedi 6 mars dans un logement vide à Renaudi (OPAC 38). Nous avons décidé de les soutenir et nous vous appelons à nous rejoindre.
Aujourd'hui 9 mars 2010, nous sommes des femmes en lutte pour construire et améliorer nos vies et celles de nos familles. Nous rendons hommage à tous les combats menés par les femmes à travers l'Histoire, à travers le monde pour obtenir le respect des droits pour toutes et tous.
Luttant au quotidien pour élever leurs enfants, pour soutenir leurs maris, elles ont pris leurs parts dans l'accroissement de nos richesses. Aujourd'hui, elles ont décidé de rester, seules, près de leurs enfants. Elles se battent pour les recevoir et garder leurs petits-enfants dans des conditions dignes. Aujourd'hui, elles donnent encore leurs parts à l'amélioration de nos quotidiens et à notre richesse commune. Elles ont travaillé toute leur vie, pour tout ce travail doubles journées, soutiens aux conjoints, prises en charge des anciens –la société répond : une petite retraite, un petit RSA, un petit logement non adapté. Elles demandent des T3 ou des T4 : elles hébergent leur enfants en recherche d'emploi ou étudiants à la maison, elles gardent leurs petits-enfants. Avec elles, noius exigeons des logements adaptés à nos situations de santé, à nos revenus, à nos situations familiales.
Lors de notre rencontre, Mr Gaillard, directeur général de l'OPAC 38 s'était engagé à organiser une réunion avec tous les autres bailleurs sociaux et publics pour mettre à plat la situation de l'offre et de la vacance des logements sur toute l'agglomération, sur l'Isère et de trouver des solutions pour ces femmes. Nous exigeons que cette promesse soit tenue !
Depuis un an et demi, nous avons participé à des initiatives ; ensemble, nous avons construit des revendications.
Des demandes de logement, de mutations locatives sont en souffrance depuis de nombreuses années – 4 ans, 8 ans, 10 ans ! Des logements et bâtiments vides, il y en a. Regardons autour de nous ! Nous demandons qu'une étude sérieuse, exhaustive soit faite s'agissant des logements et bâtiments vides sur le parc privé, public et social dans l'Isère. Nous demandons que soient réquisitionnés les logements vides ! Près de 80% des demandes de logement concernent des personnes aux revenus modestes. Nous demandons la construction et la rénovation en économie d'énergie isolation et énergies renouvelables massives de logements en PLAI. Nous exigeons l'augmentation des minima sociaux et des salaires. Nous exigeons la création d'un service-bureau-guichet unique dans l'Isère pour faire suite au numéro de dossier unique « étoile.org » initié par le Conseil général et pour permettre à chacun, chacune d'avoir accès aux informations sur leurs droits au logement, sur le disponibilités et vacances de logements inter-bailleurs, inter-institutions publiques ainsi que les demandes – offres de mutations.
La trève hivernale va prendre fin le 15 mars 2010 ! Nous demandons l'arrêt des menaces, des assignations par les huissiers et des décision d'expulsion prises dans le cadre du tribunal, mettant la pauvreté, les difficultés financière, au rang de la judiciarisation plutôt qu'au rang social, pourtant, la responsabilité en incombe aux pouvoirs publics qui augmentent les loyers et les charges de façon irresponsable. Nous exigeons un moratoire sur toutes les expulsions prononcées par le tribunal ! En augmentant les facture – loyers, énergies, chauffage, eau, prestation diverses – dans ce contexte de crise économique – les pouvoirs publics ont pris la responsabilité d'aggraver les conditions de vie des locataires. Nous demandons la construction et l'ouverture de lieux d'hébergement permanents et adaptés !
Nous demandons l'application de la loi DALO !
NOUS REAFFIRMONS QUE LE LOGEMENT EST UN BESOIN FONDAMENTAL SERVANT A CONSTRUIRE NOS VIES ET CELLES DE NOS FAMILLES ET NOUS ENTENDONS OBTENIR L'APPLICATION DE CE DROIT FONFAMENTAL !
NOUS VOUS APPELONS A NOUS SIGNALER LES LOGEMENTS VIDES PORTES A VOTRE CONNAISSANCE.
VENEZ NOUS RENDRE VISITE, NOUS SOUTENIR, PARLER DE VOS COLERES, NOUS APPORTER DE QUOI AMENAGER L'APPARTEMENT...
Anna, Aude, Florika, Claire, Nadia, Mimouna, Mimount, Elif, Fatoumata, Fofana, Mathilde, Laurence, Fatima, Stéphanie, Hélène, Martine, Keira, Laura, Maria, Incarnatione, Maryam, Madeleine, Chrystelle, Noémie, Nazia, rachida, Sonia, Sabrina, catherine, Yamina et les autres, soutenues par des copines et des copains, nous nous sommes mobilisées pour gagner des logements la tête haute.
10 femmes du groupe ont déjà obtenu des logements dans lesquelles elles ont dû, pour faire vivre leur famille dignement, engager des travaux important au milieu des biberons, des repas à préparer, des lessives à étendre, etc. Tout cela avec leurs petits moyens, qu'elles soient seules ou en couple.
Rendez-nous visite aujourd'hui mardi 9 mars à partir de 14H et tous les après-midi suivants, au 43, rue du 8 mai 1945, rez-de-chaussée, à Saint-Martin d'Hères.
Groupe Femme de Défends-toit
06 87 02 58 44 / 06 33 72 79 31
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10:45
L'environnement, « ça commence à bien faire ». Ces propos de Nicolas Sarkozy prononcés samedi au Salon de l'agriculture provoquent la colère de France Nature Environnement. Explications.
L'environnement, un atout pour l'économie agricoleA l'issue d'un Salon de l'agriculture placé sous le signe de la crise, le Président de la République a annoncé une évaluation de l'impact économique des mesures environnementales en agriculture, face à la concurrence des pays européens.
Pour Jean-Claude Bévillard, chargé des questions agricoles à FNE : « Cédant à la pression de certains syndicats agricoles, le Chef de l'Etat propose des mesures de court terme et laisse entendre que l'environnement nuit à la compétitivité de notre agriculture… alors que c'est bien l'agriculture productiviste qui est aujourd'hui en faillite ! »
FNE rappelle que la protection de l'eau, des sols, de la biodiversité est une condition de base de la production agricole. Demain, elle constituera la principale justification des subventions, qui représentent 90% du revenu des exploitations agricoles (source Inra). Loin d'aider les agriculteurs, opposer agriculture et environnement revient tout simplement à condamner notre agriculture.
Un discours contraire à l'esprit du GrenelleLe Grenelle de l'environnement l'avait montré, l'étude Ecophyto R&D l'a confirmé : il était possible de concilier production agricole et respect de l'environnement.
Jean-Claude Bévillard, chargé des questions agricoles à FNE, explique : « Réduire l'utilisation des pesticides est avant tout dans l'intérêt des agriculteurs qui en sont les premières victimes. Développer notre agriculture biologique, alors que nous importons 70% des produits bio que nous consommons, relève du bon sens économique. Développer les infrastructures agro-écologiques (haies, bandes enherbées), qui améliorent l'auto-régulation des espaces agricoles face aux ravageurs, est un atout pour la production. Comment peut-on encore en douter ? »
FNE rappelle enfin qu'il n'est plus possible de faire marche arrière sur le Grenelle : l'ensemble des acteurs de la négociation se sont engagés et ces engagements sont traduits dans la loi.
A quelques jours du Salon de l'agriculture, FNE avait déjà sonné l'alerte en pointant 7 dossiers clés.
10:42
Contrairement aux annonces du Président de la République, lors d'une conférence sur le nucléaire civil qui se déroulait ce matin à Paris, l'énergie nucléaire n'est pas une solution réaliste. Aujourd'hui, le nucléaire couvre 2% de l'énergie mondiale consommée. Doubler cette quantité et arriver ainsi péniblement à 4% reviendrait à lancer une nouvelle centrale nucléaire chaque semaine pendant 20 ans. Explications de FNE.
Un raisonnement simpleEn 2006, 442 réacteurs fonctionnent dans 31 pays différents dans le monde, soit un total de 370 GW produisant environ 17% de l'électricité mondiale, soit un peu plus de 6% de l'énergie mondiale, ce qui représente autour de 2,5% de l'énergie consommée au monde (à cause des pertes en ligne notamment).
On peut donc arrondir à 500 sites existants sans exagération.
Partant de l'idée (large) que les sites existants ont aujourd'hui un âge moyen de 20 ans, et que la durée de vie d'un réacteur est de 40 années au mieux (30 ans prévus initialement en France mais que l'on essaye d'allonger à 40, cf. Fessenheim), se projeter sur les 20 prochaines années appelle nécessairement au renouvellement du parc existant, donc approximativement 500. Doubler le parc revient à créer 500 réacteurs supplémentaires pour arriver à 1000 réacteurs nouveaux ou renouvelés dans 20 ans.
1000 réacteurs sur 20 ans, c'est 500 sur 10 ans, soit 50 par an, c'est à dire un par semaine pendant 20 ans !
Le nucléaire n'est pas une énergie propre, sans CO²« Affirmer l'inverse, c'est faire l'impasse sur l'amont de la filière, l'extraction et le transport de l'uranium en provenance d'Afrique ou d'ailleurs, la construction des centrales, les pics de consommation (qui appellent les centrales au charbon à la rescousse) et les risques présentés par l'aval et les déchets, explique Marc Sénant, chargé de mission risques industriels à France Nature Environnement. Evidemment, une telle partialité présente d'un coup de baguette magique le nucléaire comme la solution à nos problèmes climatiques. »
Concrètement, au Niger, il faut manipuler 1 tonne de minerai pour extraire... 3 kg d'uranium, soit un rendement de 0,3%. Or pour extraire une tonne de minerai, les machines déployées rejettent des quantités considérables de CO² ! On ne peut pas faire un bilan du nucléaire en occultant cette partie de la filière sous prétexte qu'elle n'est pas en France.
Le nucléaire n'est ni viable ni propreMarc Sénant conclut : « Sans parler de la ressource en uranium qui est elle aussi limitée, de la question de la gestion des déchets radioactifs, du risque inhérent de la technologie, entre autres, cela démontre une fois de plus qu'une politique énergétique ne pourrait se reposer sur le nucléaire. »
Source : International Energy Agency 2009, "Key world energy statistics 2009".
10:39
210 m³ de goudrons sur un ancien site d'Arcelor Mittal, 10 ans après l'arrêt de l'exploitation. Une centaine de tonnes de résidus solides de benzols sur un site auparavant géré par Total Petrochemicals. Loin des engagements des anciens exploitants, certains sites industriels hors d'usage de Lorraine sont laissés à l'abandon. FNE et l'Adelp sonnent l'alerte.
Les déchets d'Arcelor MittalPlus de 10 ans après la cessation d'activités de l'ancienne Cokerie de Moyeuvre Grande, le représentant du dernier exploitant, la société Arcelor Mittal n'a toujours pas évacué 210 m³ de goudrons encore présents sur le site, enfouis sous le sol et une partie dans une cuve. La présence de ces déchets et les activités passées ont par ailleurs conduit à une pollution des sols et de la nappe alluviale de l'Orne. France Nature Environnement porte plainte pour ces faits.
Quelle crédibilité accorder alors aux engagements des anciens exploitants lorsqu'il est constaté l'absence de mise en sécurité environnementale et sanitaire des anciens sites industriels ?
Pour Raymond Léost, administrateur de France Nature Environnement, « il est nécessaire de procéder à une vérification des déclarations de sécurisation des anciens sites d'exploitation effectuées par les industriels sur le terrain. On ne peut pas se limiter à les enregistrer. Il faut procéder à un inventaire précis des déchets actuellement à l'abandon sur ces terrains ».
Pour Marc Sénant, Chargé de mission « Risques industriels » de FNE : "Cette situation inadmissible est l'illustration même de la limite du système français qui repose sur l'auto-déclaration effectuée par les industriels eux-mêmes. Il faut bien comprendre qu'a priori, le respect des réglementations environnementales en France se vérifie au travers de...ce que déclarent ceux à qui elles s'imposent. Tout est fondé sur un rapport de confiance. Des faits comme ceux d'aujourd'hui doivent remettre structurellement en cause ce système. »
Une situation malheureusement facilitée par le manque cruel de moyens humains des inspecteurs des installations classées, les "gendarmes de l'industrie", qui atteignent péniblement le nombre de 1200 pour...un demi-million d'usines à contrôler en France ! Comment, partant de tels constats, être serein quant à l'avenir environnemental et industriel de nos territoires ? Une des solutions proposées par FNE serait par exemple de créer un fonds particulier financé par les industriels mais géré par la puissance publique et dont le but serait de financer des contre analyses, des tierces expertises."
Les tonnes de benzols de Total Petrochemicals FranceSur le site pétrochimique de Carling Saint-Avold, plus de 5 ans après la cessation d'activités de l'atelier benzols/cyclohexane, la société Total Petrochemicals France n'avait pas évacué une centaine de tonnes de résidus solides de benzols présents dans un ancien bac de stockage.
Total Petrochemicals France aura à répondre de ces faits le 7 septembre 2010 devant le tribunal de police de Saint-Avold à la demande de France Nature Environnement et de l'Association de défense de l'environnement en Moselle Est (ADELP), comme nous l'avons annoncé la semaine dernière.
10:35
En janvier dernier était déposé au Sénat le projet de Loi de Modernisation Agricole [1] qui sera débattu au printemps. En l'état, ce texte aurait des conséquences importantes sur la gestion des forêts françaises. Analyse de FNE.
La création des Plans Pluriannuels Régionaux de Développement Forestier
Ces plans viseraient à coordonner régionalement les efforts de mobilisation des bois, en définissant des actions prioritaires à court terme pour y parvenir. Leurs objectifs seraient :
identifier les massifs, en raison de leur insuffisante exploitation, où des actions prioritaires sont à mettre en œuvre pour mobiliser le bois
assurer une meilleure valorisation économique du bois ;
définir les investissements à réaliser pour mobiliser la ressource ;
coordonner localement le développement forestier.
Les PPRDF seraient élaborés sous autorité du préfet par les représentants de l'amont forestier (CNPF, ONF, Communes Forestières, etc.) et par les Chambres d'Agriculture. Le projet de plan serait mis à disposition du public pendant une durée minimale d'un mois et arrêté après avis de la Commission Régionale de la Forêt et des Produits Forestiers.
Avis de FNE. FNE déplore que les membres de la société civile, notamment les associations de protection de la nature, ne soient pas impliquées dans l'élaboration des PPRDF. Centrés exclusivement sur la mobilisation des bois, FNE craint des conséquences néfastes de ces plans à court, moyen ou long terme sur une biodiversité déjà menacée bien que garante du bon fonctionnement de nos forêts. En effet, c'est bien sur les forêts actuellement peu exploitées que les enjeux de préservation de la biodiversité sont les plus importants. Restreindre l'implication des associations environnementales à un avis parmi d'autres lors de la consultation de la Commission Régionale de la Forêt et des Produits Forestiers est inacceptable en l'état.
La création des Stratégies Locales de Développement Forestier en remplacement des Chartes Forestières de TerritoireLes Chartes Forestières de Territoire (CFT) en cours d'application au moment de la publication de la loi seraient mises à jour dans un délai d'un an pour entrer en conformité avec les nouvelles Stratégies Locales de Développement Forestier (SLDF). Ces stratégies prévoiraient, comme c'était le cas pour les CFT, un état des lieux suivi d'un programme d'actions pluriannuel. Elaborées à l'initiative d'une ou plusieurs collectivités territoriales, de l'amont forestier ou des Chambres d'Agriculture, les SLDF viseraient à :
garantir la satisfaction de demandes environnementales ou sociales particulières concernant la gestion des forêts et des espaces naturels qui leur sont connexes ;
contribuer à l'emploi et à l'aménagement rural ;
favoriser le regroupement des propriétaires forestiers, la restructuration foncière ou la gestion groupée à l'échelle d'un massif forestier ;
renforcer la compétitivité de la filière de production, de récolte, de transformation et de valorisation des produits forestiers.
L'élaboration et la mise en œuvre des SLDF seraient conduites par un comité associant l'amont forestier, des établissements publics, des associations d'usagers de la forêt ou de protection de l'environnement et des collectivités territoriales. Elles définiraient les objectifs poursuivis, les indicateurs relatifs aux actions à mettre en œuvre et les indicateurs de résultats.
Avis de FNE. FNE salue la gouvernance élargie proposée pour l'élaboration de ces stratégies, en impliquant l'ensemble des acteurs concernés par le rôle et la place de la forêt dans les territoires. En revanche, associer la société civile uniquement à l'échelle locale des SLDF, alors même que ces stratégies doivent s'inscrire dans les PPRDF qui auront été définis sans elle et avec un objectif affiché de mobilisation du bois, risque d'aboutir à une faible implication du monde associatif dans les processus. De plus, cantonner les SLDF à répondre à des « demandes environnementales ou sociales particulières » n'est pas un objectif satisfaisant ; il devrait être élargi à la prise en compte systématique de l'environnement et à la préservation de la biodiversité ordinaire et remarquable.
Pour conclure, ce projet de loi répond bien au leitmotiv de l'Etat : mobiliser plus de bois. Ne détricotons pas la loi d'orientation forestière de Juillet 2001 en donnant plus de poids à la fonction économique de la forêt. La gestion durable n'apparait en effet qu'à la marge, alors même que la nécessité de mettre au même niveau les fonctions économiques, sociales et environnementales de la forêt a été reconnue internationalement depuis la conférence de Rio en 1992 et dans l'article 1er de la loi de 2001. Inscrire ces trois piliers dans les politiques forestières nationales et leurs déclinaisons territoriales devient un impératif et apparait d'autant plus crucial que le bois ne représente que 10% de la valeur économique de la forêt. Il serait donc temps que les ministères de l'agriculture, de l'espace rural et de l'environnement unissent leurs efforts et leurs moyens sur un sujet aussi transversal qu'est la forêt. Le texte du projet de LMA sera examiné par le Parlement au printemps 2010. L'occasion pour FNE de se mobiliser afin que ses demandes soient entendues.
A lire également : Article FNE - Implication associative dans les démarches forestières territoriales : état des lieux et perspectives
[1] Pour consulter le texte du projet de loi : [www.senat.fr]
10:19
Protection de la Nature, Développement Durable, Loi sur l'EAU, Natura 2000, Grenelle... C'est plus qu'il n'en faut ?
Un « dernier » événement se produit…autour du serpent de mer de l'autoroute RN 88, dans la Commune de Quins (12). Une petite bête, l'écrevisse à pattes blanches, gène le passage de l'autoroute RN 88. Ce petit animal « dérisoire » arrête les bulldozers. Emotions car il est protégé. Sa disparition se poursuit inexorablement. Finies les pêches miraculeuses d'il y a un demi siècle, et l'intérêt de la protection de cette « petite bête » ne fait aucun doute.
Plus grave à notre sens c'est l'incurie avec laquelle l'enquête et la décision du tracé a été prise : comment est-il possible de ne s'apercevoir qu'au moment de lancer les travaux, qu'il y a incompatibilité avec les lois de Protection de la Nature ? N'a-t-on pas eu tout loisir d'analyser l'impact sur l'environnement et les espèces ? incompréhensible !
Au delà de l'écrevisse à pattes blanches, pour la Fédération des Grands Causses, c'est la Ressource en EAU qui est en jeu. Cette écrevisse n'est-elle pas un témoin de la qualité de l'eau du ruisseau le LIEU ?
Fédération Vie et Sauvegarde du Pays des Grands Causses
10:16
La Confédération Paysanne s'associe le 8 mars 2010 aux différentes initiatives en faveur des droits des femmes.
Dans ce cadre, il apparait essentiel de rappeler la situation des femmes non salariées de l'agriculture qui, en ces temps de crise agricole très importante, risquent d'avoir de plus en plus de difficultés à obtenir la reconnaissance pleine et entière de leur activité économique et l'accès à tous leurs droits.
C'est pourquoi nous continuons de revendiquer :
* un statut unique d'actif agricole permettant un accès égalitaire aux droits économiques et sociaux pour tous les non salariés agricoles qui supportent également les risques de l'entreprise,
* la levée de l'interdiction du GAEC entre conjoints, pacsés ou concubins,
* une amélioration des retraites des conjointes d'exploitation qui, pour une carrière complète dans ce statut, ne peuvent être supérieures à 509 € / mois.
Plus globalement, après 100 ans de luttes pour les droits des femmes et 40 ans du mouvement de libération des femmes, nous pouvons nous réjouir d'avoir juridiquement obtenu des avancées en faveur de l'égalité des droits. Mais la mise en application reste très en dessous de ce qui est tolérable, et des régressions sont même parfois perceptibles.
C'est pourquoi la Confédération paysanne continue de porter les revendications de toutes les femmes sur :
* l'égalité, dans la vie politique, économique et sociale,
* le respect et la dignité des femmes, avec un premier pas significatif mais insuffisant grâce à la loi cadre contre toutes les violences faites aux femmes,
* l'effectivité de l'égalité dans le monde du travail permettant l'autonomie financière et impliquant le partage de la gestion de la famille,
* la solidarité dans la lutte pour les droits des femmes du monde entier et pour les femmes migrantes,
* la liberté des femmes à disposer de leur corps avec la garantie du droit à la contraception, à l'avortement (menacé par la fermeture de nombreux centres d'IVG) ainsi que le droit de choisir sa sexualité,
* le maintien et le développement du service public de la petite enfance (crèche, écoles maternelles) et aux personnes âgées.
La Confédération paysanne, adhérente de la Marche Mondiale des Femmes 2010, appelle donc tous les paysans et toutes les paysannes à y participer à travers les actions collectives qui seront organisées entre le 8 mars 2010 et le 17 octobre 2010.
10:13
Nicolas Sarkozy a reçu ce matin l'ensemble des organisations syndicales agricoles. La Confédération Paysanne a répondu présente à cette initiative.
Les mesures qu'il propose pour éviter « l'implosion du système » agricole sont cependant bien loin de donner une réponse à la hauteur de la situation et au désarroi des paysans :
* Des enveloppes d'emprunt élargies pour répondre à tous les dossiers déposés (50 millions de bonification d'emprunt s'ajoutent aux annonces antérieures).
* L'exonération des charges sociales patronales des saisonniers agricoles
* Un audit sur l'impact économique des mesures environnementales prises dans le cadre du Grenelle de l'environnement.
La Confédération Paysanne considère que ces mesures sont inadaptées pour les emprunts (qu'il faudra rembourser) et les charges sociales des saisonniers, et totalement déconcertantes sur la possible remise en cause des engagements du Grenelle.
Seules les assurances et la contractualisation prévues dans la loi de modernisation agricole devraient faire office de solutions politiques de moyen terme. Nicolas Sarkozy méprise les quotas laitiers comme un outil d'un autre temps.
Pourtant, s'ils doivent être améliorés, ils ne doivent pas être condamnés : la régulation des volumes de production est indispensable pour permettre des prix qui apportent un revenu aux paysans. Nicolas Sarkozy ne veut pas l'entendre : il se trompe !
Parlant plusieurs fois de la préférence communautaire, le Président de la République a souligné que « jamais il ne défendrait le protectionnisme ». Comment concilier l'inconciliable ? N. Sarkozy n'a aucunement exprimé la volonté de remettre en cause le libéralisme, il a préféré adopter un discours caricatural totalement décalé.
Les quelques bonnes nouvelles : la taxe sur le foncier qui change de destination, le maintien de la prime à l'herbe, la confirmation de la volonté d'une PAC plus juste et enfin une allusion à l'interdiction de la vente à perte pour les agriculteurs, ne masquent pas le manque de perspective politique.
La reconduction de cette table ronde proposée par N. Sarkozy est bien l'aveu que la situation ne sera pas résolue demain matin. Cette nouvelle forme de consultation ne pourra pas pour autant remplacer la mise en place d'un indispensable pluralisme dans tout le secteur agricole.
10:11
Dans le cadre du suivi du « Grenelle des ondes » un groupe de travail chargé de réfléchir à la définition d'un nouveau protocole de mesures des champs électromagnétiques se réunira le 8 mars. Priartèm et Agir pour l'Environnement s'inquiètent des principales orientations annoncées.
Jusqu'à présent, les mesures de champs électromagnétiques s'effectuaient selon un protocole mis en place par l'ANFr. L'Évolution des applications technologiques – développement du WiFi et du Wimax, notamment – nécessitait qu'y soient apportées un certain nombre de modifications. Mais sous prétexte de toilettage, le groupe de travail s'apprête à entériner des choix qui sont en rupture avec la logique de l'exposition maximale et qui constituent un véritable recul. A ce jour, les bureaux de contrôle effectuent une mesure reposant sur deux instruments : la sonde à large bande et un analyseur de spectre. Ces deux outils permettent de connaître l'exposition globale aux ondes Électromagnétiques à l'instant T et dans un second temps de connaître la contribution de la téléphonie mobile, extrapolée à son maximum.
Selon les orientations privilégiées au sein du groupe de travail, les bureaux de contrôle auront la possibilité d'effectuer des mesures simplifiées ne reposant plus que sur la mesure à l'instant T. Ces mesures seront effectuées avec une sonde à large bande, sans les extrapolations qui permettent de connaître l'exposition maximale. Pire, la contribution de la téléphonie mobile ne sera même plus connue avec précision. Seuls les lieux exposés à plus de 6 volts par mètre (représentant moins de 5% des mesures effectuées) pourraient faire l'objet d'une mesure approfondie.
Dans les faits, l'opérateur pourra ainsi procéder à des mesures simplifiées aux heures creuses, en espérant ainsi minorer les niveaux d'exposition des riverains d'antennes relais. Collatéralement, cette modification du protocole de mesures permettra aux opérateurs de réduire le coût des milliers de mesures effectuées chaque année, gain financier que les associations estiment, sur la base des programmes de mesures déjà réalisés, à environ 5 millions d'euros par an ! Une fois encore, une mesure technique va avoir pour double conséquence de limiter l'accès à une information sincère tout en permettant aux opérateurs de faire des économies substantielles.
Le seuil de 6 V/m retenu par le groupe de travail correspond au niveau qu'un certain Martin Bouygues avait suggéré il y a déjà quelques mois, comme nouvelle norme d'exposition. Si les opérateurs tiennent tant à cette valeur de 6 V/m, c'est qu'elle présente plusieurs avantages : elle est nettement inférieure aux 41, 58 et 61 V/m réglementaires actuels, laissant donc à penser que les opérateurs feraient preuve de bonne volonté… Or, cette valeur ne leur pose pas de problèmes technologiques puisqu'elle ne concernerait que moins de 5% des mesures actuelles ; elle peut être facilement confondue, pour qui n'est pas très informé, avec la valeur de 0,6 V /m que les associations revendiquent. Il présente un gros inconvénient pour les riverains : elle ne les protège pas des risques potentiels. Les opérateurs font ainsi d'une pierre trois coups : gains substantiels ; rupture avec la notion d'exposition maximale ; reconnaissance de la valeur de 6 V/m qui s'imposerait ainsi subrepticement comme nouvelle valeur normative.
Agir pour l'Environnement et Priartèm dénoncent ces orientations, fortement préjudiciables aux riverains, et s'inquiètent de voir qu'au fil des mois et de la multiplication des groupes de travail, le Grenelle des ondes, au-delà d'être une simple opération de communication, créée pour désamorcer la crise, s'apparente à un outil conçu pour mieux protéger les intérêts de la téléphonie mobile.
Janine LE CALVEZ - Priartèm : Tel. 01 42 47 81 54
Stéphen KERCKHOVE - Agir pour l'Environnement Tel. 01.40.31.02.99
10:07
Le 23 mars prochain, la Banque mondiale décidera d'approuver ou non un prêt de 3,75 milliards de dollars en faveur de la compagnie d'électricité Eskom (Afrique du Sud), qui servira principalement à financer la construction de la gigantesque centrale à charbon de Medupi. Le projet bénéficiera à un secteur industriel largement contrôlé par des multinationales occidentales, au détriment des Sud-Africains qui en paieront le coût environnemental et social. Alors que 65 organisations de la société civile sud-africaine et une centaine d'ONG dans le monde entier s'opposent aujourd'hui à ce projet [1], les Amis de la Terre demandent à la France de se montrer à la hauteur de ses engagements en matière climatique et de développement, et de voter contre le projet au sein de la Banque mondiale.
La Banque mondiale pourrait accepter de prêter 3,75 milliards de dollars à la compagnie d'électricité sud-africaine Eskom, dont 3 milliards iraient à la construction de la centrale de Medupi. Outre les diverses pollutions liées à son fonctionnement (contamination au soufre, mercure…), cette centrale géante de 4 800 MW émettra 25 millions de tonnes de CO2 par an (5% des émissions françaises totales), contribuant fortement aux changements climatiques.
Anne-Sophie Simpere, chargée de campagne Finance aux Amis de la Terre, explique : « L'Afrique du Sud a un potentiel énorme en matière d'énergies renouvelables et d'efficacité énergétique, et la société civile sud-africaine demande qu'il soit développé. Pourtant seuls 7 % du prêt de la Banque mondiale iraient aux renouvelables, et 13 % à l'efficacité énergétique. Allouer 80 % de ses fonds à un méga projet charbonnier est un choix aberrant. Il est d'autant plus scandaleux que la Banque mondiale essaie de se présenter comme une institution exemplaire dans la lutte contre les changements climatiques. »
La centrale de Medupi est principalement conçue pour de gros industriels, qui bénéficient de tarifs artificiellement bas pour l'électricité en raison d'accords inéquitables signés à la fin de l'apartheid, au début des années 90. Par conséquent, le coût de production de l'électricité pèse de façon disproportionnée sur la population.
Sébastien Godinot, coordinateur des campagnes aux Amis de la Terre, précise : « Eskom a déjà annoncé des augmentations de tarif de 35 % par an aux particuliers : l'énergie va devenir inabordable pour un grand nombre de ménages sud-africains. En parallèle, les industries, principalement contrôlées par de riches multinationales, bénéficient du prix de l'électricité le plus faible au monde. En soutenant Eskom, la Banque mondiale ne contribue donc pas à l'amélioration de l'accès à l'énergie de la population, et encore moins à la lutte contre la pauvreté, mais elle aggrave au contraire un système injuste à la botte de grandes entreprises occidentales. »
Les Amis de la Terre demandent à la France de ne pas approuver le prêt de la Banque mondiale à Eskom.
Anne-Sophie Simpere conclut : « La France a un conflit d'intérêt dans le projet, car Alstom fait partie des constructeurs de la centrale. En octobre dernier, Nicolas Sarkozy nous écrivait au sujet de la Banque mondiale que la France serait « particulièrement vigilante à ce que les financements publics soient désormais cohérents avec les objectifs nationaux et internationaux de lutte contre le changement climatique. » [2]. Nous attendons de voir s'il tiendra cet engagement ou s'il cèdera à la pression d'Alstom… »
[1] Voir la Déclaration de la société civile sud-africaine et africaine contre le projet Eskom
[2] Voir le courrier de Nicolas Sarkozy en date du 13 octobre 2009
9:57
Excisée alors qu'elle était enfant, Bintou a souffert de graves complications et a obtenu, de ce fait, une carte de séjour pour étranger malade depuis l'année 2003, carte délivrée aux étrangers qui souffrent d'une grave pathologie qui ne peut être prise en charge convenablement dans leur pays d'origine. Bintou S. a toutefois découvert qu'elle était également atteinte d'une hépatite B et d'un diabète ; elle a été prise en charge du fait des ces deux pathologies.
Malgré sa maladie et son isolement, Bintou a fait preuve d'un courage et d'une détermination exemplaires puisque, dès qu'elle a obtenu son titre de séjour, elle n'a cessé de travailler en tant qu'agent de nettoyage ; elle est employée par contrat à durée indéterminée depuis l'année 2005.
Ce travail lui permet de subvenir à ses besoins et ceux de sa fille âgée d'un an, née sur le territoire français, avec laquelle elle vit dans un appartement de deux pièces qu'elle loue dans le 18ème arrondissement de PARIS.
Bintou espérait ainsi pouvoir vivre, dans des conditions sereines et dignes, notamment en empêchant que sa fille subisse une excision, ce qui serait inévitable en cas de retour au Mali.
Tous ces espoirs ont été anéantis lorsque la préfecture de police a refusé, contre toute attente, le 25 novembre 2009, de renouveler le titre de séjour étranger malade de Bintou, estimant que celle-ci pouvait désormais être prise en charge convenablement au Mali.
Cette décision a été prise sans même que la commission départementale du titre de séjour ne soit saisie pour avis, ce qui est pourtant obligatoire s'agissant des étrangers qui résident en France depuis plus de 10 ans !
Bintou a alors tenté de déposer une demande d'asile pour protéger sa fille de ce risque de mutilation génitale en cas de retour, mais les services de la préfecture de police au lieu de lui remettre un formulaire de demande d'asile comme la procédure le prévoit, ont choisi de la convoquer au 8ème bureau le vendredi 12 mars, c'est-à-dire le bureau de l'éloignement.
Par ailleurs, le juge des référés du tribunal administratif de PARIS, saisi en urgence de ce refus de séjour a refusé de suspendre cette décision au motif que "aucun des moyens soulevés par l'intéressée n'est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté contesté", ordonnance que Bintou a reçu ce 8 mars, ironiquement journée internationale de la femme.
Le préfet de police n'avait pourtant apporté aucun élément justifiant de ce que la situation des structures de santé se serait améliorée au Mali, classé au 163ème rang mondial pour son système de santé par l'OMS et que Bintou pourrait désormais y être soignée convenablement, ce qui n'était pas le cas en 2008. Ainsi, non seulement Bintou, après des années de travail en France, va perdre son emploi – et par conséquent, son logement – mais elle risque d'être éloignée vers le Mali, où elle ne pourra convenablement être soignée, avec sa fille née en France âgée d'à peine plus d'un an, laquelle sera alors certainement excisée, malgré tous les effort de sa mère en ce sens (9 femmes sur 10 subissent des mutilations génitales au Mali).
Bintou, représente pourtant un modèle en cette journée internationale de la femme, par le courage et la détermination qu'elle a montrés jusqu'à présent dans son combat contre sa maladie et contre l'excision de sa fille.
Le MRAP demande donc que la loi française soit appliquée et que le titre de séjour de Bintou soit renouvelé.
9:54
Le MRAP a pris connaissance, avec indignation, des derniers propos d'Eric Zemmour qui participent à la promotion des clichés et des stéréotypes racistes. L'éditorialiste a une fois de plus dénigré les populations immigrées et « minorités » vivant en France.
Samedi soir, Eric Zemmour a participé à l'émission « Salut les terriens » animé par Thierry Ardisson sur Canal+. Lors de cet émission, il a notamment déclaré :
« L'immigration se concentre dans certains quartiers, et les autochtones s'en vont. » « Quand on vit en France, on donne un prénom français » à son enfant. « La plupart des trafiquants sont noirs et arabes, c'est un fait. ».
Pour le MRAP, Eric Zemmour est aujourd'hui un porte-voix auprès du grand public d'un discours xénophobe et raciste qui stigmatise les banlieues. Le MRAP dénonce le fait que, sous prétexte de « lutte contre le Politiquement correct », on entretienne un populisme xénophobe et alimente les thèses du Front national.
Le MRAP demande au CSA qu'il rappelle aux chaines de radio et de télévision l'éthique des valeurs antiracistes qu'elles doivent respecter. Il demande également que le CSA veille à faire en sorte que les chaines de télévision ne favorisent pas la promotion des clichés et des stéréotypes racistes.
9:50
Nicolas Sarkozy se déclare prêt à accueillir en France « si elle le souhaite » Najlae Lhimer, la jeune marocaine de 19 ans arrêtée le 18 février et expulsée le lendemain par la gendarmerie française alors qu'elle venait porter plainte contre les violences infligées par son frère. Ce serait une décision personnelle de Monsieur Sarkozy. Il était temps ! Voilà quinze jours que l'affaire est sur la place publique, que des manifestations ont lieu à Orléans où Najlae est scolarisée et à Château-Renard où elle « est accueillie » par toute une communauté depuis des années : plus de 500 manifestants le 6 mars dans cette ville de 2000 habitants !
L'indignation provoquée par cette affaire a finalement conduit M. Sarkozy à se souvenir de sa promesse de campagne de 2007 : la « protection et la possibilité de devenir française » pour « chaque femme martyrisée dans le monde ». Le sort de Najlae, celui de Salima Boulhazar, l'une des jumelles de Clermont-Ferrand expulsée elle aussi de façon inhumaine puis autorisée à revenir disent ce qu'est la politique de M. Sarkozy à l'égard des femmes persécutées : grandes phrases et tremolos dans la voix à la télévision. Persécutions et expulsions sordides dans la réalité.
La décision de M. Sarkozy est, aussi, soit dit en passant, un désaveu cinglant de ses ministres à l'échine bien souple, Besson et Morano, qui, la veille encore, justifiaient l'expulsion.
Elle est aussi et surtout, l'illustration d'une certaine façon de gouverner, au bon plaisir du prince qui, selon ce qu'il estime son intérêt, expulse ou au contraire « accueille ».
Elle est aussi l'illustration d'une façon hypocrite de gouverner : devant les caméras les grandes et généreuses déclarations et dans les commissariats ou les préfectures les basses œuvres qu'on voudrait invisibles. Huit ans en France, une compagne en situation régulière, malade, et quatre jeunes enfants nés sur le territoire français, trois scolarisés et un en crèche n'empêchent pas l'arrestation et la tentative d'expulsion. Pire, Monsieur Guilherme HAUKA-AZANGA, qui a refusé de monter dans l'avion, a été condamné à deux mois de prison. La préfecture du Rhône veut l'expulser à sa sortie brisant délibérément une famille.
Najlae va donc revenir. C'est la victoire de tous ceux et de toutes celles qui se sont mobilisées pour ne pas laisser faire l'insupportable. De tous ceux et de toutes celles qui ont une certaine idée de la société.
C'est en même temps un formidable encouragement pour tous les jeunes que des lois injustes privent de papiers, condamnent à la clandestinité et menacent d'expulsion.
Les exemples de Mohamed Abourar expulsé le 23 janvier et revenu le 27 février, de Salima, expulsée le 4 février et revenue le 7 mars grâce à la mobilisation de leurs enseignants, de leurs camarades, des élus, de leurs villes tout entières, témoignent avec éclat que les habitants de ce pays ne sont pas prêts à laisser se commettre n'importe quoi en leur nom.
Pour la troisième fois en moins d'un mois, un jeune arraché à sa vie va revenir. C'est la victoire de la solidarité sur l'étroitesse de politiciens à la vue basse qui ne savent pas que le monde a bougé et que la population de ce pays est mélangée, métissée, et fière de l'être.
9:46
Pour la liberté de circulation et d'installation, contre les frontières et les lieux d'enfermements, manifestons le Samedi 20 MARS a 15H30 devant le Centre de rétention du Mesnil-Amelot.
Rendez-vous au CRA : Rue Périchet, 77 990 Le Mesnil-Amelot ([cartedescra.infos.st]).
RER : Aéroport Charles de Gaulle puis bus n°706 jusqu'au Mesnil Amelot, puis marche jusqu'au nouveau CRA.
POUR QUE LES DETENUS NOUS ENTENDENT AMENER DE QUOI FAIRE DU BRUIT EN SOLIDARITE AVEC LES DETENUS.
CONTRE LE NOUVEAUX CENTRE DE RETENTION
Là où même des enfants seront emprisonnés.
Ne cessons pas de revendiquer notre refus de leur politique honteuse de chasse aux migrant(e)s…
9:42
M.S. a été transféré au Centre de Rétention de Lesquin ce samedi 6 mars ; il passe devant le JLD au TGI, Avenue du peuple Belge ce LUNDI 8 MARS à 10 H à LILLE.
Communiqué des Flamands Roses
Nous, les Flamands Roses, venons d'apprendre l'arrestation de M.S, de nationalité sénégalaise, membre des Flamands Roses. Il a été arrêté ce vendredi 5 mars 2010 en début d'après-midi dans le quartier de Wazemmes à Lille et a été placé en garde à vue. Une mobilisation est urgente car M.S. risque d'être expulsé à tout moment : il sera présenté dans les prochaines heures devant le juge qui se prononcera sur son expulsion.
M.S. est arrivé en France en octobre 2009 car il a fui le Sénégal où il se trouvait en danger à cause de son homosexualité. Comme cela a été largement médiatisé en France et en Europe, le contexte social est très défavorable aux homosexuels au Sénégal : suite à la publication en février 2008 dans la presse sénégalaise d'un article accompagné de photos au sujet d'une fête lors de laquelle aurait été célébré un ‘mariage gay', de nombreux représentants politiques ou religieux avaient exprimé publiquement leur hostilité contre les homosexuels. Ceci avait conduit la population à se livrer à une véritable chasse aux homosexuels dans le pays, laquelle dure encore aujourd'hui.
Lorsqu'il était encore au Sénégal, M.S. a été l'objet de menaces et de persécutions : il a reçu des lettres de menaces, son appartement a été saccagé, et le 3 octobre 2009 il a été violemment agressé par un groupe de personnes en raison de son homosexualité.
Arrivé en France en octobre 2009, il a formulé une demande d'asile qui lui a malheureusement été refusée. Suite à une première arrestation par la police, il lui a été notifié un APRF (arrêté préfectoral de reconduite à la frontière). Suite à une seconde arrestation aujourd'hui vendredi 5 mars, il se trouve actuellement en garde à vue et doit passer devant le juge qui se prononcera sur son expulsion.
Nous, les Flamands Roses, exigeons la libération immmédiate de M.S. Nous, les Flamands Roses, exigeons que la France accorde le droit d'asile à M.S.
Nous appelons toutes les personnes et toutes les organisations à se mobiliser en faveur de M.S.
Ci-dessous un modèle de lettre à envoyer ou à faxer à la Préfecture du Nord et au Minstère de l'Immigration et de l'Identité Nationale.
Les Flamands Roses
03 20 52 28 68
lesflamandsroses@yahoo.fr
19 rue de condé 59000 Lille
Modèle de lettre :
Nous venons d'apprendre l'arrestation à Lille de M.S, de nationalité sénégalaise, membre des Flamands Roses. Il a été arrêté ce vendredi 5 mars 2010 en début d'après-midi dans le quartier de Wazemmes à Lille et a été placé en garde à vue. Une mobilisation est urgente car M.S. risque d'être expulsé à tout moment : il sera présenté dans les prochaines heures devant le juge qui se prononcera sur son expulsion.
M.S. est arrivé en France en octobre 2009 car il a fui le Sénégal où il se trouvait en danger à cause de son homosexualité. Comme cela a été largement médiatisé en France et en Europe, le contexte social est très défavorable aux homosexuels au Sénégal : suite à la publication en février 2008 dans la presse sénégalaise d'un article accompagné de photos au sujet d'une fête lors de laquelle aurait été célébré un ‘mariage gay', de nombreux représentants politiques ou religieux avaient exprimé publiquement leur hostilité contre les homosexuels. Ceci avait conduit la population à se livrer à une véritable chasse aux homosexuels dans le pays, laquelle dure encore aujourd'hui.
Lorsqu'il était encore au Sénégal, M.S. a été l'objet de menaces et de persécutions : il a reçu des lettres de menaces, son appartement a été saccagé, et le 3 octobre 2009 il a été violemment agressé par un groupe de personnes en raison de son homosexualité.
Arrivé en France en octobre 2009, il a formulé une demande d'asile qui lui a malheureusement été refusée. Suite à une première arrestation par la police, il lui a été notifié un APRF (arrêté préfectoral de reconduite à la frontière). Suite à une seconde arrestation aujourd'hui vendredi 5 mars, il se trouve actuellement en garde à vue et doit passer devant le juge qui se prononcera sur son expulsion.
Nous exigeons la libération immmédiate de M.S. et exigeons que la France accorde le droit d'asile à M.S. : conformément à l'article 6 de la directive 2004/83/CE, le statut de réfugié, au titre de l'asile conventionnel ou de la protection subsidiaire, doit être accordé aux personnes LGBT ayant été ou risquant d'être persécutées par les pouvoirs publics de leur pays d'origine, ou par quelque autre acteur non étatique.
Recevez, Monsieur le Préfet, l'assurance de notre considération militante.
à envoyer et à faxer à :
Préfecture du Nord :
Préfet du Nord-Pas-de-Calais : Jean Michel BERARD
Fax 03 20 30 52 52
prefecture.nord@nord.pref.gouv.fr
Directeur de cabinet du Préfet du Nord :
marc.chappuis@nord.pref.gouv.fr
Secrétaire général de la Préfecture du Nord :
salvador.perez@nord.pref.gouv.fr
Ministère de l'immigration et de l'Identité Nationale :
Fax ministère : 01 77 72 61 30 et 01 77 72 62 00
Secrétaire général du Ministère :
secretariat.general@iminidco.gouv.fr
stephane.fratacci@iminidco.gouv.fr
fax : 01 77 72 61 30 et 01 77 72 62 00
Ministre : eric.besson@iminidco.gouv.fr
9:38
Quelques nouvelles des luttes initiées il y a quelques jours dans les centres de rétention italiens (appelés là-bas, CIE = centres d'identification et d'expulsion) et puis des témoignages des grévistes de la faim du centre de rétention de la via Corelli à Milan.
Lien en italien : http://lombardia.indymedia.org/node...
À Corelli, après plusieurs jours de grève de la faim les détenu/es ont commencé à être affaiblis et fragilisés. Certaines filles du secteur des transsexuelles ont été mises sous perfusion et une a été transportée à l'hôpital. Les détenus ont demandé à être pesés et suivis en permanence par du personnel médical, comme c'est la pratique en cas de grève de la faim, mais, dans le centre de la via Corelli, ça ne se fait pas. Toutefois, malgré les difficultés, les détenus continuent avec détermination, soutenus également par la solidarité des anti-racistes qui amènent constamment de l'eau et du jus dans le centre et maintiennent des contacts continus.
À Rome aussi, vingt détenus continuent la grève. Les gestionnaires du centre apportent de la nourriture et eux la renvoient. Certains, qui avaient commencé la grève quelques jours avant les autres ne mangent plus depuis maintenant dix jours et sont très faibles. Contrairement aux détenus de Milan, à Rome ils semblent être pesés et contrôlés régulièrement, mais la nouvelle coopérative qui a pris la place de la Croix-Rouge (la Coopérative Auxilium vient de gagner l'appel pour la gestion du centre au détriment de la Croix Rouge) pour l'exploitation du centre ne permet pas que les personnes solidaires apportent des jus et des boissons de l'extérieur. Chaque détenu reçoit un seul litre d'eau par jour, divisée en deux bouteilles d'un demi litre, l'une le matin et l'autre dans la soirée. Et seulement avec ça ils poursuivent leur lutte.
À Turin, en attendant, et la grève est toujours relayée.
Bologne est un cas à part. Après deux jours, il n'y avait plus d'autres nouvelles de l'intérieur, les détenus ont répondu aux appels de solidarité. La grève a été interrompu après la première journée, sauf pour un retenu qui poursuit sa grève de la faim en solitaire, pour des raisons personnelles. La raison de cette difficulté est simple : il semble que dans ce CIE la nourriture des prisonniers soit droguée avec des tranquillisants, ce qui fait que chaque fois qu'ils se rencontrent, quels que soient l'heure et le jour ils sont complètement endormis et abrutis.
Voici quelques déclarations recueillies par les services de trans du CIE de Corelli.
« Nous sommes vingt personnes qui font la grève de la faim. Dans chaque chambre, nous sommes quatre personnes. Les murs sont pleins de moisissures, les draps sont changés une fois par semaine mais les couvertures ne sont jamais changées. Tous les quinze jours on nous donne un gel douche. Dans la soirée, nous devons nettoyer notre chambre avec le balai et le seau. Les fenêtres n'ont pas de rideaux comme ça le matin tôt, la lumière entre dans la chambre. Nous sommes obligés de mettre la couverture sur la fenêtre pour dormir. Les toilettes sont dégoûtantes. C'est très sale. Les évacuations sont toutes bouchées, nous sommes obligés de faire nos besoins debout. À huit heures et demie du matin, nous prenons un verre de lait et un croissant. Nous ne pouvons pas boire de choses chaudes si ce n'est avec la machine payante. La nourriture est très insuffisante, ils nous amènent souvent de la dinde. Nous qui avons des implants en silicone nous ne pouvons pas manger de la dinde. Pour cette raison, beaucoup d'entre nous ont eu des inflammations aux implants mammaires ou de hanches. Lorsque nous allons à la Croix-Rouge pour nos problèmes de santé, au lieu de nous donner des tranquillisants pour nos problèmes de santé ils nous donnent des tranquillisants pour supprimer la douleur, mais ces gouttes nous font dormir. Quand nous avons trop de douleur, ils nous donnent de l'aspirine (ou paracétamol). »
« Moi je m'appelle ... je suis ici depuis une semaine. J'ai immédiatement commencé une grève de la faim parce que nous ne pouvons pas rester ici six mois. Je suis également séropositive, je devais faire des tests sanguins pour savoir quels médicaments je devais prendre mais ils m'ont amenée ici, et m'ont fait sauter la visite. J'ai eu trois jours de forte fièvre. J'étais tellement mal qu'ils m'ont emmené à l'hôpital pour une occlusion intestinale. Après ils m'ont ramenée à Corelli toujours sans médicaments pour le VIH. Je suis en Italie depuis neuf ans, je suis tombé malade en Italie et je ne peux pas rester ici. Nous avons besoin de nous maintenir (gagner notre vie) et de maintenir notre famille dans le pays. Nous voulons notre liberté parce que nous n'avons rien fait et qu'on nous force à rester ici sans pouvoir rien faire. Il y a un psychologue qui vient une fois par semaine, mais à la fin, on nous donne toujours trente gouttes de Valium ou pour dormir et allez... À la fin nous devenons toutes dépendantes... »
« J'ai eu un très grave accident en dehors d'ici. J'étais toujours traitée en physiothérapie, mais il m'ont prise et emmené à la CIE. Je m'étais fracturé l'omoplate gauche, le fémur et le genou. Ici, souvent la blessure à ma jambe s'enflamme. Je vais à l'infirmerie, on me donne une crème hydratante c'est tout. Beaucoup d'entre nous ont été prises à Pise, et qui vient nous voir a droit à sept minutes de visite pour cinq heures de voyage.... Il y a plein de cafards et d'asticots dans les toilettes et la douche. La police nous maltraite, nous traite comme des chiens, nous insulte en disant que nous sommes tous des gays, fait des blagues sexistes contre nous. Quand nous disons des choses qui ne leur vont pas bien, ils nous donnent des gifles au visage, pour la moindre chose ils nous agressent et nous traitent comme si nous n'étions pas des êtres humains, avec un mépris total. Nous savons qu'une trans s'est suicidée ici à Noël... Il y a une fille qui est ici depuis quatre mois qui a vu ce qui s'est passé lorsque la jeune fille s'est suicidée et maintenant elle est folle, parce qu'une personne normale ne peut survivre ici à l'intérieur, et beaucoup la mort comme unique porte de sortie... Il y a des gens avec des problèmes psychiatriques, et nous devons tous vivre ensemble dans une situation de conflit, avec toutes les diverses pathologies tous ensemble et ici nous sommes forcés de côtoyer diverses maladies, même en prison ça n'est pas comme ça. »
Et un témoin, du secteur des femmes :
« Mon nom est ... je vous raconte mon histoire. Je suis arrivée en Italie en tant que touriste car j'aimais beaucoup ce pays. La dernière fois que la police m'a arrêtée, ils m'ont demandé le permis de séjour. J'avais seulement le visa touriste mais ils m'ont emmenée à la préfecture (police) où je suis restée trois jours et puis à Corelli. Ils m'ont prise le 26 Janvier et j'avais en poche le billet d'avion pour retourner au Brésil pour le 16 février... Eh bien je suis encore ici. Maintenant je dois quitter ce pays comme une criminelle, escortée par la police. Je n'imaginais pas qu'en Italie pouvait exister un endroit pareil. Je me sens inutile, je suis très mal. Ils nous traitent comme des animaux, et ce n'est qu'un début... nous avons à faire six mois dans cet enfer pour ensuite sortir d'ici avec une expulsion pour dix ans.
Nous demandons à tous ceux qui nous entendent que même si on nous appelle clandestins nous sommes aussi des gens qui avons un cœur. Nous sommes venus en quête d'une vie meilleure. Nous faisons la grève pour faire comprendre aux gens que nous sommes des êtres humains et nous avons le droit de vivre ici comme tout le monde et qu'ils ne peuvent pas nous ôter la liberté. Il devrait y avoir d'autres moyens pour obtenir ce bout de papier sans passer par cet enfer. C'est vraiment d'une loi injuste, je ne sais pas qui l'a inventée et nous ne voulons pas la respecter. Pour nous, la seule option que nous avons c'est de lutter. »
Témoignages du samedi 6 mars
Sinon, à noter également que de nombreuses initiatives de lutte et de solidarité sont menées :
le vendredi 5 mars un rassemblement a eu lieu devant le CIE de la via Corelli à Milan,
le samedi 6 mars à Modena un rassemblement et une diff se sont déroulés dans les rues de la ville. Ont été diffusées des informations sur les luttes en cours et sur la situation de Joy et Helen , qui ont osé dénoncer les tentatives de viol subies cet été dans le CIE de la via Corelli, et sur les autres rebelles de la via Corelli, réenfermé/es dans divers CIE après avoir effectué plusieurs mois de prison pour les révoltes d'aout.
le lundi 8 mars à Turin, un rassemblement aura lieu en solidarité avec les prisonniers des CIE en lutte et avec Luca, Fabio, Andrea, Maya, Marco , Paolo et Massimo, les camarades arrêtés et emprisonnés depuis le 23 février pour leur engagement dans la lutte pour la liberté de circulation et d'installation et contre les CIE. Le mardi 9 mars ils passeront au tribunal pour d'éventuelles remises en liberté.
le samedi 13 mars un rassemblement aura lieu devant le CIE de Ponte Galleria à Rome.
Pour rappel, voici un lien sur la lettre écrite par les retenus de la via Corelli pour annoncer le début de leur grève de la faim et sur la situation des camarades arrêtés le 23 février* :
En fançais : http://nantes.indymedia.org/article...
En italien : http://www.autistici.org/macerie/?p...
Liberté pour toutes et tous avec ou sans papiers !
*Pour rappel adresses des camarades italiens emprisonnés, deux transferts ayant eu lieu cette semaine, une des adresses vient de changer par rapport à celles diffusées vendredi :
Fabio Milan Casa circondariale strada vicinale del Rollone, 19 13100 Vercelli
Andrea Ventrella Casa circondariale via Roncata 75 12100 Cuneo
Luca Ghezzi, Via Pianezza 300, 10151 Torino
9:26
Alors que M. Louis Schweitzer achève son mandat à la tête de la Halde, la presse se fait l'écho d'une volonté de la majorité de la placer sous la tutelle du futur Défenseur des droits, institution qui regrouperait le médiateur de la République, le défenseur des enfants et la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS). SOS homophobie s'inquiète de ce regroupement et demande au gouvernement et à la majorité d'y renoncer. Pour Bartholomé Girard, président de SOS homophobie, "la Halde a besoin de voir ses moyens renforcés et non d'être rendue invisible".
Les risques du regroupement envisagé sont clairs : tout d'abord une perte de visibilité dans les médias et l'opinion de ces autorités indépendantes, alors que la Halde n'est aujourd'hui connue que de 54% des Français-e-s. Mais le risque majeur est qu'elles se voient dépouillées en douce de leurs moyens. En effet, lorsque le Parlement n'aura plus à s'exprimer que sur les crédits globaux du Défenseur des droits, le public n'aura plus aucune visibilité sur la répartition des moyens financiers entre ces autorités, dont on sait que les recommandations et rapports dérangent régulièrement le pouvoir. Certains députés (UMP) demandent déjà la disparition pure et simple de la Halde, alors que l'existence de cette autorité est une obligation européenne.
La Halde, le médiateur de la République, la CNDS et le défenseur des enfants ont fait la preuve de leur grande utilité au service des citoyen-ne-s, chacun dans son domaine. Ils doivent demeurer visibles et audibles, et il appartient au législateur d'en fixer les moyens en fonction des besoins. Les moyens dont dispose la Halde sont très faibles comparés à ceux de son homologue britannique.
SOS homophobie rend hommage à l'action conduite par la Halde depuis 5 ans, sous la présidence de M. Schweitzer. L'association a pu travailler avec la Halde de manière constructive sur nombre de discriminations liées à l'orientation sexuelle au sein de plusieurs groupes de travail, sur les discriminations à l'école ou au travail.
En décembre dernier, SOS homophobie et le Paris Foot Gay lui ont demandé d'étudier le refus discriminatoire du club Bébel Créteil de jouer un match contre le PFG, en octobre 2009.
9:23
A l'heure où la présidence de la HALDE doit être renouvelée, les organisations de lutte contre les discriminations s'inquiètent des rumeurs persistantes qui depuis de longs mois maintenant font état de menaces lourdes qui pèsent sur la HALDE.
Le projet de défenseur des droits, créé par la révision constitutionnelle de juillet 2008, dont les attributions doivent inclure celles du médiateur de la République, du défenseur des enfants et de la Commission nationale de déontologie de la sécurité pourrait maintenant aussi incorporer celles de l'institution indépendante en charge de la lutte contre les discriminations et pour l'égalité.
Et ce n'est pas la première attaque contre l'institution chargée de la lutte contre les discriminations, déjà en novembre, lors de l'examen du projet de loi de finance pour 2010, un amendement parlementaire avait envisagé une réduction de ses moyens pouvant aller jusqu'à 20% de son budget actuel, budget qui a finalement été effectivement réduit.
Le futur défenseur des droits aura des pouvoirs et des prérogatives importants, notamment un pouvoir d'injonction. Cependant tous les éléments nécessaires à la garantie de son indépendance ne sont pas réunis. Par ailleurs, et cela est extrêmement problématique, son caractère généraliste fait craindre une dilution des missions spécifiques assurées par chacune des autorités indépendantes qu'il remplacera.
La spécificité de la HALDE est nécessaire pour assurer que la lutte contre les discriminations soit menée sans faiblesse. Ces cinq années d'existence de la HALDE ont été récemment l'occasion pour l'autorité administrative indépendante de dresser un premier bilan, à savoir l'augmentation des réclamations qui est passée de 1500 à 10000 par an et une plus grande notoriété acquise. La qualité de ses délibérations, l'efficacité de son action et son expertise indéniable ont été saluées.
Pour le gouvernement, cette réalité agace et ce d'autant plus que la HALDE est venue plusieurs fois contredire des projets de loi comme par exemple le projet de loi sur l'immigration, avec l'affaire des tests ADN sur les candidats à l'immigration, ou encore celui sur les gens du voyage. Elle a, plusieurs fois, rappelé à l'ordre le gouvernement sur des dispositions qu'elle jugeait discriminatoires. Elle a aussi souvent et beaucoup mis la pression sur les employeurs, l'emploi restant, et de très loin, son premier domaine de saisine. En leur demandant de justifier leurs choix de recrutement, de lui fournir des documents attestant de leur parfaite équité dans les promotions et augmentations de salaire, la HALDE a fait progresser indéniablement la diffusion de la connaissance de l'interdit discriminatoire.
Nous, organisations de défense des droits de l'Homme, des salariés et de lutte contre toutes les discriminations, dénonçons tout projet qui ferait perdre à la HALDE sa spécificité, son expertise, son efficacité et son indépendance, nécessaires pour que les dossiers dont elle se saisit soient menés à leur terme, y compris quand les auteurs de discriminations sont des décideurs économiques ou politiques.
La lutte contre les discriminations nécessitant beaucoup de moyens financiers et humains, le gouvernement doit montrer sa détermination à faire progresser la lutte contre toutes les discriminations en augmentant les moyens qui y sont consacrés et en garantissant l'indépendance de l'institution qui les combat.
Signataires : AFIP ; Collectif Interassociatif Sur la Santé (CISS) ; Comité National pour la Promotion Sociale des Aveugles et Amblyopes (CNPSAA) ; Fédération LGBT ; FNATH ; Fédération Syndicale Unitaire ; Inter-LGBT ; Inter TRANS' ; Ligue des Droits de l'Homme ; Mix-Cité Paris ; MRAP ; ORTrans ; SOS Racisme ; Syndicat de la Magistrature ; Unapei ; Union Syndicale Solidaires
9:20
L'indépendance de la HALDE est nécessaire pour assurer que la lutte contre les discriminations soit menée sans faiblesse. Pourtant, après des attaques visant le budget de fonctionnement de cet organisme, le départ de son Président Louis Schweitzer semble donner lieu à des velléités de reprise en mains de la part du gouvernement et des élu-e-s de la majorité, à travers un projet législatif portant atteinte au fonctionnement actuel de cette institution et au poids de ses délibérations.
Au nom du principe républicain d'Égalité, l'article 225-1 du Code pénal énumère une liste précise de motifs de discrimination. Il s'agit là d'établir qu'aucun d'entre eux n'est susceptible de légitimer une différence de traitement entre les citoyen-ne-s. L'universalité des droits exige au contraire que les garanties des États démocratiques ne soient pas limitées par une liste incomplète des motifs de discrimination qu'ils reconnaissent. En matière de lutte contre les discriminations et d'un point de vue juridique, il n'y a plus aujourd'hui en France de hiérarchie, ce dont les associations de lutte contre les discriminations, et en particulier LGBT se réjouissent (en continuant à revendiquer la prise en compte de l'identité de genre en tant que telle dans la liste des motifs de discriminations condamnés par le code pénal).
Bien entendu, si toutes ces évolutions positives ont été saluées par les associations, elles mesurent encore le chemin qu'il reste à parcourir pour que la lutte contre les discriminations passe du niveau d'action juridique nécessaire à un mieux-être réel des individus dans leur quotidien.
Ces cinq années d'existence de la HALDE sont aujourd'hui l'occasion pour l'autorité administrative indépendante de dresser un premier bilan, à savoir l'augmentation de réclamations qui passent de 1500 à 10000 par an et une plus grande notoriété acquise. La presse salue la qualité des délibérations, et les associations constatent l'efficacité de l'action de la HALDE et son expertise indéniable. Pour ce qui concerne les associations LGBT, la HALDE a accompli un travail sérieux sur les questions d'éducation et de lutte contre l'homophobie par l'éducation et contribué à faire évoluer sensiblement les positions du ministère de l'éducation nationale sur ce dossier pourtant bien longtemps resté bloqué (même si nous voulons que, désormais, l'identité de genre soit elle aussi prise en compte). De même, elle a suivi de près la question de l'inégalité d'accès aux droits sociaux entre le PACS et le mariage, et défendu des personnes manifestement discriminées dans leur activité professionnelle en raison de leur homosexualité ou leur trans-identité (sur la base du motif de sexe, appliqué aux discriminations sexistes).
Pour le gouvernement, cette réalité agace et ce d'autant plus que la HALDE est venue plusieurs fois contredire des projets de loi comme par exemple le projet de loi sur l'immigration, avec l'affaire des tests ADN sur les candidats à l'immigration, ou encore celui sur les gens du voyage. Comme le rappelait le 5 mars dernier le quotidien le Monde, « L'institution a su également favoriser l'émergence d'une jurisprudence contre les discriminations - les tribunaux sont de plus en plus attentifs aux avis de la HALDE, qui sont suivis dans 80% des cas - et a, plusieurs fois, rappelé à l'ordre le gouvernement sur des dispositions qu'elle jugeait discriminatoires ».
Le flou entourant le contenu du débat sur la loi organique prévoyant l'instauration du « défenseur des droits » nous appelle à être particulièrement vigilants et réactifs. Une réflexion du gouvernement intégrerait la HALDE comme une institution rattachée au « défenseur des droits », qui rappelons-le sera nommé par le pouvoir exécutif. Sous couvert de logique et de rationalisation des sujets de défense des droits, la dé-construction de ce qu'est la HALDE aujourd'hui remettrait insidieusement en cause les libertés publiques fondamentales. Déjà avec la disparition de la spécificité de l'expertise de la défenseure des enfants la question s'est posée en ces termes.
Nous , organisations de lutte contre la lesbophobie, l'homophobie, la biphobie, la transphobie et pour l'égalité, dénonçons tout projet qui ferait perdre à la HALDE sa spécificité, son expertise, son efficacité et son indépendance, nécessaires pour que les dossiers dont elle se saisit soient menés à leur terme, y compris quand les auteurs de discriminations sont des décideurs économiques ou politiques.
La lutte contre les discriminations nécessitant beaucoup de moyens financiers et humains, le gouvernement doit montrer sa détermination à faire progresser la lutte contre toutes les discriminations en les augmentant et en garantissant l'indépendance des institutions qui les combattent.
ADHEOS ; Algo ; AMIHE ; ANGEL 91 ; APGL ; Caélif ; Centr'egaux ; Centre Gay Lesbien Bi et Trans de Rennes ; Centre LGBT Paris IdF ; Collectif contre l'homophobie de Montpellier ; Collectif Fier-e-s & Révolutionnaires (PCF) ; Collectif LGBT de Français du Monde-ADFE ; COMIN-G ; Commission LGBT des Verts ; Couleurs Gaies ; Estim' ; Fédération LGBT ; Fédération nationale de L'Autre Cercle ; FLAG ; Gare ! ; HBO ; HES ; Inter-LGBT ; Inter TRANS' ; Les enfants d'arc en ciel ; Mobilisnoo ; ORTrans ; Quazar ; Tjenbé Rèd ; Trans Aide
9:03
Salut de la CGT de l'État espagnol
Nous nous adressons à vous pour vous remettre l'appel international à la mobilisation qui arrive du Mexique, en solidarité avec les bases de soutien zapatistes.
Un bon nombre d'organisations et de collectifs va répondre favorablement à cet appel. La CGT réalisera des mobilisations dans différentes localités de l'État espagnol du 13 au 27 mars.
Nous vous encourageons à relayer cet appel international de la façon que vous jugerez la plus appropriée.
Halte au harcèlement des villages zapatistes !
Salut fraternel,
José Pascual Rubio Cano,
secrétaire aux relations internationales
20 mars, éclatement national et international de soutien et de solidarité aux BAZ
Aux compañeras et compañeros de l'Autre Campagne, Aux compañeras et compañeros de la Zezta internacional,
Depuis plusieurs mois les agressions et harcèlements contre les communautés et villages zapatistes se sont multipliés. Déclarations stupides du gouvernement de l'État du Chiapas prétendant que les Conseils de bon gouvernement avaient demandé leur reconnaissance par le Congrès du Chiapas, rendues publiques par les perroquets du mauvais gouvernement de l'État, agressions à Laguna de San Pedro, auxquelles ont participé les trois niveaux de gouvernement [1] contre la communauté zapatiste qui avait déjà été déplacée de son lieu d'origine, agressions du mauvais gouvernement au travers de ses forces paramilitaires de l'Opddic, soutenues par des policiers municipaux et de l'État, à Bolón Ajaw. C'est un endroit où avaient déjà eu lieu des agressions de ce groupe paramilitaire, comme l'ont établi divers observateurs et organisations nationales et internationales. Et à présent, dans le village de Santo Domingo (Casa Blanca), où l'Opddic a menacé les compañeras et compañeros de les expulser de leur communauté.
À ce climat de harcèlement physique de la part des mauvais gouvernements se sont jointes des personnes qui, sans le moindre scrupule, ont déclaré que les agressions provenaient des BAZ et de l'EZLN, aidant ainsi à fabriquer un scénario d'intervention militaire aux graves conséquences pour notre peuple. Tout cela pour servir fidèlement les diktats des maîtres de l'argent, qui regardent aujourd'hui les terres chiapanèques et leur richesse naturelle comme un butin, pour la construction de projets touristiques qui viendraient dépouiller et déplacer les véritables propriétaires de ces territoires : les peuples originaires.
Pour toutes ces raisons, et en accord avec vos formes et modes d'actions, nous vous appelons à unir nos forces, à élever nos voix en soutien et solidarité avec les bases de soutien zapatistes, avec les villages et communautés chiapanèques qui affrontent l'offensive paramilitaire des mauvais gouvernements et de la classe politique et économique du Mexique, en réalisant le 20 mars une action éclatée nationale et internationale pour qu'on entende bien fort :
LES ZAPATISTES NE SONT PAS SEULS !
Organise ton action et informe-nous en.
Halte au harcèlement des villages zapatistes !
Prisonnier-e-s politiques, liberté !
Fraternellement,
collectifs, organisations et individus de l'Autre Campagne, Campagne D'abord nos prisonnier-e-s, Réseau contre la répression et pour la solidarité (RvsR)
Courrier électronique : redcontralarepresion@gmail.com
Blog : [contralarepresion.wordpress.com]
Adresse : Dr Carmona y Valle # 32
colonia Doctores
Del. Cuauhtémoc
México D.F.
C.P. 06720
Traduit par el Viejo. [cspcl]
[1] fédéral, de l'État et municipal, NdT
9:00
A l'occasion du sommet entre le Maroc et l'Union européenne organisé à Grenade les 6 et 7 mars 2010, Reporters sans frontières a adressé, le 2 mars dernier, un courrier à Messieurs Herman Van Rompuy, Président du Conseil européen, José Manuel Barroso, Président de la Commission européenne et José Luis Rodriguez Zapatero, Président du gouvernement espagnol chargé de la présidence tournante de l'Union européenne, courrier dans lequel l'organisation leur a fait part de ses préoccupations relatives à la dégradation sérieuse de la situation de la liberté de la presse au Maroc au cours des derniers mois.
José Luis Rodriguez Zapatero,
Président du gouvernement espagnol chargé de la présidence tournante de l'Union européenne
Herman Van Rompuy,
Président du Conseil européen
José Manuel Barroso,
Président de la Commission européenne
Paris, le 2 mars 2010
Messieurs,
A l'occasion du sommet entre le Maroc et l'Union européenne organisé à Grenade les 6 et 7 mars prochain, Reporters sans frontières, organisation internationale de défense de la liberté de la presse, souhaite attirer votre attention sur la dégradation très inquiétante de la situation de la liberté de la presse au Maroc au cours des derniers mois.
En octobre 2008, l'Union européenne a accordé au Maroc un Statut avancé d'association, marquant ainsi l'ouverture d'une nouvelle étape dans le développement des relations entre les deux parties. En signant cet accord, le Maroc s'était engagé notamment à respecter les droits de l'homme, et par conséquent la liberté de la presse.
Or, après de réelles avancées au début de son règne, les reculs et crispations se sont multipliés, notamment depuis juillet 2009, dans le domaine de la liberté de la presse. Ainsi, depuis 1999, les journaux marocains ont été condamnés à plus de deux millions d'euros d'amende et les journalistes à des peines additionnées d'un total de près de vingt-huit ans de prison.
Alors que les « lignes rouges » semblaient avoir reculé au cours des dernières années grâce à la ténacité de la presse indépendante et à une volonté d'assouplissement de Mohammed VI, nous assistons depuis quelques mois à leur réaffirmation par le Palais, notamment sur la question de l'image du roi et de personnalités de la famille royale. Multiplication des poursuites judiciaires, amendes exorbitantes, et condamnations de journalistes à des peines de prison ferme, la justice marocaine déploie tout un arsenal visant à intimider et à asphyxier financièrement la presse indépendante.
Le 15 octobre 2009, à l'issue d'un procès ne respectant pas les droits de la défense, Driss Chahtane, du journal Al-Michaal, a été condamné à un an de prison ferme par le tribunal de Rabat pour un article sur la santé du roi. Les deux autres journalistes accusés dans cette même affaire, Rachid Mahamid et Mustapha Hayrane, ont écopé de trois mois de prison ferme. Tous les trois doivent payer des dommages et intérêts de plusieurs milliers de dirhams. Le soir même, Driss Chahtane a été arrêté et incarcéré à la prison de Salé.
Le 30 octobre, Taoufiq Bouachrine, directeur de publication d'Akhbar Al Youm, et Khalid Gueddar, caricaturiste, ont été condamnés en appel à une peine d'un an de prison avec sursis, assortie d'une amende de 9 000 euros, dans le procès pour “atteinte à l'emblème du royaume” intenté par le ministère de l'Intérieur, suite à la publication d'une caricature dans son édition du 26-27 septembre 2009. Jugés pour “non-respect dû à un membre de la famille royale“ suite à une plainte déposée par Moulay Ismaïl, sujet de cette même caricature, les deux journalistes avaient également été condamnés à trois ans de prison avec sursis et à environ 270 000 euros de dommages et intérêts à verser solidairement au prince, avant que le Moulay Ismaïl ne renonce, le 29 décembre 2009, à l'exécution du jugement.
Les bureaux de la rédaction à Casablanca sont toujours sous scellés et gardés par la police. Le 16 février 2010, Khalid Gueddar a été interdit de quitter le territoire marocain, alors même que rien dans les verdicts ne stipule une telle interdiction.
Le 28 décembre 2009, la cour d'appel de Rabat a confirmé la condamnation d'Ali Anouzla, directeur du quotidien Al-Jarida Al-Oula, à un an de prison avec sursis et à 10 000 dirhams d'amende (885 euros) pour “diffusion de fausses informations“, suite à la publication d'un article, le 27 août 2009, qui contredisait le bulletin de santé officiel du roi. La journaliste Bouchra Eddou, qui avait rédigé l'article incriminé a, quant à elle, été condamnée à trois mois de prison avec sursis, et 5 000 dirhams d'amende (440 euros).
Le 27 janvier 2010, à l'issue d'une politique d'asphyxie financière orchestrée par le Palais depuis des années, Le Journal hebdomadaire, premier journal indépendant du Maroc, a été contraint de mettre la clé sous la porte. Ali Amar, journaliste et un des co-fondateurs du journal, a été contraint de quitter le pays le 4 février.
En outre, depuis 2008, les autorités marocaines se sont lancées dans une politique de répression sévère à l'encontre des net-citoyens. Les blogueurs El Bachir Hazzam et Boubaker Al-Yadib ont été arrêtés pour avoir couvert des manifestations étudiantes du 1er décembre 2009 dans la ville de Taghjijte (200 km au sud d'Agadir), et avoir notamment commenté sur leurs blogs la manière dont les autorités avaient réprimé par la force ces manifestations. Accusé de « participation à un attroupement armé », El Bachir Hazzam a été libéré le 8 février 2010 à l'issue de son procès en appel après deux mois de détention. Abdullah Boukfou, propriétaire d'un cybercafé, a quant à lui été maintenu en détention. Le 2 février dernier, le tribunal de Guelmim a condamné le blogueur Boubaker Al-Yadib à six mois de prison ferme et 500 dirhams d'amende, pour "dégradation des biens de l'Etat", "atteinte à un agent de l'Etat", et "participation à une manifestation illégale".
Reporters sans frontières vous demande de saisir l'opportunité du sommet de Grenade, le 6 et 7 mars prochain, afin de rappeler aux autorités marocaines leurs engagements en matière de liberté de presse dans le cadre des négociations du Statut avancé.
Je vous remercie de l'attention que vous porterez à nos remarques, et je vous prie d'agréer, Messieurs, l'expression de ma très haute considération.
Jean-François Julliard
Secrétaire général
9:00
8:52
CARACOL III DE RESISTENCIA HACIA UN NUEVO AMANECER
Conseil de bon gouvernement El Camino del Futuro, Chiapas, Mexique.
Le 3 mars 2010
À la société nationale et internationale,
Aux compagnons et compagnes adhérents de l'Autre Campagne nationale et internationale,
Aux frères et sœurs des droits humains nationaux et internationaux,
Frères et sœurs,
Nous dénonçons le plan des trois niveaux [1] de gouvernement et des gens achetés du village de Santo Tomás, municipalité d'Ocosingo, Chiapas.
Les faits :
Les trois mauvais gouvernements continuent leur campagne de contre-insurrection. Ils sont préparés pour cela et veulent réussir pour garder tout sous contrôle.
Sous couvert d'un projet, le gouvernement continue à armer l'OPDDIC.
Les gens de Santo Tomas préparent leurs plans de façon sournoise avec le gouvernement. L'accord signé par le dirigeant de l'OPDDIC Manuel Hernandez Jiménez est arrivé entre nos mains. Dans cet accord, ils planifient l'expulsion de nos compagnons, bases d'appui de Santo Domingo, lieu connu sous le nom de Casa Blanca, où ils sont déjà venus provoquer le 1er septembre 2009. Cette terre a été récupérée et nous ne permettrons pas l'expulsion des bases d'appui zapatiste.
Ils ont confirmé être armés et avoir même des bombes.
Ils vont entrer, organisés en deux groupes, un groupe qui expulsera et un autre groupe qui prendra possession des terres. Les noms de ceux qui dirigent le groupe armé sont Juan Santiz Ruiz, Fausto Gomez Hernandez, Jose Cruz Mendez, Bartola Santiz Clara, Manuel Clara Cruz, Mario Ruiz Cruz. Ils ont été entraînés par Caralampio Albarez Gomez, Luis Lopez Hernandez, Benito Albarez Gomez, Vicente Albarez Gomez, Jose Cruz Mendez, Mariano Cruz Toledo.
Les plans du gouvernement, qui achète les gens pour qu'ils mettent en place des façons de détruire le peuple qui lutte contre le système, sont très clairs. Les gens sont divisés car le terrain a été récupéré et le mauvais gouvernement l'a donné à des personnes qui n'ont pas lutté pour ces terres.
C'est la raison des souffrances de nos compagnons bases d'appui de l'EZLN.
Nous défendrons nos terres coûte que coûte et quoi qu'il arrive. Ainsi, on voit clairement qui seront les responsables de ce qui va arriver.
Ils disent qu'ils nous donnent vingt jours à partir de la date de l'acte du 28 février 2010. Cela veut dire que le 20 mars, ils accompliront les ordres que leur a donné le mauvais gouvernement. Cependant la menace a été avancée au 5 mars. Nous voulons seulement dire ou mentionner aux dirigeants de l'ARIC historique, l'ARIC indépendante entre autres, qu'ils regardent s'il s'agit de gens qui font partie de leur organisation du village de Santo Tomas, eux qui disent qu'ils sont quatre organisations.
Nous voulons dire tout cela à vous et à personne d'autres, peuple du Mexique et autres peuples du monde, gens de l'Autre Campagne du Mexique et du monde qui luttent pour la justice.
Nous vous tiendrons informés de ce qui va se passer car nous allons défendre notre terre, nous ne leur permettrons pas d'expulser nos compagnons bases d'appui de Santo Domingo, connu sous le nom de Casa Blanca.
Cordialement,
Pedro Gutierrez Guzman, Lauro Hernandez Gutierrez, Edgar Gomez Albarez, Ayda Perez Nuñez, Marin Jimenez Perez, Rebeca Lorenzo Cruz, Lorenzo Lopez Gomez
Traduction : "Libérons-les"
[1] Niveaux fédéral, de l'État et de la municipalité - NdT.
8:44
Après l'annonce en 2009 par le président de l'Équateur, Rafael Correa, de la possibilité, à certaines conditions, de cesser la production de pétrole dans le pays « pour le bien de l'humanité », un autre pas, judiciaire celui-ci, va sans doute être franchi. L'Équateur est sur le point de connaître un moment sans précédent dans le combat écologique par l'imminence d'un verdict qui fera date. Les multinationale états-unienne Texaco et Chevron Corporation sont, en effet, conduites depuis 2003 devant les tribunaux par les organisations et populations indigènes de l'Amazonie équatoriale, pour avoir déversé des millions de tonnes de déchets toxiques dans la forêt Amazonienne entre 1964 et 1990. [1]
Texaco a opéré sur un territoire de 1.500.000 Ha où vivaient plusieurs communautés indigènes. Ces populations souffrent aujourd'hui d'un taux anormalement élevé de cancer, ont vu apparaître des malformations chez les nouveau-nés, ils ont donc été contraints de quitter leurs terre et d'abandonner leurs foyers traditionnels. La catastrophe engendrée par l'exploitation et la production de pétrole par Texaco jusqu'en 1992 est déjà surnommée le « Tchernobyl amazonien » par bon nombre d'ONG. Elle est accusée d'avoir utilisé des procédés expressément interdits par la législation en vigueur au Texas depuis 1919 et en Louisiane depuis 1953 considérant l'Équateur du Président de l'époque, Ramón Castro Jirón, comme une zone de non droit. Mais la multinationale a aussi violé la Loi équatorienne sur les hydrocarbures de 1971 qui prévoyait « l'adoption de toutes les mesures nécessaires pour la protection de la faune, de la flore et d'autres ressources naturelles et pour éviter la pollution de l'eau, de l'air et des sols ».
Pendant tout cette période, la transnationale a décidé que, pour optimiser ses bénéfices, elle n'utiliserait pas les techniques environnementales standards de l'époque qui consistaient à réinjecter dans les sous-sols les eaux de formation et les déchets toxiques qui remontent inévitablement lors du processus de perforation. En fait, Texaco a déversé l'eau de formation qui contient des produits chimiques toxiques et cancérigènes à la surface.
Ce comportement a parsemé la forêt de centaines de mares toxiques, sans aucun filtres ni système d'imperméabilisation, a pollué les rivières de plomb et autres métaux lourds sans se préoccuper des populations autochtones. La quantité totale de pétrole rejetée dans les eaux fluviales autant par négligence qu'inconscience est estimée à 64 millions de litres. [2]
Depuis la fusion puis le rachat par l'entreprise pétrolière Chevron, Texaco est devenue une des entreprises privées les plus puissantes du monde, la deuxième après Exxon Mobil dont l'influence sur le gouvernement états-unien s'est faite par l'entremise de l'ancienne conseillère à la sécurité nationale, Condoleezza Rice, qui avait fait partie du comité directeur de l'entreprise.
C'est en mai 2003, 10 ans après la première plainte déposée contre Texaco, que l'entreprise Chevron [3] a dû se soumettre à la justice équatorienne, à Lago Agrío, et en répondre à plus de 80 communautés touchés par cette catastrophe qui n'a rien de naturelle dont 30.000 victimes. Depuis lors, les parties civiles demandent la réparation de la zone affectée qui s'élèveraient selon des experts internationaux à plus de 6 milliards de dollars. Le géant pétrolier réplique qu'il a déjà procédé entre 1996 et 1998 à la réhabilitation de cette zone, ce qui a été démenti par des prélèvements effectués par la suite.
Les conséquences de ces agissements sont de plus en plus connues et les manœuvres dilatoires des accusés rendent leur défense grotesque. Le pouvoir, l'influence et la richesse de Texaco et de Chevron n'ont pas suffit à redorer leur blason, de fait, les impacts sur l'environnement et les témoignages de paysans et indigènes sont diffusés depuis quelques années sur des chaînes de télévision nationale et internationale, dans les médias alternatifs mais aussi officiels. [4]
Voyant poindre la défaite à l'horizon, le géant pétrolier Chevron a lancé une ultime campagne de lobbying agressif pour faire échouer la procédure judiciaire et, accessoirement, pour éviter de payer les 27000 millions de dollars d'indemnisation. Le Président Rafael Correa a formellement dénoncé cette manœuvre :
« La multinationale Chevron, en désespoir de cause, a tenté récemment d'annuler le procès en diffusant des vidéos où l'on voit des représentants du gouvernement demander des pot-de-vin ». [5]
La multinationale dénonce, elle, un complot entre le juge chargé de l'affaire, Juan Nuñez, des représentants du gouvernement et des membres du parti Alianza País. Ces accusations sont monnaie courante en Amérique latine. Faute d'argument, la calomnie est le dernier recours des coupables et le nouveau PDG de Chevron semble vouloir reprendre le flambeau de ce déni de justice. Il répond par la fuite devant ses responsabilités dans cette catastrophe écologique et humaine.
Si la justice équatorienne venait à condamner Chevron, ce serait la preuve qu'une entreprise transnationale peut être conduite devant les tribunaux d'un autre pays que celui où elle réside, et l'Équateur deviendrait le premier pays d'Amérique latine à forcer une compagnie transnationale à comparaître devant ses tribunaux. [6]
S'il est indéniable que la Constitution de l'Équateur est l'une des plus écologistes au monde, elle défend plus généralement le droit à la vie et les droits du peuple à disposer de lui-même. Ce qui se joue dans ce procès est fondamental car c'est bien de la souveraineté populaire qu'il s'agit et la condamnation de Chevron Corporation pourrait bien en signer une victoire. La peur qui tenait les populations touchées par cette pollution semble avoir enfin changé de camp.
Guillaume Beaulande
[1] À l'origine de cette mobilisation se trouvent des Organisations de défense des droits environnementaux et humains, entre autres Amazon Watch, Rainforest, Action Network.
[3] La multinationale Chevron Corporation a racheté Texaco en 2001.
8:37
C'est déjà le centenaire de la journée internationale des femmes mais, les inégalités entre les hommes et les femmes demeurent, les violences dont de nombreuses femmes sont victimes persistent, et des acquis obtenus aux prix de luttes acharnées sont remis en cause...
L'association des travailleurs maghrébins de France affirme que tant que les femmes ne jouissent pas de l'ensemble de leurs droits, ce sont nos sociétés entières qui s'en trouvent amputées.
L'ATMF rappelle qu'en plus des inégalités qui touchent les femmes en général, s'ajoutent celles spécifiques aux femmes immigrées.
Dans une ambiance teintée de racisme et d'islamophobie, ce sont les femmes maghrébines qui se trouvent à la une des médias et au centre des discours, quand il s'agit d'évoquer les violences conjugales ou l'oppression dont les femmes sont victimes.
En matière d'emploi, les femmes immigrées, subissent l'exploitation et font figure de précaires parmi les plus précaires. Elles travaillent, pour beaucoup d'entre elles, dans les services à la personne et le nettoyage, cumulant CDD et temps partiels, avec des horaires contraignants.
En matière de droits, les maghrébines de France, subissent des discriminations institutionnalisées en raison de leur origine, avec la complicité de la France qui proclame haut et fort son attachement aux droits et aux libertés des femmes !
L'association des travailleurs maghrébins de France exige :
La révision des conventions bilatérales, qui instituent les discriminations envers les immigrées maghrébines
L'octroi d'un statut indépendant aux femmes immigrées, et non des droits dérivés de ceux de leurs conjoints
La protection effective des femmes immigrées victimes de violence, par l'abandon totale des expulsions de celles qui n'ont pas de papiers
La régularisation totale et inconditionnelle de toutes les sans papières
La protection des migrantes sub-sahariennes, le respect de leurs droits et de leur dignité pendant leur parcours migratoire
Enfin, les militantes et les militants de L'ATMF tiennent à rendre hommage aux combats des femmes immigrées pour le respect de leurs droits.
Aux femmes qui luttent au Maghreb pour les droits sociaux, économiques et pour le respect des droits humains, parfois au prix de leurs libertés et de leur intégrité physique.
Aux palestiniennes et à toutes les femmes qui résistent au quotidien face à l'occupation et la guerre.
Paris le 8 mars 2010
Pour l'ATMF,
Driss Elkherchi, président
8:32
Plusieurs leaders indigènes de Colombie effectuent actuellement une tournée européenne dans le but de lancer une campagne internationale pour la protection d'au moins dix-huit peuples ‘menacés d'extinction'.
La campagne de l'"Onic", l'organisation indigène nationale de Colombie, vise à dénoncer les ‘violations massives des droits de l'homme' dont sont victimes les Indiens dans leur pays. Ces violations sont principalement dues ‘au conflit armé interne que connait la Colombie, à l'absence de politiques sociales fondées sur la spécificité des sociétés indigènes et à l'imposition d'un modèle de développement dévastateur de leurs territoires'.
Juvenal Arrieta, délégué de la ONIC, interviendra à Paris, au Centre international de culture populaire (CICP), le 16 mars, tandis que deux autres délégués sont invités le même jour à Londres au siège d'Amnesty.
L'un des objectifs de cette campagne coordonnée par l'ONIC et d'autres organisations indigènes, est de ‘sensibiliser la société colombienne et la communauté internationale au grave risque d'extinction qui pèse sur les peuples indigènes… Parmi ces peuples, dix-huit comptent moins de 200 individus dont 10 moins de 100'.
L'ONIC ‘considère que la situation critique dans laquelle se trouvent les peuples indigènes de Colombie est sous la responsabilité de toute l'humanité. Lorsqu'un peuple disparaît, tout un monde disparait avec lui : une culture distincte, une vision particulière du monde, une langue unique, des connaissances ancestrales et des pratiques traditionnelles'.
Les Nukak, qui ont pour la plupart été expulsés de leur terre par la guerre civile colombienne, font partie de ces peuples en danger.
A Paris :
Mardi 16 mars à 19h
CICP
21 ter rue Voltaire
75011 Paris
(Métro : Rue des Boulets, Alexandre Dumas, Nation)
A Londres :
Mardi 16 mars à 18h 30
Amnesty International UK,
The Human Rights Action Centre 17-25 New Inn Yard
Londres EC2 3EA
Agissez maintenant pour soutenir les Nukak.
8:29
Les compagnies pétrolières et gazières ne pourront plus prospecter dans une réserve d'Amazonie péruvienne abritant des Indiens isolés.
Trois ans après la création de la réserve de Madre de Dios en 2002, la compagnie chinoise Sapet avait obtenu l'autorisation d'opérer dans la concession dite ‘Lot 113'. Le contrat de Sapet ayant maintenant expiré et, selon la carte des concessions établie par Perupetro et datée du 31 décembre 2009, cette réserve n'est pas inclue dans les prochaines ‘enchères' de concessions pétrolières prévues en mai prochain.
Des photos aériennes avaient révélé il y a deux ans la présence de vingt et un Indiens isolés vivant dans cette réserve.
‘L'annonce de la suppression définitive du ‘Lot 113' de la carte des champs pétrolifères de Perupetro est une décision importante, car elle permet non seulement de garantir l'intégrité des Indiens isolés du Madre de Dios, mais elle crée un excellent précédent pour la protection des Indiens isolés dans d'autres régions et pays dont les territoires sont inclus dans des concessions pétrolières', a déclaré l'organisation indigène locale, FENAMAD.
En 2006, Sapet avait accepté de ne plus travailler dans la réserve suite à la pression exercée par la FENAMAD et l'organisation indigène nationale AIDESEP. Mais sur les cartes de Perupetro la réserve restait ouverte à la prospection jusqu'à très récemment.
Dans d'autres régions du Pérou, le gouvernement continue d'autoriser les compagnies telles que Perenco, Repsol YPF et Petrobras à opérer dans les territoires des Indiens isolés.
Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd'hui : ‘La suppression de la réserve de Madre de Dios des lots pétroliers de Perupetro est une excellente nouvelle. Le Pérou doit maintenant appliquer cette même mesure dans d'autres régions du pays et garantir que les territoires où vivent des Indiens isolés ne soient pas envahis par les compagnies pétrolières et gazières – en particulier lors des enchères qui auront lieu en mai prochain.
8:26
Communiqué du Mécanisme de coordination des activités des organisations de la société civile
Oganisations membres :Commission Justice et Paix, GF2D, CACIT, GRAD, CTDDH, ATDPDH, CSTT, ALG, AJAAH, Regard sur l'Humanité, NDH-Togo, OADEL, Réseaux régionaux : FODES (Savanes), RESOKA (Kara), RESODERC(Centrale), COADEP (Plateaux), CONGREMA (Maritime)
Le 04 mars 2010, les Togolais se sont rendus aux urnes pour élire le président de la République. Les organisations membres du Mécanisme de coordination des activités de la société civile qui ont déployé des observateurs dans les centres de vote sur l'ensemble du territoire national aux fins de s'assurer de la régularité du scrutin et de collecter les résultats notent :
Que la campagne s'est déroulée de façon générale dans le calme et dans le respect mutuel ;
Qu'en dehors de quelques incidents, le scrutin a eu lieu dans un climat de sérénité ;
Que le soir du scrutin, le consensus ne s'est pas fait sur la méthode de publication des résultats des bureaux de vote par les CELI et de transmission desdits résultats des CELI vers la CENI.
Elles constatent toutefois que dès le lendemain du scrutin, avant même la proclamation officielle des résultats provisoires par la CENI, le FRAC et le RPT ont revendiqué la victoire pour leurs candidats respectifs à savoir Jean-Pierre FABRE et Faure Essossimna GNASSINGBE.
Après la proclamation des résultats provisoires par le CENI le 06 mars 2010, les organisations membres du Mécanisme encouragent les différentes parties prenantes à recourir aux voies légales pour introduire leurs éventuelles contestations des résultats.
Elles précisent que, pour leur part, elles sont en train de collecter et d'analyser les résultats issus du déploiement de leurs observateurs ; leurs conclusions seront communiquées dans les meilleurs délais.
Les organisations membres du Mécanisme s'inquiètent de la dégradation de l'environnement qui prévaut au lendemain de ce scrutin et qui est caractérisé par :
Des cas d'arrestations : selon les informations recueillies par le Mécanisme, quatorze (14) jeunes et sympathisants de l'opposition on été arrêtés et sont actuellement détenus dans les locaux de la gendarmerie ;
Des cas d'intimidation : dans la nuit du 6 mars 2010, une dizaine d'agents de la FOSEP se sont positionnés devant et autour du siège du CACIT alors que les membres du Mécanisme y étaient en séance de travail ;
Des entraves à la liberté de manifestation : le samedi 06 mars 2010, des partisans du Front Républicain pour l'Alternance ont été empêchés et dispersés à coup de gaz lacrymogène lors d'une marche organisée par le Front ;
Une psychose au niveau de la population : dans certaines villes notamment Lomé et Atakpamé, il prévaut un environnement de peur qui n'est pas de nature à rassurer les populations.
Au regard de tout ce qui précède, les organisations membres du Mécanisme :
interpellent les autorités togolaises sur leur responsabilité dans le respect des droits élémentaires des citoyens durant cette période post électorale ;
se réjouissent de la vigilance particulière dont fait preuve le Bureau du Togo du Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l'Homme dans la gestion des questions des droits de l'homme durant cette période particulièrement sensible ; il l'exhorte à intervenir auprès des autorités pour que les personnes arrêtées soient libérées sans condition et que la liberté de manifestation pacifique soit garantie ;
demandent à l'Union Européenne, principale bailleur de fonds du Togo dans le cadre du processus électoral, de s'assurer que toutes les étapes du processus électoral qu'elle finance obéissent aux normes et standards internationaux ;
exhortent le système des Nation unies, l'Union Africaine, la CEDEAO et à toutes les institutions impliquées dans le processus d'accompagner les différents acteurs dans la recherche des solutions consensuelles et pacifiques aux différends nés du présent processus électoral.
Fait à Lomé le 07 mars 2010
Pour le Mécanisme,
Le Coordinateur
Rév-Père Eloi Damigu YOG LAMBON
Tél : + 228 924 21 20 /933 07 63/ 234 60 00/ 902 10 38
Email : coordinationosc@gmail.com
8:20
Amnesty International demande aux autorités égyptiennes de libérer immédiatement et sans condition un blogueur et prisonnier d'opinion passible d'une peine de neuf ans et demi d'emprisonnement pour avoir mis en ligne un article dénonçant le népotisme au sein des forces armées.
Ahmad Mostafa, 20 ans, doit être jugé devant un tribunal militaire au Caire le 7 mars pour avoir publié en mars 2009 un article sur son blog intitulé Matha Assabaka ya Watan (Que t'est-il arrivé, oh nation ?). Il est le premier blogueur égyptien à être jugé par un tribunal militaire pour ses activités présumées.
« Ahmed Mostafa fait l'objet de poursuites uniquement pour avoir exercé pacifiquement son droit à la liberté d'expression sur son blog, a déclaré Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d'Amnesty International.
« Il doit désormais répondre d'accusations forgées de toutes pièces qui témoignent de la détermination des autorités à contrôler la blogosphère égyptienne, devenue un espace de libre expression dans le pays. »
Dans son article, il racontait l'histoire d'un étudiant qui aurait été contraint de démissionner d'une académie militaire afin de céder sa place à un autre postulant, sur fond d'accusations de népotisme.
Ahmed Mostafa, qui fait des études d'ingénieur à l'université de Kafr El Sheikh, a été accusé d'avoir mis en ligne des secrets militaires, publié de fausses informations sur l'armée et insulté les officiers chargés du recrutement à l'académie militaire.
Selon les avocats du Réseau arabe pour l'information sur les droits de l'homme, il a été arrêté par des agents des services de renseignement militaire le 17 février 2010 et interrogé sur son blog.
Il a comparu pour la première fois devant un tribunal militaire lundi 1er mars. Or, ses avocats du Centre Hisham Mubarak pour le droit et de l'Association pour la liberté de pensée et d'expression ont révélé à Amnesty International que les autorités ne leur avaient fait parvenir son dossier que le mardi 2 mars.
« Il est consternant de constater que des blogueurs peuvent désormais comparaître devant une instance militaire. L'Égypte est régulièrement critiquée par les institutions des Nations unies chargées des droits humains pour son utilisation abusive de la justice militaire. Plutôt que de remédier à l'iniquité des procès de civils devant des instances militaires, les autorités égyptiennes préfèrent étendre leur champ d'application », a déploré Hassiba Hadj Sahraoui.
Ahmed Mostafa n'est pas le seul blogueur égyptien incarcéré pour ses écrits.
Karim Amer, adopté par Amnesty International comme prisonnier d'opinion, a été condamné à une peine de quatre ans d'emprisonnement en février 2007 pour avoir critiqué sur son blog le président Hosni Moubarak et les autorités religieuses égyptiennes d'al Azhar.
Hani Nazeer, autre prisonnier d'opinion, est maintenu en détention administrative depuis octobre 2008 pour avoir mis en ligne sur son blog la couverture d'un livre considéré comme insultant pour les musulmans.
Par ailleurs, Amnesty International a exhorté les autorités égyptiennes à accepter les principales recommandations de l'ONU sur la liberté d'expression et de dissidence pacifique.
Le 19 février 2010, lors d'un examen par l'ONU du bilan de l'Égypte en termes de droits humains, les autorités égyptiennes ont rejeté une recommandation les invitant à « libérer les blogueurs et les militants actuellement incarcérés aux termes de la Loi relative à l'état d'urgence et à mettre un terme aux arrestations et aux détentions de militants politiques », la qualifiant d'incorrecte et inexacte dans les faits.
8:17
Dans son attaque contre le STRASS, Christine Le Doaré mentionne ce qui serait l'échec des revendications pour la décriminalisation du travail du sexe : “Ils ne parlent jamais non plus de l'expérience des féministes australiennes qui se sont battues pour légaliser la prostitution et le regrettent aujourd'hui, le bilan étant désastreux.”
Si Christine Le Doaré s'appuie sur les propos de Janice Raymond, on pourrait comprendre d'où viennent ses fausses croyances. Or, Raymond n'est pas australienne, et les militants anti-prostitution qui se disent féministes ne se sont jamais battus pour légaliser la prostitution, bien au contraire, mais ont tout fait pour en faire échouer le principe par tous les moyens. Rien d'étonnant donc qu'ils continuent de condamner cette expérience. Expérience qui d'ailleurs n'est pas uniforme. Au lieu de “légalisation de la prostitution”, il s'agit plutot de différentes législations. Peut être que tout comme Janice Raymond, Christine LeDoaré semble oublier que l'Australie est un Etat fédéral, composé donc de plusieurs états, qui ont chacun des lois différentes, certaines de légalisation, d'autres de prohibition ou encore de décriminalisation.
Face à ces attaques, le STRASS s'est contenté de contacter nos collègues d'Australie qui ont dejà répondu à Janice Raymond à ce sujet. Voici donc leur réponse que nous avons simplement traduite en français.
La réponse venant d'Australie à “10 Raisons pour ne pas légaliser la prostitution”
Ce document est de Scarlet Alliance, au nom de nos membres et avec la contribution des travailleurs du sexe en Australie, et s'adresse en reponse au document de Janice Raymond “10 bonnes raisons pour ne pas légaliser la prostitution”.
Comme l'industrie du sexe en Australie, est réglementée par État et droit Territorial, chaque État dispose d'un modèle différent de réglementation, l'Australie peut être considérée comme une étude de cas sur l'impact des différents modèles des lois sur l'industrie du sexe. Scarlet Alliance, en tant qu'organisation d'envergure nationale des travailleurs du sexe en Australie, avec pour effectif des travailleurs individuels et des organisations de travailleurs du sexe, des réseaux, des projets et des groupes est bien placée pour parler de l'impact de ces modèles sur la vie personnelle et professionnelle de nos membres : les travailleurs du sexe en Australie.
La légalisation et la dépénalisation sont deux cadres réglementaires différents avec des résultats et des impacts différents sur les travailleurs du sexe.
Dans les États australiens que Raymond appelle réglementaristes, l'industrie est en effet régie par un cadre d'homologation. Le modèle de licence inclut le développement d'un organisme gouvernemental visant à réglementer les licences des entreprises de l'industrie du sexe, les opérateurs, les gestionnaires, et dans certains cas, les travailleurs du sexe. Il s'agit d'un modèle complexe qui se traduit par un faible pourcentage de l'industrie travaillant dans la légalité, avec dans certains cas, des conditions extrêmes et illogiques de régulation dans le fonctionnement quotidien. Dans deux Etats, la réglementation est définie par l'organisme de réglementation gouvernemental du système de licences qui a introduit les conditions les plus problématiques.
Tout impact négatif de ce modèle de réglementation ne signifie pas la preuve que la légalisation n'est pas efficace car il ya eu des résultats positifs pour les travailleurs du sexe opérant dans ce secteur juridique. Les résultats négatifs des cadres de licence portent sur les règlements et les conditions qui sont illogiques et non fondés sur des preuves. De nombreuses personnes n'ont d'autre choix que d'opérer en dehors du secteur juridique sous licence et par conséquent, lorsque les règlements sur-réglementent l'industrie. Il faut noter que les féministes anti- travail du sexe ont fait pression pour une réglementation lourde de l'industrie du sexe et ont joué un rôle dans le fait que la création de structures juridiques existantes soient irréalisables.
1. La légalisation / dépénalisation de la prostitution est un cadeau fait aux proxénètes, les trafiquants et l'industrie du sexe (Raymond, 2003).
Réponse Australienne : L'Australie ne dispose pas d'une culture notable de « souteneurs » impliqués dans l'industrie du sexe (AFAO, 2000).
L'industrie du sexe lorsque réglementée par la police est sensible à la corruption de la police. Le fait que la police exige de l'argent et / ou des services sexuels en échange de ne pas fermer les entreprises et d'arreter des travailleurs du sexe est bien documenté lorsque l'industrie du sexe est criminalisée.
L'une des principales raisons pour laquelle la Nouvelle Galles du Sud a dépénalisé l'industrie du sexe a été pour supprimer le role de la police comme régulatrice de l'industrie du sexe et pour diminuer la corruption policière. Beaucoup de travailleurs du sexe avant la dépénalisation voyaient la police comme l'équivalent australien de proxénètes.
La dépénalisation a été efficace pour réduire la corruption de la police de Nouvelle Galles du Sud.
Expérience de l'Australie - La dépénalisation de l'industrie du sexe a réduit la corruption de la police. Au sein d'une industrie du sexe dépénalisée, les entreprises de l'industrie du sexe sont réglementées comme les autres entreprises par exemple. Des inspections sont effectuées par l'administration locale et les autorités de sûreté de santé et du travail. Les entreprises sont autorisées et le zonage est réglementé par les conseils. Les travailleurs du sexe ne sont pas des criminels et leurs lieux de travail ne sont pas illégaux. En tant que tel, les travailleurs sexuels défendent et s'attendent à avoir, les mêmes droits que les autres travailleurs. La probabilité des actes criminels signalés à la police a augmenté.
Un mouvement solide et vocal pour les droits des travailleurs du sexe a donné une voix à la communauté des travailleurs du sexe en Australie pendant plus de vingt ans, en informant la politique du gouvernement, s'adressant aux mythes et stéréotypes dans les médias et en informant les autres travailleurs du sexe de leurs droits humains et civiques. La formation de collectifs et de groupes de pression et la syndicalisation des travailleurs du sexe a vu un groupe, autrefois d'individus isolés et séparés devenir une communauté et qui se sont retrouvés dans des réseaux locaux, nationaux et internationaux pour défendre leurs droits en tant que travailleurs et en tant que citoyens, indépendamment de l'environnement juridique dans lequel ils travaillent.
D'autres facteurs qui ont contribué à l'émancipation des travailleurs du sexe australien comprennent :
Des cadres juridiques qui éliminent les sanctions pénales contre les travailleurs du sexe et nos clients. Cela a permis aux travailleurs du sexe de discuter ouvertement et de négocier des rapports sexuels avec d'autres adultes consentants (nos clients) qui à son tour a réduit la possibilité de conflit et a accru notre capacité à introduire de manière efficace des pratiques sexuelles sécuritaires dans nos rencontres sexuelles avec les clients, ce qui réduit notre risque de transmission au VIH et IST.
Des organisations de travailleurs du sexe financées qui nous permettent de nous rassembler pour faire entendre notre voix sur les politiques, informer le gouvernement, se faire représenter devant les instances gouvernementales, participer librement, et déterminer les questions clés qui touchent les travailleurs du sexe, avec une participation de haut niveau des travailleurs du sexe, notamment dans la consultation des travailleurs du sexe qui sont dans l'incapacité de participer directement. Il convient de noter que les questions touchant les travailleurs du sexe en Australie, tel que définies par les travailleurs du sexe ne sont pas reflétées dans le document de Raymond. En fait, les travailleurs du sexe en Australie ont ouvertement remis en question l'agenda politique de Raymond et ses associés, et de la perpétuation d'une conception fausse et trompeuse des résultats de la réglementation de l'industrie du sexe en Australie.
La législation anti-discrimination dans trois Etats de l'Australie a créé un cadre juridique qui soutient les travailleurs du sexe pour lutter contre la discrimination en vertu de la loi anti-discrimination. L'intégration à la législation anti-discrimination a commencé à s'attaquer à la discrimination systémique en envoyant un message clair aux organismes gouvernementaux, aux fournisseurs de services, la police et la communauté générale.
Tandis que les membres de la CATW ont laissé entendre qu'ils sont favorables à la dépénalisation des travailleurs du sexe, le groupe n'a pas mené d'action publique en Australie, pour soutenir les appels lancés par les travailleurs du sexe en Australie pour la dépénalisation du travail sexuel. Cela a inclus une demande par les travailleurs du sexe a un membre de la CATW de signer une pétition en faveur de la dépénalisation des travailleurs du sexe en Australie occidentale, renversant les lois qui criminalisent les femmes lourdement. La demande a été refusée.
Scarlet Alliance estime que le soutien “pour la dépénalisation des femmes dans la prostitution” est une ligne publique tenue par la CATW pour gagner le soutien des femmes en général. Cependant, la CATW n'a pris aucune mesure active ou de soutien à la dépénalisation, bien que le CATW a exercé de fortes pressions pour des changements de loi sur l'industrie du sexe en Australie.
Les stéréotypes concernant des travailleurs du sexe qui seraient mineurs, les proxénètes et l'usage de drogues ont été utilisés pour justifier la criminalisation ou la réglementation de l'industrie. Souvent, ces problèmes sont examinés aux depens de la santé et de la sécurité. (AFAO, 2000)
2. La légalisation / dépénalisation de la prostitution et de l'industrie du sexe encourage la traite sexuelle (Raymond, 2003).
Réponse australienne : Il n'existe aucune preuve que le trafic du sexe ait augmenté dans des pays dotés d'une industrie du sexe soit légalisée ou dépénalisée. En fait, la Nouvelle-Zélande et l'Australie ont une faible incidence de trafic sexuel.
Que l'Australie a plusieurs différents cadres réglementaires de l'industrie du sexe, y compris la criminalisation des entreprises de l'industrie du sexe dans trois grands États, tout le trafic sexuel qui se produit ne peut être attribué à une légalisation ou la dépénalisation.
En fait, le rapport australien de Beijing +10 et de la CEDAW reconnaissent que la lutte contre la traite par des réponses inappropriées ont accru la vulnérabilité des travailleurs du sexe.
3. La légalisation / dépénalisation de la prostitution ne contrôle pas l'industrie du sexe. Elles l'élargissent (Raymond, 2003).
Réponse australienne : La taille de l'industrie du sexe australienne n'a pas augmenté dans les États et territoires qui ont légalisé ou dépénalisé l'industrie du sexe.
Une clarification doit être faite que la dépénalisation et la légalisation de l'industrie du sexe en tant que modèles de réglementation ne cherche pas à contrôler l'industrie, mais plutôt à réglementer l'industrie du sexe. Comme d'autres entreprises et lieux de travail, les entreprises de l'industrie du sexe doivent être réglementées. L'industrie du sexe n'a pas besoin ou ne requiert une réglementation supplémentaire. Lorsque l'industrie du sexe est signalée comme ayant besoin d'une réglementation supplémentaire sur les autres entreprises, c'est généralement parce que les régulateurs cherchent à influer vers l'interdiction plutôt que la légalisation. En effet, une réglementation supplémentaire souvent décrète tout simplement la discrimination systémique contre les travailleurs du sexe, et leurs lieux de travail.
Les travailleurs du sexe bénéficient d'un choix varié de lieux de travail. Les travailleurs du sexe ne sont pas un groupe homogène et comme toutes les autres professions, les travailleurs sexuels exercant seuls ont des besoins variés et d'arrangements de travail appropriés. L'Australie possède une culture de petites entreprises familiales qui fonctionnent avec peu ou pas d'impact sur le reste de la communauté et fournissent des lieux de travail de moindre taille contrôlés par les travailleurs du sexe. Les grandes entreprises de l'industrie du sexe ont souvent une plus grande rotation des clients (sont plus occupées) et peuvent convenir à des travailleurs du sexe qui préférent ne pas être responsable de la gestion de leur propre business (publicité, demandes de renseignements téléphoniques, les frais généraux, etc.)
4. La légalisation / dépénalisation de la prostitution augmente la prostitution clandestine, souterraine, illégale et de rue (Raymond, 2003).
Réponse australienne : La Nouvelle-Zélande a dépénalisé l'industrie du sexe en 2003. La Nouvelle-Zélande est le seul pays à dépénaliser l'ensemble du secteur, et crée un bon exemple pour une étude de cas des résultats de la dépénalisation. Une étude néo-zélandaise a, dans ses premiers stades trouvé “qu'il n'y a pas eu d'augmentation du nombre de travailleurs de sexe de rue depuis la dépénalisation de l'industrie du sexe.”
Il est également inexact de dire que la légalisation augmente le travail clandestin, illégal et la prostitution de rue dans le contexte australien. Le cadre de légalisation auquel Raymond se réfère est un cadre d'homologation. Un cadre de licences, par son intention, qui divise l'industrie dans des opérations illégales et légales. De cette façon, c'est le cadre de licence lui-même qui rend les opérations de l'industrie du sexe (y compris les travailleurs du sexe et de nombreuses personnes travaillant à titre privé) illégales.
Ce n'est pas un résultat de la légalisation, mais est le résultat d'un modèle de licence sur-restrictives.
Raymond affirme qu'”En Nouvelle-Galles du Sud, les maisons closes ont été dépénalisées en 1995. En 1999, le nombre de maisons closes à Sydney a augmenté de façon exponentielle jusqu'à 400-500. La grande majorité n'ont pas de licence d'exploitation. Pour mettre fin à la corruption endémique de la police, le contrôle de la prostitution illégale a été enlevé des mains de la police et placé dans les mains des conseils locaux et les autorités réglementaires de planification. Le conseil n'a ni les moyens ni le personnel suffisants pour enquêter dans les bordels afin de débusquer et poursuivre les opérateurs illégaux “.
La Nouvelle Galles du Sud ne dispose pas d'un système de maisons closes de licence ou d'individus. Elle a adopté une approche pragmatique qui a cherché à minimiser le futur potentiel de davantage de corruption par des agents gouvernementaux et d'une réglementation irréalisable. En 1995, les réformes législatives importantes ont été introduites à travers la Loi sur les Maisons de désordre. Ces réformes ont été le résultat direct de la Commission Wood Royal dans le travail du Service de police de Nouvelle Galles du Sud qui a identifié une corruption policière généralisée en ce qui concerne entre autres domaines, l'industrie du sexe. L'amendement à la Loi sur les maisons de désordre a aboli le délit de droit commun sur la tenue d'une maison close. Les conseils avaient le pouvoir de prendre des mesures auprès de la Cour Terre & Environnement afin de fermer une maison close en réponse à des plaintes de personnes résidant à proximité ou aux occupants d'autres lieux. Plus tard, la responsabilité réglementaire a été donnée au gouvernement local en vertu de la loi d'évaluation et d'aménagement du territoire de 1979.
La définition d'un bordel inclut le local d'une personne travaillant seule ce qui a conduit à des allégations sans fondement que le nombre de “maisons closes” en Galles du Sud a augmenté.
Les conseils ont des pouvoirs suffisants pour réglementer les entreprises de l'industrie du sexe - ils ont les mêmes pouvoirs que ceux qu'ils ont de réglementer toutes les industries en usage sur leur territoire.
5. La légalisation de la prostitution et la dépénalisation de l'industrie du sexe, augmente la prostitution des enfants (Raymond, 2003).
Raymond a dénaturé les conclusions de l'enquête nationale 1998 ECPAT « Jeunesse a vendre ».
Raymond affirme : « La prostitution des enfants a considérablement augmenté dans l'etat de Victoria par rapport aux autres Etats australiens dans lesquels la prostitution n'a pas été légalisée. De tous les pays et territoires d'Australie, le plus haut nombre de cas signalés de prostitution des enfants venaient de Victoria. Dans une étude de 1998 menée par ECPAT (End Child Prostitution et traite des personnes) qui a effectué la recherche au Centre national australien sur la prostitution enfantine, qui s'est sensiblement accrue de l'exploitation organisée du commerce des enfants ».
ECPAT a signalé que pour leur “enquête nationale” ils ” ont sondé 451 agences dont 258 étaient au courant de faits de jeunes s'engageant dans la norme CSA [commerce d'activité sexuelle].” Sur les 258 organismes, ils ont déclaré que 3100 jeunes ont été confirmés ou soupçonnés d'être participants à une “activité sexuelle commerciale ».
Cette enquête n'a pas, pour des raisons d'éthique et de ressources, pu parler ou interroger directement tous les jeunes.
Il est clair que cette méthode ne peut être invoquée pour fournir des chiffres fiables. Ce rapport ne fait non plus aucun lien entre le nombre de jeunes prestataires de services sexuels et la légalisation de l'industrie du sexe. En opposition aux allegations de Raymond, le rapport énumère une série de facteurs, dont le fait d'etre sans-abri, sans accès à un revenu, etc ; des raisons que les prestataires de services interrogés ont cru, expliquent davantage la participation des jeunes dans « l'activité sexuelle commerciale ».
Le rapport identifie les limites de l'enquête sur le manque de contact avec tous les jeunes, le recours à des prestataires de services qui ne tiennent pas de statistiques, des incohérences avec le questionnaire et que les données ont « un fondement statistique instable ».
7. La légalisation / dépénalisation de la prostitution accroît la demande de prostitution. Cela motive les hommes à acheter des femmes pour le sexe dans une gamme beaucoup plus large et plus admissible de paramètres socialement acceptable (Raymond, 2003).
Réponse australienne : Les résultats d'une étude représentative d'un grand nombre d'adultes en Australie, publiée en 2003 a révélé que 15,6% des hommes australien a deja payé pour du sexe, et que 1,9% l'avaient fait dans l'année précédente. Une précédente étude de 1986, date à laquelle l'industrie du sexe etait illégale dans tous les États, a trouvé que 19,2% avaient deja payé pour du sexe, avec 2,5% l'ayant fait dans l'année précédente. Cela se compare à des études dans des populations d'hommes européens, ou le cas de 6,6% à 39% des hommes avaient déjà payé pour du sexe, avec une moyenne européenne étant de l'ordre de 15%. Ces mêmes études ont constaté que de 1% à 11% des hommes avaient payé pour du sexe dans l'année précédente, une moyenne de 2-3%. De toute évidence, la légalisation ou la dépénalisation de la prostitution en Australie n'a pas créé une demande accrue.
La légalisation ne donne pas lieu à une publicité incontrôlée comme ce qui peut être compris de la prétention de Raymond selon laquelle “Les publicités en ligne sont des autoroutes vers la Victoria”. En fait, la publicité est très réglementée dans le cadre de licences à Victoria et seraient encore régis aussi par la dépénalisation. Les publicités pour les entreprises de l'industrie du sexe à Victoria sont peu nombreuses et leur représentation des femmes est beaucoup plus discrète que la publicité pour les voitures, chocolats, glaces, produits pour les cheveux, etc. Dans nos réseaux et communications avec les travailleurs du sexe de Suède, nous avons construit une prise de conscience croissante de l'impact négatif que la pénalisation des clients a eu sur les travailleurs du sexe. Plus particulièrement, le modèle a fait naître la peur des clients de visiter les travailleurs du sexe ayant des répercussions négatives pour les travailleurs du sexe. Comme les clients n'iraient pas dans un établissement en intérieur ou visiter une maison qui peut facilement être sous surveillance, les travailleurs du sexe doivent désormais s'organiser pour rencontrer des clients dans un lieu public ou une rue tranquille ou cachés dans des endroits déterminés par les clients. Pour les travailleurs du sexe en Australie, cela signifie que le contrôle habituel que les travailleurs du sexe ont à déterminer où et quand cette interaction a lieu serait supprimé et les clients plus exigeants de contrôler le lieu du service afin de se protéger contre les poursuites. De toute évidence ce résultat n'est pas un résultat positif pour les travailleurs du sexe. Ainsi, plutôt que de prouver qu'en « interdisant l'achat de services sexuels, la prostitution et ses effets nocifs peuvent être contrecarrés, ce que Raymond fait valoir, le modèle suédois a abouti à un changement culturel dans la facon, et où, le travail du sexe a lieu en Suède, et ces changements comprennent de nouveaux et dangereux résultats pour les travailleurs du sexe.
Les travailleurs du sexe se sont prononcés fermement contre le modèle suédois de législation de l'industrie du sexe depuis un certain nombre d'années maintenant. Le fait que Janice Raymond préconise la même chose est en opposition directe avec ce que les travailleurs du sexe en Suède affirment avoir besoin pour protéger leur sécurité.
Petra Ostregren dans son document « travailleurs du sexe Critique de la politique de prostitution suédoise” affirme que les travailleurs du sexe en Suède “ont fortement déconseillé d'autres pays d'adopter une législation similaire. La loi contre la violence contre les femmes en Suède, 1997/98 : 55, plutôt que d'avoir amélioré les conditions pour les travailleurs du sexe tel que décrit par Raymond, les travailleuses du sexe locales expliquent que ces lois contre l'achat de services sexuels ont augmenté les risques et la violence contre les travailleurs du sexe et que la loi contre le proxénétisme leur rend impossible le fait de travailler en toute sécurité ».
8. La légalisation / dépénalisation de la prostitution ne favorise pas la santé des femmes (Raymond, 2003).
De nombreuses études montrent que les travailleurs du sexe en Australie jouissent d'une santé sexuelle meilleure que la communauté en général et ont un faible taux de VIH / sida. Bien que cela seul ne prouve pas que la légalisation ou la dépénalisation de l'industrie du sexe encourage la santé des femmes, ou bien la santé sexuelle, il réfute toute allégation selon laquelle les travailleurs du sexe ne maîtrisent pas et ne seraient pas “en contrôle” suffisant pour négocier l'utilisation du préservatif. Les travailleurs du sexe en Australie font état de taux très élevé d'utilisation du préservatif.
Rien ne favorise la santé des femmes plus que d'avoir accès à la justice sociale et l'égalité. Comment les femmes peuvent elles sentir qu'elles ont des droits égaux pour quoique ce soit quand elles et leurs lieux de travail sont incriminés, sans aucun recours légal à la justice ?
9. La légalisation / dépénalisation de la prostitution n'augmente pas les choix des femmes (Raymond, 2003).
Beaucoup de travailleurs du sexe en Australie, ont décrit leur décision de travailler en tant que travailleur du sexe comme une décision prise après avoir examiné un éventail d'options. Pour beaucoup, le travail du sexe offre une plus grande flexibilité des horaires et la capacité d'obtenir de grandes quantités d'argent dans un temps plus réduit - ce qui permet aux parents célibataires et étudiants, par exemple, de consacrer plus de temps pour leurs enfants ou études sans pour autant sacrifier leurs revenus. Toutefois, comme les travailleurs du sexe ne sont pas un groupe homogène, nos motivations pour entrer dans l'industrie sont très divers et non uniques et individuelles.
Raymond dénature l'interaction entre les travailleurs du sexe et leurs clients par sa déclaration “Sa conformité est exigée par le fait même d'avoir à s'adapter à des conditions d'inégalité instaurées par le client qui paie pour qu'elle fasse ce qu'il veut d'elle.”
Dans une interaction entre une prostituée et un client le contenu du service est, dans la plupart des cas, négocié avant que le service commence et à d'autres occasions lorsque le service se passe. Dans un forum de discussion national des travailleurs du sexe en Australie, les travailleurs du sexe ont décrit la négociation initiale comme un temps pour fixer des limites avec un client, de déterminer le prix, d'introduire des discussions sur le sexe sans risque et de faire le choix d'accepter une réservation ou non.
L'affirmation de Raymond selon laquelle les travailleurs sexuels fourniraient des services sexuels non protégés, ou d'autres services, qu'ils ne veulent pas fournir, simplement parce qu'ils sont offerts un paiement supplémentaire, est une perpétuation du mythe selon lequel les travailleurs du sexe sont cupides ou des femmes “avides d'argent” sans normes professionnelles .
Les travailleurs du sexe déterminent régulièrement de ne pas faire certaines activités ou refusent des services dangereux, car, comme la plupart des gens, leur incitation à rester en santé est solide. Ceci est démontré par les taux élevés d'utilisation du préservatif parmi les travailleurs du sexe et les faibles taux d'IST.
Une caractéristique des écritures contemporaines anti- travail du sexe est l'utilisation d'une terminologie qui est à la fois répugnante et désobligeante envers les travailleurs du sexe. Raymond et les autres membres de la CATW, dont Sheila Jeffreys, utilisent le terme « femmes prostituées », même si les travailleurs du sexe ont souligné l'impact débilitant du terme, et déclarent sentir son utilisation comme très stigmatisante.
10. Les femmes dans les systèmes de la prostitution ne veulent pas la légalisation ou la dépénalisation de l'industrie du sexe. (Raymond, 2003)
Scarlet Alliance et nos adherents réfutent fermement la declaration de Raymond selon laquelle les travailleurs du sexe “ne veulent pas que l'industrie du sexe soit légalisée ou dépénalisée”. En Australie, les travailleurs du sexe ont appelé publiquement à ce que l'industrie du sexe soit dépénalisée et l'ont fait de façon systématique depuis le milieu des années 1980. Les travailleurs du sexe et nos organisations et réseaux régionaux et internationaux plaident en faveur de la dépénalisation de l'industrie du sexe.
Scarlet Alliance et l'Australian Sex Workers Association, tiennent un forum national de trois jours chaque année. Les délégués travailleurs sexuels de chaque État et Territoire participent tout comme les travailleurs du sexe locaux en tant qu'individus. Le comité exécutif de l'organisation est nommé et élu à l'assemblée générale annuelle joint à la réunion. Scarlet Alliance est informée et dirigée par ses membres travailleurs du sexe et les organisations de travailleurs du sexe / projets / réseaux et groupes. La décision de plaider en faveur de la dépénalisation de l'industrie du sexe en Australie a été mise au point à partir d'une représentation forte par les travailleurs du sexe exigeant qu'une dépénalisation soit introduite dans tous les États et Territoires australiens en Australie. Raymond a clairement décidé de ne pas représenter les vues d'appel publiquement exprimées en faveur de la dépénalisation de l'industrie du sexe par les travailleurs du sexe en Australie et dans de nombreux autres pays, dans une tentative d'induire en erreur les lecteurs.
L'expérience australienne est que les féministes anti-travail du sexe ont à maintes reprises une fausse représentation des points de vue des travailleurs du sexe afin de faire progresser leur propre agenda.
Conclusion :
Scarlet Alliance et nos adhérents recommandons fortement que la voix des travailleurs du sexe devrait être au premier plan de tout débat concernant les lois sur l'industrie du sexe. Ce sont souvent les lois faites pour notre “protection” à l'esprit, qui ont l'impact le plus dévastateur sur notre travail, sécurité et vie personnelle. Un exemple d'un tel modèle est le modèle suédois qui est promu par les féministes anti-travail du sexe dans le monde, bien que les travailleurs et travailleuses du sexe suédoises elles-mêmes experimentent qu'il contribue à des lieux de travail et des pratiques de travail dangereux et à une autonomie diminuée.
8:17
Des Afghanes défendant les droits humains ont décrit à Amnesty International les agressions et les manœuvres d'intimidation auxquelles elles sont confrontées lorsqu'elles essaient de remettre en cause la violence et la discrimination dans leur pays.
En Afghanistan, les violations à l'encontre des femmes et des jeunes filles, telles que les enlèvements, les viols et le trafic d'être humains, sont très répandues. Plus de 87 % des Afghanes font l'objet de violences familiales, selon les Nations unies, et entre 60 et 80 % des mariages sont des mariages forcés. Et ce, bien que le gouvernement afghan se soit engagé à protéger les droits des femmes et à promouvoir l'égalité entre les hommes et les femmes en Afghanistan.
Les femmes qui militent en faveur d'un plus grand respect des droits humains sont systématiquement agressées et menacées par les talibans et d'autres groupes antigouvernementaux, ainsi que par les milices et les chefs de guerre locaux. Le gouvernement ne soutient pas les femmes qui militent en faveur des droits humains et, parfois, les empêchent activement de mener leurs activités, portant ainsi un grand coup aux progrès réalisés à grand peine par les Afghanes depuis la chute des talibans.
Dans les zones sous l'influence des talibans, plusieurs personnalités féminines ayant été agressées et tuées les femmes ne peuvent tout simplement pas poursuivre leurs activités de défense des droits fondamentaux. Cependant, de nombreuses Afghanes engagées continuent de défendre courageusement le statut de la femme en Afghanistan. Pour marquer la Journée internationale de la femme, Amnesty International s'est entretenue avec plusieurs d'entre elles.
Masiha Faiz, 36 ans
Profession : avocate pour Medica Mondiale, ONG de défense des droits des femmes
Je travaille principalement sur des affaires concernant des femmes accusées de crimes moraux, par exemple des femmes qui se sont enfuies après avoir subi des violences, ou sur des problèmes de droit de garde, quand des femmes victimes de violences veulent libérer leurs enfants d'un père violent.
Ces cas sont nombreux, mais il nous est difficile d'entrer en contact avec les victimes. La police et les tribunaux ne veulent pas que nous les défendions. Ils cachent les affaires et essaient de renvoyer les femmes sans ouvrir d'enquête. Pour eux, la parole d'une femme ne vaut rien.
Les ONG sont les seules à défendre les femmes, car les avocats financés par les pouvoirs publics défendent principalement des hommes. Cette pratique, aujourd'hui largement acceptée, pose un réel problème.
Les juges et les policiers se moquent de ce qui arrive aux femmes et ne respectent pas les lois. Le système actuel n'aide pas les femmes, il leur fait du mal.
Comme nous travaillons sur des affaires de femmes, les tribunaux ne sont pas coopératifs avec nous. Ils ne nous informent même pas des dates d'audience, ce qui est particulièrement problématique car nous avons besoin de temps pour transférer une femme d'un centre d'accueil au tribunal.
Je reçois constamment des menaces à cause de mon travail, en particulier quand je travaille dans d'autres provinces que celle de Kaboul. Nous pouvons porter plainte auprès du gouvernement ou de la police, mais cela ne sert à rien.
Les avocats font régulièrement l'objet de pressions destinées à les inciter à abandonner certaines affaires, comme les enlèvements de jeunes filles, en particulier si le commanditaire est quelqu'un de puissant. Souvent, nous devons abandonner des affaires à cause des menaces.
J'ai défendu une jeune fille qui avait été enlevée par trois hommes ; tous trois ont été condamnés à 20 ans de prison. Après leur condamnation, la femme de l'un d'entre eux et le frère d'un autre ont menacé de m'attaquer. Je les ai vus dans ma rue et j'ai peur des représailles, mais ma mission est de servir les femmes. Les menaces ne m'arrêtent pas.
Noor Marjan, 34 ans
Profession : directrice par intérim du Centre afghan de développement des compétences des femmes, qui gère différents projets pour les femmes, dont des centres d'accueil.
Près de 600 femmes ont été accueillies dans nos centres depuis avril 2003. Il s'agit de victimes de violences familiales, de la traite, de mariages forcés ou d'autres violences. Le problème est de savoir que faire de ces femmes une fois qu'elles sont dans nos centres.
Il est très difficile de défendre les droits de ces victimes ; la police et les tribunaux considèrent toujours que c'est la femme qui est fautive et ne nous sont d'aucune aide.
La réintégration de ces femmes dans la société est extrêmement compliquée. Nos lois ne sont pas appliquées, et les tribunaux ne sont pas coopératifs. Personne ne se soucie de ce qui est bien pour les femmes ni de ce qui est requis par la loi. Les juges, les policiers et les autres représentants de l'État se forgent leur propre opinion et suivent un code moral.
Nous n'avons pas encore réussi à réintégrer une seule fille pachtoune dans la société. Soit elles ont été tuées, soit les procédures les concernant n'ont jamais abouti.
Nos centres d'accueil sont importants car, dans les postes de police, il n'y a pas d'endroits réservés aux femmes. Dans les cellules de garde à vue, les femmes se font frapper et violer par les policiers.
Je suis harcelée par les policiers, les juges et les familles des victimes. Il m'arrive d'avoir à sortir de chez moi en plein milieu de la nuit pour aller chercher une femme dans un poste de police. Je fais ce travail parce que notre action est très importante. Nous protégeons les victimes pour qu'elles ne subissent pas de nouvelles violences.
Récemment, nous avons ouvert un centre d'accueil pour les policières ayant reçu des menaces en raison de leur travail, en particulier parce qu'elles avaient aidé des femmes à porter plainte ou les avaient protégées dans des situations de violence.
Bien que le gouvernement essaie sans cesse de recruter des femmes dans la police, il ne fait rien pour les protéger. Dans ce pays, si vous aidez une femme, vous devenez un ennemi pour sa famille car la violence domestique est considérée comme une affaire privée, qu'il est honteux de faire sortir du cercle familial.
Kamila Faizyar, 54 ans
Profession : formatrice en droits humains pour la Women and Children Legal Research Foundation (WCLRF)
Lorsque je parle de violence conjugale, la plupart des hommes me répondent que le Coran dit que l'on peut battre une femme. La plupart des hommes qui citent le Coran en réaction à nos formations ne l'ont jamais lu, ils sont analphabètes. Ils ne font que répéter ce que disent leurs mollahs.
Nous allons souvent dans des villages où tout semble aller bien jusqu'à ce que nous découvrions, après avoir insisté, lors des sessions de formation, qu'il y a un grand nombre d'actes de violence et de mariages forcés.
J'ai été menacée et agressée verbalement, en particulier lorsque j'ai animé des formations dans des fiefs traditionalistes. Les villageois, surtout les hommes, n'aiment pas entendre les femmes parler de droits fondamentaux. Les mollahs que nous rencontrons se sentent menacés par nous. Les hommes nous disent que nous incitons les femmes à se retourner contre eux.
Dans la plupart des provinces, il n'existe aucun lieu sûr où les femmes peuvent porter plainte ou parler de leurs problèmes. Très peu de cas sont signalés.
Shinkai Karokhail, 36 ans
Profession : députée
Le seul moyen de faire entendre la voix des femmes au niveau de la prise de décisions politiques, c'est d'avoir plus de femmes ministres. Chaque ministre devrait également avoir une vice-ministre et nous avons besoin de plus de femmes responsables de district. J'ai été très contrariée quand le président Hamid Karzaï a annoncé la composition de son cabinet parce qu'il a nommé moins de femmes qu'auparavant.
Il y a un grave problème avec nos programmes scolaires, y compris avec le nouveau programme financé par USAID et d'autres donateurs. Nos manuels scolaires contiennent des propos discriminatoires et les filles et les femmes sont rarement mentionnées ou montrées comme des exemples positifs. On ne parle d'aucune femme dirigeante politique, policière ou exerçant une quelconque activité professionnelle.
Aucun engagement n'a été pris pour financer et mettre en œuvre le Plan d'action national pour les femmes afghanes (NAPWA), qui dresse une liste de points essentiels à modifier dans les stratégies et les programmes concernant les femmes et les filles. En dehors du ministère de la Condition féminine, aucun donateur, ministère ou organe gouvernemental n'a fait du NAPWA une priorité.
On ne peut pas être une femme active en Afghanistan sans se sentir menacée. Cela fait parti de mon quotidien. Je ne sais jamais ce qui va arriver. Au cours des cinq dernières années, de nombreuses Afghanes de premier plan ont été tuées parce qu'elles tentaient d'accroître la visibilité des femmes ou de défendre leurs droits fondamentaux. Je prends chaque jour comme il vient, tout en essayant d'œuvrer sur des questions qui auront des répercussions durables.
8:16
Au Cambodge, les victimes de viol n'ont qu'un accès limité à la justice ainsi qu'aux services de santé et d'accompagnement psychologique, a déclaré Amnesty International dans un rapport rendu public ce lundi 8 mars 2010, alors que les viols de femmes et de jeunes filles semblent en augmentation dans ce pays. Dans ce document intitulé Breaking the silence : Sexual violence in Cambodia, publié à l'occasion de la Journée internationale de la femme, Amnesty International montre que la corruption et la discrimination au sein des services de police et de l'appareil judiciaire empêchent les victimes de viol d'obtenir justice et de bénéficier de l'aide qui leur est nécessaire, tandis que la plupart des auteurs demeurent impunis.
« Des dizaines de victimes nous ont dit avoir été rackettées, ignorées ou avoir vu leur parole mise en doute par des fonctionnaires dont le rôle devrait être de les aider et de protéger leurs droits, a déclaré Donna Guest, directrice adjointe du programme Asie-Pacifique d'Amnesty International. Trop de femmes violées voient s'ajouter au traumatisme initial des violences subies l'épreuve que constituent les difficultés rencontrées dans leur quête de justice et de prise en charge médicale ».
Les recherches d'Amnesty International ont fait apparaître que les travailleuses du sexe et les femmes pauvres avaient le plus grand mal à obtenir justice et à bénéficier de soins médicaux. Elles ne sont pas en mesure de verser les pots-de-vin souvent exigés, entre autres, par la police, ni de payer les services d'un avocat ou d'un médecin.
Le rapport comprend 30 entretiens avec des femmes et des jeunes filles âgées de 10 à 40 ans. La famille de Mony, une adolescente de 19 ans présentant des difficultés d'apprentissage, a expliqué que la police avait refusé d'enregistrer sa plainte lorsque la jeune fille avait été violée, à la fin de l'année 2009.
« La police ne travaille que si on a de l'argent, si on peut payer. Avec environ 100 000 riels [environ 17 euros], on aurait peut-être pu obtenir une arrestation, mais nous n'avons pas cet argent », a déclaré son père.
Il a ajouté que Mony vivait constamment dans la peur de son violeur, toujours en liberté. La famille avait également des difficultés à payer les médicaments dont la jeune fille avait besoin, ainsi que les frais de transport pour se rendre au tribunal et au poste de police.
Au sein de la société cambodgienne, comme dans de nombreuses autres, la discrimination liée au genre est profondément enracinée. Les victimes d'agression sexuelle sont stigmatisées, tandis que les agresseurs restent le plus souvent en liberté. Lorsqu'ils font l'objet de sanctions, celles-ci restent limitées.
« Étant donné le manque de soutien de la société envers les victimes, il est essentiel que le gouvernement rompe le silence et condamne publiquement les violences sexuelles, pour montrer qu'il ne saurait tolérer des crimes aussi graves et qu'il reconnaît la souffrance des victimes », a déclaré Donna Guest.
Un nouveau Code pénal devant entrer en vigueur fin 2010, Amnesty International a demandé aux autorités cambodgiennes de prendre des dispositions pour lutter fermement contre le comportement inadapté des responsables de l'application des lois, les règlements extrajudiciaires, la faiblesse des poursuites et la corruption généralisée dans les affaires de violences sexuelles présumées.
Amnesty International a également exhorté les autorités à former et à équiper la police, à employer des femmes policiers et à allouer aux services de police des budgets suffisants pour qu'ils puissent enquêter sur les violences sexuelles présumées avec la rapidité, le professionnalisme et le tact requis.
D'après des statistiques émanant de la police et d'ONG, les viols sont en augmentation au Cambodge. Toutefois, l'ampleur du phénomène est masquée par le manque de suivi ainsi que la transmission et la coordination limitées des données.
Les autorités devraient être en mesure d'obtenir des chiffres précis sur lesquels fonder leur politique et leurs plans d'action.
« Le Cambodge a réalisé des avancées importantes dans la lutte contre la discrimination liée au genre, en mettant l'accent sur la violence au sein de la famille et la traite des êtres humains. Il est temps que le gouvernement ajoute la violence sexuelle à l'égard des femmes à ces catégories pour ne plus se soustraire aux obligations qui sont les siennes aux termes de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes », a déclaré Donna Guest.
Ce rapport de 60 pages présente des recherches approfondies et des recommandations pour inverser la tendance à la hausse de la violence sexuelle à l'égard des femmes. Il s'inscrit dans le cadre de la campagne mondiale d'Amnesty International intitulée Halte à la violence contre les femmes.
8:16
Amnesty International estime que le fait de créer des internats pour les enfants roms et de « les détacher progressivement de leur mode de vie actuel dans les campements » serait discriminatoire et constituerait une atteinte flagrante au mode de vie des Roms.
Ce 8 mars 2010, le Premier ministre slovaque, Robert Fico, a annoncé que le gouvernement proposait un système dans lequel les enfants roms vivant dans des campements seraient placés dans des internats.
« L'idée que les enfants roms doivent être enlevés de leur famille et placés dans des internats, alors qu'ils pourraient être scolarisés dans des écoles classiques près de leur domicile, est de toute évidence contraire au principe de l'intérêt supérieur de l'enfant. C'est une atteinte à leur identité de les déraciner de leur environnement et de les enlever à leur famille », a déclaré Halya Gowan, directrice du programme Europe et Asie centrale d'Amnesty International.
Les difficultés que rencontrent certaines familles roms vivant dans des campements – comme d'autres familles en Slovaquie – pour assurer l'éducation de leurs enfants en raison de la pauvreté, des barrières linguistiques et d'autres facteurs mettent en évidence la nécessité que le gouvernement apporte à tous son soutien et son assistance pour surmonter ces obstacles.
« Isolés du monde extérieur, les enfants roms auront plus de mal à participer pleinement à la société slovaque. La proposition du gouvernement perpétuera la ségrégation qu'ils subissent actuellement. En fait, elle va même l'officialiser, a souligné Halya Gowan.
« La proposition du gouvernement est complètement inadaptée aux évolutions de l'Union européenne. Si elle est adoptée, elle sera absolument contraire au droit slovaque et aux engagements internationaux en matière de droits humains sur la non-discrimination auxquels la Slovaquie est tenue. »
Amnesty International a déjà fait part à plusieurs reprises de ses graves préoccupations face à la discrimination et la ségrégation que subissent les enfants roms dans les écoles slovaques, notamment par le biais de leur placement dans des établissements spéciaux et des classes destinées aux élèves atteints de handicap mental.
« Au lieu de créer un nouveau système parallèle d'éducation distincte pour les enfants en fonction de leur origine ethnique, il faut que le gouvernement slovaque concentre ses efforts sur l'objectif d'intégrer tous les enfants dans l'enseignement général, quelles que soient leur origine sociale, leur langue ou leurs aptitudes », a insisté Halya Gowan.
Amnesty International a engagé le gouvernement slovaque à traiter le fond du problème : la ségrégation persistante dont sont victimes les enfants roms dans l'éducation, qui devrait être vaincue par des réformes du système scolaire afin de garantir un enseignement réellement ouvert à tous les enfants. Le gouvernement doit apporter un soutien adapté aux familles et aux élèves qui en ont besoin, pour que ces enfants puissent s'intégrer pleinement dans les écoles élémentaires classiques et y développer au mieux leurs capacités.
Ce travail s'inscrit dans le cadre de la campagne mondiale d'Amnesty International Exigeons la dignité, qui vise à mettre fin aux atteintes aux droits humains qui font sombrer les gens dans la pauvreté et les y maintiennent. Elle encourage les gens dans le monde entier à exiger que les gouvernements, les grandes entreprises et les autres détenteurs du pouvoir écoutent la voix de ceux qui vivent dans la pauvreté, et reconnaissent et protègent leurs droits. Pour en savoir plus, consultez le site [www.amnesty.org].
7:00
23:49
Lorsque l'islamophobie prend pour prétexte une prétendue discrimination…
- Facho / Migrations - sans-papierEs, Facho, Religions, Discriminations, En une
23:40
Soirée de projection-lecture, organisée par le Comité pour la libération d'Alexeï Sokolov, réalisateur de"La fabrique de la torture ou l'expérience pédagogique". Le 11 mars à 20h30 au Café L'Antre Autre (11, rue Terme, Lyon 1er)
- Répression - prisons
23:13
23:12
21:48
Nous venons d'apprendre que M. LABID Abdalla, 24 ans, né en Egypte, demeurant à Saint-Denis a été arrêté le 4 mars à Chelles. Il a été transféré le vendredi 5 mars après-midi au Centre de Rétention Administrative du Mesnil Amelot (77). Ce jeune homme est marié depuis le 26/09/2009 à une Française Aurélie RUBY MONTEIL. Il est arrivé en France en 2007. Aurélie et Abdalla sont ensemble depuis 2008.
Abdalla LABID et Aurélie RUBY construisent depuis 2 ans une vie commune. Leur but dans la vie est le même : s'aimer. Ne laissons pas l'administration briser cette vie de famille et cette belle histoire d'amour et exigeons, avec le Collectif RESF qui les soutient, qu'Abdalla reste en France auprès de son épouse.
Par notre signature, nous apportons notre soutien à Abdalla et Aurélie, et exigeons que la situation d'Abdalla soit régularisée le plus vite possible !
16:38
Manifestation à 12h30, Place des Terreaux !
- Education - partage des savoirs / anciennes manchettes
15:35
13:41
Depuis plusieurs années, des dispositifs d'aide aux élèves et de nombreux projets pédagogiques ont été mis en place au collège Barbusse. Grâce à cela, les résultats au brevet sont passés de 45% à 80 % de réussite en dix ans et l'ambiance de travail s'est améliorée.
Or l'inspection d'académie enlève chaque année un peu plus de moyens.
Cette année, la diminution est tellement forte que cela va entraîner à la rentrée prochaine la disparition pure et simple de certains de ces dispositifs d'aide aux élèves, ainsi que la suppression des groupes de sciences.
Les enseignants du collège ont décidé de ne pas accepter ces choix budgétaires qui vont priver les élèves de Vaulx-en-Velin des chances de réussite qui leur sont dues. C'est pourquoi ils ont décidé d'être en grève à partir de lundi 8 mars.
N'hésitez pas à venir au collège pour venir vous informer et soutenir les personnels qui veulent se battre pour l'avenir des élèves de leur collège.
A lire sur Rebellyon :
à venir : grève le 12 mars dans l'éducation nationale : rendez-vous à 10h30 place des Terreaux à Lyon
des nouvelles de la grèves le lundi 8 mars au soir (communiqué de presse des grévistes) : Collège Barbusse : faute de réponse, la grève continue !
une analyse de la situation du collège et le départ de la grève : Collège Barbusse ou la fin de l'hypocrisie sur l'ambition de réussir d'un Collège banlieue
A lire ailleurs :
sur le blog de la CNT69 : Moins de moyens pour les collèges
12:13
Quelques minutes auparavant, une rixe avait opposé des militants néonazis bien connus et répertoriés à Besançon à des militants antifascistes qui passaient dans cette rue par hasard. Face à l'attaque des nazis sur le groupe d'amis, la légitime défense est apparue comme nécessaire pour contrer l'offensive des fascistes. Les interpellations ont été réalisés suite à l'appel téléphonique des nazis qui ont donné des noms, sans forcément qu'il y ait un lien entre les individus présents lors de la rixe et les interpellés.
Nous ne pouvons que condamner cette politique de criminalisation et de répression qui s'abat sur les acteurs multiples de la lutte antifasciste. Cet acharnement policier sur un combat politique, populaire et nécessaire pour sauvegarder Besançon de la montée des idées xénophobes est une preuve de l'implication des forces répressives étatiques dans un processus d'acceptation de ces idées.
Nous exigeons la libération immédiate et inconditionnelle des camarades arrêtés ainsi que l'arrêt des poursuites !
Affaire à suivre...
LA SOLIDARITÉ EST NOTRE ARME !
Scalp Besak
Solidaires - Egalitaires - Libertaires - http://scalpbesak.wordpress.com/
Appel à la solidarité suite à l'arrestation d'antifascistes à Besançon
Suite au communiqué du mardi 2 mars concernant l'arrestation de deux camarades antifascistes de Besançon, nous vous informons de leur libération au bout de 24 heures de garde à vue.
À l'issue de ces 24 heures, les camarades encourent des poursuites pour violence en réunion, violence aggravée et l'un des deux pour port d'arme de 6e catégorie. Des insultes et des menaces, notamment de violences physiques, ont été proférées par les forces de police contre un des camarades : « On va te casser la gueule », « La prochaine fois qu'on te grille en ville, on te choppe sous un porche », « Sale pute de gaucho »…
Nous lançons un appel à la solidarité et au soutien financier afin de prendre en charge les frais de justice et d'avocats. N'hésitez pas à nous contacter (via l'adresse mail scalpbesak AH gmail.com) pour les soutenir ou être informé des suites. Localement, une caisse de solidarité sera mise en place à la librairie l'Autodidacte, 5 place Marulaz à Besançon.
LA SOLIDARITÉ EST NOTRE ARME !
Scalp Besak, 4 mars 2010.
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Le drapeau noir des canuts révoltés fait une apparition « remarquée » dans la manifestation des sans-travail aux Invalides à Paris, le 9 mars 1883, lors d'un meeting organisé par le syndicat des menuisiers. Louise Michel y arbore, pour la première fois, un drapeau improvisé, à partir d'un vieux jupon noir fixé sur un manche à balai. Voici la défense du drapeau noir qu'elle fit lors de son procès.
- Mémoire / En une
11:24
Strasbourg, 8 mars 2010 - La déclaration écrite 12/20101 concernant l'Accord Commercial Anti-contrefaçon (ou ACTA, son acronyme anglais) est désormais ouverte à signature. Elle doit être signée dans les trois mois par plus de la moitié des eurodéputés pour être adoptée. Le Parlement européen doit saisir cette occasion de démontrer son engagement à protéger les droits et libertés. Les citoyens européens soucieux de l'ACTA et souhaitant préserver un Internet ouvert peuvent participer2 en contactant3 les eurodéputés et en les appelant à signer la déclaration écrite.
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La déclaration écrite 12/2010 a été déposée par Françoise Castex (FR, S&D), Alexander Alvaro (DE, ALDE), Stavros Lambrinidis (GR, S&D) and Zuzana Roithova (CZ, PPE). Elle exprime la crainte de voir les négociations en cours sur ACTA mettre en cause la liberté d'expression, la neutralité du Net, le droit à un procès équitable, ainsi que le droit au respect à la vie privée et l'accès aux médicaments dans les pays en développement.
La déclaration écrite définit des lignes rouges à ne pas franchir pour les négociateurs de l'ACTA, soulignant que les acteurs d'Internet ne doivent pas être tenus pour responsables des actions entreprises par leurs utilisateurs, ni être contraints de surveiller et de filtrer les réseaux. Le texte est en accord avec les recommandations du Contrôleur européen de protection des données qui, dans un avis récent, se montre extrêmement critique des dispositions actuellement négociées dans le cadre de l'ACTA.
Une page de campagne dédiée4 a été mise en place pour permettre à tout citoyen de participer à la collecte des signatures d'une majorité d'eurodéputés. Du lundi 8 au jeudi 11 mars, ces derniers se retrouveront à Strasbourg pour une séance plénière. À partir d'aujourd'hui et jusqu'à la mi-juin, les sessions plénières5 constitueront un moment idéal pour procéder à la collecte de signatures.
«En signant la déclaration écrite 12/2010, les eurodéputés feraient la preuve de leur détermination à protéger les citoyens. L'adoption de la déclaration écrite enverra un signal fort en direction de la Commission et des États membres en indiquant que le Parlement ne laissera pas les libertés des citoyens européens être balayées par d'opaques tractations diplomatiques. Tout citoyen ou organisation inquiet des conséquences possibles de l'ACTA peut participer en appelant les eurodéputés à signer la déclaration», conclut Jérémie Zimmermann, porte-parole de La Quadrature du Net.
0012/2010
Déclaration écrite sur l’absence d’un processus transparent et la présence d’un contenu potentiellement controversé concernant l’accord commercial anti-contrefaçon (ACAC)
Le Parlement européen,– vu l'article 123 de son règlement,
A. considérant les négociations en cours concernant l’accord commercial anti-contrefaçon (ACAC),
B. considérant que le rôle de codécision du Parlement européen en matière commerciale et son accès aux documents de négociation sont garantis par le traité de Lisbonne,
1. considère que l’accord proposé ne doit pas imposer indirectement l’harmonisation de la législation européenne sur le droit d’auteur, les brevets ou les marques et qu'il convient de respecter le principe de subsidiarité;
2. déclare que la Commission devrait immédiatement mettre à la disposition du public tous les documents relatifs aux négociations en cours;
3. estime que l’accord proposé ne doit pas imposer de restrictions à la procédure judiciaire ni affaiblir les droits fondamentaux tels que la liberté d’expression et le droit au respect de la vie privée;
4. souligne qu'une évaluation des risques économiques et d’innovation doit précéder l’introduction de sanctions pénales dans les cas où des mesures civiles sont déjà instaurées;
5. considère que les fournisseurs de services internet ne doivent pas être tenus responsables des données qu'ils transmettent ou hébergent par l’intermédiaire de leurs services dans une mesure qui impliquerait une surveillance préalable ou le filtrage de ces données;
6. signale que toute mesure visant à renforcer les compétences en termes de contrôle transfrontalier et de saisies de marchandises ne peut porter atteinte à l’accès à des médicaments légaux, abordables et sûrs à l’échelle mondiale;
7. charge son Président de transmettre la présente déclaration, accompagnée du nom des signataires, au Conseil et à la Commission, ainsi qu’aux parlements des États membres.
Les traductions de la déclaration écrite, qui seront bientôt en ligne sur le site du Parlement européen, sont disponibles sur notre wiki.
11:12
Afin d'accroitre un peu plus la rentabilité de l'entreprise, ses dirigeants intensifient les pressions sur le personnel : organisation du travail et restructurations, pressions commerciales, objectifs inaccessibles, ... sans se préoccuper des conséquences sur les vies personnelles.
Une telle politique occasionne une augmentation de la souffrance au travail. Souffrance bien réelle pointée par des assistants sociaux et des médecins de prévention avec un accroissement du nombre de dépressions, d'arrêts maladie, de prises de médicament.
Cette semaine, un collègue de Seine Maritime s'est suicidé, mettant en cause par courrier l'acharnement de sa hiérarchie, selon la presse. Un autre postier s'est suicidé dans la Meuse où pour ses collègues et sa famille, il ne fait aucun doute que son acte est lié à sa situation professionnelle de reclassement à La Poste. Si l'on y ajoute les tentatives (3 à Marseille, une dans l'Orne, une à Blois), la situation devient alarmante.
La fédération SUD-PTT demande l'arrêt des réorganisations et la convocation sans délai d'un Comité Nationale HSCT sur l'impact sur la santé des agents avec un véritable rapport des assistants sociaux et des médecins de prévention. La fédération SUD-PTT demande que ces suicides ainsi que les tentatives soient reconnus comme des accidents de travail, La Poste ne doit pas se dédouaner de ses responsabilités et faire comme si elle n'en avait pas
Ne rien faire nous rendrait complices de prochains drames à La Poste.
11:10
Tandis que nous aurions toutes et tous dû fêter ce mois-ci les 40 ans du MLF (Mouvement de Libération des Femmes) et de ses victoires, la fédération des syndicats sud étudiant ne peut que se rendre à l'évidence et admettre que cet anniversaire a un goût bien plus qu'amer.
En effet à l'heure où les thèses masculinistes de pseudos intellectuels réactionnaires (Eric Zemmour, Alain Finkelkraut, Elisabeth Badinter....) se voient reprises par de nombreux médias nationaux, nous assistons à de graves régressions dans toute la société.
Car si en effet, des institutions telles que le Planning Familial, encore menacé l'an dernier, furent un symbole de la lutte de nombreux militant-e-s pour la liberté de chacune et de chacun à disposer de son corps, le gouvernement dans sa volonté de détruire ce qu'il nomme l'héritage de mai 68 et de ré-instaurer l'« ordre moral », ont déjà commencé à le faire mourir en lui faisant subir de graves attaques telles que la suppression d'une grande partie de ses financement (des centres de planification ferment jour après jour).
Nous nous révoltons, en parallèle des nombreuses déclarations et reculs progressifs concernant le droit que nous considérions irréfragable à l'avortement et la contraception gratuite.
Tout ceci n'est malheureusement pas exhaustif et dans toutes les sphères de la société l'égalité hommes-femmes est loin d'être respectée et appliquée. Pour commencer, devant le salariat où les femmes sont encore écartées des postes à responsabilité, subissent harcèlement et violences et ne sont toujours pas les égales des hommes au niveau des salaires et sont toujours les premières victimes des temps partiels subis.
L'enseignement supérieur n'est pas non plus exempt de telles inégalités et l'on retrouve une forte répartition genrée dans les filières, nous faisons de plus un autre sombre constat : il y a 57% de bachelières pour seulement 16% de professeures des universités.
En outre, le prochain projet du gouvernement sur la question des retraites revient sur de nombreux acquis et pénalisera de nombreuses femmes sur le nombre d'années de cotisations qu'elles auront à effectuer.
Pour finir nous insistons sur le fait que quotidiennement, des femmes et des jeunes filles, de tous les âges et de tous les milieux, sont encore victimes de violences à caractère sexiste, de violences dues au seul fait que ce sont des femmes. Injures, coups, harcèlement sexuel, viols, prostitution, meurtres... dans la famille, le couple, la sphère publique, le travail.
Nous ne saurions tolérer que ces situations qui ont déjà trop durées se perpétuent encore, nous ne saurions tolérer de nouvelles attaques à caractère sexiste. La fédération des syndicats Sud étudiant appelle à faire de cette journée internationale des femmes du 8 mars un réel point de départ pour la conquête de l'égalité, qui n'a, ne nous mentons pas, jamais été réellement effective.
11:04
POUR L'ARRÊT DES EXPULSIONS,Le 15 mars, qui marque la fin de la trêve hivernale et le retour des expulsions, risque cette année d'être dramatique pour un nombre croissant de personnes. Avec la crise, la montée du chômage et les effets de la loi Boutin – qui a réduit par trois les délais d'expulsion – davantage de locataires sont menacés, alors que les loyers et les charges ont partout atteint des niveaux historiques. Demain l'huissier peut frapper à n'importe quelle porte, locataire, accédant, occupant précaire ...
La flambée des loyers, de l'immobilier, et des charges, y compris en HLM, conjuguées à la baisse des revenus, a rendu difficile voire impossible l'accès à un logement stable pour les familles populaires, les salariés modestes, les jeunes, les précaires, les personnes vulnérables.
La cherté du logement réduit le pouvoir d'achat des ménages, voire les précarise. L'offre de logements à loyer abordable est très nettement insuffisante. Les formes d'habitat précaire se développent, les marchands de sommeil s'enrichissent, la crise du logement s'étend.
En 2010, le budget de l'Etat en faveur du logement social est en baisse. Le gouvernement ne tient pas ses engagements. De nombreuses familles sont expulsées sur autorisation de certaines Préfectures, alors qu'elles doivent les reloger en vertu de la loi DALO (droit au logement opposable de 2007). La loi Boutin a encore restreint les droits des locataires (entorses au droit au maintien dans les lieux), tandis que les nouvelles « Conventions d'utilité sociale » organisent la marchandisation du parc HLM.
La nouvelle « Garantie des risques locatifs », vantée par le gouvernement, ne s'accompagne d'aucune mesure en faveur d'un encadrement des loyers et ne s'attaque donc pas au cœur du problème. Rien n'est fait pour encadrer le marché, décourager la spéculation et la vacance des logements, et faire reculer la crise du logement.
Dans ce contexte, nous exigeons :
· Un moratoire sur les expulsions locatives ;
· Le droit à un logement stable, au lieu de la précarisation des locataires ;
· L'encadrement des loyers et des charges, la taxation de la spéculation immobilière, pour rendre le logement accessible à tous ;
· La réalisation massive de vrais logements sociaux ;
· L'application de la loi de réquisition ;
· Le refus de la marchandisation du logement social et l'abrogation de la loi Boutin.
Signataires :
CNL, CSF, DAL, AC !, ACDL, ADVOCACY, AIH, AITEC, ANECR, APEIS, ATTAC, Bagagérue, CAL, FSU, Jeudi Noir, HIC, LDH, Union Syndicale Solidaires, SNES, Stop Précarité, Syndicat des avocats de France, Syndicat de la Magistrature…
Avec le soutien de :
Les Alternatifs, Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique, Nouveau Parti Anticapitaliste, Parti communiste Français, Parti de Gauche, Parti Socialiste, Les Verts…
Manif samedi 13 mars, 15h, République (Paris)
11:00
Le gouvernement l'a annoncé, une nouvelle réforme des retraites est en préparation avec des négociations nationales qui débuteront début avril dans la perspective d'un projet de Loi courant septembre.
A l'heure où les confédérations et unions syndicales ont décidé d'un premier rendez-vous social interprofessionnel sur la question des retraites, le 23 mars 2010, il est important de montrer la détermination des salariés, et tout particulièrement celle des agents de la RATP, contre tout nouveau recul concernant nos retraites, que ce soit vis-à-vis du gouvernement lui-même que vis-à-vis de certains négociateurs syndicaux coupés du terrain et de ses réalités.
SUD RATP prendra toute sa place dans cette première mobilisation, qui doit résonner comme un fort coup de semonce des salariés avant toute discussion ou proposition, tant de la part du gouvernement que de ses partenaires sociaux.
Un rendez-vous à ne pas manquer !Louper ce rendez-vous c'est louper l'occasion d'exprimer son rejet de toute nouvelle réforme des retraites, laissant ainsi le champs libre aux habitués des salons privés de l'Elysée pour négocier des conditions de départ à la retraite qu'eux mêmes ne subiront pas, à l'image des parcours dorés de certains hauts responsables politiques et syndicaux !
Un seul coup de semonce avant une vraie mobilisation !Pour autant, SUD RATP ne se fourvoiera pas dans l'organisation d'une multitude de journées d'action isolées et au but plus ou moins déterminé, et nous n'entrainerons pas les agents dans une dilution de la grève qui ne servirait que d'exonération syndicale, comme une action pédagogique d'avant réforme indispensable à son acceptation. Pour nous c'est clair, les lendemains du 23 mars 2010 n'auront lieu qu'à la prise de connaissance du projet de Loi, mais avec une détermination sans faille qui ne pourra qu'être celle d'une grève générale illimitée, seule à même de faire reculer le gouvernement s'il persiste dans ses intentions de casse de nos acquis sociaux.
Tous concernés !Le gouvernement projette une réforme de fond qui porterait tant sur la durée d'activité et l'âge légal de départ à la retraite, que sur le mode de calcul des pensions, dont celui des fonctionnaires et des agents de la SNCF & RATP. Public ou privé nous serons tous concernés, et ce quelques soient les catégories sociales professionnelles, Cadres comme Opérateurs. C'est pourquoi il est essentiel que tous les agents de l'entreprise affichent leur opposition à toute idée de nouvelle remise en cause de notre système de retraite, et pas seulement ceux qui ont un moyen d'action direct sur l'outil de transport.
Une vraie fausse solution !De réforme en réforme, les pouvoirs politiques successifs tentent de nous faire croire que l'allongement de la vie au travail est la seule solution face à un déséquilibre démographique entre actifs et retraités. A l'heure où le taux de chômage en France est le plus élevé de ces 10 dernières années, où les jeunes peinent à trouver un emploi et les plus anciens à le conserver, quelle cohérence à vouloir allonger les durées d'activités face à un déséquilibre lié à un trop faible taux d'emplois ?
Quelles sources de financement ?Aujourd'hui les inégalités s'accentuent au travers des salaires scandaleux de certains hauts dirigeants avec des profits jamais atteints pour les actionnaires de grands groupes ou sociétés. Il y a 20 ans, la masse salariale (salaires et cotisations sociales dont la retraite) représentait 70% de la richesse produite (PIB). Elle ne représente plus que 60% aujourd'hui ! Des taxations des profits et des produits et services issus d'une production en deçà de normes sociales supérieures doivent être envisagées en complément de la taxation du seul travail.
La retraite : un enjeu de société !Tout l'enjeu d'une société moderne, de la société d'aujourd'hui comme de celle de demain, est la réponse qui sera apportée à la question du progrès social et humain !
Travailler pour vivre ou Vivre pour travailler ?Bien vivre du fruit de son travail et pouvoir en profiter au travers d'acquis sociaux comme la réduction du temps de travail, les congés payés, la retraite dès 37,5 annuités avec prise en compte des pénibilités (tableaux S.A.B), c'est la vision que défend SUD RATP avant toute autre considération, comme celles de certaines primes liées à une production/productivité aussi éphémères qu'illusoires dans le contexte actuel. Travailler plus et plus longtemps, rogner les acquis sociaux, revenir sur les 35 heures, remettre en cause les congés payés et repousser l'âge de départ à la retraite, c'est la réponse du gouvernement, parfois relayée par certains syndicats de l'entreprise, fossoyeurs de nos acquis sociaux mais Chouchous d'une direction porteuse d'une politique aux funestes intentions.
Demain il sera trop tard !Ne pas réagir aujourd'hui, se défausser de toute responsabilité personnelle et individuelle face à une question qui nous concerne tous. C'est prendre le risque d'un nouveau recul qui sera douloureux pour l'avenir, un avenir plus proche que lointain à l'image de ce qui s'est passé fin 2007 où l'opposition sociale n'a pas été à la hauteur. La politique de l'autruche ne permet pas d'éviter les problèmes, elle évite juste de les voir arriver !
10:52
Le 6 mars 1980 est une des dates qui ont marqué la lutte de Plogoff et l'enquête publique de 6 semaines imposée par la force. C'est le procès des 9 interpellés du 29 février. 2000 manifestants. La charge des CRS dans le Tribunal de Quimper et la suspension de l'avocat de la défense Maître Choucq.
A quoi résistait Plogoff ? A l' « inoculation du nucléaire dans les falaises de Feunteun Aod ». Peur de cette intrusion et révolte contre un choix politique et administratif.
Depuis de longues années et plus particulièrement depuis 1974 (date de l'annonce du développement du programme électronucléaire pour la France) les membres des CRIN et CLIN (plateforme de Porsmoguer) :
recherchaient et diffusaient une information sur le nucléaire (mines d'uranium, centrales nucléaires, bombe atomique…) ;
s'élevaient contre des décisions politiques prises unilatéralement sans aucun débat public ;
dénonçaient le choix de société qui repose sur la surconsommation, l'intoxication publicitaire, le gaspillage industriel entraînant pollutions et choix du nucléaire ;
refusaient une société qui implique automatiquement la mise en place d'un dispositif policier et militaire pour la surveillance des centrales nucléaires ;
tournaient le dos au nucléaire en refusant une société hyper centralisée et figée pour des siècles.
Et pourtant le nucléaire était bien présent et le reste sur la terre bretonne :
à l'Ile Longue (développement de l'armement nucléaire, sous marins lanceurs d'engins, missiles et têtes nucléaires) ;
à Arzano (limite du Finistère et Morbihan) les 20 sites miniers d'Uranium qui produisaient du combustible jusqu'en 1987 et qui maintenant laissent à ciel ouvert traîner stériles radioactifs polluant l'environnement ;
à Brennilis, la « centrale qui ne veut pas s'éteindre » produisait un peu d'électricité, du combustible pour la bombe en polluant la rivière et l'environnement (démantèlement et devenir des déchets, enquête publique polémique).
6 mars 1980 – 6mars 2010 30 années, une actualité du nucléaire ici en Bretagne que nous nous proposons d'évoquer dans les mois à venir suivant un calendrier en lien avec l'actualité :
25 avril Commémoration de l'accident de Tchernobyl (26 avril 1986) à Brennilis et en lien avec les mines d'uranium ;
début mai à Brest et en direction de l'Ile Longue, en lien avec la Conférence de l'ONU à New York sur la révision du Traité de Non Prolifération Nucléaire ;
puis juin, juillet des événements festifs et/ou culturels sur le nucléaire et les luttes.
10:46
Date : samedi 6 mars 2010
Heure approximative de l'action elle-même : 14h30
Lieu l'action : Rue des terres de Borde
Nombre de panneaux touchés :1 panneau bâché
Propriétaire(s) des panneaux touchés : JC Decaux
Nombre d'activistes : 5
Nombre approximatif de sympathisants : 40
Nombre approximatif de journalistes présents : une journaliste de France Bleu, un journaliste et un photographe de sud ouest, une employée de Direct Bordeaux et un journaliste du journal tintinmarre (journal de la fac)
Nombre de policiers : 3.
Attitude de la police : ils nous attendaient au rendez vous, sont resté très courtois et ont encadré la manifestation sans même nous demander nos identités. Des poignées de mains ont été échangées entre forces de l'ordre et militants.
Faits particuliers : nous avions prévu de bâcher 3 panneaux publicitaires JC Decaux cours de la Marne (quartier proche de la gare), mais un "miracle" à fait que ces 3 panneaux déroulants ne déroulaient plus et affichaient un message d'utilité publique contre le gaspillage de l'eau et les sucettes alentours un message pour la sécurité routière. Ils nous a fallut marcher dans la direction opposée, mais pas trop loin, pour trouver un décor plus habituel. En revenant de notre action, nous avons pu constater que tout était rentré dans l'ordre cours de la marne, les panneaux étaient redevenus déroulant , les supermarchés et les voitures ayant repris leur droit sur les affiches d'utilité publique...
Les responsables de l'actions s'étaient munis de gilet de sécurité pour l'action, afin que la police et les passants sachent à qui s'adresser.
10:41
Le 12 mars, des milliers de personnels de l'éducation nationale seront en grève, principalement dans le secondaire mais pas seulement. Cette journée s'inscrit surtout dans le cadre du mouvement de grève reconductible qui touche plusieurs établissements dans les académies de Créteil, d'Aix-Marseille…
Quand le privé bouffe le publicL'entreprise de démolition programmée du service public d'éducation est aujourd'hui à un tournant décisif. La réforme de la formation des enseignants et enseignantes, gigantesque fabrique à précaires, couplée aux suppressions massives de postes (14 600 cette année, 50 000 en cinq ans) sont des signes clairs. En parallèle le nombre de postes aux concours du Privé augmente dans des proportions vertigineuses : + 121% pour le Capes privé, + 219% pour le CAFEP PLP ! La LRU permet le financement privé des universités et quelques « jardins d'enfants » payants sont appelés à remplacer les classes maternelles. En le finançant massivement, le gouvernement favorise clairement le secteur privé au détriment du public. Et ne soyons ni dupes ni naïfs : l'éducation est bel et bien privatisable. Des modèles alternatifs au service public existent (ailleurs dans le monde, embryonnaire ici dans les « boîtes à bac » qui pullulent…) et les capitalistes salivent à l'avance devant les futurs bénéfices du « marché » de l'éducation.
L'indécence des assises sécuritaires de ChâtelInutile de s'étonner des actes « d'incivilités », vu l'état de délabrement savamment orchestré par le gouvernement : en trois ans près de la moitié des effectifs de Vie scolaire ont disparus. Que Châtel tente d'entonner la ritournelle sécuritaire pour amadouer les personnels en annonçant des « assises de la sécurité » n'est pas surprenant. Mais toutes les vidéosurveillances, tous les portails électriques, toutes les équipes mobiles de sécurité n'empêcheront pas la violence sociale d'exister dans un système d'injustice et d'oppression. Non, l'école n'est pas un sanctuaire ! Aujourd'hui corsetée entre loi du fric et loi des flics, l'école doit se libérer en redevenant un bien public appartenant à toutes et tous.
On a toutes les raisons de se révolterFace à des conditions de travail dégradées pour les personnels de l'éducation nationale, il est légitime de se révolter. Dans la grève et dans l'action, les travailleurs et les travailleuses de l'éducation peuvent inverser la vapeur et apporter leur contribution à la construction d'un vaste mouvement d'ensemble. C'est la voie à suivre, celle que prennent les grévistes du 93 en reconduisant leur mouvement en assemblées générales souveraines. L'action et la démocratie directe sont nos seules garanties de victoire collective. Un mouvement massif pourrait aussi, comme dans le supérieur l'an passé, poser concrètement, par les personnels mobilisés eux et elles-mêmes, la question de l'alternative à l'école capitaliste. C'est ce à quoi veulent travailler les militants et militantes communistes libertaires de l'éducation.
Pas un euro pour l'enseignement privé, l'argent public à l'école publique !Créations massives d'emplois publics, titularisation immédiate de tous les précaires
Nationalisation du privé sans indemnités : vers un service public d'éducation socialisé
Manif à 14h, Luxembourg (Paris)
10:27
Les député-es unanimes s'apprêtent à voter une loi contre les violences faites aux femmes. La même semaine, une jeune marocaine de 18 ans est expulsée vers le Maroc après avoir tenté de porter plainte contre son frère qui la violentait.
L'État fait une campagne de pub inutile pour son grand emprunt illustrée par une Marianne habillée d'un blanc virginal et enceinte. Des centres IVG ferment dans le cadre du démantèlement de l'hopital public et ceux qui restent n'ont pas les moyens de fonctionner correctement. Les femmes de France recommencent à aller avorter en nombre à l'étranger.
Des député-es de tous les bords se prononcent pour une interdiction du port du voile intégral au nom du respect des femmes. Des membres du gouvernement parlent de rouvrir les maisons closes.
Le gouvernement milite pour qu'il y ait plus de femmes dans les conseils d'administration des entreprises du CAC40. Plus de 80 % des travailleurs pauvres sont des femmes.
Les discours appelant au respect et à l'extension des droits des femmes n'ont jamais été aussi nombreux. Et étrangement le recul de ces mêmes droits est constant et considérable. Ces discours ne sont que poudre aux yeux et instrumentalisation à visées électorales.
Les dirigeants et dirigeantes politiques et économiques se fichent des droits des femmes, seuls les profits les intéressent et les motivent. La croissance et la protection des entreprises priment surle sort des individus, en particulier des femmes.
Nous n'avons rien à attendre d'elles et eux. Refusons les débats électoraux, laissons les politiques à leurs jeux de pouvoir, foutons-nous d'eux comme ils se foutent de nous.
Bien sûr, il nous faut continuer à exiger le respect et l'extension de nos droits par le pouvoir mais également être lucides sur le fait que rien ne nous sera donné et que la régression n'est pas finie.
Alors organisons-nous pour prendre ce qui est à nous.
Cachons et protégeons les femmes sans-papiers !
Luttons pour l'égalité salariale et contre les discriminations dans les entreprises !
Défendons notre droit à disposer de notre corps et de notre liberté sexuelle !
Opposons-nous aux fermetures de centres IVG et revendiquons avortement et contraceptions libres, gratuits et réellement accessibles !
Boycottons les débats posés en des termes qui ne peuvent que desservir les femmes !
10:22
A Lille
Manifestation féministe contre le patriarcat et le sexisme à l'initiative de (par ordre alphabétique) : Chez Violette, Flamands Roses, GDALE-CGA, Idées à Coudre, Solidaires 59/62, UL-CNT de Lille. Rendez-vous à 18h, place de la République.
Info transmise par l'union locale des syndicats CNT de Lille : ul-lille@cnt-f.org
A LimogesIl y a quelques jours, le préfet du Loiret profitait du dépôt de plainte d'une jeune marocaine victime de violences familiales pour l'arrêter et la renvoyer dans son pays d'origine. Cela était fait en dépit des menaces familiales qui pèsent sur elle : maltraitances, mariage forcé.
Il y a un peu plus d'un siècle, en 1905, se déroulait à Limoges un mouvement ouvrier qui marqua durablement l'histoire sociale de cette ville. Le déclencheur à l'époque était le harcèlement sexuel, régulier et ordinaire, d'un contremaître de chez Havilland, une grande manufacture de porcelaine.
Parce qu'aujourd'hui comme hier, la lutte pour l'émancipation des femmes se doit de continuer, les syndicats CNT de Limoges, l'association féministe révolutionnaire Le Torchon Brûle, l'AGEL-FSE et le Scalp 87 appellent à une manifestation unitaire à Limoges le 8 mars prochain à 19h place de la Motte.
Si l'émancipation des femmes est dûe en partie à leur émancipation économique, et donc à leur accès au travail, n'oublions pas que là aussi elles ont subi et subissent encore : harcèlements, exploitations, précarité de manière plus forte encore que leurs homologues masculins dont la solidarité n'est souvent pas aussi forte qu'elle le devrait.
C'est pour cela que Clara Zetkin, militante allemande, fit adopter en 1910 à Copenhague par la conférence de la IIe Internationale socialiste l'idée d'une journée internationale des luttes des Femmes. Ce sera le 8 mars.
Le temps et la mémoire s'effaçant, cette journée n'est souvent plus présentée par les médias que comme une simple journée de la Femme, qui bientôt, si nous n'y prenons garde, ne comptera guère plus que la Fête des mères instaurée par Pétain ou la Journée des secrétaires. Même s'il est tentant de considérer qu'une journée unique de commémoration et de revendication des luttes des femmes peut paraître désuète et insuffisante ; il faut plus que jamais se la réapproprier pour ne pas que le mouvement féministe ne s'essouffle.
Depuis les combats et avancées gagnés par les mouvements féministes des années 70, les luttes des femmes et leurs militantes subissent opprobre et attaques diffamatoires. Aujourd'hui, si l'on écoute les médias et les tenants du pouvoir, nous serions tentés de croire que les dernières conquêtes féministes encore d'actualité seraient la parité parlementaire ou au sein des conseils d'administration des grandes entreprises.
Alors que le droit à la contraception et à l'avortement est toujours contraint économiquement et remis en cause par des commandos d'extrême droite ou par les pouvoirs législatifs et religieux (entrave à la contraception). Alors que l'égalité des salaires reste un vœu pieu. Alors que les femmes subissent toujours plus que leurs collègues, précarité et travail partiel. Alors que nombre de préceptes moraux et culturels réduisent encore les femmes à des tâches soi-disant naturelles, à une situation d'inférieures ou à de simples proies. Il nous paraît important de remettre le 8 mars à sa place parmi les journées importantes de lutte.
Communiqué transmis par les syndicat CNT interpro de la Haute-Vienne : cnt87@cnt-f.org
10:19
Le 27 février dernier, la fédération CNT des travailleurs de la santé, du social et des collectivités territoriales publiait un communiqué intitulé « People and baby veut jeter le bébé avec l'eau du bain » [1] qui dénonçait au sein de cette entreprise gestionnaire de crèches la discrimination syndicale qui y est pratiquée et l'entrave au droit syndical. Il annonçait également, pour ces raisons notamment, une journée de grève parmi les personnels de la halte garderie Giono située dans le 13ème arrondissement de Paris pour le 1er mars.
Le 2 mars, le lendemain du mouvement de grève donc, « People and baby » jette effectivement le bébé avec l'eau du bain en signifiant à 5 salariées grévistes des mises à pieds conservatoires devant théoriquement déboucher sur des procédures de licenciement. Le motif invoqué est purement fallacieux puisqu'il est reproché à ces salariées une « insubordination » concernant des directives portant sur l'hygiène et la sécurité qui n'avait pourtant jusqu'à lors jamais été évoqué et n'avait jamais donné lieu à une quelconque sanction de la part de la direction. Ce qui est réellement reproché à ces salariées, c'est tout simplement de s'être syndiquées, d'avoir osé revendiquer de meilleurs conditions de travail et d'accueil pour les enfants, d'avoir défendu des pratiques professionnelles tournées vers l'éveil et de s'être mis en grève.
Le motif justifiant ces mises à pied est donc parfaitement infondé et n'a d'autre objectif que de faire pression sur les salariées concernées pour qu'elles acceptent enfin les ruptures conventionnelles de contrat de travail que « people and baby » leur propose depuis quelques temps avec une insistance qui confine au harcèlement. En effet, la direction a tout à gagner à se débarrasser des éléments venus troubler son insouciance du droit su travail sans avoir à recourir à des licenciements qu'il faudrait arriver à justifier. Par ailleurs, cette entreprise si soucieuse de son image de marque qui lui permet de conquérir de nombreux marchés en mettant en avant ses couches biodégradables et son « attention portée à la personne humaine » [2], n'a pas forcement envie que ses méthodes de « management », particulièrement violentes et répressives, s'ébruitent et viennent ternir sa réputation.
Pour l'heure, la mairie du 13ème arrondissement de Paris, qui a délégué sa mission de service public à la société « People and baby » et a déjà été interpellée au sujet de la situation à la halte garderie Giono, ne semble pas réagir. Ce qui laisse à penser que, de fait, elle cautionne les pratiques en vigueur dans cette entreprise et accorde une confiance aveugle à son prestataire sans se préoccuper du sort des salariées et des parents de sa circonscription.
La violence patronale s'exerce parfois dans des secteurs où on ne s'attend pas forcement à la trouver, comme celui de la petite enfance dans le cas présent. Mais dans une société où les crèches sont gérées par des entreprises dont l'unique préoccupation est la course au profit, comment pourrait-il en être autrement ?
La fédération CNT des travailleurs de la santé, du social et des collectivités territoriales tient à rappeler que les personnels de crèche ne sont pas biodégradables et ne se jettent pas comme des couches usagées. Et elle fera le nécessaire pour le faire valoir. La lutte ne fait que commencer.
[1] http://www.hns-info.net/spip.php?ar...
[2] voir le site de « people and baby »
10:10
Ce jeudi 4 mars 2010, la cour de justice de l'union européenne a condamné une nouvelle fois la France pour n'avoir pas transposé correctement la directive européenne dite "Habitats". Cette fois la Cour a estimé que les listes des programmes et projets de travaux, d'ouvrages ou d'aménagements devant faire l'objet de l'évaluation de leurs incidences sont trop restrictives.
Un nouveau revers en ce début d'année internationale de la biodiversitéLa fédération France Nature Environnement (FNE) prend acte de la décision de la Cour de justice de l'Union européenne qui était attendue. Le Ministère de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement Durable et de la Mer a lancé un groupe de travail auquel FNE participe, pour faire évoluer ces dispositions.
Un nouveau dispositif toujours trop restrictifFNE estime que le nouveau dispositif concernant l'évaluation d'incidences, préparé par la France pour répondre à la condamnation, continue à être trop restrictif. Pour Raymond LEOST, administrateur de FNE : "La France va maintenant devoir prouver à la Commission européenne et à la Cour de justice européenne que son dispositif correspond à l'esprit de la directive, sinon elle pourrait être condamnée à verser des astreintes financières !"
Un rapport du Parlement européen montre aussi une mauvaise applicationLes conclusions de ce rapport datant de fin 2009, établies à partir d'études de cas, notamment en France, montrent que les États membres doivent terminer de désigner et de protéger leurs sites Natura 2000 et faire réaliser des évaluations d'incidences plus rigoureuses. Ainsi les auteurs du rapport demandent que le principe de précaution soit appliqué et rappellent qu'il faut démontrer l'absence d'effets significatifs d'un projet sur les sites Natura 2000. Les études de cas montrent aussi que la recherche de solutions alternatives n'est pas souvent effectuée et que l'évaluation d'incidences n'est pas toujours réalisée avec indépendance.
FNE partage largement ces conclusionsPour Maxime PAQUIN, chargé de mission à FNE : ""compléter le réseau Natura 2000" et "développer la culture de l'évaluation d'incidences et privilégier la recherche des solutions alternatives" constituaient deux de nos 15 propositions pour redynamiser Natura 2000, comme nous l'avons mentionné en juillet 2007, dans notre dossier sur les 15 ans de la directive Habitats. Ce rapport vient confirmer les constats de FNE et ses associations membres concernant les dégradations que subissent les sites Natura 2000. Dans un rapport de 2008, nous estimions que plus de 10% des sites Natura 2000 avaient subi des dégradations".
Des cas de dégradations de sites Natura 2000 actuels et à venirFNE prépare actuellement un nouveau rapport sur les sites Natura 2000 dégradés. On peut citer un projet de carrières dans le massif de la Serre en Franche-Comté qui risque d'obtenir une autorisation malgré des impacts reconnus ou le projet de Ligne à Grande Vitesse dans le Sud-Ouest qui va impacter 6 sites en Poitou-Charentes et une dizaine de sites en Aquitaine, d'autant plus que les études sont mauvaises. Par ailleurs, les travaux actuels de l'autoroute A65 en Aquitaine sont très mal conduits et impacteront à terme 6 sites Natura 2000.
Serge URBANO, vice-président de FNE, conclut : "L'évaluation d'incidences est un bon outil pour étudier les impacts de projets d'aménagement sur la biodiversité mais, en France, le nouveau dispositif doit être complété pour être efficace. Devant ces enjeux, FNE ne peut qu'appeler à une instruction selon une procédure officielle normalisée, associant les préfectures et les autres acteurs officiels concernés. Surtout il faut changer les mentalités et les pratiques pour passer du "faire une évaluation d'incidences parce que le loi le demande" à "faire une évaluation d'incidences pour éviter les impacts sur la biodiversité". Dans ce domaine, tout reste à faire !"
Arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne :
http://curia.europa.eu/jurisp/cgi-b...
Rapport du Parlement européen :
http://www.fne.asso.fr/documents/te...
10:04
A la suite d'une citation directe de FNE et de l'ADELP (Association agréée pour la défense et la lutte contre la pollution de Moselle-Est), les sociétés Total Petrochemicals et Cokes de Carling (Moselle) ont été condamnées mardi par le tribunal d'instance de Saint-Avold. FNE se félicite de ce jugement qui réaffirme la responsabilité des industriels.
Les deux sociétés ont été condamnées respectivement à 7.200 et 1.500 euros d'amende, pour avoir méconnu la législation environnementale.
Plusieurs arrêtés préfectoraux leur avaient demandé de fournir des études, jamais rendues ou avec retard, sur l'analyse, le confinement et le traitement des pollutions, et ce après la cessation d'anciennes activités à l'origine de pollution des eaux par du benzène pour lesquelles des travaux de dépollution devaient débuter début 2008. Total Petrochemicals a en outre été condamnée pour ne pas avoir informé suffisamment tôt la Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement (DRIRE) d'une panne à l'origine d'une pluie d'hydrocarbures sur l'Europort de Saint-Avold le 6 novembre 2008.
Des réactions trop tardives des industrielsPour Raymond Léost, administrateur de FNE et pilote du réseau juridique de FNE, « il ne faut pas attendre une pollution des captages d'eau potable de la région pour enfin dépolluer les anciens sites d'exploitation, ce que les sociétés poursuivies ne semblent pas empressées d'entreprendre ». Pour Michel Kaspar, président de l'ADELP, « On trouve dans la nappe, en dehors de l'emprise du site, des concentrations 20.000 fois supérieures à la norme en benzène qui risquent d'atteindre des captages d'eau potable »
Un incroyable irrespect des législations préventivesPour les deux associations, il est en effet inadmissible que malgré plusieurs pollutions et plusieurs condamnations de grandes entreprises de la plate-forme de Carling (site classé SEVESO 2), ces sociétés peinent à respecter ces législations préventives permettant d'éviter des pollutions dangereuses pour l'environnement et la santé des riverains.
Une application stricte du principe pollueur / payeurPour Marc Sénant, chargé de mission sur les risques industriels à FNE : « Ce jugement est une très bonne nouvelle. C'est une traduction stricte et non équivoque du principe « pollueur-payeur ». En affirmant de la sorte la responsabilité des industriels face aux impacts qu'ils génèrent, le juge évite que la facture d'une dépollution soit supportée par les « pollués », qui payent déjà un prix fort en termes de santé et de qualité de vie. Ce type de décision amène nécessairement les industriels à reconsidérer l'intérêt et l'importance de la prévention. Et sur ce sujet, tout le monde a à y gagner. »
France Nature Environnement et ses associations continueront de veiller sur l'ensemble du territoire au respect du principe de prévention et du principe pollueur-payeur dont seule une application stricte permettra la responsabilisation de certains industriels, peu soucieux de l'environnement et de la santé publique.
10:01
Le plan "digues" annoncé lundi par Nicolas Sarkozy, au lendemain de la tempête Xynthia qui a balayé la Vendée et la Charente-Maritime, se traduira par "des travaux et un plan de financement sur cinq ans", a affirmé mercredi Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat à l'Ecologie.
Combiner repli stratégique et consolidation des défensesL'enveloppe financière des travaux n'a pas encore été déterminée. Mais le coût de réfection des digues s'élèverait, selon Madame Jouanno, à « 1 million d'euros par kilomètre ». Sur 1350 km de digues, « un tiers pose problème » selon le Ministère. D'après Christian Garnier, vice-président de FNE « Si utile qu'il soit, ce plan ne masquera pas l'indispensable élaboration d'une stratégie d'adaptation du littoral au changement climatique. Forte de l'expérience des Pays Bas et de la Grande-Bretagne, il n'est pas normal que la France ne se soit pas déjà engagée dans une politique qui combine intelligemment repli stratégique et consolidation des défenses pour un coût acceptable. »
Les digues entretiennent un faux sentiment de sécurité.En protégeant des crues « ordinaires », les digues entretiennent un faux sentiment de sécurité. Elles participent à l'oubli qui nous frappe concernant les catastrophes s'étant produites il y a plus d'une génération.
Aucune digue ne sera assez haute pour assurer un risque zéroAucune digue ne sera assez haute pour garantir un risque zéro. « A l'image d‘une assurance, les digues doivent nous préserver des risques ordinaires, explique Benoit Hartmann, coordinateur du pôle aménagement durable du territoire à FNE, mais ne sauraient être dimensionnées de telle façon à nous protéger de tous les événements. Irait-on surélever à 15 m toutes les digues existantes et endiguer tout le littoral restant pour pouvoir faire face à un tsunami ? »
On ne pourra pas endiguer la France entièreFace à la remontée du niveau marin et à l'augmentation de l'exposition au risque de submersion deux attitudes devront être conduites conjointement : à la fois organiser la défense de certains espaces et activités qui seront jugés stratégiques (sans pour autant s'en remettre aux seules digues) et mettre en œuvre l'évacuation de certaines zones, engager le repli stratégique. On ne pourra ni ne voudra endiguer la France entière.
Un plan stratégique « adaptation du littoral aux changement climatique »Une fois la stratégie élaborée de façon participative, il faudra sans doute détruire certaines digues et ouvrages de défense contre la mer. « Nous ne pourrons faire l'économie de l'anticipation de la remontée inéluctable de la mer en ayant conscience que nous ne domestiquerons jamais les événements extrêmes », conclut Sébastien Genest, président de FNE.
9:58
Les délibérés du TGI de Marseille dans plusieurs affaires de pêches illégales de thon rouge sont intervenus ce matin : les deux pêcheurs poursuivis ont été condamnés. France Nature Environnement (FNE) et l'Union Régionale Vie et Nature PACA (URVN), parties civiles dans ces affaires sont satisfaites que le juge ait reconnu leur préjudice et la gravité des comportements.
La culpabilité des deux pêcheurs professionnels clairement admiseAu total dans ces deux affaires, plus d'une tonne de thon sous taille et sous poids avaient été pêchés avec des filets maillants dérivants ! Selon Nathalie de Stefano chargée de mission juriste à l'URVN « les peines d'amendes prononcées par le juge sont de 5000€ dont 3000€ avec sursis pour chacun des pêcheurs et la confiscation de la valeur des produits de cette pêche illégale. C'est une peine méritée au vu des circonstances » .
Le préjudice des associations de protection de l'environnement reconnuFNE et sa fédération régionale l'URVN ont vu leurs préjudices admis et réparés. Les associations rappellent que les stocks de thon rouge sont en nette diminution en Méditerranée à cause de diverses pratiques de pêches destructrices et qu'il revient aux associations de réagir en la matière.
Pour une pêche durable et non pas destructriceLe fait de pêcher des thons de moins de dix ans empêche la reconstitution des stocks. Ces stocks sont d'autant plus mis à mal que, dans cette affaire, les thons ont été pêchés avec un filet maillant dérivant. Or cet engin de pêche est interdit depuis 2002 pour cette espèce, en raison de son manque certain de sélectivité sur les thons et accessoirement pour sa responsabilité de mortalités importantes chez les dauphins.
« La pêche illégale est la première menace qui pèse sur la ressource nécessaire aux métiers de la pêche. Nos associations ne sont pas opposées aux pêcheurs mais se bat contre ceux qui, de manière irresponsable ne respectent pas les règles et mettent du coup en danger la possibilité d'une pêche durable ", rappelle Raymond Léost, pilote du réseau juridique de FNE.
« Il est regrettable que cette illégalité concerne aussi la pêche artisanale qu'il s'agit de maintenir et développer. Cela ne sera socialement acceptable, et défendable au niveau européen et international, notamment lors de la prochaine conférence de la CITES [1], que dans la mesure où tous accepteront de jouer le jeu », ajoute Christian Garnier, vice-présidnet de FNE.
FNE et URVN espèrent que donc que ces jugements serviront d'exemple pour permettre une pêche durable en Méditerranée et sur le long de toutes nos côtes !
[1] CITES : convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction. Elle aura lieu à Doha du 13 au 25 mars. Et examinera la proposition d'interdiction du commerce du thon rouge international, mais non du commerce national et intra- européen.
9:54
Le collectif NRV (Nous Restons Vigilant) est constitué de travailleurs sociaux salariés et en formation qui souhaitent apporter une réflexion critique dans leurs domaines d'interventions. Depuis quelques années le travail social subit de grandes mutations tant au niveau des dispositifs et des lois mises en place -comme la loi de la prévention de la délinquance- que nous estimons préoccupantes.
Dans ce contexte de contrôle social nous avons mené des réflexions et des actions communes avec la CIP-IDF. Notre secteur d'activité est aussi touché par le démantèlement organisé du travail social, du point de vue éducatif (les dernières mesures mises en place par le gouvernement actuel nous demandent d'avoir de plus en plus un rôle répressif), comme du point de vue de l'action sociale où une forte suspicion de vouloir contrôler les personnes que l'on reçoit se met en place.
Le fait de proposer certaines activités comme les permanences sociales, les universités ouvertes, des rencontres entre intervenants du social et « usagers » nous ont permis d'élargir notre réflexion en sortant de nos carcans habituels.
Ce rapprochement de certaines idées et le partage d'inquiétudes communes se sont concrétisés par l'organisation de 2 jours d'échanges/projections/débats en Juillet 2009 à la CIP-IDF quai de Charente (voir : Comment casser des oeufs, sans faire d'omelettes ? Travail social et engagement, 2éme édition).
Le relogement de la CIP-IDF nous parait indispensable pour maintenir la continuité de leurs activités et ainsi poursuivre les liens que nous avons déjà élaborés avec eux.
La CIP-IDF est un lieu unique à Paris où nous pouvons rencontrer, discuter, débattre avec des individus et des collectifs afin de poursuivre une certaine idée du militantisme de façon décloisonnée. Notre collectif considère comme étant indispensable des convergences avec des personnes concernées de près ou de loin avec le travail social au sens large.
Notre collectif est solidaire de la CIP-IDF dans sa demande d'un relogement par la ville de Paris et maintiendra son soutien dans le cadre d'actions communes.
9:50
Ce 8 mars a lieu, comme chaque année, la Journée internationale des femmes en lutte. Cette année, nous fêtons à la fois les 100 ans de cette journée revendiquée la première fois par Clara Zetkin, et les 40 ans du début du Mouvement de Libération des Femmes.
Nous devons nous rassembler afin de réaffirmer le caractère militant et revendicatif de cette journée contre l'ordre moral et la politique réactionnaire que mènent Sarkozy et Fillon, pour la libre disposition de son corps et de sa sexualité, pour l'égalité absolue des droits partout dans le monde. C'est pourquoi des associations militantes strasbourgeoises ont décidé d'investir l'espace public et la rue afin de rappeler que, loin d'être une journée de célébration de LA femme, de son sixième sens et de ses talents ménagers, le 8 mars est une journée de lutte et de mobilisation DES femmes.
Nous appelons donc toutes les femmes et personnes féministes à nous rejoindre à ce rassemblement.
Strasbourg, le 6 mars 2010
Les Poupées en Pantalon, Over the Rainbow, TaPaGeS, La Lune, Support Transgenre Strasbourg
9:45
Madame la ministre de la Justice vient de rendre public son avant-projet de loi de futur code de procédure pénale, soumis à la concertation avec les professionnels du monde judiciaire. Force est d'ores et déjà de constater que le SAF ne semble pas en faire partie, puisque c'est par la presse qu'il a été rendu destinataire dudit projet.
Bien que comportant quelques avancées marginales, ce texte présente de graves insuffisances. Tout d'abord, le ministère de la Justice ne semble pas avoir pris la mesure des prescriptions de la Cour européenne des droits de l'homme sur l'exercice effectif des droits de la défense en matière de garde à vue. En effet, le texte envisagé ne prévoit la communication à l'avocat que des seuls procès-verbaux d'auditions de la personne gardée à vue et l'assistance de l'avocat aux auditions qu'à partir de la 24ème heure, tout en maintenant les régimes dérogatoires en matière de criminalité organisée et de terrorisme. La notification du droit au silence, instaurée en 2001 et supprimée en 2003, n'est pas réintroduite. La création de « l'audition libre » pendant quatre heures est en réalité une nouvelle forme de garde à vue sans droits. Ensuite, le parquet devient directeur unique de toutes les enquêtes pénales, mais son indispensable indépendance n'est pas organisée ; au contraire, sa soumission à sa hiérarchie et au ministre de la justice est rappelée. Le juge d'instruction est supprimé, sans que des garanties supplémentaires essentielles ne soient données à la défense. La réforme attendue de la détention provisoire n'est pas réalisée. Si la création du tribunal de l'enquête et des libertés ne peut qu'être approuvée, de même que l'instauration de délais butoirs, bien qu'excessifs et largement supérieurs à ceux proposés par le rapport LÉGER, les critères ne sont pas modifiés, la décision initiale d'incarcération reste de la compétence d'un juge unique et le parquet dispose encore d'un référé détention lui permettant de s'opposer à une décision de mise en liberté, même émanant d'une juridiction collégiale...
Le juge de l'enquête et des libertés et le tribunal de l'enquête et des libertés, qui ne peut être saisi que par lui, ne sauraient constituer une garantie suffisante du contrôle effectif des enquêtes réalisées par le parquet.
La procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité est étendue à tous les délits et même aux crimes.
Les règles et durées de prescription sont profondément modifiées, de telle sorte que les infractions économiques et financières seront bien souvent prescrites avant même d'être découvertes, tandis que la prescription est par contre substantiellement rallongée pour toutes les autres délinquances (de 10 à 15 ans en matière criminelle, de 3 à 6 ans en matière correctionnelle). Les nullités sont limitées aux seuls actes ultérieurs dont l'acte illégal constitue « le support exclusif et nécessaire », ce qui constitue une nouvelle régression par rapport à la jurisprudence actuelle, déjà très restrictive, de la Cour de cassation. En définitive, ce texte, particulièrement mal rédigé et manifestement écrit à la hâte pour satisfaire la commande présidentielle, dessine une nouvelle procédure pénale entièrement soumise au parquet dont la dépendance à l'égard du pouvoir exécutif est maintenue.
La concertation annoncée est d'emblée présentée comme à la marge ; le modèle procédural envisagé ne pourra qu'être combattu car il représente une régression des droits de nos concitoyens dans cette future procédure pénale. Le SAF s'oppose fermement à ce projet et appelle à la mobilisation de tous les citoyens contre un texte liberticide. La journée nationale d'action du 9 mars en sera la première étape. ( Manifestation à Paris ; départ du palais de justice à 14h30 en direction de la place Vendôme.)
9:39
Voilà enfin le programme du festival intersquat qui se tiendra à Grenoble du 20 au 28 mars 2010 +++ Samedi 20 mars +++
A partir de 12h, place St-Bruno
L'Intersquat-Grenoble, avec infokiosque et zone de gratuité, participe au "Printemps des Libertés" :
Pour dire NON à une politique autoritaire, répressive, discriminatoire, raciste, liberticide ... NON à la chasse et à l'enfermement des sans papiers. Pour défendre une autre société, sans camps d'internement, sans centre de rétention, sans prison, sans barbelés, sans fichage, sans frontières...
Toute la journée, des stands, des jeux, du théâtre, de la musique.
+++ Dimanche 21 mars +++
A partir de 14h, aux Mini-Tubes / Nulle-Part
Bal folk, initiation dégenrée aux danses folk (ateliers adaptés selon les besoins/envies de chacun-e). Venez partager une petite danse autour d'un boeuf musical (amenez donc vos instruments). Pour une réappropriation de la rue, de nos vies, et se rencontrer dans un moment convivial pour le début de ce festival.
+++ Lundi 22 mars +++
A 14h, Chez Paulette
Vidéo-projection du film de science-fiction féministe "La servante écarlate (The Handmaid's Tale)", de Volker Schlöndorff, 1990, VO en anglais sous-titrée en français. Ce film tiré du brillant roman de science-fiction de Margaret Atwood se passe dans un futur que l'on peut imaginer assez proche aux USA. Suite à un coup d'Etat, le pays est dirigé par des chrétiens de droite extrémistes. A cause de la pollution, peu de femmes sont fertiles. On suit le personnage de Kate, qui est nommée pour être une sorte de mère porteuse d'un homme haut placé. Cette société est extrêmement répressive et misogyne mais une résistance clandestine s'organise... Ce film sera également l'occasion d'inaugurer la bibliothèque de science-fiction de Chez Paulette (livres en anglais et en français, principalement écrits par des femmes). Il sera possible d'y emprunter des ouvrages, les dons et prêts de livres pour l'enrichir sont également bienvenus !
A 20h, aux Mini-Tubes / Nulle-Part
Vidéo-projection du film "Themroc", de Claude Faraldo, 1973, VO grognée... Typique des films contestataires des années 1970, "Themroc" prône le refus de toute autorité et le goût pour la provoc'. Ici, le langage se veut universel et le geste vaut discours ou théorie. Michel Piccoli et la troupe du Café de la Gare (Miou-Miou, Coluche...) appliquent à la lettre l'expression "bouffer du flic" dans un mélange d'humour noir, de violence et d'orgies sanglantes.
+++ Mardi 23 mars +++
A partir de 15h, à la Pelle-Tueuse
Atelier cuisine vegan, pour apprendre à cuisiner des gâteaux sans aucun produit issu de l'exploitation animale !
A partir de 19h, à la Pelle-Tueuse
Barbecue vegan, apportez tofu, seitan et autres douceurs végétaliennes !
+++ Mercredi 24 mars +++
A 16h, au Kremlin's
Atelier peinture, échange de savoirs pour apprendre à repeindre les murs (ou ce qu'on veut) de façon originale.
A 18h, au Kremlin's
Soirée sur l'histoire des squats de l'agglomération grenobloise dans les années 2000, avec au programme un diaporama assez large sur environ une cinquantaine de squats (avec interventions de plusieurs squatteur-euse-s et ex-squatteur-euse-s), un infokiosque spécial "squats", une bouffe végétalienne, quelques films sur des squats de Grenoble et d'ailleurs, et une discussion avec questionnements sur les pratiques du squat, des perspectives de lutte, etc.
+++ Jeudi 25 mars +++
A 15h, à la Pelle-Tueuse
Après-midi jeux. Entre autres, nous vous proposons de jouer ensemble à Cuvetta ! Jeu de politique-fiction (pas tant que ça), qui nous met dans la peau de Michel Destot, Geneviève Fioraso, André Vallini et leurs complices, pour oeuvrer au développement économique de la cuvette (ou pas)...
A 15h, à la Pelle-Tueuse
Projection/débat sur le mouvement "No TAV" : depuis 1991, en Val de Suse (Italie), la population se mobilise contre la construction d'une ligne à grande vitesse Lyon-Turin. Entre occupations, manifestations, travail de contre-expertise, comment se passe cette lutte ? Quelles leçons en tirer ?
+++ Vendredi 26 mars +++
A 19h, au Kremlin's
Concert DIY [Do It Yourself], groupes surprises !
+++ Samedi 27 mars +++
RV à 16h, place St-Bruno
Balade urbaine : il n'y a pas qu'en squattant des maisons vides qu'on peut, en partie, se réapproprier la ville. On peut aussi le faire en prenant la rue ! A 16h, rendez-vous place Saint-Bruno pour une balade collective, toujours contre les expulsions et la propriété privée. Arpentons les rues de Grenoble avec rage et bonne humeur.
A 21h, à la Pelle-Tueuse
Boum ! L'idée, c'est de ne pas mettre de musique occidentale, pour décloisonner nos imaginaires musicaux !
A 21h, Chez Paulette
Soirée pyjama : jeux, films, muffins, pop-corn pour tou-te-s les louzeur-euse-s qui aiment glander en pyjama (ou pas).
+++ Dimanche 28 mars +++
A 15h, Chez Paulette
Discussion en non-mixité meufs/trans/pédés/gouines (pas seulement pour les punks) : Not just boys' fun ! Une discussion autour de la place des meufs/trans/pédés/gouines dans le milieu punk, mais qui portera aussi plus généralement sur nos stratégies pour se sentir bien dans des milieux majoritairement masculins.
+++ Adresses +++
Mini-Tubes / Nulle-Part
13 rue du Grand-Châtelet, Grenob'
(arrêt du bus 33, "Grand-Châtelet")
Chez Paulette
4 chemin Thiers, Grenob'
(arrêt du bus 33, "Grand-Châtelet")
La Pelle-Tueuse
16 avenue Jules Vallès, Grenob'
(arrêt du tram C, "Flandrin-Valmy")
Le Kremlin's
14 ure (saint-)Nizier, Fontaine
(arrêts du tram A "Gabriel Péri" ou "Louis Maisonnat")
Place (saint-)Bruno
Il ne s'agit pas d'un squat, mais deux rendez-vous y sont fixés : en plein quartier (saint-)Bruno, arrêts "Saint-Bruno" du tram Saint-Bruno (A&B) et du bus (32).
Plus d'infos :
mail : attaque-frontale at squat point net
[grenoble.squat.net]
Attaque frontale
9:25
Appel de la CGA à une manifestation contre les expulsions le samedi 20 mars à 15h place des Terreaux !
Alors que chaque année l'Etat organise l'expulsions de 100 000 logements, l'arrivée en fin de droit de près d'un million de chômeurs, les laissés pour compte de la crise, ne va que renforcer cette situation absurde : d'un côté de plus en plus de personnes qui ont du mal à se loger (600 000 foyers en situation d'impayé), 100 000 personnes qui dorment dans les rues, de l'autre un nombre écrasant de logements vides. La multiplication du nombre de logements laissés vides permet, par effet de contrepoids (moins de logements disponibles), de garantir la flambée des loyers et par là de multiplier les gains des propriétaires. 136 000 logements vides (10,3% du parc), 16 000 logements vides sur Lyon, la situation est d'autant plus insupportable lorsqu'on connaît la violence des expulsions pour lesquelles collaborent de plus en plus les forces de police (8 850 ménages expulsés par la police en 2005 contre 4 866 en 1999).
Avant même le fait de se nourrir, le logement est la première source d'inquiétude et de dépense des travailleurs et travailleuses, en activité ou non. En vingt ans les loyers ont doublé dans le privé, et ont augmenté de 50 % dans le public. Pour toutes et tous il est de plus en plus difficile de se loger décemment.
Face aux locataires les plus précaires, l'Etat fait miroiter la possibilité de certains recours individuels (loi Dalo...) qui leur permettraient d'accéder à un réel logement. Ces dispositifs ne sont en réalités que des impasses poussant les travailleur-euse-s à chercher des solutions individuelles et ainsi par là renoncer aux ressources collectives acquises par la lutte. Car seule la lutte paie, seule la mise en place d'un rapport collectif nous permettra de rompre avec la situation actuelle où règne le chacun pour soi et où les propriétaires ne font que s'enrichir, aidés pour cela par l'Etat. Se loger doit passer avant le droit de propriété, que l'on soit précaire ou non, nous sommes tou-te-s concerné-e-s.
Les tentes de mal-logé-e-s et les campements de locataires expulsés n'ont pas eu raison de ces logiques globales d'expulsions, ni ne nous permettront de sortir de cette machine précarisant toujours plus les travailleuses et travailleurs allant jusqu'à leur retirer la satisfaction des besoins nécessaires : celles de se loger dans des conditions dignes. Rappelons que la lutte autour des campements lancés par les Enfants de Don Quichotte a entrainé la mise en place en 2007 de la loi Dalo permettant aux mal-logé-e-s d'attaquer l'Etat pour obtenir un logement. Celle-ci a été peu appliquée si bien que, deux ans plus tard, les associations (Droit.Au.Logement...) tiraient la sonnette d'alarme. Pour imposer le respect de tous et toutes et la dignité de chacun, il est nécessaire d'opposer aux propriétaires et à l'Etat qui expulsent, un rapport de force réel, seule alternative pour imposer l'égalité et garantir la justice sociale. Cela passe par la réunion et l'organisation des locataires du privé ou du public, des surendetté-e-s et des sans-bail, en comités de logement dans les quartiers où ils vivent. Cela passe par l'organisation de la grève de loyers, l'occupation des logements vides pour affirmer le refus que certains ne puissent se loger sous prétextes de ne pouvoir engraisser davantage les propriétaires.
Alors que les mairies font des cadeaux aux propriétaires pour les pousser à louer les logements vides (paiement des loyers par la mairie comme à Toulouse), il ne tient qu'à nous d'opposer nos propres règles face à ces exploiteurs et imposer que le logement devienne une condition collective minimum pour chacun-e. Seules l'expropriation de tous les logements et leur réquisition comme à Saint Denis en 2009, nous permettra d'organiser leur répartition et poser les bases d'une société égalitaire. Ne restons pas seul-e-s, face aux problèmes de logement nous sommes tou-te-s concerné-e-s !
Pour une réelle solidarité entre habitant-e-s, précaires ou non, organisons nous en Comités de quartier !
9:20
Au chat Perché, la maison du 24 est désormais expulsable à n'importe quel moment.
On a bien essayé de mettre un vrai nom pour cette maison depuis que des copains sont revenus afin d'empêcher une procédure anonyme ou bien de la stopper mais rien à faire, c'était trop tard. Du coup, vigies, surveillance régulière mais bien sûr ils ne nous empêcheront pas de continuer nos activités avec joie, rage et courage ! Donc vous êtes plus que toujours invités à passer quand vous en avez envie, que ce soit pour un café, une bouffe ou participer à la fresque murale (y'a de moins en moins de blanc sur le mur).
A plus, et VIVA ZAPATA !
* * *
Cantine tous les vendredis au Chat Perché :
Et on remet ça, comme tous les vendredis, à partir de 10h30 si tu veut préparer, plus tard si t'es pas très matinal-e...
Donc on t'invite au squat du Chat Perché, 24 rue Félix Lemoine à Nantes (entre le Pont de la Tortière et Port Boyer) pour une bonne bouffe collective et végétarienne, histoire de se rencontrer, de débattre, de rigoler... !
Et si jamais vous êtes un groupe de zik qui cherchez une salle, que vous avez besoin d'un gros pull pour tenir la fin de l'hiver, ou que vous voulez vous débarrasser de trucs récupérables comme des pièces de vélo ou d'ordinateur... la cantine est une bonne occaz' pour passer !
A bientôt !
tassp at boum point org
9:16
Jeudi 4 mars [2010], le bourgmestre de Bruges et Fabricom, le proprio, ont envoyé les forces de destruction massive pour expulser le camp qui résistait à l'intérieur de la forêt de Lappersfort et la raser entièrement.
L'expulsion a duré 10h30 (de 8h à 18h30), et au moment où la dernière personne quittait le site, la plus grande partie de la forêt était déjà abattue. Pendant toute la durée de l'opération, des dizaines de tronçonneuses et pelleteuses rasaient tout autour d'elles ; les arbres ne cessaient de tomber de partout, y compris juste à côté de ceux sur lesquelles se trouvaient les occupantEs. Le lendemain, des camions ne cessaient d'arriver pour terminer d'embarquer les derniers arbres tombés ; à ce jour toute trace de la forêt a été effacée, ce n'est plus qu'un sinistre terrain-vague.
Encore une fois, la violence avec laquelle la police a traité les occupantEs ne nous a pas surpris. Les personnes qui étaient enchainées à des lock-ons ont été torturées pour faire en sorte qu'elles se rendent. Les keufs appuyaient sur des points de pression, tordaient et tiraient comme des boeufs sur les bras, faisaient de la pression psychologique, etc. Avec certains ils ont même eu recours au taser ! L'équipe de grimpeurs, bien connue des activistes comme étant la plus violente en Belgique lors des expulsions, n'a pas fait tort à sa réputation... Le manque total d'un minimum de sécurité est peut être le plus surprenant ; ils ont sérieusement mis en danger la vie de plusieurs occupantEs. Ils coupaient des cordes sans regarder où elles étaient attachées ; c'est par exemple ainsi qu'ils ont failli faire tomber une personne qui se trouvait dans un filet à une douzaine de mètres de hauteur. La façon dont ils se sont pris pour faire descendre deux personnes qui se trouvaient dans un lock-on sur un pont de singe à vingt mètres de hauteur est peut être la plus scandaleuse ; ils ont d'abord coupé la corde du haut a laquelle ils pendaient ; en tombant jusqu'à la corde du bas sur laquelle ils étaient aussi assurés, une personne s'est retrouvée la tête en bas, et alors ils n'ont rien trouver de mieux que d'attacher cette corde à la grue, puis la couper aussi pour la faire descendre jusqu'au sol, avec les deux personnes qui pendaient n'importe comment... C'est difficile à imaginer avec ces quelques explications, mais celleux qui ont eu le malheur de voir la scène, croyaient qu'ils allaient devoir enterrer deux copains... aussi ils coupaient des arbres dans lesquels se trouvaient des cabanes sans aller voir si quelqu'un était dedans. La liste d'autres scènes scandaleuses est longue, mais je n'ai pas le courage maintenant de revivre tous ces moments morbides que les camarades nous ont racontés...
Quant au bilan légal pour l'instant, les keufs ont été bien occupés toute la journée... A notre connaissance, 46 personnes ont été arrêtées en tout le jour de l'expulsion. D'abord les 21 personnes qui résistaient dans la forêt ont été amenées en garde à vue, et fichées avec photos et empreintes digitales, mais toutes ont refusé de déclarer leur identité. 11 d'entre elles ont été libérées après environ 12 heures (parmi lesquelles une a reçu un avis d'expulsion valable pour toute la zone Schengen). Les 9 autres ont été détenues au centre fermé à Bruges, ceci y compris quelques personnes de nationalité belge ( !). Une personne apatride qui se trouvait dans la forêt a été détenue en prison, accusée d'avoir une affaire ouverte. Selon les dernières nouvelles, il devrait passer au moins 3 mois en prison.
Depuis la première demi heure de l'expulsion, des gens se sont rassemblés près de la forêt, et vers midi, après avoir témoigné l'affreux spectacle des machines de la mort, quelques personnes ont repoussé la barrière de barbelés et sont passées entre la ligne de keufs pour atteindre la forêt. Pendant qu'ils se faisaient poursuivre, un des keufs a trébuché sur lui-même et a atterri au sol la tête la première (il y a de belles images de ce moment sur une vidéo, qui est passé à la télé et que vous pourrez sûrement trouver bientôt sur internet). Les quatre personnes se sont faites arrêter dans la forêt ; elles ont été libérées le soir même, mais avec des accusations de coups et blessures envers des keufs ( !) ; leur procès aura lieu le 25 mars.
Ensuite une manif sauvage était prévue pour 20h, mais les keufs bloquaient toute la zone bien avant. 6 personnes ont été arrêtées avant 20h. La manif a quand même eu lieu et s'est terminée en rassemblement devant le comico pour attendre les personnes qui se faisaient libérer une par une. 9 personnes ont été arrêtées lorsque les keufs ont décidé de dissoudre la manif (y compris 2 des personnes qui étaient dans la forêt, et qui ont rejoint la manif après avoir été libérées).
Encore 5 autres personnes ont été arrêtées alors qu'elles se réfugiaient dans un hôtel.
Alors que l'expulsion avait encore lieu, le bourgmestre de Bruges et le boss de Fabricom ont donné une conférence de presse, dans laquelle quelqu'un est rentré pour poser des questions et poser une banderole. A la sortie, les keufs l'attendaient et ont voulu l'identifier. Ayant refusé de donner son identité, il s'est aussi retrouvé détenu en centre de rétention (alors que lui aussi a un passeport belge).
En ce moment, deux personnes qui étaient au centre fermé ont été relâchées (après avoir été identifiées), avec elles aussi un avis d'expulsion du territoire Schengen. Il reste donc encore 7 personnes enfermées qui sont toujours anonymes, plus une personne en taule.
Le bourgmestre de Bruges est très content que "l'affaire Lappersfort soit enfin terminée" ; mais la guerre ne fait que commencer ! Il faut leur montrer que ceci n'est que le début ! La campagne d'actions contre Fabricom ou le mégalo groupe GDF-Suez a été lancée, et maintenant c'est le moment de continuer en force !
Une des entreprises qui va se faire des tunes sur le dos de cette déforestation c'est Groep Mouton (avec siège à Lochristi) ; leurs camions remplis de pubs écolos sur la biomasse ramassaient les arbres plus petits et les branches pour les réduire immédiatement en copeaux (qui seront sûrement ensuite transformés en pellets pour les poêles des maisons de bourges).
Protégeons les forêts ! Sabotons le monde capitaliste !
Solidarité avec les prisonnierEs et inculpéEs du Lappersfort ! Et tous les autres qui se retrouvent en cages.
9:04
Le collectif indépendance pour l'OMS aux hommes et aux femmes de bonne volonté
Mesdames, Messieurs
C'est en qualité de représentant du Collectif Independent Who que je m'adresse à vous. Ce collectif a pour objet l'indépendance de l'OMS en matière nucléaire. Il est composé d'ONG et d'individus. Son action principale réside dans la tenue d'une vigie silencieuse tous les jours ouvrables devant le siège de l'OMS à Genève, depuis le 26/4/2007. Cette action vise à pointer la collusion d'intérêt entre l'AIEA et l'OMS, qui est à l'origine de la désinformation sur les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl. Lors de notre dernière rencontre avec les représentants de l'OMS le 2/7/2009, un forum réunissant des chercheurs indépendants et des membres de l'OMS nous a été proposé pour débattre de ces problèmes. Lors de notre Assemblée Générale des 13-14/2/2010 nous avons décidé d'organiser une action le 26/4/2010 à Paris à l'occasion du Tchernobyl Day. Nous comptons notamment inaugurer une exposition de 300 portraits de liquidateurs victimes de la catastrophe sur le parvis des droits de l'Homme du Trocadéro. Pour accompagner cet événement nous venons de rédiger un manifeste qui sera publié dans la presse. Les premiers signataires sont Jean Pierre DUPUY, Jean ZIEGLER, Fabrice NICOLINO, Guy KASTLER, Xavier RENOU, Jean-Claude BESSON-GIRARD...
Nous avons pensé que compte tenu de votre esprit critique vis à vis des dernières actualités, vous seriez d'accord pour dénoncer l'imposture, vous pourriez vous associer à notre démarche en qualité de signataire de ce manifeste dont vous trouverez ci-joint une copie. En espérant que vous répondrez favorablement à notre demande afin de soutenir notre action Sincères salutations
pour le collectif www.independentwho.info
MANIFESTE POUR L'INDÉPENDANCE DE l'OMSLa controverse sur la gestion, par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), de la « pandémie » de grippe A(H1N1) jette une lumière crue sur l'action de cette agence de l'ONU. L'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, sur la proposition du docteur Wolfgang Wodarg, ancien président de la sous-commission de la santé, a décidé de préparer un rapport qui abordera la question d'une éventuelle connivence entre les fabricants de vaccins et certains experts conseillers de l'OMS.
Nous aimerions que ce souci de transparence s'étende à d'autres domaines, et en particulier à ses rapports avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), dont l'un des objectifs est « la promotion du nucléaire civil ». En effet, rares sont ceux qui savent que l'OMS et l'AIEA ont signé un accord, le 28 mai 1959 (WHA 12-40), par lequel ces deux agences de l'ONU ne peuvent prendre de position publique qui puisse nuire à l'une ou l'autre (art. III, § 1).
Cet accord peut expliquer la désinformation entretenue par l'OMS à l'égard du nucléaire, notamment sur les conséquences sanitaires de Tchernobyl. Le communiqué du 5 septembre 2005, cosigné par l'OMS et l'AIEA, est un exemple de cette désinformation quand il donne pour bilan « définitif » de la catastrophe une cinquantaine de morts et 4 000 cancers potentiellement mortels de la thyroïde chez les enfants. Pas un mot sur les quelque 830 000 « liquidateurs » venus de toute l'URSS pour décontaminer le site, et dont la santé est à la charge des États. Or, sur les 364 000 Ukrainiens mobilisés en 1986, 120 487 étaient décédés en 2006. Rien, non plus, sur la situation sanitaire des enfants au Bélarus : en 2000, selon le vice-ministre de la Santé, seuls 20 % d'entre eux étaient considérés en « bonne santé », alors qu'ils l'étaient à 80 % en 1985.
Le dernier communiqué commun de l'OMS et de l'AIEA, daté du 24 avril 2009, implique que les territoires affectés par l'accident ne sont plus dangereux pour les populations, qu'il faut seulement « rassurer par des conseils pratiques » et convaincre « d'un retour à la vie normale »… C'est dans ce contexte que l'institut indépendant Belrad, à Minsk (Bélarus), qui mesure depuis 1990 la radioactivité incorporée chez les enfants et les traite par des cures de pectine pour réduire leur taux de césium 137, s'est vu refuser les subsides qu'il demandait à l'Union européenne au motif suivant : « La thématique de votre projet n'est plus d'actualité. »
Or, un ouvrage scientifique, Chernobyl : Consequences of the Catastrophe for People and the Environment, d'Alexei Yablokov, Vassily Nesterenko et Alexei Nesterenko, vient d'être publié, dans sa version anglaise, par l'Académie des sciences de New York. Il présente une synthèse de 5000 études de terrain dans les pays contaminés, qui s'inscrit en faux contre le bilan de l'OMS-AIEA. [1]
Les soussigné(e)s demandent à l'OMS de défendre son indépendance en révisant l'accord de 1959 avec l'AIEA pour : • remplir son mandat constitutionnel, qui est « d'amener tous les peuples au niveau de santé le plus élevé possible » et d'« aider à former parmi les peuples une opinion éclairée » ; • encourager les études de terrain sur la contamination radioactive par des chercheurs indépendants qu'on veut ignorer (tel Youri Bandajevsky), avec notamment l'organisation de forums ; • soutenir les projets de ceux qui tentent de lutter contre les effets de la catastrophe.
NOM PRÉNOM PROFESSION ADRESSE SIGNATURE
Adresser à P. Roullaud, Bourlinguette, 44530 GUENROUET
Manifeste proposé par le Collectif IndependentWHO composé d'une large coalition d'ONGs. Son objectif est de demander l'indépendance de l'OMS en matière de santé appliquée au nucléaire. L'action du Collectif, depuis le 26 avril 2007, est symbolisée par une Vigie, présence silencieuse de 8h à 18h, chaque jour ouvrable, devant le siège de l'OMS à Genève. www.independentwho.info
8:50
Les Amis de la Terre lancent aujourd'hui le site Internet « Financeresponsable.org » à destination des particuliers. Le site propose de découvrir les banques et assurances françaises sous un nouveau jour : celui des impacts sociaux et environnementaux de leurs activités. Il s'enrichira également progressivement d'informations sur les produits d'épargne. Les Amis de la Terre veulent par ce nouvel outil pédagogique sensibiliser les citoyens et les appeler à l'action dans un domaine d'une importance cruciale et pourtant trop méconnu des Français.
Le site « Financeresponsable.org », qui sort aujourd'hui, reprend les informations contenues dans les dernières publications des Amis de la Terre sur la finance privée : les rapports « Banques françaises, banques fossiles ? » et « Assurances françaises : changements climatiques garantis ? » ainsi que le guide citoyen « Environnement : Comment choisir ma banque ? ». Yann Louvel, chargé de campagne Finance privée aux Amis de la Terre, explique : « Ce site Internet est interactif, il sera mis à jour régulièrement et il nous permet d'apporter plus d'informations qu'un guide tout en étant plus pédagogique. C'est un outil idéal pour sensibiliser et mobiliser les citoyens aux enjeux financiers ».
Le site contient trois sections principales sur les banques, les assurances et les produits d'épargne. Sébastien Godinot, coordinateur des campagnes aux Amis de la Terre, précise : « Si les sections sur les banques et assurances françaises reprennent certaines informations déjà publiées, la troisième section sur l'épargne constitue une nouveauté pour les Amis de la Terre. Elle vise à informer les citoyens sur l'utilisation qui est faite de l'argent placé sur les livrets réglementés, mais aussi de les mettre en garde contre les produits financiers présentés comme « éthiques » ou « responsables ». Les Amis de la Terre creuseront ce sujet en 2010 et complèteront cette dernière section progressivement ».
Le site présente également les enjeux de la campagne « Responsabilité des acteurs financiers privés » des Amis de la Terre, des liens utiles mais aussi et surtout une section « Mobilisons-nous ! ». Au-delà de la simple sensibilisation, celle-ci appelle à l'action et à la mobilisation et propose différents modes d'action : changer de banque, changer sa banque ou encore se mobiliser localement. « Quand on découvre la liste de projets controversés que continuent de financer les grandes banques françaises, il est évident que seule une mobilisation citoyenne massive pourra faire bouger les géants de la finance ! », conclut Yann Louvel.
8:44
La commission européenne a autorisé, aujourd'hui, la mise en culture de la pomme de terre transgénique AMFLORA développée par BASF. Cette décision constitue un mépris indéniable des citoyens européens qui refusent de cultiver et de manger OGM. Depuis l'autorisation du MON 810 de 1998 aucune autorisation de mise en culture n'avait été délivrée…
La commission Barroso II, à peine investie, vient de donner un message fort : les autorisations de mise en culture et d'importations recommencent, malgré les luttes et les fortes oppositions de ces dernières années, venant autant des états membres et des régions, que des citoyens, paysans ou consommateurs.
La Confédération Paysanne dénonce cette régression : cette pomme de terre n'est pas nécessaire ! D'autres pommes de terre existent, non modifiées génétiquement, et qui ont une haute teneur en amidon.
La Confédération Paysanne remet en cause l'indépendance de l'Agence Européenne de sécurité des Aliments : dans la tourmente des conflits d'intérêts cette agence ne peut être légitime pour répondre sur la dangerosité des OGM.
L'AESA semble négliger que la pomme de terre AMFLORA contient un gène marqueur qui pourrait induire une résistance à un certain type d'antibiotiques... alors que des textes européens exigent l'abandon de ces marqueurs ! Cet OGM pourrait constituer un danger sanitaire important… ! Il est en effet impossible de récolter un champ de pomme de terre sans laisser des tubercules dans la terre. Ces transgènes s'échapperont obligatoirement dans l'environnement pour finir un jour ou l'autre dans nos assiettes.
La Confédération Paysanne poursuivra son combat contre les cultures et l'importations des OGM. Ces technologies sont dangereuses et absolument inutiles ! Elles ne servent qu'à mettre les paysans sous dépendance des multinationales, à détruire la biodiversité agricole et à contaminer les semences paysannes pour imposer partout la brevetabilité du vivant !
8:37
Lorsqu'on arrive, on est frappé par l'aspect lugubre de l'établissement, les barreaux des fenêtres sont rouillés et les fenêtres minuscules…............. Les bâtiments donnent l'impression de quelque chose de très vieux, type année 50…............. La couleur n'en parlons pas !!! oscillante entre noire grise et crasse.
Le parking n'étant pas autorisé aux visiteurs, nous sommes obligés de nous garer devant le Chalet bleu (endroit accueillant et franchement réconfortant). Ensuite il y a un parcours d'une quinzaine de minutes à faire pour accéder à l'entrée.
Ils nous préviennent qu'il faut arriver à 12h45 sous peine d'être refoulé mais nous avons dû attendre jusqu'à 13h15 sous la pluie !!!
Une fois qu'ils se sont enfin décidés à s'occuper de nous, nous passons un par un devant l'accueil si l'on peut appeler cela un accueil car pas de « bonjour » pas de sourire et encore moins de mot aimable…............. Nous présentons notre pièce d'identité, elle vérifie, nous donne une clef sans nous préciser quoi que ce soit !!! Heureusement, les autres visiteurs sont humains eux !!! et se donnent la peine de nous expliquer que nous devons déposer toutes nos affaires entre autre ce qui est métallique car sinon nous serions refoulés !!! dans des casiers. Nous nous exécutons et nous plaçons dans l'autre file d'attente cette fois-ce cela dure environ 15'.
Ils nous font rentrer dans un tout petit local. Nous sommes bien entassés les uns contre les autres et avec une voix agressive et sans aucune correction, nous appelle par notre nom de famille sans autre préambule…
Voulant passer sous le portique, nous sommes presque insultés car il faut mettre toutes nos affaires sur un tapis détecteurs (sac, veste, chapeau, chaussures,....). Les personnes âgées ne sont pas épargnées même leurs cannes leurs sont prises........ Nous sommes de nouveau entassés dans une autre pièce encore plus petite que la précédente. Nous accédons à une cour où nous attendons encore. Et ceci se reproduira deux fois encore..... Nous montons à l'étage et aidons les personnes handicapés par la canne confisquée à monter les marches........ A l'étage nous déposons nos sacs de vêtements et devons encore attendre avant d'être placé dans des pièces minuscules, sentant une odeur abominable de tabac et de je ne sais quoi !!!
Ils nous demandent nos noms et appellent ceux que nous sommes venus visiter !!! Et tout cela sans un « bonjour » et avec un manque de respect total pour les détenus !!! La visite passe très vite.............. Nous ressortons et ils nous oublient dans les escaliers avant la première porte sans aucun endroit où s'asseoir............. Paradoxe : sur le mur est affichée une « déclaration des droits de l'homme » ?!
Nous ressortons comme nous sommes venus, traités comme des « animaux » et cela m'a même fait pensé à ce qu'avaient dû subir les juifs pendant la guerre !!!!
C'est un établissement repoussant de saleté, lugubre où le personnel est lamentable, incorrect, agressif et suffisant. Je me suis fait la remarque !!! Mais pour qui se prennent-ils ces « matons » ? Et que doivent vivre nos proches sous l'emprise de ces gens ? Mais nous ne devons surtout pas faire de réflexion car ils se vengeraient sur ceux que nous aimons et que nous laissons à regret entre leurs mains... Je me suis un peu tranquillisée en me disant qu'ils ne devaient pas tous être pareil.........
Néanmoins, les visiteurs avec qui nous échangions avaient une image très négative de cet établissement et disaient « c'est normal qu'il y ait autant de suicide, les gens sont humiliés constamment, les placements en cellule des personnes qui n'ont jamais été incarcérées sont faits n'importe comment et bien souvent à « la tête du client » donc non seulement ils vivent une expérience nouvelle et traumatisante, mais sont en grande souffrance à cause des placements très catastrophiques. J'ai pleuré pendant tout ce moment, mes souffrances sont encore vives après quelques mois !!!
Je ne comprends pas comment l'on peut se dire vivre dans une démocratie lorsqu'on traite des humains ainsi........................ d'autant qu'il y a un certain nombre de détenus qui ne sont là que « pour faire du chiffre » et pour assouvir le poids d'une rancune face au mal vécu de certains juges (mais cela tout le monde le sait sur Bordeaux ... les avocats, les politiques et les autres laissent faire !!)
Le comble c'est que lorsque nous allions rejoindre notre véhicule, il y avait deux flics qui mettaient des PV !!! Non seulement il n'y a pas d'endroit où se garer autre que ce petit parking mais ils en profitent pour nous verbaliser...................................ils sont vraiment au dessous de tout !!!
J'ai eu honte de mon pays, de la façon dont l'on traite des gens qui, même s'ils ont fait une erreur, n'en sont pas moins des êtres humains et je comprends mieux comment un séjour dans un endroit pareil peut détruire au point de faire d'un honnête homme, un voyou.
Ceci est mon ressenti ….........et ma seule expérience.............mais chaque jour je revois ces images et je pense à celui que j'aime et qui essaie de survivre là bas.....................et je suis effrayée..........
Une maman.
8:31
Nous demandons que la lutte contre le saturnisme soit reconnue comme « grande cause nationale » par les pouvoirs publics et le Parlement.
Au mois de janvier dernier, des parents d'élèves d'une école du 18ème arrondissement parisien découvrent que les peintures de l'établissement contiennent du plomb accessible. La mairie de Paris le savait depuis 2007… Pourquoi n'a-t-elle rien fait ?
En France, 600 000 enfants seraient victimes du mal logement avec des conséquences graves pour leur santé dont le saturnisme (rapport Fondation Abbé Pierre 2009). L'Inserm avance le chiffre de 85 000 enfants qui auraient contracté le saturnisme (chiffres Inserm) en raison d'un logement insalubre avec des peintures au plomb. Les pouvoirs publics connaissent cette situation… Pourquoi ne font-ils rien ou si peu ?
Des enfants subissent des traitements de chélation à l'hôpital pour leur enlever le plomb de leur sang. Mais le plomb s'est déjà stocké dans leurs os. Ils sont en général ensuite remis dans leur logement où ils continueront à s'intoxiquer. Les autorités de santé savent tout cela… Pourquoi ne font-elles rien ou si peu ?
Les ouvriers travaillant dans un environnement fortement plombé s'intoxiquent et intoxiquent leurs enfants à leur retour du travail. D'autres enfants respirent les poussières de plomb lorsque des travaux sont menés dans leur logement. Pour éviter ces intoxications, il faut absolument mettre sur pied un protocole de travaux contraignant pour éviter une mise en danger quotidienne. Les pouvoirs publics savent que c'est nécessaire… Pourquoi ne le font-ils pas ?
Certains responsables de départements français adoptent la politique de l'autruche : ils ne mènent pas de campagne de dépistage du saturnisme : les enfants s'intoxiquent sans doute aussi sans que les autorités sanitaires départementales ne veuillent le voir ou le savoir. Pourquoi ne font-ils rien ou si peu ?
Jusqu'à quand ? Que faut-il pour qu'une véritable politique publique contre le saturnisme se mette en place et évite que des milliers d'enfants souffrent de ces mauvais traitements dus au mal-logement, à la précarité, au laisser-faire ou tout simplement à l'ignorance.
Il est temps de réagir. Les enfants atteints de saturnisme souffrent de séquelles irréversibles dues à une atteinte du système nerveux central. Ces enfants voient leurs chances au niveau scolaire fondre en raison d'une indifférence des pouvoirs publics et d'une méconnaissance de nombreux acteurs.
Depuis plus de dix ans, l'AFVS se bat pour que le saturnisme soit reconnu, pris en compte par les pouvoirs publics et les personnes responsables du logement et de la santé en France. Le combat est difficile, les consciences difficiles à réveiller.
La volonté politique a existé pour voter les textes permettant de lutter efficacement contre ce fléau. Pourquoi n'existe-t-elle pas ou si peu sur le terrain pour les appliquer ?, quand il s'agit notamment :
* de retirer des enfants d'un habitat dangereux pour leur santé,
* de procéder à des travaux de rénovation d'habitat par des entreprises compétentes qui respectent les règles édictées,
* d'intervenir immédiatement dans des écoles et dans tous les lieux d'accueil des enfants où la présence de plomb a été repérée.
Nous lançons un Appel et demandons à tous et à toutes (associations, syndicats, partis …) et simples citoyens d'exiger, avec nous, que la lutte contre le saturnisme soit reconnue comme « grande cause nationale » par les pouvoirs publics et le Parlement et dispose, à ce titre, des budgets et des moyens de parvenir, enfin, à la complète éradication du saturnisme.
Soutenez cet Appel en adressant un courriel à : afvs@free.fr
8:23
Saisie d'une plainte collective déposée par 35 000 personnes, la Cour constitutionnelle allemande de Karlsruhe a censuré, le 2 mars 2010, la loi sur la rétention des données de télécommunications qui obligeait les opérateurs à conserver pendant six mois des informations concernant chaque appel téléphonique (la date, l'heure, la durée, l'identité de l'appelant et de l'appelé, et la localisation dans les cas de téléphones portables – mais pas le contenu des conversations). Des données analogues devaient être enregistrées pour les connexions internet et les courriels.
La Cour constitutionnelle a demandé la destruction des données enregistrées en application de cette loi de décembre 2007, qui transposait une directive européenne de lutte antiterroriste et que les opposants avaient surnommée « loi Stasi 2.0 », du nom des anciens services secrets est-allemands. Les juges ne remettent pas en cause le principe de la conservation de données de télécommunication, mais ils demandent que leur utilisation par les services de police soit encadrée.
Pour les juges, ces données sont "d'une importance capitale pour des poursuites pénales efficaces et contre les dangers" de la grande criminalité, mais ils estiment que la rétention des données de connexion constitue "une atteinte particulièrement grave au secret des communicateurs" parce qu'elle permet une intrusion dans la vie privée des citoyens.
Ils appellent donc les législateurs à déclarer clairement que ces données ne pourront être utilisées qu'à l'occasion de poursuites judiciaires pour des délits graves, et à en informer les citoyens.
Après la décision de la cour, l'organisation à l'origine de ce recours constitutionnel a réclamé "la levée du stockage des données dans toute l'Europe".
L'actuelle ministre de la Justice, Sabine Leutheusser-Schnarrenberger, qui faisait partie des plaignants, s'est déclarée satisfaite du verdict de la cour. Elle a ajouté que le gouvernement devait prendre le temps de la réflexion avant de faire de nouvelles propositions.
8:23
8:12
Dans le cadre de la campagne « Ni une ni deux » initiée par La Cimade, un testing [1] auprès de 75 commissariats, a été mis en place pour observer les conditions d'accueil et de prise en charge des femmes étrangères victimes de violences. Il en résulte que dans plus d'un commissariat sur trois, une femme sans-papiers qui voudrait porter plainte contre des violences, risquerait l'expulsion.
Pour les femmes étrangères victimes de violences, la plainte est parfois un élément indispensable pour la délivrance d'un titre de séjour. Or c'est précisément parce qu'elles n'ont pas de titre de séjour qu'elles rencontrent des difficultés pour porter plainte. Certains agents de police, plutôt que de considérer ces femmes comme des victimes, les voient d'abord comme des délinquantes du seul fait qu'elles sont en situation irrégulière. Et plutôt que d'assurer leur protection, certains choisissent de les placer en garde à vue et de prendre attache avec les services préfectoraux pour organiser leur expulsion.
Le 2 mars 2010, 75 commissariats ont été contactés.
A la question de savoir si une femme sans papiers battue par son conjoint pouvait venir déposer plainte,
38% des commissariats ont indiqué qu'elle serait interpellée, dont 5% qu'elle ne pourrait même pas porter plainte. 12% des commissariats contactés ne pouvaient donner de réponse.
Ces réponses indiquent qu'un peu moins de la moitié des commissariats contactés ne respectent pas le code de procédure pénal et la jurisprudence existante sur ce sujet. Il existe un véritable fossé entre la loi et la pratique d'ailleurs dénoncé par la Commission Nationale de Déontologie de la Sécurité. Saisie en 2008 sur la situation d'une femme interpellée et expulsée alors qu'elle venait déposer plainte contre son mari violent, la Commission a estimé « qu'en faisant primer la situation irrégulière des personnes victimes de violences et dépourvues de titre de séjour [elles] se voient interdire, de ce fait, de déposer plainte et de faire sanctionner les auteurs de ces violences permettant ainsi leur impunité »
Par ailleurs, l'enquête révèle que 52% des commissariats interrogés n'ont pas de personnels spécialement formés à la question des violences. Si dans certains commissariats des psychologues ou des « référents violences » ont été recrutés, ces chiffres montrent que le dispositif est encore largement insuffisant.
La Cimade alerte sur la nécessité de former les officiers de police et de gendarmerie pour permettre aux femmes étrangères victimes de violences de pouvoir porter plainte en cas de violences, et ainsi, de bénéficier d'une véritable protection.
Pour réaffirmer la nécessité de protéger effectivement les femmes étrangères victimes de violences, la Cimade vous convie à l'inauguration d'un commissariat modèle
le lundi 8 mars à 13h00, Place du Châtelet à Paris.
En présence du ministre de la solidarité avec les femmes étrangères et du commissaire divisionnaire Beausourire.
[1] Enquête anonyme réalisée par téléphone auprès de 75 commissariats (18 sur Paris, 30 en banlieue parisienne et 27 en Province).
8:00
Le féminisme pute c'est :
1. Imposer ses conditions aux hommes dans le cadre du contrat sexuel en parlant avant, que ce soit au sujet de la durée, des pratiques, de la prévention et des règles du consentement.
2. Pouvoir travailler avec d'autres femmes et transpedegouines et donc réduire les risques de subir les blagues et propos sexistes et homophobes des collègues de travail.
3. Etre indépendante économiquement d'un papa, d'un patron ou d'un chéri.
4. Occuper l'espace public et nocturne traditionnellement réservé aux hommes.
5. Combattre le stigmate de putain qui entrave les libertés de toutes les femmes, en se réappropriant l'insulte en fierté afin d'en casser le sens initial.
6. Connaitre, aimer, être à l'aise avec son corps et sa sexualité et en prendre soin.
7. Défendre la libre disposition du corps sans s‘arrêter au droit à l‘avortement.
8. Savoir que la sexualité et le genre sont des rapports et identités non pas naturelles ou immuables mais construites socialement et que nous performons telles des actrices.
9. Eduquer les hommes et faire changer leurs comportements parce qu'on a accès à leur intime.
10. Avoir le droit de dire oui autant que de dire non. Lutter pour la reconnaissance du viol comme crime, y compris ceux commis contre nous et pour lesquels nos plaintes sont rarement enregistrées.
11. Prendre conscience de l'intersection entre les différentes discriminations et être solidaires des autres femmes minoritaires.
12. Faire respecter toute parole à la première personne. Refuser le paternalisme qui infantilise les femmes et les juge incapables d'exprimer leur propre volonté sous le prétexte fallacieux que nous serions manipulées, hier par les curés pour nous interdire le droit de vote, ou aujourd'hui par des proxénètes pour interdire le racolage.
13. Rendre visible comme travail des services rendus gratuitement ou extorqués dans le cadre de la famille et exiger une compensation financière pour cela, à moins de les refuser.
14. Se battre pour la syndicalisation des travailleurs du sexe et changer l'industrie du sexe, notamment en étant consciente que l'asymétrie genrée clients hommes/ putes femmes et transpedegouines est la marque et le résultat d'une longue tradition patriarcale de division sexuelle du travail.
15. Refuser d'être une victime.
7:57
A l'occasion de ce 8 mars 2010 qui célèbre le centième anniversaire de la Journée internationale des femmes, SOS homophobie tient à rappeler que les lesbiennes ne doivent pas être oubliées. Invisibles, méprisées, censurées dans une très large majorité de pays, elles sont aussi pourchassées et victimes d'agressions psychologiques, physiques et sexuelles partout sur la planète.
La France n'échappe pas à cette triste constatation : SOS homophobie y rapporte une augmentation récente des témoignages d'agressions physiques envers les lesbiennes (15 % des témoignages reçus en 2008 contre 6 % en 2007), notamment dans les lieux publics et le voisinage. En 2009, la France a ainsi été la scène d'un grand nombre de violences à l'égard de femmes qui ne demandent pourtant qu'à vivre leurs amours librement. Pour mémoire, à Calais et à Metz, dans un parc ou en plein coeur du centre, des lesbiennes ont été insultées et frappées par des inconnus, sans autre motif que leur préférence amoureuse. A l'été 2009, Priscilla et Cynthia, 21 ans, harcelées, menacées, insultées par leurs voisins, se sont vues contraintes de déménager d'Epinay-sous-Sénart (91), tout comme Jessica et Virginie qui résidaient à Segré (49)… Elles ont porté plainte et obtenu gain de cause.
Mais combien de ces violences resteront silencieuses et impunies ? Au-delà de l'homosexualité féminine, c'est bien l'indépendance même de toutes les femmes, leur liberté de vivre sans hommes et de décider de leur existence, qui est visée par les agresseurs.
Pour que toutes les femmes dans le monde puissent un jour disposer des mêmes droits que les hommes, dans les lois comme dans les faits, et ne plus subir ces violences, luttons ensemble contre la lesbophobie.
7:51
L'exécution de Henry Skinner a été repoussée d'un mois et fixée au 24 mars. Cet homme a été déclaré coupable du meurtre de sa compagne et des deux fils de celle-ci, tués en 1993 dans la maison où ils vivaient tous les quatre. Clamant son innocence, il demande à la justice de pratiquer sur des éléments de preuve des tests ADN qui pourraient le mettre hors de cause.
La date d'exécution de Henry Skinner avait été fixée au 24 février. Le 16 février, le juge présidant le tribunal devant lequel Henry Skinner a été déclaré coupable, en 1995, a annulé le mandat d'exécution à son encontre au motif qu'une erreur de procédure avait été commise lors de sa délivrance. Modifiant cet acte, le juge a fixé une nouvelle date d'exécution :
« Par ordre du tribunal, l'accusé, Henry Watkins Skinner, qui a été déclaré coupable de meurtre passible de la peine capitale et condamné à ce châtiment, sera exécuté à tout moment après 18 heures le 24 mars 2010, par l'injection intraveineuse d'une ou plusieurs substances en quantité létale suffisante pour entraîner sa mort et ce jusqu'à ce que la mort dudit Henry Watkins Skinner s'ensuive. », a-t-il indiqué.
Informés de la décision du juge le 17 février, les avocats de Henry Skinner se sont dits consternés qu'une nouvelle date ait été fixée malgré les efforts déployés auprès des tribunaux pour que l'accusation leur livre des éléments provenant du lieu des meurtres afin que des analyses ADN puissent être réalisées. Dans une déclaration, ils ont indiqué : « cet empressement indécent à exécuter M. Skinner ne tient pas compte de l'inquiétude et de l'indignation croissantes du grand public vis-à-vis des questions laissées sans réponse quant à la culpabilité de cet homme. » L'exécution n'étant reportée que d'un mois, ont-ils souligné, l'action intentée en vue d'obtenir des tests ADN, en instance devant la Cour suprême fédérale, « doit maintenant être examinée dans des délais inutilement serrés qui créent une pression entièrement artificielle ».
Henry Skinner a été condamné à la peine capitale pour le meurtre de sa compagne, Twila Busby, et des fils de celle-ci, Elwin Caler, 22 ans, et Randy Busby, 20 ans. Lors de son procès, il a plaidé non coupable. Ses avocats ont fait valoir qu'il était physiquement incapable, au moment des faits, de commettre les crimes dont il était accusé et que la police n'avait pas enquêté sur un autre suspect plausible. La défense a cité un toxicologue qui a déclaré qu'il était hautement improbable que Henry Skinner ait commis les meurtres, en raison des fortes quantités d'alcool et de codéine qu'il avait ingérées au cours de la soirée du drame. Le ministère public n'a cité aucun expert pour contrer ce témoignage, se contentant de laisser entendre que les antécédents d'alcoolisme et de toxicomanie d'Henry Skinner, au contraire, avaient accru sa résistance à ces produits. La défense a également présenté un témoignage d'expert selon lequel Henry Skinner, du fait d'une blessure à la main antérieure aux faits, n'avait pas la force nécessaire pour porter les coups qui avaient causé les graves blessures infligées à Twila Busby. Malgré ces témoignages, le jury a conclu à la culpabilité de Henry Skinner et s'est prononcé en faveur de la peine de mort. Tous les éléments à charge réunis contre Henry Skinner sont pourtant indirects. Ils prouvent uniquement qu'il était présent sur le lieu des crimes, ce qu'il n'a jamais contesté. Depuis son procès, de nouveaux éléments tendant à prouver la culpabilité d'un autre suspect sont apparus. De plus, une femme qui avait joué un rôle de témoin clé pour l'accusation est revenue sur une partie de ses déclarations.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS, et que vous rédigerez (en anglais ou dans votre propre langue) en utilisant vos propres mots (merci de préciser le numéro d'écrou suivant : #999143) :
dites que vous ne cherchez aucunement à excuser le meurtre de Twila Busby et de ses deux fils ;
soulignez toutefois que de sérieux doutes subsistent quant à la culpabilité de Henry Skinner ;
demandez instamment que cet homme bénéficie d'une mesure de clémence et d'une commutation de sa sentence capitale ;
demandez que le ministère public accède à la requête de Henry Skinner et permette que des tests ADN soient pratiqués sur les éléments retrouvés sur le lieu des crimes.
VEUILLEZ ENVOYER VOS APPELS AVANT LE 17 MARS 2010.
7:50
Amnesty International a accusé jeudi 4 mars les autorités mexicaines de se servir abusivement du système judiciaire afin de placer en détention trois dirigeants d'un mouvement qui proteste contre les tarifs élevés de l'électricité dans l'État de Campeche, dans l'est du pays.
Pour Amnesty International, Sara López, Joaquín Aguilar et Guadalupe Borja, du Mouvement national contre les tarifs élevés de l'électricité au Campeche, sont des prisonniers d'opinion.
Ils sont détenus depuis juillet 2009 en raison de leur implication dans cette organisation. Le Bureau du procureur général de la République du Mexique accuse ces trois personnes d'avoir pris en otage un employé de la compagnie fédérale d'électricité mexicaine.
Les chefs d'inculpation étaient fondés sur une première plainte déposée par le représentant légal de la compagnie d'électricité pour entrave à la fourniture d'un service public, ce qui constitue un délit mineur.
Cette plainte a été déposée après que les dirigeants du mouvement de protestation ont rencontré la compagnie d'électricité pour demander que le courant soit rétabli. Cependant, le Bureau du procureur général a ensuite forgé de toutes pièces l'accusation de prise d'otage, crime grave qui interdit la mise en liberté sous caution.
En janvier 2010, une cour d'appel fédérale a jugé que les preuves contre ces trois personnes étaient dénuées de tout fondement et ne démontraient pas la commission des crimes. Toutefois, le Bureau du procureur général a interjeté appel de cette décision sans aucune justification, prolongeant ainsi leur détention jusqu'à ce qu'il soit statué sur cet appel.
Amnesty International demande aux autorités mexicaines de les libérer immédiatement et sans condition.
« Les inculpations pénales visant Sara López, Joaquín Aguilar et Guadalupe Borja sont totalement infondées et semblent avoir pour seul objectif de mettre fin à leur campagne contre les coûts élevés de l'électricité, a expliqué Rupert Knox, responsable des recherches sur le Mexique à Amnesty International.
« Il est temps que les autorités mexicaines cessent de prendre pour cibles des personnes participant à des protestations et des actions dissidentes légitimes. »
Le 25 septembre 2008, une quarantaine de personnes de la ville de Candelaria se sont présentées au bureau local de la compagnie fédérale d'électricité afin de demander le rétablissement du courant. La compagnie avait en effet coupé l'électricité à des habitants de la ville pour cause de non-paiement, alors même que des négociations étaient en cours.
À la suite des protestations, l'avocat de la compagnie d'électricité a déposé auprès du parquet une plainte pour « entrave à la fourniture d'un service public » contre les personnes figurant sur la liste de la compagnie en tant que débitrices car elles n'ont pas réglé leurs factures.
7:50
Amnesty International France (AIF) déplore la recommandation de l'Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP – ex BVP) de ne pas diffuser l'un trois des visuels de sa nouvelle campagne de publicité dont l'accroche est « Les violations des droits humains sont toujours à la mode ».
Réalisée gracieusement par TBWA, cette campagne est composée de trois visuels qui mettent en scène trois cas de violations de droits humains : les violences conjugales, les expulsions forcées et la répression de la liberté d'expression. L'ARPP a recommandé de ne pas diffuser le visuel portant sur le dernier cas parce qu'il porterait « atteinte à l'image de la profession des policiers ». Il n'apparaîtra donc pas dans le métro parisien où les affiches de la campagne sont diffusées du 3 au 9 mars.
« L'objectif de ce visuel est d'illustrer la répression de la liberté d'expression de manière générique, rappelle Geneviève Garrigos, Présidente d'AIF. Comme les autres visuels de la campagne, il a été volontairement travaillé pour qu'il n'y ait pas d'association possible avec un pays en particulier ».
« Amnesty International travaille sur la répression de la liberté d'expression dans de nombreux pays, ajoute Geneviève Garrigos. Sur notre site internet en lien avec le visuel, nous appelons le grand public à agir contre les répressions massives après l'élection présidentielle contestée de juin 2009 en Iran ».
Cette campagne rappelle la mission première d'Amnesty International, défendre tous les articles de la Déclaration universelle des droits de l'homme, partout dans le monde. Le message est simple : les violations des droits humains sont plus que jamais d'actualité. Au lieu de rester spectateur de cette triste réalité, Amnesty International appelle chacun à agir.
L'ensemble des visuels de la campagne sont disponibles sur le site internet d'Amnesty International France. Ils sont aussi diffusés en presse écrite et via le réseau Cartcom. Trois spots radio sur les mêmes cas de violations seront également déclinés sur les ondes d'ici avril.
7:50
Selon les informations du journal officiel "Lhassa Evening News" le 2 mars 2010, à partir de 9 heures (locales) du matin sur les ordres du gouvernement de la ville de Lhassa, les fonctionnaires du Bureau de la Sécurité Publique (PSB), le PSB de la "Région autonome du Tibet", le Comité du Parti de la "région autonome du Tibet" et le Comité du Parti de la ville de Lhassa ont mis en place la Campagne "Frapper fort". [1]
Cette campagne a aussi été instaurée dans les 7 préfectures dépendant de la Région autonome du Tibet [2] afin de "frapper fort" conformément à la loi contre "tous les types d'activité criminelle et de défendre avec vigueur l'ordre social et la stabilité". La durée de cette campagne n'est pas mentionnée et peut parfois se prolonger pendant des mois.
Des forces de l'ordre supplémentaires avec des engins de combat ont été déployées dans et autour de la ville de Lhassa et à toutes les entrées de la ville. Les véhicules se dirigeant ou venant de Lhassa sont soigneusement fouillés et toute personne entrant ou sortant de la ville doit donner son identité. De nouvelles barricades de sécurité ont été mises en place afin de rechercher tout éventuel suspect et des mesures de sécurité sont également prises 24h sur 24. Des forces de sécurité en uniforme de combat ont été vues en train de patrouiller dans les principaux points de rassemblement, et des rafles ont été effectuées dans des auberges. Aucune information n'a été donnée sur la manière dont cette campagne est menée dans les autres préfectures de la Région autonome du Tibet. Selon le rapport officiel, au cours de la nuit du 2 au 3 mars, les fonctionnaires du PSB de la ville de Lhassa ont arrêté 70 personnes, sans carte d'enregistrement officiel, locataires dans des maisons sur la route de Sera. La campagne "Frapper fort" a aussi été menée dans sept Comtés de la Municipalité de Lhassa [3], sur le pied de guerre, à l'aide de vastes recherches et rafles.
La nouvelle campagne "Frapper fort" est lancée après des années de sécurité renforcée et de conditions politiques des plus répressives au Tibet. Contrairement aux précédentes campagnes "Frapper fort", qui se concentraient essentiellement dans la ville de Lhassa, cette fois-ci la campagne a été lancée simultanément dans la "Région Autonome du Tibet". Cette évolution marque le durcissement de la politique des autorités au Tibet pour écraser toute nouvelle protestation imminente.
Les campagnes "Frapper fort" sont normalement effectuées dans différentes parties de la République Populaire de Chine avant de grands événements, y compris les jours fériés, anniversaires, de même qu'avant les principales réunions annuelles du Parti et du Gouvernement, souvent avec l'intention déclarée de "nettoyer l'environnement social".
Le lancement de la campagne "Frapper fort" pourrait être le prélude à une série de détentions arbitraires et arrestations avant le 10 mars, anniversaire du soulèvement tibétain, la Conférence Populaire Politique Consultative de Chine (CPCC) haut organe consultatif de la Chine, convoquée le 3 mars, et les sessions plénières annuelles du Congrès National Populaire Chinois (NPC) qui ont lieu vendredi 5 mars.
Selon le rapport officiel chinois, daté du 4 mars 2010, et cité par le TCHRD [4] : pendant la campagne, la Brigade du Bureau de la Sécurité Publique de la ville de Lhassa (ch : Lasa Gong un Dui de Jing Zhi Ju Xing) a inspecté 4 115 logements loués, soigneusement vérifié 60 zones où se concentre le crime, des rassemblement de vagabonds, des lieux d'ordre social trouble et d'immoralité, effectué des contrôles complets sur un total de 7 347 résidents non permanents de la ville, ont inspecté plus de 70 auberges, cafés Internet, lieux de divertissements et bars et détenu un total de 435 personnes. Parmi elles 7 ont été arrêtées pour vol et cambriolage, 3 pour vol de motos, 1 pour tromperie, 3 autres suspectés de cambriolage.
Aucune information détaillée ou raisons n'ont été fournies au sujet des personnes restantes qui ont été arbitrairement détenues au cours de la campagne "Frapper fort" lancée le 2 mars 2010. Le même site officiel daté du 5 mars fait un rapport sur la campagne "Frapper fort" : "le siège du Bureau de la Sécurité Publique de la ville de Lhassa a mobilisé 1 134 membres de son personnel et plus de 300 autres forces de l'ordre ont inspecté un total de 2 787 logements loués, 21 lieux de prosternation, 71 karaokés, les maisons d'hôtes, cafés Internet, bars, ont confisqué 12 couteaux et 6 publications interdites et détenu 49 suspects sans "3 non" (ch : San Wu)" [5]. Le rapport dit qu'une nonne a été détenue mais aucune précision n'est donnée.
Selon les sources du Tibetan Center for Human Rights and Democracy (TCHRD) basé à Dharamsala, au cours des derniers jours, les déplacements des moines des trois monastères majeurs de Lhassa et aux alentours, Drepung, Ganden et Sera, ont été limités pour une période indéterminée, toutefois, les personnes s'occupant du ravitaillement de ces monastères se sont vus délivrer par les autorités des permis spéciaux pour leurs tâches quotidiennes. Afin d'inciter davantage à la restriction et à la lutte contre la dissidence potentielle avant la date anniversaire sensible du 10 mars, depuis le 1er mars, le Comité de voisinage de Lhassa dépendant de la zone métropolitaine de Lhassa a formé un nouveau "Personnel d'escorte de Sécurité" dans chacun des districts et sous-districts. Ce nouveau corps travaillera en collaboration avec les responsables de la sécurité publique locale. Son objectif premier est présenté comme "maintenir l'ordre social, la vérification approfondie des suspects, traquer les suspects et arrêter ceux qui ne possèdent pas les 'trois non' et les signaler rapidement au poste de police local".
Sources : TCHRD 3 mars 2010 et ->TCHRD 5 mars 2010
Monique Dorizon
[1] Ces campagnes "frapper fort" sont régulièrement lancées au Tibet, dans le but de prévenir toute manifestation en arrêtant les personnes susceptibles de causer des troubles. Cela inclut bien sûr les délinquants notoires, mais également et surtout tous les opposants politiques. Les dernières campagnes "frapper fort" datent du 18 janvier 2009, où 5 766 Tibétains suspects avaient été rassemblés et interrogés, puis du 8 septembre 2009, avant le 60ème anniversaire de la célébration de la fête nationale (débutant le 1er octobre). Les campagnes "Frapper fort" ont été à l'origine mises en place en Chine en 1983 pour réduire la criminalité et combattre la corruption au sein de la Chine, mais elles se sont transformées en outil de répression politique. Au Tibet, la campagne a pour seul but d'étouffer toute dissidence politique, particulièrement avant les dates importantes. Cette fois-ci, la date est bien sûr le 10 mars, journée commémorative du soulèvement de 1959. (Voir l'historique du 10 mars 1959 à Lhassa).
[2] Les 7 préfectures sont Ngari, (ouest de la RAT), Nagchu (nord-ouest de Lhassa), Shigatsé (ouest de Lhassa), Lhoka (sud de Lhassa), Nyingtri (est de Lhassa), Chamdo (est de la RAT) et Lhassa.
[3] Nyemo, Damchung, Tolung Dechen, Chushur, Lhundrup, Taktse et Medro Gongkar
[4] TCHRD : Tibetan Center for Humans Rights and Democracy (Centre Tibétain pour les Droits de l'Homme et la Démocratie).
[5] "3 non" : correspond à la carte d'identité, carte d'enregistrement domestique (ch : Hukou) et le Permis de résidence temporaire (ch : Zian Zhu Zheng).
7:50
Lundi 15 février s'ouvrait au Japon le procès de Junichi SATO et Toru SUZUKI, communément appelés les « Deux de Tokyo » accusés d'avoir volé une caisse de viande de baleine dans un entrepôt en avril 2008.
Ce procès est tout sauf ordinaire, Greenpeace se bat depuis près de 2 ans pour faire reconnaître le caractère injuste de cette accusation. En effet, Junichi et Toru, en interceptant cette boite et en la présentant au Procureur de Tokyo, n'ont fait qu'exposer publiquement un détournement de viande de baleine, organisé et à large échelle au sein du programme de chasse baleinière, et qui plus est toléré par les autorités nippones en charge de cette chasse.
Et qu'ont-ils récolté ? Une arrestation surmédiatisée par les autorités, dans un pays où le simple fait d'être arrêté a valeur de culpabilité aux yeux du public ! Une garde à vue de 23 jours sans avocat ! Un procès inéquitable où les éléments de preuve de ce scandale de détournement ont été systématiquement caviardés, voire refusés à la défense ! C'est ainsi qu'ils encourent une peine maximale de 10 ans de prison !
Le Groupe de travail sur la détention arbitraire du Conseil des droits de l'homme de l'ONU a informé les autorités gouvernementales japonaises en décembre que le traitement qu'elles avaient réservé à Junichi et Toru enfreignait pas moins de cinq des articles de la Déclaration universelle des droits de l'Homme et du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.
Les demandes de Greenpeace pour ce procès :
* Le droit à un procès juste : des documents clés ont été scandaleusement rejetés par la Cour de justice…
* L'application de la loi internationale : Junichi et Toru exerçaient leur droit fondamental à la liberté d'expression telle que garanti par l'Article 19 du Pacte International relatif aux Droits Civils et Politiques des Nations-unies signé par le Japon.
* La réouverture de l'enquête sur les allégations de détournement : le Procureur du District de Tokyo a arrêté son investigation sur les allégations apportées par Greenpeace le jour même où Junichi et Toru ont été arrêtés par la police.
La mobilisation internationale pour les faire innocenter n'a fait qu'augmenter ces derniers mois, récoltant plus de 250 000 signatures de par le monde.
Vous aussi, apportez maintenant votre soutien à Junichi SATO et Toru SUZUKI en signant la pétition internationale.
Lisez le dossier complet du scandale de la chasse à la baleine et des Deux de Tokyo en cliquant ici.
« Junichi et Toru ont servi l'intérêt général en mettant à jour un scandale impliquant des pratiques de corruption répandues parmi un programme de chasse à la baleine bénéficiant de l'argent des contribuables. »
Kum Naidoo, directeur général de Greenpeace International -
« Le droit qu'ont ces deux militants écologistes de ne pas être privés arbitrairement de leur liberté ; leur droit à la liberté d'opinion et d'expression, à poser des gestes légitimes, de même qu'à s'adonner à des activités pacifiques sans être intimidés ou harcelés, n'a pas été respecté par l'appareil judiciaire. »
Conseil des droits de l'homme de l'ONU -
7:49
Amnesty International demande aux autorités iraniennes de libérer une journaliste et militante des droits des femmes incarcérée en raison de ses activités politiques au lendemain de l'élection présidentielle contestée de 2009.
Hengameh Shahidi a commencé à purger sa peine de six ans d'emprisonnement à la prison d'Evin, à Téhéran, le 25 février 2010, après que sa condamnation a été confirmée en appel.
Son incarcération est le dernier épisode d'une série d'attaques qui visent actuellement les journalistes et les médias proches de l'opposition.
Peu après son arrestation, le Conseil de surveillance de la presse a ordonné le 1er mars 2010 la fermeture du quotidien Etemad, dirigé par Elias Hazrati, partisan du candidat battu à l'élection présidentielle Mehdi Karroubi, et de l'hebdomadaire Iran Dokht, dirigé par l'épouse et le fils de Mehdi Karroubi.
L'hebdomadaire de province Sina a également été fermé, au motif qu'il aurait enfreint la Constitution.
Hengameh Shahidi a été notamment condamnée à cinq ans d'emprisonnement pour « rassemblement et collusion dans l'intention de porter atteinte à la sécurité nationale intérieure » et à un an pour « propagande contre le régime ». La cour d'appel a annulé une autre condamnation pour « outrage au président », sanctionnée par une peine de 91 jours de prison et une amende.
Amnesty International considère Hengameh Shahidi comme une prisonnière d'opinion, détenue uniquement pour avoir exercé pacifiquement son droit à la liberté d'expression, d'association et de réunion.
Elle était conseillère sur les questions des droits des femmes auprès du candidat malheureux à l'élection présidentielle Mehdi Karroubi lors de sa campagne et est membre du Parti de la confiance nationale.
Arrêtée une première fois le 30 juin 2009, elle a été incarcérée à la prison d'Evin pendant quatre mois avant d'être libérée sous caution le 1er novembre, à la suite d'une grève de la faim observée pour dénoncer son maintien en détention.
Hengameh Shahidi affirme qu'elle a été torturée au cours de sa détention et menacée d'exécution à plusieurs reprises. Elle déclare avoir été soumise à un simulacre d'exécution. Les personnes chargées de l'interroger ont également menacé d'arrêter des membres de sa famille.
Lors de son procès le 4 novembre 2009, Hengameh Shahidi a été accusée d'avoir participé à des manifestations dénonçant le résultat contesté de l'élection présidentielle entre les 13 et 17 juin, d'avoir accordé une interview aux médias et d'avoir recueilli des signatures pour la campagne Un million de signatures (également appelée Campagne pour l'égalité, qui vise à mettre fin à la discrimination légalisée envers les femmes en Iran).
Elle a aussi été accusée de soutenir une campagne s'efforçant de mettre un terme aux exécutions par lapidation en Iran, d'avoir signé de nombreuses déclarations adressées aux organes de défense des droits humains des Nations unies dénonçant les atteintes aux droits humains en Iran et de publier des articles sur son blog.
Hengameh Shahidi a été arrêtée une nouvelle fois le 25 février 2010 et conduite à la prison d'Evin, après avoir été convoquée au bureau des investigations du ministère du Renseignement « pour répondre à quelques questions ». Deux jours plus tard, la décision confirmant en appel sa condamnation à une peine d'emprisonnement a été transmise à son avocat, Mohammad Mostafaei.
Amnesty International exhorte les autorités iraniennes à veiller à ce que Hengameh Shahidi, durant son incarcération, puisse recevoir des visites de sa famille, consulter son avocat et bénéficier de tous les soins médicaux dont elle a besoin, notamment pour troubles cardiaques.
En outre, l'organisation a demandé qu'une enquête approfondie et impartiale soit ouverte sans délai sur les allégations de torture en détention formulées par Hengameh Shahidi, et que tous les responsables présumés soient rapidement traduits en justice dans le cadre d'une procédure équitable.
Par ailleurs, elle a préconisé la réouverture des journaux fermés et la levée de toutes les restrictions abusives imposées à la liberté de la presse.
Depuis l'élection présidentielle contestée de juin 2009, les autorités ont reconnu que plus de 5 000 personnes avaient été arrêtées, dont plus de 1 000 pendant et après les manifestations massives qui ont eu lieu lors de la fête religieuse de l'Achoura, le 27 décembre. Ces chiffres sont sans doute en deçà de la réalité.
Parmi les personnes interpellées figurent des personnalités et des militants politiques, des étudiants, des défenseurs des droits humains et des journalistes.
Nombre d'entre eux ont été condamnés à l'issue de procès contraires aux règles d'équité les plus élémentaires à de lourdes peines d'emprisonnement et parfois à des peines de flagellation. Pas moins de 13 prisonniers ont été condamnés à mort, dont deux ont été exécutés et trois ont vu leurs sentences commuées en peines d'emprisonnement.
Les autorités iraniennes continuent de réprimer sévèrement la liberté d'expression en Iran : elles arrêtent des journalistes, dont beaucoup seraient toujours derrière les barreaux, restreignent l'utilisation d'Internet, y compris l'accès aux sites de réseaux sociaux, et ferment des journaux
7:49
Kunchok Tsephel Gopey Tsang est né en 1970. Fonctionnaire au Ministère de l'Environnement, il a été, en 2005, le fondateur, avec le poète Kyabchen Dedrol d'un site Internet influent, consacré à la littérature et aux arts tibétains, nommé « Lampe à beurre ». Au cours des dernières années, ce site a été fermé à plusieurs reprises par les autorités.
Kunchok Tsephel est un intellectuel parlant couramment tibétain, anglais et chinois. En 1995, il a déjà connu la détention pour avoir été suspecté d'engagement politique. Torturé, interrogé, il avait protesté de son innocence et avait été libéré sans accusation après 2 mois.
Arrêté aux premières heures du 26 février 2009, veille du Nouvel An tibétain, sa maison fouillée, son ordinateur, son appareil photo ainsi que son téléphone mobile confisqués, il a été détenu sans que sa famille n'en connaisse le lieu. Elle a été convoquée le 12 novembre 2009 afin d'entendre le verdict du jugement : 15 ans d'emprisonnement à la suite d'un procès à huis clos mené par la Cour Populaire Intermédiaire de la Préfecture Tibétaine autonome de Kanlho (ch.Gannan) dans la province de Gansu. Aucun avocat n'a assuré sa défense. Son lieu de détention actuel n'est pas connu (Langzou ?). Les accusations contre Kunchok Tsephel parlent de « secrets d'Etat » et font référence à des contenus de son site Internet. Les « secrets d'état » correspondraient à la transmission d'informations sur les manifestations tibétaines de 2008. Le gouvernement chinois n'a pas besoin de définir ce qui constitue un « secret d'Etat »
Vidéo rapportant son jugement sur : http://english.ntdtv.com/ntdtv_en/n...
Propositions de courrier (en français ou en anglais) à adresser aux autorités :
Monsieur (ou Madame) le…………..(Titre de l'autorité)
Kunchok Tsephel Gopey Tsang (Ch : 贡觉次白, 贡却才培(音)) fonctionnaire tibétain d'un Ministère de l'Environnement du gouvernement chinois et fondateur de l'influent site littéraire sur Internet « Chodme » (« Lampe à beurre », www.tibetcm.com) a été mis en détention en février 2009 pour « transmission de secrets d'Etat » Par la suite, il a été condamné lors d'un procès à huis clos par la Cour Populaire Intermédiaire de Kanlho (ch : Gannan) Préfecture autonome tibétaine, Province de Gansu, et purge actuellement une peine de 15 ans de prison. Je redoute que Kunchok Tsephel soit détenu pour ses écrits en ligne, et si c'est le cas, vous demande sa libération immédiate et inconditionnelle conformément à l'Article 19 du Pacte International relatif aux Droits civils et politiques, dont la Chine est signataire.
Je vous prie d'agréer mes salutations,
Nom, Prénom, adresse, signature
Traduction en anglais de cette proposition de courrier :
Dear ………………….(Titre de l'autorité)
Kunchok Tsephel Gopey Tsang (Chinese : 贡觉次白, 贡却才培(音)) a Tibetan official in a Chinese government environmental department and founder of the influential Tibetan literary website “Chodme” (“Butter-Lamp”, www.tibetcm.com) was detained in February 2009 on charges of “disclosing state secrets”. He was subsequently convicted in a closed-door trial at the Intermediate People's Court of Kanlho (Chinese : Gannan) Tibetan Autonomous Prefecture, Gansu Province and is currently serving a 15 year prison term. I fear that Kunchok Tsephel may be held for his online writings, and if so, call for his immediate and unconditional release in accordance with Article 19 of the International Covenant on Civil and Political Rights, to which China is a signatory.
Yours sincerely,
Nom, Prénom, adresse, signature
(Ces courriers ne sont que des propositions et peuvent bien sûr être modifiés. Les idéogrammes des noms traduits en chinois peuvent apparaître « bizarrement » sur certains ordinateurs)
Proposition d'adresses d'envoi de ces courriers :
(0, 85 euro pour un envoi de moins de 20 grammes à partir de la France)
Madame la Ministre de la Justice (Minister of Justice)
Mrs. Wu Aiying Buzhang
Sifabu
10 Chaoyangmen Nandajie
Chaoyangqu
Beijingshi 100020
République Populaire de Chine (People's Republic of China)
Tel : +86 10 8313 9065
Tel : +86 10 6520 6706
Fax : +86 10 8313 9051
Fax : +86 10 6529 2345
minister@legalinfo.gov.cn
pfmaster@legalinfo.gov.cn
Monsieur le Gouverneur de la Province de Gansu (Governor of Gansu Province)
Mr. Xu Shousheng
Gansusheng Renmin Zhengfu
1 Zhongyang Guangchang
Chengguanqu
Lanzhoushi 730030
Gansusheng
République Populaire de Chine (People's Republic of China)
Monsieur le Directeur du Département de la Sécurité Publique de la Province de Gansu (Director of the Gansu Provincial Department of Public Security)
Mr.Wei Zhenzhong Tinzhang
Gansusheng Gonganting
38 Qingyanglu
Chengguanqu
Lanzhoushi 730030
Gansusheng
République Populaire de Chine (People's Republic of China)
Copie de vos courriers au Ministre des Affaires Etrangères et à l'Ambassadeur de Chine :
Monsieur le Ministre des Affaires Etrangères
Monsieur Bernard Kouchner (ou le Ministre des Affaires Etrangères de votre pays)
Ministère des Affaires Etrangères
37, quai d'Orsay
75 007 Paris
https://pastel.diplomatie.gouv.fr/bacou/default.asp ?code=actu (Rubrique : « Réactions à l'actualité internationale »)
Monsieur l'Ambassadeur de la République Populaire de Chine
Monsieur Kong Quan
Ambassade de Chine
11, avenue George V
75008 Paris
chinaemb_fr@mfa.gov.cn
Fax : 01 47 20 24 22
(ou l'Ambassadeur de Chine dans votre pays)
En cas de réponse de l'une ou l'autre de ces autorités, merci de m'en transmettre une copie :
Monique Dorizon
13 rue Charles Maréchal
78300 Poissy France
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7:49
A moins de 100 jours de la conférence de Kampala en Ouganda, qui fera le bilan des premières années de fonctionnement de la Cour pénale internationale (CPI), Amnesty International France lance une campagne nationale afin que la France adapte dans les plus brefs délais son droit au Statut de la CPI.
10 ans de retard. Depuis juin 2000, le gouvernement français doit faire voter par le Parlement un projet de loi d'adaptation du droit interne au Statut de Rome indispensable à la mise en œuvre pleine et entière de ce dernier. Tardivement déposé en juillet 2006, voté par le Sénat en juin 2008 dans des termes qui le vident de son contenu, le projet n'a jamais été inscrit à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale.
« Sans cette loi, la France est aujourd'hui une terre d'accueil pour criminels contre l'humanité », déclare Geneviève Garrigos, Présidente d'Amnesty International France. « La majorité des pays européens ont déjà harmonisé leur législation. Les autorités françaises doivent prendre leur responsabilités et ouvrir le débat à l'Assemblée nationale avant la Conférence de Kampala ».
Quand l'ONU a créé les deux tribunaux internationaux pour l'ex-Yougoslavie et le Rwanda, la France s'est dotée de lois permettant de poursuivre les responsables des crimes odieux perpétrés dans ces pays s'ils étaient trouvés en France. Mais depuis la création de la Cour pénale internationale elle n'a toujours pas voté la loi qui instituerait le même mécanisme pour les criminels provenant du reste du monde.
Aussi Amnesty International France va-t-elle se mobiliser durant les 100 prochains jours auprès des députés pour qu'enfin le projet de loi soit inscrit à l'ordre du jour.
Le Statut de Rome prévoit que 7 ans après son entrée en vigueur, les Etats se réunissent pour tirer un premier bilan des activités de la Cour. Ils doivent notamment débattre de la manière dont les Etats coopèrent avec la justice internationale et remplissent leurs propres obligations vis-à-vis d'elle. La France n'a jamais mis en application la disposition du Statut qui prévoit qu'« il est du devoir de chaque Etat de soumettre à sa juridiction criminelle les responsables de crimes internationaux ».
« L'Etat français doit montrer au reste du monde qu'il ne se contente pas de discours mais traduit son soutien à la justice internationale dans les actes », conclut Geneviève Garrigos.
La Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale, la Commission nationale consultative des droits de l'homme, la Coalition française pour la CPI ont toutes pris position pour que le texte adopté par le Sénat en 2008 soit changé et rende possible les poursuites contre les responsables présumés de crime de génocide, de crimes de guerre et contre l'humanité.
Informations complémentaires :
Le texte adopté en 2008 au Sénat rend les poursuites pratiquement impossibles par la mise en place de 4 verrous :
il ne permet de poursuivre que les suspects qui « résident habituellement » en France, ce qui met à l'abri les criminels qui n'effectueraient dans notre pays que des séjours plus ou moins longs, en toute impunité ;
il ne permet des poursuites que si le crime est puni par la loi du pays où il a été commis. Or, on ne peut renoncer à poursuivre un génocidaire au prétexte que la loi de son pays ne punit pas le génocide ;
il prive les victimes du droit de provoquer les poursuites en se constituant parties civiles ;
il tente de renvoyer les responsabilités de la France vers la CPI en ne permettant d'exercer les poursuites en France qu'après avoir incité la CPI à le faire et si celle-ci décline toute compétence, ce qui renverse le principe de complémentarité organisé par le Statut de Rome.
7:48
Alors que selon l'agence Reuters, la Commission européenne s'est prononcée de manière sévère en affirmant que la crédibilité de l'Union européenne serait remise en jeu si les États membres continuaient à ne pas respecter leurs promesses d'aide publique au développement (APD), Oxfam International se réjouit de cette position qu'elle juge utile et plus qu'opportune.
Un document interne de la Commission européenne indique que 13 milliards d'euros manqueront aux objectifs d'aide des États membres pour 2010. La Commission prévient que cela pourrait compromettre la crédibilité internationale de l'Union européenne.
Le document a été distribué par la Commission avant une réunion européenne des Ministres du développement en Espagne les 17 et 18 février dernier. Il y est recommandé aux États européens de s'engager à nouveau en faveur d'un objectif de 0,7% du RNB consacré à l'aide, mais également de publier des plans nationaux d'action pour atteindre cet objectif et prouver leur engagement.
Elise Ford, porte-parole d'Oxfam International, a déclaré : "La Commission a pris une mesure courageuse en soulignant que l'échec des États membres quant aux engagements d'aide est un risque pour la crédibilité de l'UE sur la scène internationale. L'Europe ne peut pas se permettre de jouer de cette manière avec sa réputation, les États membres doivent donc tenir leurs promesses d'aide."
Oxfam soutient la proposition de la Commission incitant les États membres à élaborer des plans d'action annuels et l'examen par leurs pairs. "Les précédentes stratégies pour atteindre l'engagement vital de consacrer 0,7% du RNB à l'aide au développement ont clairement échoué. Un nouveau programme radical est indispensable et doit inclure des calendriers nationaux, un suivi annuel par les chefs d'État européens et une législation nationale dans chaque État membre pour rendre juridiquement contraignants les engagements nationaux de 0,7%".
La Commission a fait l'éloge du Luxembourg, de la Suède, des Pays-Bas et du Danemark pour avoir déjà dépassé l'objectif européen de 0,7%. L'Espagne, la Belgique et le Royaume-Uni sont sur la bonne voie et sont présentés comme des acteurs clés pour mener l'UE à atteindre son objectif. Les dernières prévisions de l'OCDE ont récemment pointé du doigt la France, l'Allemagne et l'Italie, bien loin de leurs promesses d'aide pour 2010.
Le document de la Commission remet également en cause la crédibilité des engagements européens pris à Copenhague de fournir aux pays en développement des financements climat indispensables, financements devant être additionnels aux engagements d'aide au développement.
"La France et l'Allemagne se présentent comme des leaders européens, mais leur aide au développement accuse un retard honteux. Ils minent la crédibilité de l'engagement européen à lutter contre la pauvreté", rappelle Elise Ford. "Il est décevant que les États membres n'aient pas soutenu les propositions de la Commission pour remettre sur les rails les promesses d'aide au développement. Cela suggère que ces gouvernements n'ont toujours pas pleinement pris conscience de ce qui est réellement en jeu".
"En revenant sur les promesses d'aide, l'Europe porte atteinte à la lutte des pays pauvres pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement. Ces milliards manquants pourraient permettre à tous les enfants d'aller à l'école et pourraient sauver la vie de millions de mères et d'enfants dans les pays en développement".
Oxfam International estime que 12 milliards d'euros [16 milliards de dollars] seraient nécessaires chaque année pour s'assurer que tous les enfants puissent aller à l'école et 3,6 milliards d'euros [5 milliards de dollars] pour fournir de meilleurs soins médicaux qui permettraient de sauver la vie d'environ deux millions de mères et d'enfants.
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Réaction de Luc Lamprière, directeur général d'Oxfam France :
"La Commission europénne, après l'OCDE il y a quelques semaines, a plus que raison de dénoncer le retard de la France. Cette dernière ne manque jamais une occasion de se présenter comme un leader en Europe sur les questions de développement mais se montre en réalité incapable de mettre ses choix budgétaires en conformité avec ses engagements internationaux. Ce que la Belgique, les Pays-Bas ou le Danemark peuvent faire, c'est-à-dire tenir les promesses de l'Europe, la France peut aussi y parvenir.
En ne se montrant pas à la hauteur des engagements collectifs pris par l'Union européenne en matière d'aide au développement, le gouvernement français porte une lourde responsabilité. Non seulement vis-à-vis des populations des pays pauvres, à qui ces promesses ont été faites, mais aussi des citoyens français : tous les sondages le montrent, même en période de crise économique, nos concitoyens sont attachés à l'aide au développement."
7:48
Migreurop tient son conseil d'administration entre le 5 et 7 mars 2010 à Bouznika au Maroc, emplacement géographique stratégique, aux portes de l'Europe. Le Maroc et l'Union européenne entretiennent des relations de longues dates notamment sur la question migratoire. Ainsi, L'UE et le Maroc se réuniront le lundi 8 mars prochain à Grenade (Espagne) afin de discuter principalement de la négociation d'un accord de libre échange ainsi que des questions de droits de l'homme et de démocratie. Depuis 2003, des négociations officielles sur un accord de réadmission UE- Maroc sont ouvertes, sans toutefois avoir encore abouti pour le moment.
Migreurop alerte sur le risque de signature d'un accord de réadmission entre l'UE et le Maroc à l'occasion de ce sommet. Dans une campagne, entamée début 2008, Migreurop dénonce la signature de ce type d'accords [1] et demande la transparence dans la négociation et dans l'application des accords de réadmission.
Les accords de réadmission, quelques soient leurs formes, ont pour conséquence directes l'industrialisation de l'expulsion puisqu'ils facilitent les renvois et a fortiori la violations des droits de l'homme des étrangers, notamment en renvoyant d'éventuels demandeurs d'asile ou des personnes dans certains pays dont ils ne sont pas ressortissants.
L'Union européenne et le Maroc jouent un jeu de « donnant-donnant », au dépends des migrants ; du côté européen, instrumentalisation de l'aide au développement contre réadmission des nationaux et/ou non nationaux sur le territoire du pays signataire de l'accord ; de l'autre côté demande de facilitation de visa, accord économique….etc, au détriment des droits des étrangers.
Monsieur Franco Frattini, ancien commissaire européen, le soulignait, en 2006, « la bonne fin des négociations dépend donc beaucoup des "leviers", ou devrais-je dire des "carottes" dont la Commission dispose, c'est-à-dire d'incitations suffisamment puissantes pour obtenir la coopération du pays tiers concerné ». [2]
La « carotte » aujourd'hui pour le Maroc consiste en la promesse de la création d'une zone de libre échange entre l'UE et le Maroc, ainsi qu'en des investissements massifs sur le marché marocain. Le ‘bâton' serait le silence sur les violations des droits de l'homme. Bien que l'union européenne fasse semblant de s'inquiéter de la situation des droits de l'homme au Maroc, elle continue cependant de négocier la signature d'accord de réadmission de sans papiers vers le Maroc qui, rappelons le « (ne) reconnaît toujours pas officiellement les réfugiés arrivés ces dernières années sur son territoire et ne leur fournit aucune assistance ». [3]
Migreurop dénonce l'opacité et la mise à l'écart de la société civile dans les négociations de l'accord UE Maroc. Négociations qui se déroulent au détriment du respect des droits fondamentaux des personnes qui devraient être réadmises.
[1] http://www.migreurop.org/rubrique28...
[2] Discours de Franco Frattini devant le Sénat français, mars 2006.
[3] Document de travail de services de la Commission accompagnant la Communication au Parlement européen et au Conseil- Mise en œuvre de la politique européenne de voisinage en 2008- Rapport de Suivi Maroc, April 2009, page 1. Consultable sur : http://ec.europa.eu/world/enp/pdf/p...
7:48
CONVERGENCE POPULAIRE ANTICAPITALISTE 2010
Contre la crise chez-nous ! Contre la crise partout ! Unissons-nous !
À L'ASSAUT DU G20 – TORONTO 25-26-27 JUIN 2010
Montréal, février 2010 — Nous ne payerons pas pour leurs crises ! Une nouvelle alliance anticapitaliste appelle à se mobiliser contre le sommet « du Groupe des 20 (G20) », qui réunira les dirigeants des 20 plus importantes économies de la planète les 25, 26 et 27 juin prochain à Toronto.
C'est dans ce genre d'institution criminelle qu'on détermine, autour de quelques bouchées de caviar, comment perpétuer le système de domination économique et politique actuel au profit d'une poignée de riches banquiers, financiers, entrepreneurs et politiciens. Le tout, bien sûr, en continuant d'exploiter et d'affamer les 99 % restants de l'humanité, de réprimer les populations et les groupes qui résistent, de détruire impunément des millions de vies et de ravager la planète !
Au Canada, les gouvernements profitent de la crise économique pour sabrer davantage dans les programmes sociaux, hausser les tarifs et refiler encore une fois le travail non-salarié aux femmes et la facture aux pauvres et à la classe ouvrière pour les dettes qu'ils ont contractées en accordant des subventions aux entreprises… dont les dirigeants se remplissent les poches en ricanant ! Pendant que des milliers de travailleuses et de travailleurs perdent leur emploi ou leur régime de retraite, que les femmes et les sans-statut sont de plus en plus précarisés, que des centaines d'immigrantes et immigrants vivent dans la peur de la répression et de la déportation, la classe dirigeante fait tout pour convaincre la population que c'est encore à elle de faire des sacrifices !
Une convergence populaire anticapitaliste a vu le jour à Montréal en janvier 2010 pour répondre à cette nouvelle offensive orchestrée par les gouvernements, qui profitent des bavures économiques de l'élite pour nous appauvrir davantage. Le 1er mai prochain, pour la troisième année consécutive, une grande manifestation anticapitaliste sera organisée à Montréal à l'occasion de la Journée internationale des travailleurs et des travailleuses. Ce regroupement de collectifs et individus anticapitalistes a aussi décidé de répondre positivement à l'appel des militants et militantes de Toronto afin d'organiser la riposte contre les capitalistes et les politiciens véreux de ce monde qui seront réunis sous la bannière du G20 les 25, 26 et 27 juin prochain.
Une importante campagne politique d'information et de mobilisation sera organisée, d'ici juin 2010, contre les crises sociale, économique et environnementale qu'on nous fait subir tant au niveau local qu'international. Attaquons le G-20, mais surtout, unissons-nous pour tisser des liens solides entre les différentes luttes menées au quotidien par nos groupes contre le capitalisme, le patriarcat, le colonialisme et toutes les formes d'oppression !
*** Nous invitons tous les groupes et individus intéressés à appuyer ou à s'impliquer dans cette campagne à assister à la prochaine ASSEMBLÉE GÉNÉRALE D'ORGANISATION qui aura lieu le mardi 9 mars à 18 h, à l'UQAM (local à confirmer).***
Cet appel est une initiative de militants et militantes de différents groupes du Bloc AMP à Montréal (Action mondiale des peuples). La convergence, l'assemblée générale et l'organisation de cette campagne anticapitaliste se fondent sur les principes de base de l'AMP et respectent un modèle organisationnel anti-autoritaire ; les groupes et individus qui y adhèrent doivent respecter ces principes.
7:48
Amnesty International a déclaré qu'elle était fortement opposée à tout retrait ou réduction de la force de maintien de la paix des Nations unies en République démocratique du Congo (RDC), après que le gouvernement eut demandé que la force des Nations unies actuellement présente dans le pays, la Mission de l'Organisation des Nations unies en République démocratique du Congo (MONUC), ait quitté le pays d'ici juin 2011.
« Au lieu de demander aux Casques bleus de partir, le gouvernement devrait collaborer avec les Nations unies pour résoudre les nombreux problèmes qu'il reste à résoudre en matière de protection », a déclaré Tawanda Hondora, directeur adjoint du programme Afrique d'Amnesty International.
Massacres, viols, pillages et autres agressions contre la population civile et les agences humanitaires perpétrés par les forces et les groupes armés se poursuivent, en particulier dans l'est du pays déchiré par la guerre.
Forte de 20 500 personnes, la MONUC est la plus importante mission de maintien de la paix déployée dans le monde par les Nations unies, et la seule force en mesure de protéger la population civile en RDC.
« En ce qui concerne la sécurité et les droits humains, la situation est restée préoccupante au cours de l'année qui vient de s'écouler, a déclaré Tawanda Hondora. Retirer ou réduire la force de maintien de la paix pourrait avoir des conséquences désastreuses. »
Les bases de la force de maintien de la paix des Nations unies sont souvent les seuls endroits où la population peut trouver refuge lorsqu'il y a des affrontements.
Le secrétaire général des Nations unies avait fixé en 2007 certaines conditions qui devaient être remplies avant qu'un retrait de la MONUC à grande échelle puisse être envisagé.
Parmi les conditions envisagées figuraient la stabilisation des régions où le conflit fait le plus rage ; le désarmement et la démobilisation des groupes armés ; la création de forces armées nationales capables de défendre la population de la RDC dans le respect des droits humains et de l'Etat de droit.
Aucune de ces conditions n'a encore été remplie.
« Les forces gouvernementales ne sont pas actuellement en mesure d'assurer les fonctions de maintien de la sécurité assumées actuellement par la MONUC, et le gouvernement n'a pas témoigné de la volonté politique de faire en sorte que les forces du pays acquièrent une telle capacité », a déclaré Tawanda Hondora.
La MONUC n'est pas seulement une force militaire de maintien de la paix, elle est constituée également d'une force civile de 5 000 personnes essentielle au renforcement des capacités en matière de droits humains, d'affaires humanitaires, de bonne gouvernance, de maintien de l'ordre, de justice et de système carcéral.
La MONUC a été déployée en RDC en 1999. Depuis la fin de la guerre de 1998-2003, la force est déployée essentiellement dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, dans l'est du pays, où le conflit armé se poursuit.
7:48
Reporters sans frontières exprime sa vive inquiétude pour les deux journalistes sportifs de la chaîne sud-africaine M-Net Supersport, enlevés le 1er mars 2010 et toujours séquestrés par leurs ravisseurs. Nick Greyling, producteur de télévision sud-africain, et Bowie Attamah, commentateur sportif nigérian, ont été kidnappés aux alentours de l'aéroport d'Owerri, la capitale de l'Etat sud-est d'Imo, alors qu'ils se dirigeaient en bus vers Lagos. Le troisième journaliste enlevé en leur compagnie, Alexander Effiong, un cameraman nigérian, a réussi à échapper aux ravisseurs le lendemain de l'enlèvement et se trouve en sécurité à Lagos.
"Alors que les espoirs étaient grands de voir ces deux journalistes relâchés rapidement, il est inquiétant de savoir qu'ils sont toujours en captivité. Nous soutenons les efforts des autorités nigérianes, spécialement le président par interim, Goodluck Jonathan, et le responsable des forces de police de l'Etat d'Imo, pour qu'un contact soit établi avec les ravisseurs et que la libération des deux otages intervienne dans les meilleurs délais", a déclaré l'organisation.
"Répandue au Nigéria où elle touche souvent les travailleurs étrangers des grandes firmes pétrolières contre le paiement d'une rançon, la pratique du kidnapping, toujours lâche, est d'autant plus absurde lorsqu'elle vise des journalistes dont les moyens financiers sont très limités", a poursuivi Reporters sans frontières.
Le 2 mars, jour de l'évasion d'Alexander Effiong, le directeur général de M-Net Supersport au Nigéria, Felix Awogu, avait déclaré à propos des deux otages : "Je suis certain de leur libération imminente. Je suis sûr que très bientôt, ils seront relâchés". Interrogé deux jours plus tard par Reporters sans frontières, il a affirmé : "Je regrette de vous dire que les deux journalistes sont toujours aux mains de leurs ravisseurs. Je reste confiant sur l'issue de cette affaire, mais nous devons attendre patiemment."
En raison notamment des nombreuses arrestations arbitraires et du niveau élevé de violence auxquels sont souvent soumis les journalistes dans ce pays, le Nigéria se situe à la 135e place, sur 175 pays, du classement mondial 2009 de la liberté de la presse.
Le 20 septembre dernier, le rédacteur en chef adjoint du quotidien The Guardian, Bayo Ohu, a été assassiné à son domicile de la banlieue de Lagos.
Par ailleurs, le State Security Service (service de la police de la sécurité d'Etat) figure depuis plusieurs années dans la liste des prédateurs de la liberté de la presse dénoncée par Reporters sans frontières.
7:47
Il faut que les autorités sud-africaines élucident pourquoi la police a réagi si tard aux attaques dont ont fait l'objet le mois dernier des réfugiés et des migrants dans le township de Siyathemba, à 80 km au sud-est de Johannesburg. Les autorités doivent également faire le nécessaire pour que les responsables présumés que l'enquête aura permis d'identifier soient tenus de rendre des comptes.
Plus de 130 adultes et enfants, des réfugiés éthiopiens pour la plupart, ont été affectés par les violences du 7 et 8 février. Une foule armée de plusieurs centaines de personnes a pillé et saccagé leurs échoppes détruisant ainsi leur mode de subsistance. Certains vivaient dans ces installations et ont donc perdu également leur domicile. Près de 60 personnes ont eu besoin d'un abris d'urgence et d'une assistance humanitaire.
La police n'a pas empêché l'escalade de la violence et a tardé à appeler le renfort d'unités de police spécialisées dans les opérations de contrôle des foules. Avant qu'une intervention efficace de la police n'ait été constatée sur le terrain le 8 février, 25 échoppes avaient déjà été pillées, endommagées ou détruites et au moins un réfugié, un ressortissant éthiopien, avait été blessé.
Ces violences ont eu lieu lors d'une manifestation de protestation contre une compagnie minière et le gouvernement local au sujet du chômage et d'autres problèmes. Des chefs locaux ont indiqué par la suite qu'un groupe d'individus avait profité du désordre provoqué par la manifestation pour dévaliser plusieurs magasins tenus par des réfugiés et des migrants.
Cependant, ces événements ont eu lieu moins de huit mois après des attaques similaires, en juillet 2009, contre les biens de réfugiés et de migrants dans la même zone. Les victimes des précédentes attaques avaient été soumises semble-t-il à des pressions dont l'objectif était de les inciter, comme condition préalable à leur réintégration dans le quartier, à renoncer à porter plainte et à demander des réparations.
Certains des réfugiés et des migrants affectés par les violences de février avaient été pris dans les attaques dont le township avait été le théâtre l'année dernière. Quelques-uns d'entre eux avaient même déjà dû fuir auparavant la vague de violences contre les étrangers qui avait fait rage à différents endroits dans le pays en mai 2008. Ils étaient venus s'installer à Siyathemba en pensant trouver là un lieu où vivre et travailler en toute sécurité.
En Afrique du Sud, les crimes commis contre les réfugiés et les migrants demeurent le plus souvent impunis. Un tel climat d'impunité rend ces personnes particulièrement vulnérables. Cette violence est aussi alimentée par l'attitude xénophobe de certains Sud-Africains, des policiers et des agents de l'immigration notamment.
20:43
20:23
« Parmi les individus qui circulent en France en exerçant ou prétendant exercer des professions ambulantes, il faut distinguer les nomades proprement dits, les roulottiers n'ayant ni domicile, ni résidence, ni patrie, la plupart vagabonds à caractère ethnique, Romanichels, bohémiens, Tsiganes. Leur misérable roulotte renferme toujours une nombreuse tribu. Le chef de famille se donne toujours comme exerçant la profession de vannier, rempailleur de chaise ou rétameur, mais en réalité, la tribu vit de la mendicité que pratique une longue série d'enfants de tous âges, et plus encore de la maraude, à laquelle vient s'ajouter le braconnage du gibier et du poisson.
Ces nomades vivent sur notre territoire comme en pays conquis, ne voulant connaître ni les règles de l'hygiène, ni les prescriptions de nos lois civiles, professant un égal mépris pour nos lois pénales et pour nos lois fiscales. Il semble qu'ils aient droit chez nous à tous les privilèges. Ces roulottiers, camps volants, bohémiens, romanichels sont la terreur de nos campagnes, où ils exercent impunément leurs dégradations…
Les nomades dont nous entendons assurer une surveillance indispensable sont les roulottiers suspects qui, sous l'apparence d'une profession problématique, traînent leur fainéantise et leurs instincts de maraude le long des routes. En attendant l'entente internationale qui permettrait de les renvoyer dans leur pays d'origine, il est indispensable de prendre vis à vis d'eux des mesures de sécurité. Il n'est pas interdit de penser que cette étroite surveillance, peu compatible avec le genre de vie des Bohémiens et Romanichels, aura pour effet de les éloigner de notre territoire. »
Source : Pierre-Etienne Flandin, exposé des motifs de la loi du 16 juillet 1912, séance du Sénat, 10 mars 1911.
20:23
Pour faire de Dijon une ville « douce à vivre » et attractive pour les touristes, les entrepreneurs et entrepreneuses, la ville procède depuis quelques années à un véritable « ravalement de façade »… Exit les mendiant·e·s, squatteurs, squatteuses et autres pauvres anciennement visibles en centre ville, le 21ème siècle est friand d'espaces aseptisés… Vidéo-protection, vélos de locations qui tracent les déplacements des néo bobos présents en centre ville, immeubles d'affaires : new city à la sauce dijonnaise, rénovation des édifices publics et aménagement des parcs…
Ici comme ailleurs, la « revitalisation du centre ville » s'évalue en termes économiques, et c'est bien pour la consommation et les habitant·e·s bien loti·e·s que se rénove artificiellement une vie de quartier anéantie au fil des années et des politiques successives.
Dans cette ère où le modernisme et la richesse d'une ville sont représenté·e·s par la propreté de ses rues, le pauvre, qui est associé tout à la fois à la saleté et à l'insécurité, fait tâche. L'organisation économique actuelle n'ayant néanmoins pour effet de réduire ni les inégalités ni la pauvreté, les pauvres sont pourtant bien là, et continuent à se débrouiller tant bien que mal pour vivre. C'est le cas des Roms, arrivé·e·s en France suite à l'ouverture aux personnes des frontières européennes en 2007.
20:23
« Ces "hommes horribles par leur noirceur" tels que les décrit Münster dans La cosmographie universelle du monde (1565) vont se fixer dans les esprits puis dans les lois dès le 15e siècle, et le rester. On ignore d'où ils viennent, on ignore où ils vont. Partout ils sont perçus comme perturbateurs. La politique d'exclusion nécessite une image stigmatisante : cette image lui est offerte dès l'arrivée des Tsiganes. Dès lors le législateur, qui en a besoin, ne cherche pas à nier ou minimiser cette image, ni à en vérifier l'exactitude ; il la cautionne et même l'amplifie en l'utilisant comme fondement ou prétexte à la loi. »
« Une politique de rejet systématique n'est pas viable. […] Un esprit humaniste d'une part, un esprit technocratique d'autre part, vont faire changer l'attitude des pouvoirs publics. Le rejet restera l'essentiel de l'action des autorités locales, mais les Etats vont changer leur discours et surtout leur type d'action. »
« L'inclusion présente des avantages sur la réclusion. D'abord, elle se fond dans l'esprit du temps : l'inclusion c'est la réclusion dans un esprit humaniste. Elle est aussi plus efficace : les reclus contestent, se sentent emprisonnés. L'inclusion est plus radicale et plus souriante : alors que le reclus est puni, l'inclu est récompensé de sa normalisation ; il est pris en charge par une aide sociale si son comportement se conforme à certaines prescriptions. Enfin par l'inclusion, le gain politique de l'Etat est considérable : alors que le marginal exclu ou reclu demeure un marginal, le marginal inclus ne l'est plus. »
« La technocratie resserre les mailles du filet. L'humaniste tente de les rendre invisibles. On ne sait plus très bien ce qu'est l'ordre public, ce qu'est la sécurité publique. On assiste à un passage très subtil de la sécurité des citoyens à la sécurité de l'Etat, étayée par un "discours de la surveillance généralisée" (jutice 76, colloque sur la sécurité, In Journal du syndicat de la magistrature, n.49). Ainsi "la sécurité devient un mode d'organisation de la vie sociale" et on arrive au slogan "moins de liberté pour plus de sécurité". "La liberté devient abus tandis que la sécurité est dite raison". »
« La minorité est phagocytée, et le pseudo-respect du discours humaniste qui veut "intégrer en conservant des particularités" la mène sur un terrain-musée où elle sera donnée à être vue. Les barrières sont transparentes comme le filet rendu invisible par le discours nuancé, et que ce soit dans la caravane qui circule encore et qui peut être fouillée légalement, ou dans un fichier dèsormais informatisé, aujourd'hui c'est la transparence qui crée l'enfermement. »
« Il est possible de faire une typologie des politiques locales. On y trouve :
le rejet simple : refus de la présence des familles, qui s'exprime par des interdictions, des expulsions au nom de l'ordre public, de la tranquillité publique, de l'hygiène…
le rejet violent : par l'intervention brutale des forces de police, par des actes incontrolés des populations locales (maisons brûlées, agression de familles)
le rejet indirect : à l'acte de violence, substitution des conditions de séjour impossible, par des actes réglementaires à l'application souvent discriminatoire (en matière de scolarité, d'hygiène, de logement, de protection des sites…). Ce type de rejet permet de garder une bonne conscience et une apparence de légalité, car il s'inscrit dans une interprétation des textes réglementaires dont la subtilité ouvre la voie à une ambiguïté permissive. Le rejet indirect permet de garder une façade d'humanisme. Ainsi on est plus au temps où, comme dans l'Allemagne du 17e siècle, au Pays-bas et en Suisse, des épouvantails figurant un tsigane fustigé ou pendu se trouvaient à l'entrée d'une agglomération. Le panneau laqué a remplacé la pancarte de bois, l'écriture la peinture naïve, et l'amende dissuasive, le châtiment corporel. »
20:23
Jeudi 14 mai 2008, deux squats de Roms de l'avenue de Langres, où ont vécu pendant près de deux ans une quarantaine de personnes adultes et enfants, ont été expulsés.
A 8h du matin, une commissaire accompagnée de ses sbires a débarqué de force dans une des maisons (ce qui constitue une violation de domicile) pour ficher, compter et avertir que le concours de la force publique avait été demandé par le propriétaire, et que la démolition était prévue pour le 6 juin. Elle a mentionné qu'elle repasserait à la fin du mois pour prévenir de l'expulsion. Mais ce n'était là qu'un mensonge. Constatant que la maison était peu remplie à ce moment là, les autorités ont en effet changé leur fusil d'épaule et sont revenues à 13h, en nombre, pour procéder à l'expulsion, doublée de l'entreprise Pennequin, pour la démolition, et d'une représentante de la mairie (la présidente du CCAS), pour le vernis social.
Trop tard pour empêcher l'expulsion, les soutiens sont néanmoins arrivés sur place pour protester, empêcher que les Roms ne se fassent embarquer et assurer que leurs affaires et meubles soient pour une fois conservés. Tout l'après-midi, quelques dizaines de personnes se sont relayées pour bloquer une partie du boulevard avec une banderole et des panneaux, interpeller les passants, et charger des camions d'affaires. La circulation a été fortement ralentie jusqu'à 18h sur un des plus gros axes dijonnais, en protestation et pour faire en sorte que cette expulsion gêne et ne passe pas inaperçue. Outre les membres du collectif de soutien qui pouvaient se libérer pendant les heures de travail, des groupes d'étudiant-es du Comité de Mobilisation de la fac ont rejoint le rassemblement.
Les voisin·e·s de ce quartier populaire et leurs enfants croisaient les Roms depuis plus d'un an et demi. Malgré les propos des autorités qui ne parlent évidemment que de plaintes du voisinage, on a ce jour-là surtout croisé beaucoup de gens choqués par la réalité crue et sordide d'une expulsion. Beaucoup sont d'ailleurs resté·e·s quelques heures sur le trottoir en soutien.
Dès l'expulsion, l'entreprise Pennequin, toute prête à collaborer aux tâches les plus répugnantes, s'est chargée de la destruction des toits, donnant des coups de masse ici et là, arrachant des tuiles, pétant les planches et les canalisations pour « dévitaliser ». Cela reflétait une fois encore de manière exemplaire la politique décomplexée instaurée par la mairie de Dijon et la préfecture pour empêcher que les milliers de logements vides de l'agglomération puissent servir à quiconque. Ces méthodes avaient déjà été mises en oeuvre lors de l'expulsion d'autres squats. Des maisons qui servaient auraient pu continuer à servir et ont été ravagées impunément à la vue de tous·tes.
Quelques jours plus tard, puisque la répression n'a pas de limite, certains des dijonnais·e·s qui avaient répondu à la demande « Klaxonnez, la mairie expulse » se sont retrouvé·e·s convoqué·e·s au commissariat de Dijon et ont reçu une amende pour « usage abusif d' avertisseur sonore sans danger ».
20:22
Cela fait plus d'un an que les anciens locaux de ravitaillement de l'armée dijonnaise, situés dans le quartier du « Petit Creusot » laissés à l'abandon depuis plusieurs années par les institutions militaires, sont occupés par des Roms. Depuis octobre 2009, illes sont plus d'une centaine à habiter les lieux. L'EPIDE, propriétaire de ces établissements, avait décidé de demander une procédure d'urgence pour les expulser avec assignation à référé au tribunal d'instance de Dijon. Cette institution publique issue de l'armée, qui se donne pour mission « l'insertion sociale et professionnelle de jeunes, âgé·e·s entre 18 et 22 ans, en difficulté scolaire, sans qualification ni emploi, en risque de marginalisation et volontaires au terme d'un projet éducatif global », déclarait comme d'habitude devoir remettre à la rue les nombreux·ses enfants, jeunes et adultes Roms, pour leur plus grand bien, sous le prétexte humanitaire d'éviter qu'illes ne se fassent mal et risquent de tomber malade dans des locaux pourtant spacieux et habitables, malgré la précarité et l'hiver.
Comble du cynisme, durant l'audience du 20 novembre, un des arguments avancé par l'EPIDE pour expulser le plus rapidement possible ces nombreuses familles, était la nécessité de vendre ces terrains pour que puisse y être construit un des nouveaux types de prison, dénommés « quartiers nouveau concepts » (voir encadré) pour la réinsertion des jeunes.
Me D. Clémang, l'avocate des familles Roms, a défendu le droit au logement face au droit de propriété et argumenté sur les attaques constantes vis-à-vis des Roms. Sans devoir aller chercher trop loin les illustrations, une des familles Roms se rendant au tribunal venait de se faire sauter dessus par la police et administrer des PVs pour avoir traversé en dehors des clous.
Le juge a semble-t-il fait le choix de prêter l'oreille à une partie des arguments de la défense, puisqu'il a accordé un délai de 4 mois avant l'expulsion. Un collectif de soutien aux Roms s'est reconstitué dans la foulée à Dijon, regroupant divers individu·e·s et associations, dont un certain nombre d'occupant·e·s de la caserne et a apporté un soutien quotidien sur place.
En dépit de ce sursis, depuis le début du mois de février, la Police aux Frontières (PAF) et les policier·e·s dijonnais·e·s contrôlent quotidiennement les habitant·e·s de « la caserne », rentrent dans les maisons, emmènent chaque jour des personnes en garde à vue, distribuent des OQTF en dépit des lois relatives aux ressortissant·e·s européen·ne·s, et menacent de sévir si les familles ne partent pas d'elles-mêmes.
La présence policière à la caserne, les contrôles menaçants et le harcèlement quotidien n'ont malheureusement rien de nouveau, mais il semble actuellement que la préfecture fasse dans l'innovation sinon dans le zèle. Deux personnes ont déjà été emmenées en centre de rétention, alors qu'elles pouvaient pourtant prouver qu'elles étaient en France depuis moins de trois mois et qu'elles n'avaient donc aucune raison de recevoir une OQTF. On ne compte plus les pressions et les abus de toutes sortes. Dernier exemple en date, le 7 février devant la caserne, séparer une mère plusieurs heures de son bébé de quelques mois malade alors qu'elle devait allaiter, pour emmener celle-ci en contrôle d'identité au commissariat. De manière plus générale, nous faisons face à la judiciarisation de chaque faits et gestes de la vie des Roms, qui semblent devenir prétextes permanents à créer des délits qui ne s'appliquent qu'à leur encontre : trouble à l'ordre public passible d'expulsion pour avoir récupéré des vêtements dans une poubelle, amendes à répétition pour mendicité prélevées souvent sans même un procès verbal, amendes pour « traversée irrégulière de la chaussée »...
En parallèle, les blocages des institutions sociales repartent de plus belle. Des personnes se voient de nouveau refuser leur dossier de mise en place de la CMU, avec enquête de voisinage et enquête à domicile de la CPAM chez une personne du collectif qui domicilie des Roms. La CAF transmet à la préfecture toutes les demandes de droit à des prestations faites par des ressortissant·e·s roumain·e·s qui devraient pouvoir les obtenir. De son coté, le CCAS refuse de nouveau de domicilier les Roms sur la commune, sous prétexte qu'illes habitent dans des squats, ou de leur donner comme ils doivent le faire l'adresse d'organismes pouvant assurer leur domiciliation.
Face au soi-disant « problème Rom » annoncé dans le Bien Public du 21 janvier, nous apprenons le 8 février dans ce même journal que F. Rebsamen, maire de la ville et C. de Lavernée, préfet, se seraient rencontrés en janvier afin « d'imaginer des solutions ». Tout ce que nous voyons poindre pour l'instant en guise de « solutions », ce sont les mêmes dispositifs répressifs que l'an dernier au moment où les autorités locales voulaient évacuer les squats de l'avenue de Langres : arrestations à la chaîne, menaces, filatures policières, articles de presse et déclarations discriminantes…
Les autorités tentent de nouveau, par un harcèlement quotidien, d'éviter le scandale d'une expulsion policière, massive et sûrement trop visible, de dizaines d'adultes et d'enfants, pour certain·e·s installé·e·s depuis plusieurs années sur la commune.
Aujourd'hui, nous ne pouvons laisser l'histoire se répéter. Agissons avant que la répression ait fait son oeuvre.
20:22
Retours sur l'aventure du collectif « Soutien-Roms » en 2009
Suite au rassemblement pour empêcher l'expulsion du squat de l'avenue de Langres, des réunions hebdomadaires avec les familles, en particulier les femmes, se sont mises en place au squat au printemps. Pour certain-es, la solidarité se traduisait par des passages fréquents au squat pour discuter, apporter du matériel, accompagner les démarches au CCAS, à la PASS, pour les soins médicaux. Face aux services sociaux, le fait d'être accompagné par des citoyens « propres sur eux » aide pas mal à sortir du simple rejet méprisant et à arracher quelques aides face aux interlocuteurs institutionnels. Mais cela n'empêche pas pour autant les fins de non recevoir, les critiques et les remarques assassines.
Ce soutien passe aussi par des échanges et des repas partagés chez les uns et les autres pour mieux se connaître, ne pas tomber dans un assistanat paternaliste et univoque. La limite est en effet toujours fragile entre une solidarité qui préserve l'autonomie des familles et une intégration forcée qui se draperait de bonne conscience humanitaire. Ces enjeux, entre risque d'assistanat et recherche de liens plus égalitaires où les Roms parlent et agissent par eux-mêmes ont provoqué de nombreux débats et prises de position parfois contradictoires.
Les initiatives de solidarité ont aussi consisté dans la défense politique et juridique des squats et des personnes inculpées en lien avec la « caisse de solidarité dijonnaise ». Le collectif a aussi initié diverses actions publiques, occupations de rues, rassemblements, interventions lors des manifestations et au conseil municipal. Il a oeuvré par des soirées, articles, communiqués de presse, lettres aux élu-es visant à faire connaître la situation des Roms, à dénoncer la répression à leur encontre et à ce que ceux/celles -ci sortent de leur isolement.
Depuis le mois de décembre, un collectif dijonnais de soutien aux Roms s'est reconstitué. Contact : soutien-rroms-discussion@brassicanigra.org
Quelques considérations sur la misère et l'illégalité
« Ces images récurrentes, omniprésentes, induisent des attitudes négatives. Ici encore, les faits alimenteraient plusieurs volumes, entre la folklorisation superficielle et fragile des amoureux de la musique et de la danse, et une violence qui ne demande qu'à s'exprimer au moindre prétexte. Les résultats des études sont clairs les Roms sont les grands méconnus de l'Europe et les fantasmes les désignent comme les premières victimes potentielles du rejet, de la discrimination, de la négation sous toutes leurs formes. Les grandes enquêtes les mettent en tête de ceux qu'on ne veux ni voir s'installer comme voisins, ni entrer dans sa famille par un mariage, ni même avoir comme amis. Cette situation difficile est reconnue : si l'on demande dans les 27 Etats de l'Union Européenne : « Diriez que le fait d'appartenir à chacun des groupes suivants constitue plutôt un avantage,plutôt un inconvénient ou ni l'un ni l'autre dans la société d'aujourd'hui ? », 77% des personnes interrogées répondent que le fait d'être rom est un désavantage (le seul groupe qui obtient un score plus élevé est celui despersonnes handicapées avec 79%) » in Liégeois 2009
Un certain nombre de Roms font le choix de tenter de trouver une situation un peu plus vivable en France qu'en Roumanie. Une fois en France, il n'y a pas d'illusion à se faire, une partie des Roms magouille pour survivre, récupère, recycle, mendie, vole sûrement parfois, comme beaucoup et d'autant plus qu'illes n'ont pas vraiment d'autres moyens pour s'en sortir. Certain-es Roms vivent de manière quasi permanente en France depuis plusieurs années. Certain-es, comme bon nombre d'immigré-es, font effectivement des aller-retour réguliers.
Si nous ne sommes surtout pas là, en tant que soutien et ami-es pour faire le travail de la police, nous n'avons pas envie non plus de tomber dans l'angélisme larmoyant et de nier que des rapports pourris et de l'exploitation puisse exister dans l'économie formelleou formelle des migrant-es de Roumanie tout comme il en existe dans l'économie formelle de la société capitaliste. Les Roms que nous côtoyons ne sont pas résignés à être pauvres et ne sont pas étrangers au moyen omniprésent et quasi exclusif de reconnaissance sociale que représente la consommation, dans notre société en tout cas. Mais illes s'entraident, s'hébergent, s'épaulent aussi plus que beaucoup d'autres et conservent une culture collective qui fait souvent défaut par ici.
On ne va pas nier non plus que la culture patriarcale sévit aussi chez les Roms, sauf que l'on est toujours plus prompt à la stigmatiser chez les pauvres et chez les étrangers, chez les « autres », qu'illss soient roms ou musulmans. C'est sans doute beaucoup plus confortable que de s'intéresser à la manière dont la domination genrée se perpétue chez les bons citoyens blancs.
Ce que nous voulons combattre, c'est bien l'organisation économique, les frontières, la xénophobie et les discriminations qui entraînent et cautionnent l'exploitation et la misère. Nous nous sentirons pour notre part toujours plus solidaires des pauvres qui volent que des riches qui le font quotidiennement sur des sommes incomparables et avec l'aval de la loi et du gouvernement.
Après quelques mois de cohabitations et de rencontres denses, on peut de toute façon constater qu'une bonne partie des préjugés sur les réseaux organisés de prostitution, de vol et de mendicité avec quelques chefs de tribus qui s'enrichiraient en forçant les autres au travail ne sont la plupart du temps que des fantasmes. Ce que l'on voit qualifié du patronyme grandiloquent de mafia recouvre souvent tout simplement les rapports d'entraide entre familles et ami-es, les échanges de plans pour arriver, l'envoi de thunes à la famille restée sur place. Après des mois de cohabitation à Dijon, nous n'avons pas d'éléments, si ce n'est la propagande policière et médiatique, pour penser que les gens seraient pris dans de quelconques réseaux organisés et centralisés de travail forcé. Même la police, qui a pourtant déployé des montagnes d'efforts pour prouver ces allégations sans beaucoup s'embarrasser de précautions, n'est pas arrivé à grand chose..
Méfions-nous toutefois d'un certain misérabilisme citoyen qui ne verrait leur différence que par défaut ou résumée à un folklore caricatural, et viserait simplement à intégrer des « victimes » à la norme républicaine. Nous faisons face à des personnes qui vivent autrement par nécessité, rejet historique, mais aussi avec une part de choix. Illes entretiennent malgré tout une culture singulière, dans un monde aseptisé où n'ont droit à vivre que les individu-es isolé-es, lisses et rentables. Ces différences, choisies ou subies, valent aux Roms depuis des siècles, d'être traité-es avec la plus grande dureté, parfois assimilé-es de force, et le plus souvent rejeté-es de pays en pays.
Mais ces différences recèlent évidemment aussi un grand nombre d'aspects précieux et subversifs, par exemple en ce qu'ils échappent et frictionnent avec une vision sécuritaire et aseptisée des rapports sociaux et de la ville. Dans un monde de plus en plus policé, il y a certainement des inspirations à trouver pour beaucoup d'entre nous, du côté d'habitudes de contournement et de confrontation avec l'injustice et la violence des lois, d'une capacité à la débrouille et à entretenir des cultures de vie en porte-à-faux.
20:22
Depuis 2007, le droit au travail des nouveaux·elles entrant·e·s dans l'UE (Bulgarie et Roumanie) est toujours conditionné par des « mesures transitoires », alors que cette limitation a été levée au bout de deux ans pour tous les précédents pays entrants dans l'UE. Les 3 mois d'autorisation de séjour accordés à ces ressortissant·e·s sont censés servir à chercher un travail. Pour cela, il faut trouver un employeur, que celui ci accepte de verser 900 euros à l'ANAEM pour embaucher la personne, qu'il dépose son annonce à l'ANPE et que personne n'y réponde pendant 7 jours. Pour le·la futur·e employé·e, il faut, promesse d'embauche en poche, entamer une procédure de demande de titre de séjour auprès de la préfecture et une demande d'autorisation de travail auprès de la DDTE. Cette procédure exige que le travail rapporte au moins le SMIC mensuel (les temps partiels ne sont donc pas possibles), exige que le travail figure sur une liste préfectorale des métiers dits « en tension » et prend dans le meilleur des cas quelques mois. On comprend que ce soit quasi impossible pour des personnes sans beaucoup de diplômes ou sans pistons de faire patienter un employeur plusieurs mois avant de pouvoir embaucher la personne, surtout que dans les faits celui/celle-ci s'expose par cette procédure à des contrôles de son entreprise extrêmement dissuasifs.
Le droit au séjour, les OQTF et l'ANAEM.
« La mobilité potentielle des Roms est instrumentalisée pour créer des peurs irrationnelles pouvant induire l'adoption de mesures coercitives, et justifier la demande de règles régressives, allant jusqu'à la remise en cause d'une circulation facilitée dans l'espace européen ou pire encore, au fichage et au relevé des empreintes digitales des Roms, y compris des enfants comme le propose le gouvernement italien en Juin 2008 : "cela rappelle des faits analogues de façon tellement évidente qu'il n'est même pas utile de le préciser". »
Terry Davis, secrétaire général du Conseil de l'Europe in Liègeois.
Depuis l'entrée de la Roumanie dans l'Europe en janvier 2007, le droit au séjour est conditionné par la capacité de subvenir à ses besoins sans « être une charge pour le système social français » (CESEDA). Malgré la « _citoyenneté européenne_ », il est donc toujours possible pour l'Etat de se débarrasser des Roumain·e·s ou Bulgares par le biais d'OQTF. Pendant un moment, les expulsions forcées avaient semblé décroître puisqu'il fallait pour les justifier que la personne visée soit présente sur le territoire de manière continue depuis plus de trois mois, ce que les policier-es n'arrivaient pas toujours à savoir. Pour obtenir ces informations, illes demandent parfois la collaboration des services sociaux qui peuvent présenter des preuves de passage dans leurs services. Illes peuvent aussi, comme à la caserne à Dijon, ficher toutes les personnes à l'ouverture d'un squat pour pouvoir leur délivrer massivement des OQTF trois mois après. Illes continuent ainsi à se livrer à quelques expulsions forcées avec passage en centre de rétention pour l'exemple et à délivrer de nombreuses OQTF, accompagnées de convocations et intimidations pour que les personnes partent « d'elles- mêmes ».
Quand des Roms « posent problème » dans une ville, un des grands outils d'« incitation » au départ du territoire français est l'ANAEM (Agence Nationale de l'Accueil des Etrangers et des Migrations) et ses « aides au retour » qui sont censées être librement choisies. L'ANAEM organise les voyages et les paient, en donnant en plus un petit pécule de 300 euros pour les adultes et 100 euros pour les enfants. L'ANAEM note les noms et les personnes n' y ont droit qu'une fois. Après un retour avec l'ANAEM, les personnes sont libres de revenir en France. En pratique, les policier·e·s et agents de l'ANAEM disent qu'il n'est pas possible de revenir et font pression, notamment lors des expulsions de squats ou arrestations pour pousser les personnes à s'engager dans un retour ANAEM. Des agents de l'ANAEM sont d'ailleurs souvent présent·e·s lors des expulsions de squats dans d'autres villes.
Selon l'association Romeurop dont les chiffres ont été repris par le Canard Enchaîné, plus de 4 600 expulsé·e·s sur les 5 premiers mois de l'année 2008 seraient des Roms, des Bulgares et des Roumain·e·s soit 40% des personnes expulsé·e·s. Or, la plupart ont bénéficié de l'aide au retour et sont censé·e·s pouvoir revenir en France dès qu'illes le veulent. Autrement dit, ces expulsions ont avant tout pour but de faire du chiffre et de remplir les quotas annoncés par B. Hortefeux.
Le refus de domicilier les Roms à Dijon.Au printemps dernier, le CCAS dijonnais estimait « ne rien avoir à faire pour eux » parce qu'illes n'avaient pas une vraie domiciliation sur la commune. Un squat n'était en effet pas une vraie domiciliation selon le CCAS qui les considéraient comme des SDF. En réalité, le squat de l'avenue de Langres représentait un logement stable sur la commune depuis plus d'un an et le CCAS est censé domicilier les SDF établi·e·s sur la commune. Depuis le début de la mobilisation en soutien aux Roms sur Dijon, plusieurs représentant·e·s de la mairie ou de ses services avaient tenté de décourager les représentant·e·s du collectif avec des arguments culpabilisants du style : « leur procurer du pétrole pour se chauffer c'est être irresponsable et mettre leur vie en danger » ou « en les aidant vous leur faites courir plus de risques d'expulsion » ! Début 2009, la mairie avait organisé une réunion au CCAS au sujet des Roms dijonnais·e·s, en excluant la participation des familles et aussi des membres du collectif sous prétexte que celui-ci n'était pas une « instance officielle ».
Après la multiplication des protestations, un rappel à la loi envoyé par leur avocat et le premier rendez-vous accordé au collectif par la mairie en mai, la présidente du CCAS, Mme_Didion a fini par reconnaître que le CCAS était dans l'obligation de domicilier les Roumain·e·s. Elle a nié n'avoir pas respecté cette obligation et affirmé que le CCAS n'avait juste pas le formulaire adéquat à leur disposition. Le CCAS a alors commencé à faire des domiciliations en traînant des pieds, au cas par cas. Il semble qu'il revienne aujourd'hui de nouveau sur cette avancée.
Des Villages d'insertion pour les Roms ?
Les villages d'insertion sont une très mauvaise idée, et comme les très mauvaises idées plaisent beaucoup en ce moment, elle est actuellement reprise à la fois par l'Etat et par des collectivités locales. Il ne s'agit, comme le dit l'association « La voix des Roms », ni de villages, ni d'insertion. Ce sont des camps, à l'extérieur des villes, gardés par des maîtres-chien. L'entrée est interdite à toutes les personnes qui ne logent pas à l'intérieur, il faut donc recevoir ses proches à l'extérieur. Les places dans ces camps, composés de baraques préfabriquées, sont chères. En effet, il faut pour y loger avoir la preuve que l'on dispose d'un contrat de travail, chose quasi-impossible quand on vient en France et que l'on est originaire de Roumanie ou de Bulgarie. Pour preuve des motivations des gens qui mettent ces camps en place, puis les administrent, le coût du gardiennage représente 75% du budget des villages d'insertion. Pour comparaison, cette part est de 65% dans les prisons. L'idée qui conduit des associations humanitaires à cogérer ces camps avec les préfectures, c'est la « responsabilisation » des familles, notamment en leur faisant payer un loyer. Idée crasse, à la mesure de l'ambition de ces villages d'insertion arrivant sur Paris.
A Dijon la politique est pour l'instant plus claire, « on dégage ! »
20:22
En 2008, j'habitais au squat Avenue de Langres, avec des ami-es. J'y suis restée presque un an, ensuite on a cherché un autre squat à quelques uns. Pendant l'hiver 2008-2009, le président de l'association France-Roumanie nous rendait souvent visite. Il venait voir tout le monde et il a demandé nos papiers pour nous trouver du travail, d'un logement, une situation confortable. Pour moi, c'était trop difficile en Roumanie. Des fois tu peux trouver du travail mais souvent le patron va pas te payer.
• Et il est venu dans l'autre squat après ?
Non, on s'est brouillé avec lui, car lui il nous mentait tous les jours. Il disait qu'il allait faire les démarches pour le travail, et puis...rien. Quand on a déménagé, on a coupé les relations avec lui. Mais avant de déménager on lui avait déjà donné des photocopies de nos papiers, tous nos papiers.
• Il vous a demandé vos papiers ?
Oui, avec le même discours, il nous a dit que pour trouver du logement, du travail il lui fallait nos papiers.
• Et c'était comment d'ouvrir un squat dans votre situation ? La police est venue tout de suite, le deuxième jour. C'était au mois de janvier. Quelqu'un nous a vu dans la maison et tout de suite a appelé la police. La police nationale est venue tout de suite, a contrôlé les papiers puis nous a dit « dégage ». Ils nous ont mis-es dehors sous la neige. On a attendu qu'ils partent, puis on est revenu dans la maison. Ils sont revenus une deuxième fois juste pour les papiers, et après ils nous ont laissé-es tranquilles. Des ami-es ont parlé avec la propriétaire, et elle voulait bien qu'on reste dans la maison, elle était très gentille.
• Vous avez été arrêté-es en avril, vous vous doutiez de quelque chose ?
Non, ils sont venus frapper à 6h du matin, le 15 avril, on croyait que c'était la police nationale, mais en fait c'était la PAF.
• Ils vous ont dit pourquoi ?
Ils ont parlé d'escroquerie, j ai pas compris car j' avais jamais entendu parler de ça. J'ai demandé plusieurs fois a l'interprète, « c'est quoi l'escroquerie, je comprends rien ! » et elle ma dit « tu verras au commissariat ».
• Comment s'est passée la garde à vue ?
Pour moi, trop mal, car je n'étais jamais allée en garde à vue, ni en Roumanie ni en France. Le gardien s'est comporté trop mal. J'ai pas supporté la cellule, j ai crié ...
• Ils t'ont interrogée ?
Je suis restée 24h en garde à vue, après l'interprète elle m'a dit , « t'as pas dit la vérité , tu vas entrer en prison ». Après 24h , ils ont prolongé 24h et je suis passée vers la procureur et elle m'a dit la même chose « t'as pas dit la vérité, tu vas entrer directement en prison ». J'ai dit toute la vérité, j'ai pas menti et elle m'a dit « une fille comme vous, elle mérite de rester en prison. Vous risquez 7 années de prison ». Ils voulaient me faire dire qui était le chef de la bande organisée, qui nous envoyait faire la manche. Je lui dis, jamais personne, car c'est nous qui y allons personnellement. En garde à vue, ils ont ramené des panneaux avec des photos et m'ont dit « tu connais ? , tu connais ?... » Bien-sûr je connais toutes les personnes, j'habite avec, ou je les croisent, alors je dis, oui oui ...à cause de ça je faisais partie d'une bande organisée.
• Parce que tu connais les autres personnes, c'est une bande organisée ? Et toi tu voulais pas dire que c'était une bande organisée ?
Non , parce que j'ai dit la vérité, c'est pas une bande organisée.
• Et ils t'ont accusé d'avoir volé la CAF et de recel d'objets ?
Ils ont dit qu'on avait volé dans une église, des bougeoirs. Bien plus tard, j'ai vu Mtre Clemang, et elle m'a dit qu'on m'accusait pour la CAF et l_'assurance maladie.
• A la fin de la garde à vue on t'a emmenée en prison ?
Oui à 10h du soir. Je suis passée au tribunal en garde à vue, et ils ont donné 4 mois provisoires avec mandat de dépôt. J'étais choquée car j'étais jamais allée en prison.
• Tu peux raconter la prison ? Tu t'es retrouvée seule ?
Non, quand je suis rentrée il y avait 3 filles, une là depuis 2 mois, un mois et l'autre quelques heures. J' étais très choquée car les deux premières étaient toxicomanes, elles était agressives car elles prenaient beaucoup de médicaments... J'étais déprimée complètement à cause de ma famille, mon enfant, personne ne savait, je pleurais, je criais. Après j'ai déménagé dans une autre cellule avec une autre fille. En prison, les filles sont beaucoup déprimées, prennent beaucoup de médicaments pour dormir. Tu penses à tes enfants , ta famille, tu peux rien voir, juste les murs et la promenade. Y'a des surveillantes qui sont bien, elles sont rares, y a les surveillantes qui sont méchantes.
• Méchantes comment ?
Elles sont racistes, elles te disent , « _toi t'es roumaine, toi t'as fait des escroqueries, la banque, la CAF.. », alors elles te parlent mal. Moi j 'ai rien fait, je suis restée tranquille.
• Et avec tes compagnons t'es devenue amie ?
Oui, après je suis devenue amie avec les filles, je fais des blagues, je fais rigoler, n' importe quoi pour faire rigoler, sinon je deviens folle.
• Et vous vous aidiez ?
Oui, moi j'avais pas d'argent et les filles m'ont acheté du tabac toutes les semaines. Puis après y a un groupe de gens à l'extérieur qui m'ont envoyé de l'argent pour faire mes courses.
• Et tu avais des nouvelles de ton copain, de tes ami-es ?
Pas du tout, car la juge elle avait bloqué mon courrier. Tu peux faire une demande pour débloquer le courrier, mais ils ont pas voulu. Après deux mois j'ai reçu une lettre de ma famille de Roumanie, et ma voisine.
• On t'a laissé téléphoner à ta famille ?
Non j'avais pas le droit car j'avais pas été jugée. Tu peux faire la demande au Spip, tu donnes le numéro et c'est eux qui appellent ta famille.
• T' avais pas le droit de travailler ?
Si mais y avait plus de place, il n' y a pas beaucoup de places.
• Et après 3 mois t'as su que t' allais sortir ?
Non, quand on m'a libérée je savais pas que j'allais sortir sous contrôle judiciaire. Quand je suis passée au tribunal le 8 juillet, on m'a demandé si j'avais un domicile fixe. J'en avais pas sinon j'aurais pu sortir. Après je savais pas mais j'ai été libérée le 20 juillet sous contrôle judiciaire pendant 6 mois, jusqu'à janvier 2010.
• Et comment s'est passé ton contrôle judiciaire ?
La première fois que je suis retournée au commissariat, ils ont fait des photos, une petite fiche.. je suis monté au bureau où on m'avait interrogée, j'avais peur, je me suis dit qu'ils allaient m'arrêter encore, et ensuite je suis allée toutes les semaines pour signer.
• Tu avais des restrictions ?
Pas le droit de voir les ami-es qui se sont faits arrêter, d'aller à l'adresse des squats, pas le droit pour travailler. On est allé a la préfecture pour le récépissé, et ils ont donné une réponse négative.
• Et maintenant vous avez le non-lieu, qu'est ce que tu vas faire ?
Je suis contente, car je suis restée avec une forte douleur suite à la prison. J'ai fait de la prison pour rien, alors maintenant je vais faire les démarches pour les réparations, je pense qu' on va gagner le procès. C'est pas normal que quelqu'un m'ait accusé pour rien. J'ai passé des mois en prison traité comme un chien. Je veux savoir pourquoi cette personne a voulu nous faire du mal, nous on lui a rien fait.
• Tu ne comprends pas pourquoi elle vous a dénoncé-es ?
Non pas du tout. Peut-être a cause du racisme
• Et tu ne l'as jamais revu ?
Non, mais maintenant je suis sûre que c'est lui qui m'a balancée car c'est marqué dans mon papier, le 26/02/2009.
• Et maintenant il ne passe plus voir les autres familles à la caserne ?
Non, car maintenant les autres personnes le savent et n'ont plus confiance. Il peut aller a la police et dire n'importe quoi. C'est le président de l'association France Roumanie, pour aider les Roumain-es, mais en fait il a fait juste du mal, rien de bon pour les Roumain-es , la vérité qui est sorti dans les papiers, c'est lui qui a dénoncé, les gens sont partis en prison pour rien du tout.
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Trois soirées (8,10 et 12 mars 2010 à l'ENS-LSH) de projections, de débats et de conférences qui ne seront ni des enterrements d'espoir ni des réunions d'ancien-nes combattant-es, mais des moments pour dire, réfléchir, sourire, nous scandaliser ensemble et essayer de comprendre où en sont les luttes aujourd'hui, interroger la question des genres (masculin/féminin) et débusquer les discriminations dans leurs replis les plus subtils et les plus tenaces.
- Rapports sociaux de genre / En une
8:00
22:30
7:58
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Solidarité avec Manale, étudiante à Lyon 2 d'origine marocaine expulsable du territoire français à partir du 10 mars.
- Migrations - sans-papierEs / Migrations - sans-papierEs, Éducation - partage des savoirs
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Paris, 25 février 2010 - Un document inquiétant relatif à Internet a été publié par la Présidence espagnole du Conseil de l'Union européenne. Tout en demandant aux États membres quelles sont leur pratiques en matière de filtrage d'activités illégales sur Internet, la Présidence fait l'amalgame entre la pédopornographie, les discours racistes et xénophobes et la contrefaçon d'œuvres soumises au droit d'auteur.
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Poursuivant sur cette inacceptable confusion des genres, le document va jusqu'à dire qu' « Internet devient un instrument de régression sociale ». Une telle instrumentalisation des peurs dans le but d'imposer des politiques réactionnaires telles que le filtrage du Net n'est pas tolérable dans l'Union Européenne.
Ces questions (voir ci-dessous) sont clairement orientées pour justifier l'imposition du filtrage de l'Internet et son extension à de nouveaux domaines. Alors qu'elles sont inefficaces pour faire appliquer le droit, ces mesures dangereuses mettent en cause la structure décentralisée d'Internet et violent le principe de neutralité du Net. Elles ouvrent également la porte à la censure. En effet, appliquer les limites traditionnelles de la liberté d'expression au travers du filtrage du Net expose les utilisateurs d'Internet au risque de blocage collatéral de sites web (sur-blocage).
« Cette instrumentalisation réactionnaire des peurs par la Présidence espagnole n'est pas tolérable. Nos sociétés modernes doivent considérer Internet comme un espace public au service du progrès culturel, économique et social, pas comme un far-west dans lequel aucune règle ne s'applique. Les citoyens attachés à leurs libertés et à Internet sont menacés par ce projet sécuritaire visant à contrôler la sphère publique en réseau. Les citoyens européens, tout particulièrement en Espagne, doivent suivre l'exemple de l'initiative 'Red Sosenible'1 et s'opposer à cette vision extrémiste et dangereuse », déclare Jérémie Zimmermann porte-parole et co-fondateur de La Quadrature du Net.
Questions posées par la Présidence espagnole aux États membres
1. Comment votre pays lutte-t-il contre la pédopornographie, les contenus racistes et xénophobes et les atteintes à la propriété intellectuelle sur Internet ? Peut-on bloquer l'accès, dans votre pays, aux pages Internet comportant ce type de contenus?
2. Comment pensez-vous qu'il faudrait agir pour lutter contre ce type d'activités au niveau de l'Union européenne?
3. Comment pourrait-on agir contre ce type de contenus lorsqu'ils sont diffusés à partir de
serveurs situés dans des États non membres de l'Union européenne?
Afin d'être en accord avec les principes démocratiques de l'Union Européenne, les réposnes à ces questions devraient indiquer que:
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Quatre eurodéputés - Françoise Castex (FR, S&D), Alexander Alvaro (DE, ALDE), Stavros Lambrinidis (GR, S&D) et Zuzana Roithova (CZ, EPP) - ont soumis une déclaration écrite s'opposant à l'ACTA1.
La déclaration écrite sera ouverte à signature durant la session plénière du 8 mars à Strasbourg. Pour que cette déclaration soit officiellement adoptée par le Parlement, il faudra alors obtenir les signatures d'une majorité d'eurodéputés dans un délai de trois mois.
"Cette déclaration écrite exprime de réelles inquiétudes concernant le contournement du processus démocratique et les risques que l'ACTA représente pour les libertés fondamentales. Il s'agit d'une occasion importante pour les citoyens d'agir contre l'ACTA et de protéger Internet. Chaque citoyen européen qui aime le Net doit contacter les eurodéputés de son pays et les inciter à signer cette déclaration écrite." explique Jérémie Zimmermann, porte-parole de La Quadrature du Net.
Pour trouver les listes des eurodéputés par pays et leurs informations de contact, rendez-vous sur Mémoire Politique
Written declaration on the lack of a transparent process and potentially objectionable content concerning the Anti-Counterfeiting Trade Agreement (ACTA)
The European Parliament,
– having regard to Rule 123 of its Rules of Procedure,
A. Whereas the ongoing negotiations concerning the Anti-Counterfeiting Trade Agreement (ACTA).
B. Whereas the co-decision role of the European Parliament in commercial matters and its access to negotiation documents guaranteed by the Lisbon Treaty,1. Considers that the proposed agreement should not indirectly impose harmonisation of EU copyright, patent or trademark law. The principle of subsidiarity should be respected,
2. Declares that the Commission should immediately make all documents related to the ongoing negotiations publicly available.
3. Takes the view that the proposed agreement should not force limitations upon judicial due process nor weaken fundamental rights such as freedom of expression and the right to privacy.
4. Stresses that the evaluation of economic and innovation risks must take place prior to introducing criminal sanctions where civil measures are already in place.
5. Considers that Internet service providers should not bear liability for the data they transmit or host through their services to an extent that would imply prior surveillance or filtering of such data.
6. Points out that any measure aimed at strengthening powers for cross-border inspection and seizures of goods should not harm global access to legal, affordable and safe medicines.
7. Instructs its President to forward this declaration, together with the names of the signatories, to the Commission, the Council and the parliaments of the Member States.
12:24
Paris, le 24 février 2010 - À quelques semaines des élections régionales, la secrétaire d'État à l'Économie numérique Nathalie Kosciusko-Morizet lance un "débat national sur la neutralité du Net". Elle vient à cet effet d'installer un groupe d'experts chargé de nourrir la réflexion du gouvernement en la matière. Il faudra cependant beaucoup plus que de simples déclarations suspectes d'intentions électoralistes pour convaincre.
Le débat sur la neutralité du Net - principe qui exclut toute discrimination à l'égard de la source, de la destination ou du contenu de l'information transmise sur Internet - fait rage depuis plus d'un an au niveau européen1. Tout récemment, de nombreuses questions ont été posées à ce sujet lors de l'audition de la commissaire européenne Neelie Kroes, qui a indiqué qu'elle entendait garantir ce principe. En France, après l'Arcep et certains parlementaires, le gouvernement entame à son tour une réflexion visant à définir sa propre doctrine.
Toutefois, en pleine dérive sécuritaire2 au sujet d'Internet3, cette initiative gouvernementale appelle au scepticisme. Après l'HADOPI, le filtrage du Net de la LOPPSI, les promesses de filtrage faites aux industries du divertissement4 ou les négociations sur l'accord multilatéral ACTA5, il faudra beaucoup plus que de simples déclarations, forcément suspectes d'intentions électoralistes, pour convaincre de la volonté du gouvernement de réellement protéger l'écosystème Internet.
« Après l'HADOPI et la LOPPSI, et à quelques semaines des régionales, le gouvernement feint de se préoccuper des libertés fondamentales des utilisateurs d'Internet. S'il est évidemment indispensable de garantir la neutralité du Net, le gouvernement fait l'inverse depuis plusieurs années en poussant un contrôle centralisé du réseau. Sur les trois opérateurs de téléphonie fournissant de l'"Internet mobile" bridé ne respectant pas la neutralité du Net6, deux sont détenus par des amis personnels du Président de la République. Il est à craindre que la neutralité du Net, essentielle à un Internet libre et ouvert, soit sacrifiée au nom des intérêts des proches de Nicolas Sarkozy. » conclut Jérémie Zimmermann, porte-parole de La Quadrature du Net.
20:46
SOMMAIRE
- La peur du conflit
- La Complicité, pas la dette
- En quête d'allié-es ?
- Lettre ouverte aux camarades français à propos des arrestations de Tarnac et pas seulement
- Lettre ouverte à quelques anarchistes italiens
- Face à toi
- Toucher au cœur
- A propos des manipulations et tergiversations autour de notre compagnon Mauri
- L'Anarchisme contre l'antifascisme
Dans ce modeste recueil, on pourra trouver quelques textes, presque toujours liés à des situations et à des contextes particuliers, cependant, si nous les avons réunis ici c'est qu'ils participent tous plus généralement d'une même cohérence antipolitique. Antipoliquoi ?... S'exclameront certains. Une nouvelle théorie à la mode chez les anarchistes de salon ?
L'antipolitique, peu importe le nom qu'on lui donne (il n'aura de toute manière aucune nécessité), est une tendance réelle au sein du mouvement anarchiste international parmi ceux qui luttent et qui font quotidiennement le choix de ne pas sombrer dans les méandres militarisés de la stratégie et de sa tactique au nom desquelles tant ont retourné leurs vestes, prouvant à ceux qui ne voulaient pas y croire à quel point éthique, idées, désirs, individu et rêves pouvaient être bradés sur l'autel de la reconnaissance, de la représentation et de la médiation.
Comment le calcul politicien et sa mythologie unitaire sont capables de transformer des camarades et des compagnon/es en véritables chefs de guerres, avec leurs troupes à placer sur un échiquier, avec leurs alliances nauséeuses. Comment ils réussissent à nous faire conclure des alliances avec ceux sur qui nous crachons en temps normal, qu'il s'agisse de la gauche républicaine et citoyenniste comme de la gauche révolutionnaire et les divers avatars du léninisme. De l'union sacrée de 1914 à la guerre civile en Espagne et la participation au gouvernement anti-fasciste des chefs de la CNT jusqu'au 21 avril 2002 et son front républicain contre Le Pen, de l'affaire Tarnac et ses états d'exception aux collusions entre organisations formelles dites « anarchistes » et organisations et partis réformistes, des assemblées générales du CPE dans lesquelles étaient conviés grévistes, non-grévistes, jaunes aux diverses tentatives de récupérer les idées de compagnons frappés par la répression à des fins idéologiques qui ne sont pas les leurs etc. la liste est longue et ne semble pas vouloir se refréner.
Bien que selon nous, faire de la tactique amène forcement son lot d'erreurs tactiques, dans cette brochure il ne s'agit pas de critiquer les erreurs tactiques de tel ou tel, mais la tactique en tant que telle lorsqu'elle est érigée en totem pour lequel chacun doit sacrifier les idées qu'il porte et qui le porte dans une juste harmonie qu'il devient si commode de violer.
« La fin justifie les moyens », « tout les moyens sont bons »… pour sortir nos camarades de taule, pour faire barrage au fascisme, contre la guerre, pour élargir le faisceau de sympathisants, pour conscientiser les masses, faire connaitre nos idées etc. La ritournelle est connue et reconnue. Mais de la belle époque à nos jours, des anarchistes ont combattu le mythe de l'unité, quitte à le payer cher. Il ne tient qu'à nous de ne plus céder.
Nous préférons perdre en gardant nos idées que de gagner en devenant autoritaires.
« Je ne veux pas troquer une part de maintenant pour une part fictive de demain, je ne veux rien céder du présent pour le vent de l'avenir. »
Albert Libertad.
Vraiment, ce n'est pas un problème lorsque vous vous raidissez contre moi et affirmez vos distinctions et particularités : vous ne devez pas abandonner ou renoncer à vous-même »
Max Stirner
Chaque fois que plusieurs anarchistes se réunissent, il y a des débats, des querelles. Ce n'est pas une surprise, puisque le mot « anarchiste » est utilisé pour décrire un large éventail d'idées et de pratiques souvent contradictoires. Le seul dénominateur commun est le désir de se débarrasser de l'autorité, et les anarchistes ne sont même pas toujours d'accord sur ce qu'est l'autorité, sans parler de la question des méthodes appropriées pour l'éliminer. Ces questions en appellent encore beaucoup d'autres, les polémiques sont donc inévitables.
Les polémiques ne me dérangent pas. Ce qui me dérange est la focalisation à toujours essayer de parvenir à un accord. Il est assumé que « parce que nous sommes tous des anarchistes », nous devons tous vraiment vouloir la même chose ; nos conflits apparents doivent simplement être des malentendus que nous pouvons dissiper, en trouvant un terrain commun. Quand quelqu'un refuse de parler des choses et insiste à maintenir ses différences, on le taxe de dogmatisme. Cette insistance à découvrir un terrain d'entente est l'une des sources les plus significatives du dialogue infini qui prend si fréquemment lieu et place de la lutte pour créer nos vies en nos propres termes. Cette tentative de trouver un terrain d'entente implique le dénigrement de conflits pourtant très réels.
Une stratégie fréquemment utilisée pour dénigrer le conflit est de prétendre qu'un débat est simplement un désaccord sur des mots et leurs significations. Comme si les mots que l'on utilise et la façon dont on les utilise n'ont aucun rapport avec nos idées, rêves et désirs. Je suis convaincu qu'il y a très peu de débats simplement basés sur des mots et leurs significations. Ceux-ci peuvent être facilement résolus si les individus impliqués expliquaient clairement et précisément ce qu'ils voulaient dire. Quand les individus ne peuvent pas en venir à un accord sur les mots à utiliser et comment les utiliser, cela indique que leurs rêves, désirs et leurs façons de penser sont si différents que même dans une langue simplifiée, ils ne peuvent pas trouver un langage commun. La tentative de réduire un abîme si immense à la simple sémantique est une tentative de nier un conflit très réel et la singularité des individus impliqués.
Le dénigrement du conflit et de la singularité des individus peut refléter un fétichisme de l'unité qui provient du gauchisme résiduel ou du collectivisme. L'unité a toujours été fortement estimée par la gauche. Vu que la plupart des anarchistes, malgré les tentatives de se séparer de la gauche, sont simplement des gauchistes anti-étatiques, ils sont convaincus que seul un front uni peut détruire cette société qui nous force perpétuellement à des unités non choisies et que nous devons, donc, surmonter nos différences et nous rejoindre pour soutenir la « cause commune ». Mais lorsque nous nous donnons à cette « cause commune », nous sommes forcés d'accepter le plus petit dénominateur commun de compréhension. L'unité créé de cette façon est une fausse unité qui prospère seulement par la suppression des désirs et des passions uniques des individus impliqués, les transformant en une masse. Une telle unité n'est en rien différente de la formation de la main-d'œuvre qui permet le fonctionnement de l'usine, ou de l'unité du consensus social qui garde les autorités au pouvoir et les gens en ligne. L'unité de masse, parce qu'elle est basée sur la réduction de l'individu à une unité dans une généralité, ne peut jamais être une base pour la destruction de l'autorité, mais seulement pour son assistance, dans une forme ou dans une autre. Puisque nous voulons détruire l'autorité, nous devons commencer sur des bases différentes.
Pour moi, cette base est ma vie - ma vie avec toutes ses passions et ses rêves, ses désirs, ses projets et ses rencontres. De cette base, je ne fais « cause commune » avec personne, mais je peux fréquemment rencontrer des individus avec qui j'ai une affinité. Il se peut que vos désirs et passions, vos rêves et projets coïncident avec les miens. Accompagné d'une insistance à les réaliser en opposition avec toute forme d'autorité, une telle affinité peut être une base pour une unité véritable entre des individus singuliers et insurgés, qui ne durera que tant que ces désirs individuels perdureront.
Certainement, le désir de destruction de l'autorité et de la société peut nous pousser à lutter pour une unité insurrectionnelle à grande échelle, mais jamais comme un mouvement de masse ; au lieu de cela elle devrait être la coïncidence des affinités entre des individus qui souhaitent créer leurs propres vies en leurs propres termes. Ce type d'insurrection ne peut pas émerger de la réduction de nos idées à un plus petit dénominateur commun avec lequel chacun peut se mettre artificiellement d'accord, mais seulement par la reconnaissance de la singularité de chaque individu. Mais cela doit-être une reconnaissance qui embrasse les conflits réels qui existent entre les individus, aussi féroces soient-ils, comme des particules de l'étonnante richesse des interactions que le monde peut nous offrir une fois débarrassé du système social qui nous a volé nos vies.
La Complicité, pas la dettebase pour une solidarité anarchiste
Aucun de nous ne doit rien à personne. Cela devrait être un principe directeur derrière toute pratique anarchiste. Tous les systèmes de pouvoir, toutes les hiérarchies et toutes les relations économiques sont justifiés par l'idée que chacun d'entre nous, en tant qu'individu, doit son existence à la collectivité qu'est cet ordre social. C'est une dette sans fin, une obligation éternelle qui ne peut jamais être remplie, qui nous garde enchaînés à un cycle d'activité qui maintient cette société. En tant qu'anarchistes et qu'insurrectionnalistes, notre but est précisément le complet renversement de ce cycle d'activité, des relations sociales qui gouvernent nos vies. Quelle meilleure occasion pour commencer, que le refus absolu du plus basique des principes économiques et politiques : la dette.
Malheureusement, une grande partie de la lutte sociale en cours se base elle-même sur des suppositions économiques et/ou politiques, et particulièrement sur celle de la dette. Les gens parlent de réparations, de dédommagements, d'obtenir ce que l'on nous doit, ce qui est de droit. Cela s'entend même dans la façon dont nous parlons de lutte des classes quand l'idée "de reprendre ce qui nous appartient" est utilisée pour signifier que nous avons un droit parce que nous l'avons « gagné » - c'est-à-dire, l'idée que « le produit doit appartenir à celui qui le produit ». Cette façon de concevoir la lutte des classes reste fermement implantée dans l'économie, qu'il est dans notre intérêt de détruire.
La méthodologie économique et politique de la lutte oppose le privilège au droit. De cette manière, il suppose que l'individu est dépendant d'un pouvoir supérieur, le pouvoir qui accorde les droits et les privilèges (c'est-à-dire, l'ordre social existant). En fait, les droits et les privilèges sont vraiment la même chose : des libertés limitées qu'un pouvoir supérieur accorde à un individu en raison d'une certaine valeur inhérente ou gagnée que ce pouvoir reconnaît en lui. Ainsi, l'opposition du droit et du privilège est une fausse opposition. Elle n'est rien de plus qu'un désaccord sur la façon dont le pouvoir devrait nous valoriser et un appel à lui pour une reconnaissance de notre valeur. Une lutte pour des droits n'est rien de plus qu'une lutte pour se vendre à un meilleur prix. Au maximum de sa radicalité, cela devient la tentative de vendre tout le monde au même prix. Mais certains d'entre nous ne veulent pas être vendus du tout.
L'espèce de « solidarité » que cette méthode de lutte induit est une relation de service basée sur le concept de dette. Quand vous exigez que je renonce à « mon privilège », vous n'êtes pas juste en train de me demander de sacrifier quelque chose à votre conception de la lutte. Plus significativement, vous supposez que je reconnais ce privilège, me définissant en des termes nécessaires pour le gagner, par concession.
Pour utiliser un exemple, disons que vous exigez que je renonce à mon privilège masculin. Il y a quelques suppositions dans cela : 1) que je me vois essentiellement comme masculin ; 2) que je possède ce privilège et peut ainsi en disposer comme je le souhaite ; et 3) que je vous le dois, c'est-à-dire, que j'ai une dette envers vous en raison de ma masculinité. Mais ce n'est pas le cas, en fait, je ne me vois pas uniquement comme un homme, mais comme un individu unique, comme moi-même.
Vous pouvez répondre avec justesse que cette société sexiste, néanmoins, me perçoit effectivement uniquement comme un homme et m'accorde des privilèges spécifiques qui vont à votre détriment. Mais concrètement nous voyons que je ne possède pas ce privilège, pas plus que je ne possède la masculinité qui m'est accordée. Tout cela m'est imposé par l'ordre social. Le fait qu'ils puissent fonctionner à mon avantage par rapport à vous n'en font pas moins une imposition à moi, à mon individualité. En fait, cet avantage agit comme un dessous de table par lequel les dirigeants de cette société essayent de me persuader de ne pas m'unir avec vous contre lui. Mais ce dessous de table fonctionnera uniquement si je perçois l'avantage du privilège masculin qui m'est accordé par cette société comme étant de plus grande valeur pour moi que ma capacité à définir ma propre sexualité, et créer mes propres relations avec d'autres de n'importe quel genre, et en mes propres termes.
Quand je reconnais cette société comme mon ennemi, je reconnais tous les privilèges et les droits qu'elle accorde à ses ennemis comme des impositions et des limitations qu'elle impose à mon individualité. Puisque le privilège masculin est quelque chose d'accordé et donc, défini et appartenant à l'ordre social, même si nous restons dans la structure économique et politique de la lutte, ce n'est pas moi, mais cet ordre social qui a une dette envers vous. Mais comme nous l'avons vu, les concepts de « privilège » et de « droit » dépendent de l'idée d'un distributeur légitime qui se tient au-dessus de nous et décide de ce que nous méritons. L'ordre social est ce distributeur. Ainsi, il ne peut être dit qu'il vous doit quoi que ce soit. Il distribue ce qu'il possède en ses termes, et si vous n'êtes pas d'accord avec ces termes, cela ne fait pas de vous son créancier, mais son ennemi. Et seulement en tant qu'ennemi de cet ordre social, pouvez-vous être véritablement l'ennemi du privilège, mais alors, vous devenez aussi l'ennemi du « droit ». Tant que vous ne décidez pas de rétablir le « droit » en faisant appel à une autorité supérieure, comme par exemple une meilleure « société future », vous serez en position de pouvoir enfin commencer la lutte pour faire de votre vie votre propre vie. À ce niveau de conflictualité totale à l'ordre social existant, nous pouvons nous rencontrer et nous unir dans la vraie solidarité, basée sur la mutualité, la réciprocité et la complicité, unissant nos efforts pour renverser cette société.
En fin de compte, toute forme de solidarité qui repose sur des bases politiques et économiques – la dette, les droits et les devoirs, le sacrifice et le service – ne peut être considérée comme de la solidarité, au sens anarchiste. D'une perspective économique et politique, la « liberté » est un terme quantitatif se référençant simplement à la baisse des restrictions. Cette vision est résumée dans la déclaration : « votre liberté s'arrête là où commence la mienne ». Cette « liberté » est celle des frontières et des limites, de la contraction et du soupçon - la « liberté » sacrée de la propriété privée. Elle fait de chacun d'entre nous le maton de l'autre – une triste base pour la solidarité.
Mais la conception anarchiste de la liberté est quelque chose de qualitativement différent de la restriction. C'est notre capacité, celle des individus, à créer nos vies en nos propres termes dans la libre-association avec d'autres de notre choix. Quand nous concevons la liberté de cette façon, il y a le potentiel de se rencontrer d'une telle façon que la liberté de chacun d'entre nous s'étend quand elle rencontre la liberté de l'autre. C'est la base de la mutualité ; notre vivre ensemble améliore chacun de nous. Mais dans le monde tel qu'il existe actuellement, il y en a beaucoup avec qui une relation de mutualité n'est pas possible. Ceux qui détiennent le pouvoir social et politique, ceux qui conservent la richesse comme leur propriété sacrée, ceux dont la tâche sociale est de maintenir l'ordre de la domination et tous ceux qui passivement supportent cet ordre limitent ma liberté, sapent ma capacité à créer ma propre vie en mes propres termes et de librement m'associer avec d'autres pour réaliser ce but. Les maîtres de ce monde et leurs chiens de garde imposent leurs termes à ma vie, me forçant à des associations prédéterminées. La seule relation possible avec eux et avec l'ordre social qu'ils soutiennent est l'inimitié, l'hostilité totale et permanente. Je découvre la base pour la mutualité précisément dans ceux qui sont les ennemis des dirigeants de ce monde et de leurs laquais, ceux qui s'efforcent de reprendre leurs vies et de les vivre selon leurs propres termes. Et c'est là que la mutualité - le principe que la liberté des autres étend la mienne - devient la complicité. La complicité est la réunion d'efforts dans le but d'étendre la capacité à l'autodétermination individuelle contre ce monde de domination.
C'est la reconnaissance active que la rébellion spécifique d'autres étend ma propre liberté, qui me permet de trouver des façons d'agir ensemble avec ces autres contre les forces de domination et le contrôle social. Il n'est pas nécessaire de connaître personnellement ces autres, ils peuvent très bien porter leurs luttes une moitié de globe plus loin. Il est seulement nécessaire de reconnaître notre propre lutte dans la leur et d'avoir une action appropriée là ou nous sommes. Ni par charité, ni par sens du devoir, mais pour nous-mêmes.
« Nous ne nous devons rien, pour ce que je semble vous devoir, Je dois surtout à moi-même. »
En quête d'allié-es ?
Que ce soit suite à l'affaire autour du groupe marxiste-léniniste “secours rouge” [1] ou dans le cas du comité de soutien aux “9 de Tarnac”, nous avons vu des élans de solidarité se confondre avec des collaborations pour le moins douteuses.
Que des gauchistes indignés - toujours prêts à réclamer un meilleur fonctionnement de l'Etat, sans jamais remettre en cause ses structures - sautent sur le nouvel os à moelle qui pourra les aider à placer leurs pions sur l'échiquier politique ou qui occupera leurs dimanche après-midi, c'est une chose. Mais que des camarades, des compagnons ou des amis s'enlisent aussi dans des discours vaseux au point de ne plus voir ce qu'ils pourraient faire d'autre et d'oublier qu'ils ont aussi des idées à avancer, ça, ça fait mal.
Au secours… des rouges
“Si les épigones des forces autoritaires qui ont étouffé tant d'élans subversifs sont, en tant que nombre et projet, mal en point, pourquoi les aider à sortir de leur désastre ? Pourquoi s'attarder parmi les momies alors que le vent souffle fort ? Eux, font des calculs politiques, nous pas.”
anonyme, dans “A l'air libre”
Bien que semblables dans leurs dynamiques, ces deux manières de rallier des gens autour d'une certaine “solidarité” diffèrent quelque peu dans leurs discours.
Pour le secours rouge, rien ne change : “Nous avons un ennemi de classe commun à affronter et nous règlerons nos différents politiques plus tard”. Tant pis s'il faut faire le grand écart pour accepter la défense de certaines associations citoyennes retirant les idées révolutionnaires des inculpés pour en faire de simples victimes du déni du droit à l'expression. Tant mieux si quelques anti-autoritaires se joignent à eux. Tant que ça sert la Cause, tout est bon dans le cochon.
Rien de bien neuf donc, on ne change pas une équipe qui perd. C'est déjà comme ça que le parti communiste révolutionnaire et son komintern avaient justifié le retour à un discours “classe contre classe” dans les années '30. Discours qui trouve sa forme la plus claire dans le texte Appel aux fascistes [2]. Ce texte, écrit en 1936 par Togliatti, tend explicitement la main aux “camarades fascistes” qui ont eux aussi comme ennemi les “requins capitalistes”. Par moment cela donne ce genre de chose : “Les communistes adoptent le programme fasciste de 1919 (ndlr : édicté par Mussolini) qui est un programme de liberté. (…) Travailleur fasciste, nous te donnons la main car nous voulons construire avec toi l'Italie du travail et de la paix, nous te donnons la main car nous sommes, comme toi, des fils du peuple, nous sommes tes frères, nous avons les mêmes intérêts et les mêmes ennemis”.
Voilà, ce que l'idée de “l'alliance objective” peut parvenir à faire quand on ne prend qu'un critère pour lutter.
Pour ce qui est de la postposition de la résolution des conflits politiques, merci, mais les exemples de la guerre d'Espagne de 1936, de Cronstadt ou de la Makhnovstchina nous ont déjà enseigné à refuser ce genre d'alliance. Et puis, plus simplement, peut-on lutter ou apporter son soutien à des gens qui veulent instaurer un régime qui ne peut être que totalitaire de par les structures qu'ils proposent (parti révolutionnaire, politburo, prépondérance du travail,…) ? Un régime qui gardera des prisons ou des “camps de rééducation” –selon le jargon- pour les déviants et autres incontrôlés ?
Mais alors, comment des camarades aux idées anti-autoritaires ou luttant pour l'auto-organisation peuvent-ils se joindre aux différentes manifestations de soutien (rassemblements, soirées-concerts, émissions radio,…) au secours rouge ? La réponse est probablement à trouver partiellement dans des vieux restes d'un à-priori d'unité ou de proximité entre “révolutionnaires”, dans une vieille image du front populaire s'affrontant à la droite fasciste et réactionnaire. Et pourtant, tout a déjà été dit cent fois et beaucoup mieux que par moi : “L'unité anti-fasciste n'a été que la soumission à la bourgeoisie… Pour battre Franco, il fallait battre Companys et Caballero. Pour vaincre le fascisme, il fallait écraser la bourgeoisie et ses alliés staliniens et socialistes. Il fallait détruire de fond en comble l'Etat capitaliste(…) L'apolitisme anarchiste a échoué” (los amigos de Durruti, 1937)
Le comité très visible
Du côté des comités de soutien [3], c'est une logique assez similaire, mais, en apparence en tout cas, moins marquée idéologiquement. Étant donné la largeur et les différences flagrantes entre les personnes impliquées dans ceux-ci, nous parlerons ici uniquement de la schizophrénie des camarades impliqués dans ces comités.
Ici, la logique de départ peut plus ou moins se résumer en ces quelques mots : “Des amis ou des camarades se retrouvent en prison, merde, vite, vite il faut faire quelque chose pour les en sortir”. La dynamique qui s'ensuit, elle, mérite bien quelques paragraphes.
Partant du constat qu'on n'est pas nombreux et d'une drôle d'idée que ça serait le nombre qui compterait ; il leur faut trouver un point d'attaque pas trop fâchant qui permettra de rallier des gens. Et pour ça, quoi de mieux que de feindre l'indignation face aux dits “abus” de l'Etat (ici via les lois anti-terroristes) ? C'est assez large comme critère. En temps voulu le bouchon sera poussé jusqu'à dénoncer l'incessante “dérive du droit” ; laissant supposer que le droit en soi serait une chose neutre et que seule son application serait problématique.
Et puis, toujours dans cette course au nombre, et vu que les moyens mis en place sont trop faibles face à la hauteur de la situation, on va aussi aller chercher quelques intellectuels de gauche, ça donne du crédit ça. Tant pis si cela ouvre grand les portes au crédit de leurs positions politiques social-démocrates. “On ne fait pas d'omelettes sans casser des œufs”, comme disait ma mère.
En outre, par soucis de “rétablir la vérité” auprès de cette fameuse « opinion publique », certains donneront des interviews à des journaux ayant directement participé au grand spectacle médiatico-policier du 11 novembre en reprenant allègrement les thèses de la police et en étalant dans leurs pages la vie de certains des inculpés. Là encore, comme si le moyen de la presse officielle était neutre. Comme si on ne savait pas que pour que l'article soit accepté il allait falloir s'auto-censurer sur des propos trop “vindicatifs” ou que le journaleux n'allait finalement garder que ce qui irait dans sons sens (ou, s'il est sincère, que ce qu'il peut comprendre ou ce que lui déciderait comme ayant de l'importance) pour remplir le nombre de signes demandés par son rédacteur en chef ; noyant alors ces propos dans le flot d'informations insignifiantes quotidien. Parce que c'est là aussi la magie de la démocratie, la puissance à pouvoir tout pacifier ou à laisser tout dire tant que les mots restent des mots et n'appellent pas aux actes.
Stratégie quand tu nous tiens
Ces deux dynamiques partent d'un constat ou d'une crainte qui concerne chaque (groupe de) personne ne suivant pas le cours tranquille de la vie “normale” : comment ne pas se retrouver isolés et donc plus faible ? C'est sur les réponses données à cette question que nous différons.
Selon les deux stratégies rapidement énoncées auparavant, sortir de l'isolement signifierait s'adresser à l'opinion publique. Et souvent cette démarche est accompagnée d'une réserve pour ne pas “brusquer les gens”. Dans un premier temps, on va dire ce qu'on pense qu'ils peuvent entendre (le secours rouge a au moins ça pour lui qu'en tant que tel il est toujours clair sur ses positions, mais par contre il est moins rigoureux sur le choix de ses alliés). Position particulièrement arrogante dans le sens où elle part du présupposé que ce qu'on vit est tellement différent que peu de personnes peuvent s'y reconnaître.
Or, la répression et le sentiment d'insatisfaction face à ces vies perdues sont assez répandus. C'est parler de ce vécu commun et le replacer sur un terrain de lutte qui pourrait éveiller non pas l'indignation, mais la rage auprès de la dite “opinion publique”. Mais, bien que l'on aime pas se l'avouer, c'est bien souvent le spectre du “prisonnier politique” qui, même sous une forme ammoindrie, continue à planer au-dessus de nos têtes.
Si cette position ne nous semble pas être un point de départ intéressant pour s'affronter à la répression, elle est d'autant moins tenable qu'elle nous amène très vite à mentir [4], à cacher des choses, à éluder des sujets ou à affirmer des idées qu'on ne pense pas. On va tantôt nier sa position de révolté, renier des connaissances, ou encore s'indigner face aux “abus policiers”, aux “lois liberticides” et au “non-respect des procédures judiciaires ” … Tout en sachant très bien que ce ne sont pas des “dérapages” du système, mais des méthodes inhérentes à celui-ci et que dans le négatif de toutes ces plaintes peut se lire une demande de remise à flot de l'épave de l'Etat de droit alors que nous pourrions encore lui envoyer quelques boulets de canon.
Loin d'être une déduction abstraite de notre part, ce désir d'un Etat qui respecterait ses propres règles en tant que garant du bon fonctionnement de la démocratie est d'ailleurs tenu ouvertement par des intervenants invités lors de soirées de soutien, des signataires de carte blanche ou des associations ayant écrits des communiqués de soutien (auxquels on donne du crédit en les diffusant). Preuve flagrante du consensus mou sur lequel se base cette alliance et de l'impossibilité de tenir un discours proche de nos idées.
De même la carte de l'innocentisme jouée à tout crin relève de l'escroquerie intellectuelle. S'il ne s'agit pas de revendiquer des actes restés anonymes, pousser le bouchon jusqu'à essayer de faire croire que c'est parce qu'on est épicier, parce qu'on traduit un texte ou parce qu'on vit en communauté que la répression s'abat sur nous est une fausse analyse de la répression distillée de manière consciente afin d'atteindre ses objectifs. En effet, la répresion ne s'acharne pas sur chaque petit commerçant, ni sur les traducteurs de l'Union Européenne et pas même sur un quelconque hippy ayant rejoint la campagne. Ou, tout du moins, si elle le fait ce n'est pas pour ces raisons. Ce qui est attaqué dans ces deux affaires ce sont des liens, des idées et des pratiques relevant d'un discours reconnu comme étant “révolutionnaire”.
Faire passer l'outil répressif pour un ramassis de flics et de juges débiloïdes en caricaturant certaines de leurs incapacités - mis à part que ça nous permette de bien rire entre potes - ne permet pas de le considérer pour ce qu'il est. On ne montre que les traits grossiers d'une machine visant à mettre au pas la contestation sociale, alors que le caractère totalitaire du contrôle est bel et bien plus finaud. (carte d'identité, registre national, biométrie, fichiers permettant les bases de données, surveillance téléphonique,…)
Là où nous voyons l'impasse de ce genre de stratégies (au-delà du fait qu'elles ne soient justement que pures stratégies et qu'elles n'émanent pas de ce que nous sommes, de ce que nous portons, de ce que nous ressentons) c'est que, si elles permettent de rallier beaucoup de gens (ce qui reste encore à démontrer), les unions se font sur de fausses bases ou sur un ensemble de positions qui restent les unes à côté des autres. Et, soit, on reste avec l'insatisfaction d'un discours édulcoré pour cause d'alliance foireuse, soit les dissensions pointent le bout du nez au moment où tombent les masques. Cette constitution d'une “force collective” apparaissant alors pour ce qu'elle est : une illusion.
A moins que vous (et votre groupe de camarades) ne vous considériez comme un super stratège qui aura, après une première phase de préparation, réussi à “radicaliser les masses”. Mais il faut être bien malin pour y parvenir sur la longueur. Et, quand bien même, nous n'envisageons pas notre implication dans les mouvements ou dans les luttes comme celle de personnes venant apporter la lumière à la plèbe ignare. Non, malgré nos différences, nous nous plaçons d'égal à égal avec les personnes rencontrées. Nous recherchons des complices pas de la pâte à modeler. Des complices avec qui partager des idées/pratiques et avec qui nous pourrons peut-être faire un bout de chemin ensemble au-delà de cette lutte spécifique. Et s'il est vrai que la question de la forme selon laquelle nous partageons nos idées afin qu'elles puissent être accessible est pertinente, le fond, quant à lui, ne change pas au gré du vent ou selon les circonstances des forces en présence.
Sans quoi, et nous ne l'avons que trop expérimenté, toute l'énergie déployée ne viendra qu'alimenter les luttes partielles visant à un aménagement du système, vu que nous-mêmes nous n'aurons pas porter une critique plus globale en partant d'une situation spécifique (prison, sans-papiers, lois liberticides,…)
Sortir de l'isolement
Agir entre convaincus alors ? Certainement pas ! Mais agir sur des bases claires qui permettent de rencontrer des compagnons de lutte (et plus si affinités) et à faire exister nos réelles idées. Parce que nous ne nous sentons pas plus forts quand nous sommes nombreux sous une banderole faible.
Pensons-nous être si exceptionnels -que nos idées soient tellement farfelues - au point que personne ne pourrait nous comprendre ?
En ces temps de grogne de plus en plus généralisée, rien n'est moins vrai. Les oreilles et les esprits sont probablement plus ouverts aux remises en question. Encore nous faut-il savoir saisir les occasions et mettre en avant nos idées de manière décomplexée.
Il ne s'agit pas de se doter d'une parure radicale, ce n'est pas non plus un appel au repli identitaire. Nous disons juste que tout n'est pas que stratégie. Que les moyens ne sont pas neutres et que, même s'ils peuvent aider à sortir des camarades de prison, certains d'entre eux nous affectent et laissent des traces.
Certains diront que ce texte relève de la discussion interne, que nous hurlons avec les loups de la meute policière. Nous affirmons que quand tout est étalé dans la presse officielle (tant par les journaflics que via la collaboration active de certains inculpés, membres de comités, parents,…) cete considération devient une chimère. Par ailleurs un “mouvement” qui ne laisse pas de place à des tentatives d'auto-critiques et reste campé sur ses certitudes est sclérosé et ne nous intéresse pas.
Lettre ouverte aux camarades français à propos des arrestations de Tarnac et pas seulementNous savons combien il est douloureux d'être séparés de ses propres camarades, et nous n'avons ni recettes ni leçons à donner sur la manière de les faire sortir le plus rapidement de prison (les faire sortir tous, en laissant tomber toute distinction entre « innocents » et « coupables »). Les notes rapides qui suivent sont le fruit de quelques réflexions nées à partir de différentes expériences répressives vécues en Italie, en espérant qu'elles puissent être utiles aux camarades français.
Les arrestations de Tarnac représentent un fait grave non seulement en tant qu'attaque contre tous ceux qui se battent déjà, en critique et en pratique, contre l'Etat et le capital, mais aussi en tant que tentative d'intimidation contre tous les complices potentiels d'une guerre sociale plus diffuse.
En fait, la répression vise à frapper, au-delà d'actes particuliers, les « mauvaises intentions », jouant ainsi un rôle pédagogique fondamental destiné à vider de sa potentialité la disposition à la révolte de tout un chacun. L'invention de « cellules terroristes » ou de « mouvances » à l'identité quelconque sert à isoler toute hypothèse insurrectionnelle de l'ensemble des pratiques de conflictualité existantes, séparant en même temps tout révolté de soi-même et de ses propres potentialités. La pédagogie de la répression est toujours une pédagogie de la peur.
La tentative de transformer des affrontements dans la rue, des actions anonymes de sabotage, des textes théoriques, des rapports de solidarités en une « association terroriste » avec autant de cellules, de chefs et de suiveurs est malheureusement un film qu'on a déjà vu de nombreuses fois en Italie. Le problème de l'Etat est évident : pour tenter de liquider certaines pratiques subversives et les « mouvements » qui les défendent ouvertement, des accusations basées sur des délits spécifiques ne suffisent pas. Il s'agit alors d'inventer des « délits associatifs » pour pouvoir distribuer des années et des années de prison sans avoir recours à cette formalité archaïque qui s'appelait preuve. Nombre d'entre nous ont ainsi subi des procès, des années de détention préventive et parfois aussi de lourdes condamnations. Même s'il ne réussit pas souvent à soutenir jusqu'au bout ses propres enquêtes, l'Etat se donne en même temps des objectifs parallèles : briser des rapports, interrompre le fil de l'activité subversive, tester la capacité de riposte des camarades etc.
En France, les actions de sabotage et les affrontements avec la police ne datent certes pas d'hier. Ce qui a effrayé l'Etat ces dernières années a été, à notre avis, l'émergence d'une complicité possible - dans les mots et les actes - entre différentes formes de révolte sociale, ainsi que l'affinement et la diffusion de discours qui revendiquent publiquement les pratiques d'une insurrection possible. Bien entendu, l'Etat ne craint ni le discours révolutionnaire tant qu'il se limite à jouir d'une liberté de parole abstraite, ni en fin de compte une attaque particulière : ce qu'il craint est l'imprévisibilité de l'attaque diffuse et le renforcement réciproque des paroles et des gestes. Ce qui a été pendant longtemps une position défendue par bien peu d'individus commence à ressembler à un « marécage » (pour reprendre l'expression efficace utilisée par l'unité « anti-terroriste » des carabiniers italiens il y a une douzaine d'années), difficilement identifiable et gouvernable. L'Etat veut assécher ce marécage pour en sortir des chefs, des « organisations », des prétendues « mouvances » avec autant de sigles, de porte-paroles, etc.
Si le conseil que Victor Serge donnait aux révolutionnaires pris en otage par l'ennemi est toujours valable (« tout nier même l'évidence »), il est nécessaire de savoir lire la répression afin de relancer et de renforcer notre perspective. Nous savons tous que la gauche (et sa gauche) a toujours été l'ennemi historique de toute lutte insurrectionnelle : partis et syndicats, récupérateurs, médiateurs, intellectuels conseillers des Princes modernes, alliés rusés de la répression, habiles à diviser en « bons » et « mauvais ». Dans des circonstances particulières et face à une « Justice injuste », ils peuvent même aller jusqu'à défendre les camarades qui les ont toujours attaqués. Permettre que ces charognes réacquièrent la moindre force à partir de nos incarcérés est une erreur qui n'est pas sans conséquences.
Qu'il n'y ait pas que des camarades qui s'opposent aux crapuleries de l'« antiterrorisme » mais un milieu plus large comporte des aspects positifs (c'est le reflet du constat effrayé que la terreur d'Etat nous écrase chaque jour davantage). Mais notre perspective n'avance que dans la clarté avec les autres exploités et rebelles, c'est-à-dire dans une ferme inimitié envers la gauche et ses medias. Pour le dire autrement, la manière de réagir à la répression fait aussi partie de cette guerre sociale qui n'admet pas de trêve. En n'assumant pas et en ne défendant pas certaines positions, on cède du terrain à l'ennemi. La solidarité démocrate et l'espace dans les journaux ne s'offrent jamais gratuitement : aujourd'hui, ils servent non seulement à la gauche pour se réhabiliter aux yeux de tous ceux qui sont à couteaux tirés avec l'existant (« Vous voyez ? au bout du compte nous sommes d'accord... »), mais aussi à neutraliser toute position de rupture radicale avec le présent (certains excès de jeunesse peuvent aussi être pardonnés...).
Face à des enquêtes similaires (ou encore plus lourdes), la réponse que de nombreux camarades ont donné en Italie a été très simple : « Nous ne savons pas qui a fait les choses dont vous nous accusez, messieurs ; ce que nous savons, c'est que nous les défendons ouvertement, et que vos enquêtes n'éteindront pas les feux de cette révolte sociale qui n'a pas attendu nos textes pour se propager ». Une telle réponse - liée aux pratiques qui en découlent - nous a permis de sortir de prison en reprenant le fil de notre activité. Une telle réponse ne trouvera certainement pas des alliés chez les médias et les intellectuels démocrates ; et surtout, elle ne leur permettra pas de parler en notre nom.
Certaines paroles claires trouvent toujours des oreilles disposées à les écouter. Emprisonnées, les paroles forcent parfois les chaînes, émergeant des parties les plus mystérieuses et communes de l'expérience et du cœur. La force qui découle du fait de s'insérer dans leur jeu et dans leur discours, avec la prétention de l'exploiter ou de le détourner à ses propres fins, est illusoire. Nous n'avons même pas le sens des mots en commun avec notre ennemi - ni celui de bonheur, ni de temps, ni de possibilité, ni d'échec ou de réussite.
Il y a des positions de rupture qui se sont révélées utiles, y compris au plan judiciaire, tout comme il y a des camarades qui ont passé un an en prison pour quelques tags sur les murs : il n'existe pas de science exacte en la matière. La tension vers la cohérence entre les moyens et les fins pose le problème de l'efficacité en d'autres termes, c'est-à-dire par rapport à la vie pour laquelle nous nous battons. « S'il y a des innocents qui méritent notre solidarité, il y a des coupables qui la méritent encore plus », disait Renzo Novatore. Les camarades solidaires ont souvent trouvé dans ces paroles un terrain plus favorable pour agir, pour continuer là où certains ont été provisoirement arrêtés, et pour découvrir de nouveaux complices...
Nous avons bien une certitude : l'insurrection qui vient ne lit pas Libé.
Quelques anarchistes italiens
Février 2009
Suite à la « Lettre ouverte aux camarades français. A propos des arrestations de Tarnac et pas seulement » parue sur différents sites (dont les Indymedia) le 27 février 2009 et signée par « Quelques anarchistes italiens », nous avons souhaité poursuivre le débat.
Nous venons de finir de lire la lettre que vous nous avez adressée, ainsi qu'à tous les camarades français. Nous l'avons lue avec plaisir, y retrouvant de nombreux points dans lesquels nous nous reconnaissons. Nous l'avons lue avec attention, parce qu'elle provient de ceux qui ont malheureusement dû affronter avant nous et plus que nous la répression. Mais disons-le tout net, elle nous a aussi laissé un goût amer et provoqué une certaine gêne. On a envie de vous demander : à qui est-ce que vous parlez ? De quoi est-ce que vous êtes en train de parler ? Comme votre lettre s'adresse aux camarades français et formule des critiques précises contre la dérive “ innocentiste ” qu'a pris la mobilisation en faveur des arrêtés de Tarnac, nous ne voudrions pas qu'on pense en Italie que “ les camarades français ” sont tous occupés à recueillir des signatures en compagnie d'intellectuels de gauche poussifs, en vue de remettre aux autorités compétentes autant de certificats de bonne conduite.
S'il est exact que certains camarades ont décidé de transformer ce qui, à notre et à votre avis, devrait être une lutte contre la répression en une lutte de défense de certains réprimés, il est aussi vrai qu'il s'agit de leur choix, et qu'il n'est pas partagé par l'ensemble du mouvement français.
En France, la répression avait malheureusement auparavant déjà frappé d'autres camarades, et n'a donc pas débuté le 11 novembre dernier. Heureusement, les sabotages ont continué après cette date ; ils n'ont pas été arrêtés. Tarnac n'est pas le centre de la France, pas pour l'Etat, et encore moins pour l'insurrection. Ce n'est qu'un épisode, et il risque de prendre des accents toujours plus pathétiques. Comme vous le faites à juste titre observer, les “ mauvaises intentions ” sont le véritable objectif de la répression. Ne réussissant pas à prévenir les attaques, elle cherche à arrêter la diffusion de discours qui revendiquent publiquement la nécessité et la possibilité d'une insurrection (des discours qui alimentent et sont alimentés par l'action, en un jeu continu de vases communiquants).
Ce qui est grave avec les arrestations de Tarnac, ce n'est pas tant le comportement de l'Etat qui, pour les raisons que vous avez clairement exposées, vient frapper parmi nous. Au fond, les juges et les flics ne font que leur sale boulot. Ce qui est grave, c'est que face à cela, on renie publiquement ces “ mauvaises intentions ” et ces discours, qu'ils soient banalisés en passant pour de la simple “ passion pour l'histoire ” d'un “ épicier ”. Ou encore qu'on accepte jusqu'au bout d'endosser le rôle de “ braves garçons ” (au blason doré et aux références adéquates, mais aussi disposés à dialoguer avec les journalistes et les politiciens, en somme leur place n'est pas en cellule), à ne pas confondre avec de “ méchants voyous ” (qui n'ont pas de saint patron, qui restent muets face à leur ennemi, en somme méritant de pourrir en prison). Cela, vous pouvez en être sûrs, nous fait beaucoup plus mal que la séparation physique momentanée de certains camarades.
Beaucoup d'anarchistes italiens étant connus pour leur intransigeance, nous avons été étonnés et aussi un peu frappés par l'empressement et la prudence avec lesquels vous nous formulez vos remarques (les Alpes sont-elles vraiment si hautes pour que vous vous cantonniez à adresser un blâme en France à ce que vous mépriseriez en Italie ?). Vous en arrivez même à nous mettre bénévolement en garde contre des “ erreurs ”. Quelles erreurs ? Désolé, nous avons bien peur que vous vous mépreniez : il n'y a eu aucune erreur dans la mobilisation en faveur des arrêtés de Tarnac. Elle a précisément choisi son camp.
De ce point de vue, votre invitation à “ savoir lire ” la répression, liée à la citation de Victor Serge, est un authentique lapsus. C'est justement parce qu'ils ont bien lu Victor Serge (lui qui, inculpé dans le procès des illégalistes connus sous le nom de bande à Bonnot se défendait en se définissant comme un intellectuel qui n'avait rien à voir avec de vulgaires criminels) que certains camarades français ont suivi le chemin de la défense ad personam. Ils n'ont fait que mettre en pratique l'idée répandue selon laquelle il faut s'organiser à partir de situations, que dans chaque situation on peut faire des alliances, que dans la guerre contre l'Etat il ne faut pas avoir de scrupules moraux ou s'encombrer d'une éthique, et qu'il y a uniquement des stratégies à appliquer. Est bon ce qui fait sortir les camarades de prison, est mauvais ce qui les fait y rester. Point barre.
Là où l'éthique implique la totalité de l'existence humaine, la politique agit sur certains de ses fragments singuliers. L'opportunisme est une de ses constantes parce qu'elle intervient en fonction des circonstances. Lorsque ces dernières sont favorables, on peut bien être cohérent. Mais lorsqu'elles sont défavorables… C'est pourquoi l'opportunisme se manifeste surtout en situation de crises ou d'urgence. Le camarade qui rencontre un fonctionnaire d'Etat (par exemple une ex-ministre), poussé par l'urgence d'une procédure judiciaire (il faut sortir de prison), n'est pas si différent du camarade qui rencontre un fonctionnaire d'Etat (par exemple un maire), poussé par l'urgence d'une lutte sociale (il faut arrêter une nuisance), et tous deux sont fils du camarade qui est devenu fonctionnaire d'Etat (par exemple ministre de la Justice), poussé par l'urgence de la guerre (il faut faire la révolution). Dans ces trois cas, on fait le contraire de ce qu'on dit en se prévalant de bonnes raisons (ô combien pratiques ! ô combien concrètes !) et des meilleures intentions du monde. L'urgence brise le déroulement normal des événements, bouleverse tout point de référence, suspend l'éthique et ouvre grand la porte aux contortionismes de la politique.
Tout cela est évident, c'est quasi banal, mais uniquement pour ceux qui pensent que les idées et les valeurs ne font pas partie intégrantes de l'être humain, et lui sont extérieures, comme de purs instruments à utiliser en fonction des occasions. En revanche, si on pense que les circonstances auxquelles la réalité nous confronte peuvent aussi s'avérer différentes et contradictoires, mais que nos pensées, nos rêves et nos désirs sont uniques, il devient difficile de nier que c'est justement dans les moments de crise ou d'urgence qu'il faut tenter de rester soi-même. Une partie toujours ouverte, pleine d'imprévus et d'obstacles, dans laquelle il est malheureusement facile de trébucher et de tomber. Et dans ce cas-là, que fait-on ? On se relève en essayant d'apprendre de ses faux pas, ou on commence à ramper en se vantant de son habileté tactique ?
En fin de compte, l'insurrection en tant que telle n'est qu'une situation exceptionnelle. Cela n'a aucun sens de se comporter en chevalier de l'Idée hors des moments de rupture si, dès qu'ils ont lieu, on se rend compte à l'improviste n'être que des placiers de la Convenance. Ce serait comme proclamer être à couteaux tirés avec l'existant pour arborer ensuite un crochet avec lequel broder des rapports avec ses défenseurs et ses faux critiques. En somme, ou bien on pense que les fins et les moyens forment un tout (c'est l'interprétation éthique de la lutte) ou bien on pense que les fins et les moyens sont séparés (c'est l'interprétation politique de la lutte). Laissons les voies du milieu, comme celles qui proposent des moyens sans fin, aux fumisteries philosophiques.
Chacun est clairement libre de choisir la manière qu'il préfère pour s'en sortir (sans prétendre pour autant qu'on lui doive le respect, ni que l'amitié demeure inchangée). Malgré tout, nous pensons qu'il est plus que jamais nécessaire d'endiguer cet opportunisme politique assumé – qui est présent en France, mais certainement aussi en Italie et dans le reste du monde. Il sera peut-être en mesure d'ouvrir plus rapidement les portes des prisons ou de capter l'attention de beaucoup de braves gens, mais il ne nous rendra que l'ombre des camarades que nous avons pu apprécier. Contre cet opportunisme, mieux vaut la furie iconoclaste d'un Renzo Novatore que les conseils astucieux de l'anarchiste individualiste repenti Victor Serge.
Des créatures du marécage.
Toucher au cœurà propos des rackets sur les immigrés
Les luttes autour de la question de l'immigration, qu'il s'agisse de celles de sans-papiers pour leur régularisation, de celles autour du logement dans les quartiers pauvres, contre les rafles dans les rues et les transports ou contre les centres de rétention ont vu ces dix dernières années la participation de nombreux compagnons dans différents pays. Elles conduisent souvent à une répétition d'impasses ou à une impuissance en terme d'interventions possibles.
S'il n'existe pas de recette, il nous semble pourtant indispensable de briser certains mécanismes militants qui nous ont trop souvent amenés à lutter sur des bases activistes sans perspectives ou bien au contraire à bouger à la remorque de groupes autoritaires, avec ou sans papiers.
Ces quelques réflexions se veulent simplement un bilan d'expériences de luttes et quelques pistes pour développer une projectualité subversive qui nous soit propre, autour des migrations et contre leur gestion.
Au-delà des illusions sur « l'immigré »
Une façon classique de tenter de comprendre le contexte d'un conflit social afin d'y intervenir est de scruter à la loupe ses protagonistes et de les soumettre à des analyses sociologiques plus ou moins militantes. Outre qu'elles reviennent d'avantage à creuser ce mystérieux « qui sont-ils ? » qu'à nous interroger sur ce que nous voulons, ces analyses sont souvent biaisées par quelques dogmes qui troublent toute réflexion critique.
Si les habituels racketteurs gauchistes recherchent désespérément n'importe quel sujet politique à même de les porter à la tête d'une contestation, beaucoup d'autres s'engagent sincèrement aux côtés des sans-papiers. Mais parce qu'ils considèrent leur situation particulière comme extérieure, ils sont souvent plus portés par une indignation que par le désir de lutter avec ceux qui partagent une condition qui, si elle n'est pas totalement similaire, reste commune : l'exploitation, le contrôle policier dans la rue ou les transports, les conditions de logement dans les mêmes quartiers en voie de restructuration ou en périphérie, ou encore des illégalismes propres aux techniques de survie. Les uns comme les autres finissent alors bien souvent par reproduire toutes les séparations fonctionnelles à la domination. En recréant une figure générique de l'immigré-victime-en-lutte qui aurait ses qualités particulières, ils introduisent en effet une mystification sociologique qui non seulement finit par empêcher toute lutte commune, mais renforce encore l'emprise de l'Etat sur chacun d'entre nous.
Bien souvent, les activistes libertaires ou radicaux, pourtant mus par quelque intuition de ce qui pourrait devenir un parcours commun, ne sont pas les derniers à avaler à leur tour cette pilule au nom de leur envie de collectif ou de l'autonomie des luttes, comme si cette dernière était menée par un bloc homogène et non plus par des individus, complices potentiels, au moins face à une oppression particulière. Des méthodes de lutte (l'auto-organisation, le refus des médiations institutionnelles, l'action directe) deviennent alors soudain beaucoup plus relatives lorsqu'il s'agit de sans-papiers. Reprenant quelques classiques de la diatribe militante, il y a toujours un bon samaritain pour expliquer que fracasser la vitrine d'une compagnie aérienne d'expulseurs dans une manif de sans-papiers les mettrait « en danger », eux qui pourtant bravent quotidiennement la flicaille ; que le combat contre les fascistes (comme des membres des Loups Gris turcs), les nationalistes (comme certains réfugiés qui arrivaient lors du déchirement de l'ex-Yougoslavie) ou les curetons (de celui qui « accueille » les sans-papiers dans « son » église avant de les en expulser, aux associations chrétiennes chargées des basses œuvres de l'Etat comme la Cimade, Caritas International ou la Croix Rouge) s'arrêterait à la porte des collectifs de sans-papiers ; qu'on peut cracher à la gueule d'un ambassadeur français ou belge mais pas à celle d'un ambassadeur malien lorsqu'il vient médier une lutte qui menace de se radicaliser (idem pour tous les politiciens de gauche, généralement non grata, mais tolérés cette fois au nom de la fausse unité demandée par quelque leader de collectif de sans-papiers).
Si chacun sait qu'une lutte part toujours de l'existant et que les différences initiales y sont souvent importantes (prenons simplement le rapport aux syndicats dans la plupart des luttes liées à l'exploitation), la question pour nous est justement celle de leur dépassement dans une dynamique subversive, et ce n'est certainement pas en acceptant les divers carcans autoritaires qu'on pourra le faire, la fin étant déjà contenue dans les moyens qu'on se donne. D'autant que ce relativisme ne conduit pas à une confrontation à l'intérieur de la lutte, mais à une sorte de colonialisme à rebours, à réifier une fois encore les immigrés dans une altérité supposée (« ils » seraient comme ça). La misère servant cette fois non pas de repoussoir mais d'excuse à tous les renoncements.
L'une des figures les plus marquantes de ce réductionnisme idéologique est ainsi celle de l' « immigré innocent », l'éternelle victime passive, exploitée, raflée, enfermée puis déportée. En réaction à une propagande raciste quotidienne qui vise à faire endosser aux immigrés le rôle d'un ennemi social coupable de tous les maux (du chômage à l'insécurité en passant par le terrorisme), beaucoup finissent de fait par leur nier toute capacité criminelle. On les voudrait tous dociles, en train de mendier leur intégration en vue d'une place un peu moins abjecte dans la communauté du capital. Ainsi, les milliers de réfugiés sont transformés en victimes bienveillantes, et donc intégrables : victimes de guerre, de catastrophes « naturelles » et de la misère, de trafiquants d'êtres humains et de marchands de sommeil. C'est pourtant oublier que ces parcours transforment aussi les individus, créant des solidarités, des résistances et des luttes qui permettent à certains de rompre la passivité à laquelle ils sont assignés.
Quand il arrive ainsi que ces « innocents » se défendent bec et ongles contre le destin qui leur est imposé ici (révoltes dans les centres fermés, affrontements lors de rafles, grèves sauvages…), c'est alors la stupéfaction et le silence gêné qui règne dans le camp de la gauche et de son antiracisme démocratique. Quand cette révolte s'exprime de manière collective, il y en aura peut-être encore pour « comprendre ces gestes de désespoir », mais quand un prisonnier boutera tout seul le feu à sa cellule, on parlera alors d'un « fou » et ça ne fera surtout pas partie de la « lutte ». On veut bien des grévistes de la faim dans une église, pas des incendiaires ou des évadés de centres fermés, on comprend des défenestrés ou des noyés, pas des raflés qui résistent à la police, on aide volontiers des parents d'enfants scolarisés, pas des voleurs célibataires. Car la révolte et les individus qui se rebellent n'entrent plus dans ce cadre sociologique de l'immigré-victime construit par la bonne conscience militante avec l'appui des parasites d'Etat universitaires.
Cette mystification empêche une compréhension plus précise de la migration et des flux migratoires. Il est clair que ces migrations sont d'abord une conséquence de la terreur économique ordinaire qu'exerce le capital et de la terreur politique des régimes en place et leur bourgeoisie locale, au plus grand bénéfice des pays riches. Cependant, il serait faux de prétendre que des prolétaires pauvres se déplaceraient vers les pays les plus riches, comme le serinent à leur tour les chœurs tiers-mondistes pour construire leur sujet de l'immigré-victime. Les migrants qui parviennent à franchir clandestinement les portes de l'Europe ne sont en effet pas forcément les plus pauvres (contraints, eux, à des migrations internes vers les villes ou vers des pays voisins au gré des fluctuations du marché et de ses désastres), rien que par le coût (pécuniaire et humain) d'un tel voyage ou la sélection culturelle et sociale au sein d'une famille de ceux/celles qui peuvent entreprendre la démarche.
Ainsi, si on cherche à comprendre tout ce qui constitue et traverse chaque individu plutôt que de figer la différence et l'altérité afin de justifier une position extérieure de « soutien », on peut découvrir toute une complexité et des rapports de classe, constatant que les collectifs de sans-papiers sont aussi composés de surdiplômés universitaires, de politiciens ratés, d'exploiteurs locaux qui ont récolté l'argent sur le dos des autres… et migrent vers cette partie du monde pour prendre la place dont ils peuvent bénéficier dans le capitalisme démocratique. Beaucoup de groupes de sans-papiers sont ainsi dominés par ceux qui détenaient déjà du pouvoir (social, politique, symbolique) ou y aspiraient. Cette différence de classe est rarement prise en compte par les compagnons qui s'engagent dans une lutte avec des sans-papiers, la langue constituant une barrière aussi infranchissable qu'elle est invisible, propulsant automatiquement les immigrés issus des classes les plus aisées dans leurs pays d'origine dans le rôle de porte-parole/interprète. Aiguiser ces contradictions de classe, à l'intérieur des regroupements de sans-papiers comme partout, est non seulement une contribution que peuvent apporter des compagnons, mais aussi l'une des conditions indispensable pour développer une solidarité réelle.
Pour comprendre ces dynamiques de lutte, il est également nécessaire de jeter à la poubelle quelques confortables illusions. Seul un déterminisme acharné pourrait en effet prétendre qu'une certaine condition sociale implique nécessairement la révolte contre celle-ci. Ce type de raisonnement offrait certes la certitude d'une révolution, certitude qui a longtemps tenu au cœur de beaucoup, tout en écartant comme aventuriste la perspective de rébellions individuelles se généralisant vers l'insurrection. La critique d'un déterminisme qui a montré sa faillite dans le vieux mouvement ouvrier vaut cependant aussi pour les prolétaires qui migrent de ce côté là du monde. Pour beaucoup d'entre eux, l'Occident est perçu comme un oasis où on peut bien vivre, tant qu'on est prêt à fournir de gros efforts. Subir des conditions d'exploitation qui ressemblent à celles qu'on a fuies, avec des patrons qui savent aussi parfois user de la fibre paternaliste de l'appartenance à une même communauté supposée, être traqué, n'avoir pas ou peu de perspectives de monter dans l'échelle sociale et vivre un racisme latent qui tente de canaliser le mécontentement des autres exploités, est une confrontation avec la réalité qui n'en est que plus rude. Face à la résignation qui peut naître de cette confrontation douloureuse, ou face à l'enfermement dans des communautés autoritaires basées par exemple sur la religion ou le nationalisme, la perspective reste alors de se lier non pas avec tous les sans-papiers de façon générique, mais avec celles et ceux qui, refusant de se conformer à leur destin d'exploité, ouvrent aussi le chemin vers l'identification de l'ennemi. Afin qu'au jeu de dupes entre l'universalisme capitaliste et les particularismes s'oppose une guerre sociale où on pourrait se reconnaître entre soi, au-delà de la question des papiers et des différents degrés d'exploitation, dans une lutte continue vers une société sans maîtres ni esclaves. Comme dans n'importe quelle autre lutte, en somme, si celle-ci n'était pas plus souvent qu'à son tour biaisée par le poids de l'affectif culpabilisant, par l'urgence d'éviter une expulsion et ses conséquences possibles et, surtout, par un rapport qui se construit souvent sur la base de l'extériorité et non pas de la révolte partagée.
L'impasse des luttes pour la régularisation
On se souvient que le tournant du nouveau siècle a été marqué par des vagues de régularisations « massives » provisoires dans plusieurs pays européens [5]. Si l'Etat suit toujours ses propres logiques, les sans papiers ont pu, par leur lutte, se frayer un passage et influencer les critères de régularisation ou accélérer leur rythme. On avait assisté au même phénomène pour des « grandes lois sociales », certaines ayant été acquises au prix du sang, d'autres pour acheter la paix sociale ou tout bonnement octroyées en fonction des besoins du capital, pour fixer la main d'œuvre et augmenter la consommation intérieure. Le débat avait alors aussi fait rage au sein de la classe ouvrière entre des revendications qui accompagnaient ou devançaient le mouvement du capital d'un côté, et les tentatives insurrectionnelles d'un autre. Nombre de révolutionnaires n'acceptaient alors ces revendications que dans un but d'agitation permanente tout en posant que la question sociale ne pourrait pas être résolue dans le cadre capitaliste.
Avant ces vagues de régularisation, les États étaient en fait partagés entre deux logiques contradictoires : d'une part l'afflux plus important d'immigrés en situation irrégulière répondait à un besoin réel de main d'œuvre flexible (bâtiment, restauration, nettoyage, agriculture, hôtellerie, domesticité) dans des économies à la population vieilliss
18:12
Le Contrôleur européen de la protection des données (CEPD) a aujourd'hui publié un avis critique sur l'Accord commercial anti-contrefaçon, toujours en cours de négociation. Ce document est un véritable coup de semonce pour les négociateurs de l'ACTA, qui doivent maintenant s'opposer publiquement à l'insertion de dispositions liberticides dans l'accord.
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Le CEPD, autorité de contrôle indépendante chargée de protéger les données à caractère personnel et la vie privée, critique fermement le secret qui entoure les négociations. Il exprime également ses inquiétudes quant aux mesures de « riposte graduée » et de filtrage d'Internet, qui feraient partie de la proposition des États-Unis sur le chapitre Internet de l'ACTA. Selon l'analyse du CEPD, ces mesures ayant pour but de s'attaquer aux échanges non commerciaux d'œuvres protégées par le droit d'auteur enfreindraient les droits fondamentaux des citoyens tels que garantis par la législation européenne.
Comme le souligne le CEPD, ces mesures dangereuses sont également étudiées par certains États Membres, par la Direction générale du Marché intérieur de la Commission européenne1 et par Marielle Gallo, eurodéputée, en charge du rapport sur l'application des « droits de la propriété intellectuelle »2.
Voir le communiqué de presse du CEPD et l'avis de 20 pages.
13:05
Paris, 22 février 2010 - Un document qui pourrait être la proposition américaine du chapitre Internet d'ACTA a fuité1. S'il est authentique, ce texte confirmerait les craintes exprimées par une vaste coalition d'organisations de la société civile2 de voir les opérateurs Internet se transformer en police privée du Net. Les négociateurs de l'Union européenne doivent rejeter ces propositions qui vont à l'encontre de la législation européenne et mettent gravement en danger les droits et libertés des utilisateurs d'Internet.
Comme prévu, la proposition émanant du représentant au Commerce américain satisfait les demandes des industries du divertissement et altère radicalement la structure d'Internet. Afin de ne pas devenir responsables des infractions au droit d'auteur perpétrées par leurs utilisateurs, les fournisseurs d'accès et de services en ligne n'auraient d'autre choix que de mettre en place des systèmes de contrôle induisant de fait un filtrage du trafic d'Internet. Par ailleurs, les fournisseurs d'accès à Internet seraient contraints d'appliquer « volontairement » la « riposte graduée » qui aboutit à restreindre l'accès à Internet des utilisateurs suspectés de contrefaçon.
« Ce document montre que l'ACTA vise à imposer à Internet une régulation dictée par les industries américaines du divertissement. Les sanctions civiles et pénales pourraient rompre radicalement l'équilibre atteint par la législation européenne sur les opérateurs Internet3. Les négociateurs européens4 doivent s'opposer à ce contournement du processus démocratique visant à mettre Internet sous surveillance totale par des acteurs privés. », conclut Jérémie Zimmermann, porte parole de La Quadrature du Net.
20:25
16:30
Lors de l'examen de la LOPPSI à l'Assemblée nationale, le gouvernement et certains élus de la majorité ont une nouvelle fois tenu des propos inquiétants1 au sujet d'Internet. Ces appels à la généralisation d'un contrôle au cœur du réseau via un filtrage administratif du Net font courir un grand risque pour les libertés.
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Une rhétorique de la peur a dominé le débat sur la LOPPSI à l'Assemblée nationale. Internet a été présenté comme un réseau de communication obscur, investi par les pires criminels. Les défenseurs d'une vision rétrograde du Net se sont succédés pour défendre la « dépollution » du réseau2 grâce au filtrage des contenus à caractère pédopornographique, mais aussi des messages portant atteinte à la dignité des personnes, des jeux violents, des propos racistes ou xénophobes ou même des sites portant atteinte au droit d'auteur. Un amendement déposé par Chantal Brunel - finalement retiré - prévoyait par exemple d'étendre le dispositif "aux messages à caractère violent ou pornographique ou de nature à porter gravement atteinte à la dignité humaine"3. Le procédé est connu: installer un climat de peur pour ensuite apporter de fausses solutions censées offrir aux citoyens un sentiment de sécurité, et ce bien qu'elles soient non seulement inefficaces mais aussi dangereuses, compte tenu du risque du sur-blocage4. Une fois que le ver est dans le fruit, il n'y a plus qu'à étendre le dispositif.

En effet, le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, alors qu'il défendait le filtrage administratif du réseau, a estimé que « le principe de neutralité des réseaux ne s'applique pas aux sites illicites »5. La neutralité du Net – principe consubstantiel à Internet qui exclut toute discrimination à raison de l'émetteur, du destinataire ou du contenu des données transitant sur le réseau – aurait donc vocation à ne bénéficier qu'aux contenus « licites ». Alors même que la liberté de communication est en jeu, le ministre semble justifier au détour de cette phrase l'extension future d'un régime d'exception propre à Internet totalement disproportionné, et qui permet à l'autorité administrative de censurer certains sites afin de prévenir de supposées infractions6. Le filtrage institué par la LOPPSI crée donc une véritable police spéciale de l'Internet au mépris des libertés publiques.
Bien sûr, des pratiques condamnables et criminelles ont cours sur Internet. Mais il n'est nul besoin de renoncer aux principes essentiels de l'État de droit pour faire appliquer les lois de la République sur le réseau. Face à la provocation et à la violence, plutôt que la dramatisation des risques inhérents à tout espace social, plutôt que l'adoption de mesures d'exception, ce sont nos valeurs démocratiques qui constituent le meilleur rempart. Or, des dispositifs efficaces relevant du droit commun et ne remettant pas en cause l'architecture d'Internet existent déjà, notamment afin de faire retirer, y compris à l'étranger, les contenus incriminés des serveurs qui les hébergent. Ce sont ces mesures éprouvées, accompagnées d'outils innovants s'attaquant aux flux financiers, qu'il faut encourager et développer en renforçant la coopération internationale. Au-delà, face à un législateur recourant aveuglément à des mesures répressives en instrumentalisant des sujets aussi sensibles que la protection de l'enfance, les citoyens doivent marquer leur attachement aux bénéfices sociétaux d'un Internet ouvert et chercher à protéger au maximum ce nouvel espace de liberté.
21:05
10:03
Paris, 15 février 2009 - Mardi, une résolution parlementaire sera déposée en Islande afin de faire du pays un modèle pour la protection de la liberté d'expression sur le Net. À des kilomètres d'une vision rétrograde et dangereuse de gouvernements désemparés tentant de contrôler la liberté de communication sur Internet au moyen des HADOPI, LOPPSI et autres accords ACTA, il s'agit là d'un évènement historique. La Quadrature du Net s'associe à ce projet et félicite la vaste coalition de députés islandais qui en est à l'origine. Si la logique répressive et autoritaire venait à prévaloir dans nos societés, l'Islande pourrait constituer un ultime refuge pour la libre circulation de l'information.
Cette résolution parlementaire surnommée Icelandic Modern Media Initiative1, marque le début d'un processus législatif visant à garantir par la loi la liberté d'expression et de communication sur Internet. Régime des publications, protection des sources, responsabilité limitée des intermédiaires techniques : le projet compile les meilleures dispositions existantes de par le monde pour protéger au mieux journalistes et citoyens contre les moyens de pression juridiques utilisés pour décourager la liberté de communication. Grâce à cette initiative, ce pays sinistré par la crise financière ferait le choix d'un modèle de développement socio-économique original, fondé sur l'accès à l'information plutôt que son contrôle.
« Ce projet législatif islandais est une avancée majeure. Loin des conservatismes répressifs et de la tentation de grandes entreprises et de personnalités politiques de contrôler Internet, l'Islande deviendrait un véritable havre de paix pour les libertés sur Internet. Nous devons encourager cette initiative afin que la liberté d'expression, essentielle au bon fonctionnement démocratique, soit pleinement protégée sur Internet. A force d'HADOPI, LOPPSI et autres accords ACTA, peut-être finirons-nous tous par héberger et faire transiter nos données par l'Islande ? » déclare Jérémie Zimmermann, porte-parole de La Quadrature du Net.
19:50
11:23
Paris, le 11 février 2010 - Durant l'examen de la LOPPSI, le gouvernement s'est opposé à tous les amendements visant à minimiser les risques de dérives dans la mise en œuvre de la censure du Net. Le refus de rendre ce dispositif expérimental et temporaire montre que l'exécutif se moque de sa prétendue efficacité pour lutter contre la pédopornographie ainsi que de ses conséquences néfastes. Il s'agit donc bel et bien de permettre au gouvernement de contrôler Internet, la porte étant désormais ouverte à l'élargissement du dispositif.

Le refus de déployer le filtrage du Net à titre expérimental est la preuve de la mauvaise foi du gouvernement. Une mise en place temporaire de ce dispositif aurait à coup sûr démontré qu'il est inefficace pour lutter contre la pédopornographie.
Seules les techniques traitant le problème à la source (en faisant supprimer les contenus des serveurs et en attaquant les flux financiers) et le renforcement des moyens des enquêteurs peuvent prétendre réellement lutter contre la pédopornographie, comme le prouve l'exemple de l'Allemagne1 qui vient de renoncer à une loi visant à filtrer le Net.
Par ailleurs, alors que l'efficacité du dispositif ne peut être prouvée, le gouvernement refuse de prendre en compte le fait que le surfiltrage - c'est-à-dire le "filtrage collatéral" de sites innocents - est absolument inevitable2. Désormais, le filtrage de sites Internet pourra par la suite être étendu à d'autres domaines, comme le président Sarkozy l'a récemment promis3 aux industries pro-HADOPI.
« La protection de l'enfance est honteusement instrumentalisée par Nicolas Sarkozy et Brice Hortefeux pour mettre en place un dispositif ouvrant la porte à d'importantes censures collatérales et aux pires dérives. Après l'HADOPI, la LOPPSI : la machine sécuritaire gouvernementale se met peu à peu en place pour tenter de contrôler Internet, au mépris des libertés. » conclut Jérémie Zimmermann, porte-parole de La Quadrature du Net.
11:33
Paris, 9 février 2010 - Les députés se penchent à partir d'aujourd'hui sur l'examen du projet de loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (LOPPSI), dont l'article 4 prévoit de filtrer les sites Internet présentant des contenus à caractère pédopornographique. La Quadrature publie la traduction des résultats d'une expérience menée en Allemagne en juin dernier1 et qui a concouru à l'abandon d'une mesure similaire : plutôt que de filtrer, faites retirer les contenus ! Suivons l'exemple allemand !
Le débat français sur le filtrage des sites Internet a eu lieu en Allemagne il y a plus de 6 mois. En juin dernier, le gouvernement allemand faisait adopter une loi sur la censure d'Internet au prétexte de la lutte contre la pédopornographie. Suite aux élections du 27 septembre 2009, le nouveau gouvernement (libéraux du FDP et chrétiens-démocrates du CDU) avait annoncé la suspension de l'application de cette loi jugée dangereuse. Or, conscient des difficultés pratiques liées à la mise en œuvre du filtrage et devant le risque de porter gravement atteinte aux libertés publiques2, le gouvernement allemand a finalement choisi de renoncer : hier, il a annoncé l'abandon définitif du filtrage du Net3, et a indiqué qu'il soumettrait au Parlement une loi relative à la suppression des contenus.
« Le gouvernement allemand a préféré renforcer les moyens classiques de lutte à la source contre les contenus pédopornographiques. Il a fait preuve de pragmatisme en reconnaissant l'inefficacité et la dangerosité du filtrage du Net. Alors que l'Assemblée nationale pourrait donner au ministère de l'Intérieur le pouvoir de filtrer Internet, il est urgent de peser les risques qu'un tel procédé fait courir aux libertés fondamentales. Il est encore temps pour les députés de s'opposer à l'instrumentalisation de la protection de l'enfance4 et prévenir la première étape d'une censure généralisée du Net. Il faut suivre l'exemple allemand ! », déclare Jérémie Zimmermann, porte-parole de la Quadrature du Net.
Il est encore temps pour tous les citoyens de contacter leur député5, afin de les informer sur les dangers du filtrage du Net et l'existence de méthodes alternatives.
9:03
Paris, le 04 février 2010 - La Quadrature du Net vient de faire parvenir aux députés une lettre accompagnée d'une note sur les enjeux des dispositions de la loi LOPPSI1 relatives à la lutte contre la cybercriminalité, et particulièrement sur la censure administrative du Net. Si le filtrage du Net a été encadré par l'autorité judiciaire en commission des lois, la mise en place de ce dispositif laisse la porte ouverte à de dangereuses dérives et doit désormais être complétée par de strictes garanties, ou à défaut être rejetée. La Quadrature invite tous les citoyens soucieux des libertés à informer leurs députés sur ces enjeux fondamentaux pour l'avenir d'Internet2.
Les décisions administratives visant à bloquer l'accès à des sites Internet au nom de la lutte légitime contre la diffusion et le commerce de contenus à caractère pédopornographique devront désormais être soumises à l'« autorisation » préalable de l'autorité judiciaire. En l'état, le texte est cependant encore très dangereux et préoccupant. Outre l'incapacité chronique de cette censure du Net à remplir l'objectif annoncé (voir à ce titre l'étude de Fabrice Épelboin: « Le commerce de la pédopornographie sur Internet de 2000 à 2010 »), le risque d'un sur-filtrage, mis en avant par toutes les études sur le sujet, semble inévitable.
« La mise en œuvre de la censure du Net fait courir de grands risques techniques et démocratiques. Elle ne devrait être envisagée qu'à titre expérimental et temporaire, ce qui permettrait de confirmer son inefficacité. Il est également indispensable que les députés amendent le texte de la LOPPSI afin de prévoir un mécanisme de recours pour les "censures collatérales" liées au sur-filtrage. Sans de telles garanties, le texte voté présentera inévitablement un danger pour la liberté d'expression et de communication. » déclare Jérémie Zimmermann, porte-parole de La Quadrature du Net.
La Quadrature appelle tous les citoyens à utiliser la note, l'étude de Fabrice Épelboin et tous les autres matériaux analytiques mis à leur disposition sur le web-dossier sur le sujet, afin de contacter leurs députés pour leur demander d'imposer un strict encadrement de la censure du Net prémunissant contre tout risque de dérive et de sur-filtrage ou, à défaut, de rejeter dans son ensemble l'article 4 de la LOPPSI. Vous pouvez aussi, grâce à In Libro Veritas, faire parvenir un dossier papier par courrier à votre député.
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Entrez votre numéro de département :
(Corse mettez 2A ou 2B, Polynésie 987, Martinique 972,
Nouvelle Calédonie 988, Guadeloupe 971, Réunion 974)
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|---|---|
| LaQuadratureduNet-20100203-LOPPSI_2_Lettre_aux_députés.pdf | 46.31 Ko |
| LaQuadratureduNet-20100204-LOPPSI_2_Note.pdf | 106.9 Ko |
8:10
Introduction
Ce texte a été publié la première fois en 1996 par le Collectif 1984 de Bruxelles. Il constitue le prolongement d'une pièce de théâtre qui fut montée, par cette compagnie, à l'occasion de la commémoration par l'Etat belge du cinquantième anniversaire des accords belgo-italiens scellant l'importation massive, par la Belgique, d'une main-d'œuvre italienne destinée à assurer la production de charbon belge. C'est le fils d'un de ces mineurs qui est à l'origine du désir de réagir du Collectif 1984. En effet, voyant se profiler à l'horizon ces commémorations où l'on allait construire du héros, en fêtant la beauté de l'effort et du sacrifice, le tout dans un halo de nostalgie hypocrite, il eut le sentiment que son père allait mourir une deuxième fois. Cette brochure marque donc, d'abord, le refus du mensonge qui veut habiller des habits clinquants du devoir accompli la pire des saloperies : l'exploitation de l'homme [1] par l'homme.
Exploité, voilà un mot que l'on n'entend plus guère. On y préfère celui de privilégié pour parler de celui qui a un travail. Le passage à la société post-industrielle a permis de faire ce petit nettoyage langagier. L'exploitation n'est encore évoquée, rarement, que lorsqu'il s'agit de décrire les conditions de travail particulièrement atroces qui ont cours dans certains pays du tiers-monde (le travail des enfants, par exemple). En fait, on ne serait en présence de l'exploitation que lorsqu'on ne sait quelle mesure aurait été dépassée sur une mystérieuse échelle de la souffrance. On nous signifie clairement que si subsistent, de part le monde, des zones d'exploitation, cette réalité, dans nos contrées, appartient à notre passé. Ce qui nous incite à accepter, d'autant plus volontiers, l'existence de ces centaines de millions d'« exploités labellisés » comme une survivance archaïque appelée à disparaître.
Mensonge ! La tertiarisation du travail, la dématérialisation de la production, ne changent rien au fait que nous devons consacrer une part conséquente de nos existences à cette « activité aux ordres » qu'est le travail, et que cette même existence s'articule totalement autour du fait d'exercer ou de ne pas exercer une telle activité. Certes, on parle, dans nos pays riches, de la fin du travail, mais ce que nous constatons, surtout, c'est la crise du salariat et du modèle classique de l'entreprise. Les exploiteurs s'aperçoivent que l'exploitation peut se passer des murs de l'usine, de la hiérarchie (la personne physique du patron est, depuis longtemps, à peine un souvenir), des horaires fixes [2]. Toutes choses qui semblaient définir l'exploitation mais qui ne sont en fait que les moyens anciens qui permettaient sa mise en œuvre. Ils inventent le « travailleur-entrepreneur », chacun devient pourvoyeur autonome de services. Libre, donc, de se soumettre, encore et toujours, aux conditions économiques et sociales existantes, qui le contraignent, finalement, à être son propre contremaître. Qui plus est, ce nouveau travailleur, « affranchi », se voit dans l'obligation de veiller au maintien de sa propre valeur sur le marché du travail (formation permanente, auto-évaluation, etc.), et à s'assurer qu'il sera employé (prospection, relations publiques, etc.). Finalement, la frontière entre le temps travaillé et le temps non-travaillé abolie, c'est la totalité de son temps qui est colonisée par le travail.
En fait, présenté comme ayant disparu, le prolétariat est partout [3], mais il a pris mille virages. C'est ce qu'ignore trop, dans sa volonté dénonciatrice, le « Plaidoyer pour que… ». Il n'est pas si évident, comme cela y est écrit, qu'il y ait « moins de différences de situation et d'intérêts entre des exploités du tiers-monde et des pays développés qu'entre l'exploiteur et l'exploité de n'importe laquelle des régions du monde ». En effet, cette affirmation ignore le fait que, par exemple, de plus en plus de travailleurs soient intéressés aux bénéfices de leurs entreprises, et que, dans le cadre de l'« autonomisation » du travailleur, évoquée plus haut, le prolétaire soit appelé à en exploiter un autre, du nord ou du sud pour maintenir sa propre position. En outre, mettre par trop l'accent sur le fait que ce soient les intérêts partagés qui pousseraient les individus à lutter, c'est croire que les individus sont agis par les circonstances (l'appartenance à une classe sociale), et non pas qu'ils décident d'entreprendre de les modifier.
En fait, le refus de l'exploitation ne peut se faire sur la seule mise en avant d'intérêts communs à tous les prolétaires, le monde actuel multipliant et opposant les situations particulières, mais plutôt sur la volonté partagée par les individus de s'opposer à l'exploitation, au nom du refus de l'organisation sociale et économique existante et de la nécessité de construire une société juste. Ainsi, moi, ici et maintenant, dans ma situation particulière de travailleur, je ne peux pas dire que j'ai, obligatoirement, les mêmes intérêts concrets que tel ou tel travailleur du nord ou du sud, mais cela ne m'empêche en rien d'agir pour que mes intérêts ne priment pas sur les siens, et pour que nous nous retrouvions dans le même désir d'en finir avec l'exploitation et le système économique, social et politique qui l'organise.
Genève-Lausanne, le 2 juin 1998 (éditions EDAM)
Plaidoyer pour que les mineurs du monde entier se reconnaissent dans les souffrances des caissières de grand magasin« En fait, tu vois, si je me coupe des bouts de doigts, c'est pour ne pas perdre la tête !... Tu vois, le danger, c'est la résignation. Le danger, c'est quand tu laisses le sort te tomber dessus comme les saisons d'une année. Tu vois, tu supportes et puis tu t'habitues et tu finis par trouver normal que la vie soit comme ça. Ton cerveau se vide et dans la tête, t'as plus que de la polenta. Et moi, la polenta, je l'aime dans l'estomac, pas dans le crâne !... » (extrait de « Rue des Italiens » – G. Santocono).
Comme bon nombre de mineurs, celui qui témoigne ici de sa mutilation préférait perdre un doigt plutôt que d'aller souffrir au fond. Ce cas précis se situe en 1948, dans la région du Centre en Belgique. Mais c'est le propre de tous ceux qui souffrent sous le joug du travail que de chercher par tous les moyens à résister à l'abrutissement, et cette résistance prend toutes sortes de formes.
Aujourd'hui, rien de changé sous le soleil : voilà comment Rita, une hôtesse de l'air américaine, témoigne de sa lutte pour ne pas devenir folle face aux conditions de travail de plus en plus éprouvantes de ce métier, liées aux pressions exercées par la direction pour que les hôtesses assument de plus en plus de tâches au cours d'un même vol. « Quand je commence à être crevée pendant un vol, j'évite les passagers. Je n'entends pas, je regarde ailleurs, je m'éloigne. J'appelle ça "se défiler sur le tas". Tout dans une compagnie aérienne est fondé sur le travail sentimental : être gentille quand on n'a pas envie de l'être. Je fais tout ce que je peux pour pas devenir cinglée. Il ne suffit pas de rentrer chez soi et de ne plus parler boulot. J'ai besoin de faire quelque chose contre le règlement pour rester saine d'esprit. » (Extrait de « In the American workplace » – Martin Sprouse, 1995).
Quand on lutte pour échapper aux pressions de l'exploitation, l'époque ou le type de travail assumé importe peu, on se sent partie prenante d'une communauté. Qu'on soit homme ou femme, blanc ou noir, belge ou italien, que le boulot soit plus ou moins dur, ces différences disparaissent car on résiste aux mêmes peines, au même ennui. Evidemment, si l'on part des conditions immédiates dans lesquelles se produit l'activité, chaque cas paraît spécifique, chaque situation particulière. Le mineur est un homme, l'hôtesse est une femme. L'un travaille au fond, l'autre en l'air. Les risques d'accident ne sont pas identiques. L'effort n'est pas le même. Bref, tout les distingue. Et c'est ce qui est systématiquement mis en exergue aujourd'hui : les particularités, les éléments qui différencient les situations.
Ce plaidoyer veut s'attaquer aux mille et un mécanismes qui sont le plus souvent mis en avant pour nous empêcher de nous reconnaître comme faisant partie d'une seule et même classe sociale, nous qui travaillons pour (sur)vivre et qui sommes soumis à ce titre, à un même dénominateur commun : l'exploitation.
Cette vérité toute simple est aujourd'hui tout bonnement « imprononçable » : on ne peut plus dire l'exploitation. L'évoquer, c'est la plupart du temps voir son interlocuteur balayer la question d'un revers de main fatigué : en arguant de la « complexe réalité » pour finalement noyer le poisson de l'exploitation dans les eaux confusionnantes des « différences culturelles », des « conditions particulières dans le tiers-monde », des soi-disant progrès dans les pays dits socialistes, de la charge plus ou moins lourde du labeur, … toutes choses qui aboutissent à démanteler la communauté d'intérêts qui nous relie.
Relier les anneaux de la chaîne
Partir de ce qu'il y a de commun, c'est reconstituer la chaîne brisée par les particularités. Suivre cette démarche conduit à refuser d'exister comme un tas de maillons séparés, atomisés, charriant chacun un intérêt spécifique. Peut-être alors pourrons-nous rattacher chaque maillon circonstanciel à la grande chaîne organique que forme l'ensemble des exploités de ce monde. Une chaîne de force pour briser les fils invisibles qui, partout dans le monde, lient le « travailleur libre » au salariat.
Ainsi par exemple, il y a moins de différences de situation et d'intérêts entre des exploités du tiers-monde et de pays développés qu'entre l'exploiteur et l'exploité de n'importe laquelle de ces régions du monde. Et il en va de même pour les « pays socialistes ». Après plus de 75 années de mystification stalinienne, il apparaît de plus en plus clairement aux yeux de tous que des pays tels la Russie ou la Chine n'ont jamais quitté le monde capitaliste, et que les mesures protectionnistes ou les nationalisations opérées dans ces régions n'ont en rien rompu avec le capitalisme traditionnel. Là-bas comme partout régnait et règne encore le travail salarié, l'exploitation de l'homme par l'homme, l'argent, l'armée, l'Etat, ...
Cavanna évoque avec ironie la mystification de la nationalisation des mines décidée par les staliniens du Parti Communiste Français dans le gouvernement d'après-guerre. En 1945 en effet, comme les capitalistes du monde entier, le PCF appelle à arrêter les grèves et à travailler plus pour augmenter la production (et donc les profits) : « Donc, plus question de grèves, fallait produire à tout va pour relever la France et l'industrie. Alors on a craché dans nos mains (…). Un sacré coup, oui ! En deux ans, à force de sueur et d'ampoules, on avait dépassé le niveau d'avant-guerre. Faut dire aussi que les mines avaient été enlevées aux compagnies pourries qui avaient collaboré avec l'ennemi, et nationalisées. C'est ça qui nous remontait le moral ! On était les patrons, vous comprenez ? Qu'on croyait… Parce qu'en fait on nous avait couillonnés. Mais ça on l'a su plus tard. » (Les enfants de Germinal – Cavanna)
Ici aussi, comme en Russie, à Cuba ou en Chine [4], on a fait croire à l'ouvrier que substituer un patron « public » à un patron « privé » transformerait la nature de l'exploitation qu'il subissait, tout comme on faisait croire qu'il suffisait de peindre le capitalisme en rouge pour le supprimer. Voilà une autre manière de couper une partie des exploités de la lutte générale de leurs frères de misère.
Il existe des milliers de semblables mécanismes dont la fonction est d'occulter l'existence d'une même communauté d'intérêts entre les « prolétaires du monde entier ». Les uns disent qu'ici on est mieux, les autres affirment qu'ailleurs c'est pire. Du nord au sud et de l'est à l'ouest, d'innombrables bonnes ou mauvaises intentions participent à l'atomisation des maillons de la servitude. Et quand ces séparations ne prennent pas la géographie pour base, c'est la sociologie ou le culturel qui s'en mêlent : dans ces domaines, on dissocie le rural de l'urbain, l'ouvrier de l'employé, l'étudiant du travailleur, le Wallon du Flamand, etc.
Cette petite balade dans le monde de la séparation s'affirme définitivement comme une bataille tenace pour tenter de relier les fils épars et défaits d'une classe sociale qui a vu son unité brisée par autant de mystifications subies. Elle nous conduit tout naturellement chez les mineurs. Elle nous conduit au fond.
Sous terre, seulement des prolétaires
Ici, au fond de la mine, dans la peur d'un coup de grisou ou d'un éboulement, toutes les séparations chantées par l'idéologie dominante s'effondrent. Ici, il n'y a plus de dieu, plus de patrie, plus de Belges ou d'immigrés, plus de « Bataille du charbon » ou de « Plan quinquennal ». Que cela soit en Chine, en Belgique, aux USA ou en Afrique du Sud, il n'y a plus qu'un tas d'hommes suant du charbon sous le joug des cadences imposées.
Ici au fond de la mine, il n'y a plus qu'une et une seule classe sociale : le prolétariat [5]. La nationalité n'a pas d'importance pour les exploiteurs. Mais ce qui est clair aussi, c'est qu'il n'y a pas un seul bourgeois qui tient le marteau piqueur. Pas de confusion possible. Seul le prolétariat travaille et seule la bourgeoisie en tire profit.
La guerre révèle de façon plus marquante encore cette distribution des rôles. Quel que soit le capitaliste qui s'empare des mines, il n'y envoie que des ouvriers.
En 1940, l'Etat allemand y enverra trimer les prisonniers russes. Lisez les prolétaires russes, pas les officiers de l'Armée Rouge, pas les bureaucrates, pas les gestionnaires de l'Etat. En 1945, l'Etat belge y envoie creuser les prisonniers allemands. Pas les dignitaires nazis, les hauts officiers SS, les ministres fascistes, les banquiers, non, les simples soldats. Prolo dans leur pays, prolo au front, prolo au fond de la mine. Et quand il faudra relâcher les prisonniers allemands et qu'une majorité de mineurs belges refuseront de retourner mourir pour du charbon, l'Etat belge décrétera une « mobilisation civile de toutes les personnes occupées dans les charbonnages depuis le 10 septembre 1944 » en précisant que « les ex-mineurs qui se soustrairaient à cette mobilisation civile seraient exclus du bénéfice du chômage mais aussi passibles d'une peine de prison de 8 jours à un an et d'une amende de 26 000 à 100 000 francs… » (extrait de l'Arrêté-loi paru dans le Moniteur belge d'avril 1945 et cité dans « L'appel à la main-d'œuvre italienne... » – Anne Morelli). Libéré de la guerre, l'ouvrier reste prisonnier du capitalisme. Enfin, quand il fut clair que malgré ces mesures, il n'y aurait jamais assez de Belges pour retourner au charbon, les Etats belge et italien signèrent les accords de juin 1946, qui précipitaient des dizaines de milliers de jeunes italiens dans le noir des profondeurs minières. Des jeunes italiens sans travail, sans terre, sans argent, sans autre propriété que leurs bras. Des prolétaires. Pas des hauts fonctionnaires du Ministère du Travail, pas des rentiers ou des gros commerçants.
Comme on le voit, la recherche inaltérable du profit anéantit toutes les considérations idéologiques, politiques, nationalistes, ... Seule une certaine « reconnaissance » sociale subsiste qui voit les bourgeois, quelles que soient les guerres qu'ils se livrent, refuser d'envoyer leurs semblables souffrir sous les coups du labeur. Une confirmation du vieil adage qui veut que les loups se battent, mais ne se mangent pas entre eux. Les loups en surface, les rats sous la terre. Au fond. Au fond de l'exploitation...
Car quel métier imposé à l'homme a-t-il plus concentré l'inhumanité d'une société dont le seul souci est le profit ?
Quel autre métier que celui de mineur de fond a-t-il à ce point nié l'être humain pour le soumettre aux exigences délirantes de la rentabilité économique ? Quel autre métier a-t-il conduit l'homme à ramper comme un rat plusieurs heures par jour dans des galeries noires, bruyantes et puantes, parfois étroites de 30 centimètres ? Quel autre métier a-t-il placé l'homme face à une telle destruction de son propre corps ? Quel autre métier a-t-il permis qu'un jour on justifie la transformation des organes de respiration de l'homme en véritable chair à charbon ? Quel métier a-t-il autant humilié l'homme, jusqu'à le contraindre à manger aux côtés de ses propres excréments ? « Au fond de la mine, pas de réfectoire ni de toilettes, pas de robinet d'eau pour enlever la poussière de vos mains, ni de votre bouche, pas possible de rincer celle-ci (…) et ce n'est que quand les circonstances le permettent que l'on peut rapidement satisfaire ou apaiser ses besoins, sur les lieux mêmes de votre travail au milieu des dangers et des saletés, devant bien souvent manger aussi à cette même place tout comme du bétail humain. » (La bataille du charbon – Alexandre Lambrix)
Sans oublier les morts. Ceux des grandes catastrophes, bien sûr, une liste interminable. Mais ceux du quotidien aussi, morts un par un, et pour lesquels il n'y a pas le bruit des photographes de journaux à sensation... On n'insistera pas ici sur l'horreur vécue par ces millions d'hommes de par le monde qui furent condamnés aux mines - comme on condamnait aux galères - parce qu'il leur fallait survivre.
Comment « donner un sens » à ces souffrances et à ces morts ?
Le capitalisme assurait aux mineurs qu'ils mouraient pour la patrie, qu'ils souffraient pour chauffer les familles sans charbon, qu'ils travaillaient pour eux-mêmes ou pour le pays ou pour le « socialisme » puisque les mines étaient nationalisées... La réalité une fois démaquillée de toutes ces mystifications, on constate que les mineurs sont morts pour le taux de profit, pour la compétitivité de l'entreprise, pour la hausse des actions de la Fédéchar... et pour un salaire qui leur permettait à peine de payer un loyer et nourrir une famille.
Le capitalisme ne « donne » pas de sens, il le « chiffre ». Il relève des taux de profit. Il quantifie des marchandises importées [6]. Il spécule sur le futur de l'exploitation, mais pas sur le sort des mineurs. « Chez ces gens-là, Monsieur, on ne vit pas, on compte ! » [7]
Au lendemain même de la catastrophe de Marcinelle, qui avait laissé plus de 250 morts sur le carreau, un journaliste ne déclarait-il pas déjà : « Il manque trois mille ouvriers mineurs pour assurer une exploitation normale des entreprises houillères du bassin de Charleroi. Où les trouver ? Il est douteux que ce soit désormais en Italie. On parle de main-d'oeuvre portugaise et espagnole qui s'ajouterait aux travailleurs italiens et grecs installés chez nous. » (Ajax – Le Soir du 11 août 1956)
Ce n'est même pas du cynisme, c'est la tragique réalité d'une société toute entière axée sur le bien-être des capitaux accumulés et non des hommes.
Mourir pour cela n'a définitivement pas de sens : il faut chercher celui-ci ailleurs. Si le « sens » que propose l'exploitation ne convient pas, il faudra bien en définir un par nous-mêmes. Pour cela, il faut d'abord sortir de la mine, prendre de la perspective et oublier un instant tout ce qui caractérise « immédiatement » le mineur. Il faut qualifier les eaux communes dans lesquelles nagent le mineur italien ou le chômeur américain, la paysanne chinoise ou l'employé de banque zaïrois et dénoncer l'existence universelle d'un monde qui suspend les vies à un salaire. En retournant à la mine après ce large détour, on verra alors que ce n'est que dans la lutte pour qu'il n'y ait plus jamais de « vies suspendues aux salaires » que se trouve le sens à donner aux souffrances des mineurs ou de toute autre catégorie d'exploités particulièrement attaquée. Ouvrons donc cette large parenthèse, quittons momentanément les mineurs et changeons de niveau d'abstraction.
« Changer de niveau d'abstraction [8] » pour expliquer la réalité est extrêmement pénible aujourd'hui.
Un exemple. Les restructurations battent leur plein, la crise est plus profonde que jamais, les entreprises licencient à tour de bras sur la planète entière... et l'on continue à se tourner vers le chômeur pour lui demander les raisons de son refus de chercher du travail !
Il y a quelques semaines encore, lors d'un débat télévisé, un pauvre bougre qui, depuis son licenciement, avait centré toute son existence sur la recherche d'emploi, clamait sa fierté d'avoir retrouvé un travail. Il s'acharnait, dès lors, à démontrer aux chômeurs du monde entier qu'ils étaient seuls responsables de leur sort et qu'il constituait, lui, la preuve vivante des infinies possibilités de réintégration existant dans le circuit du travail. Des tas de gens avaient beau lui démontrer qu'il était impossible, en Belgique, de faire rentrer « physiquement » plus de 600 000 personnes sur un marché dominé par des entreprises qui licencient à n'en plus finir, il s'obstinait à reprendre son expérience personnelle particulière pour nier la réalité d'ensemble. Après tout, s'il faisait partie des quelques gouttes d'eau qui s'étaient retrouvées dans la pipette, qu'est-ce qui pourrait bien empêcher le reste de la bouteille d'y entrer ?
« Quand le sage montre la Lune, l'idiot regarde le doigt. »
Aujourd'hui, pour expliquer le chômage, le sage a beau dénoncer l'économie capitaliste, le gouvernement continue à montrer du doigt le chômeur et à le sanctionner.
A ce niveau, la question cesse bien évidemment d'être théorique, le problème de l'Etat n'étant pas de « comprendre » rationnellement que la bonne ou mauvaise volonté des individus est soumise à la dictature globale de l'économie et du marché, mais bien de « défendre pratiquement » le cadre général dont il est produit et dans lequel s'exerce l'exploitation de l'homme par l'homme. Pour l'Etat, ce n'est donc plus un problème de « raisonnement », mais bien une question d'« intérêt ». Ce qui dicte la répression du chômeur, c'est le souci du développement des entreprises représentées et défendues par l'Etat, et non la bonne ou la mauvaise compréhension des lois du marché.
Pour le salarié par contre, saisir le bon niveau d'explication est littéralement une question de vie ou de mort. S'il se persuade que la misère à laquelle il est soudain confronté en étant licencié est le résultat de sa propre incapacité à trouver sa place dans le monde, il risque fort bien de se tromper d'ennemi. Ainsi, aux Etats-Unis, ces trois dernières années, 13 travailleurs de Caterpillar se sont suicidés du fait des menaces de licenciement que cette entreprise a fait peser sur eux. Ils n'avaient pourtant rien à se reprocher. Leur seul tort était d'avoir accumulé des années d'ancienneté et donc de bénéficier d'un salaire élevé, ce qui nuisait aux intérêts de l'entreprise, soucieuse de les remplacer par de plus jeunes ouvriers payés 30% moins cher.
Dans cet exemple, si ces prolétaires avaient pu recadrer leur situation ne fut-ce qu'au niveau de l'humanité et de la vénalité de ceux qui les exploitent, ils auraient certainement survécu.
Changer de niveau d'abstraction, c'est permettre au jeune docker de Lagos, au vieil ouvrier de Caterpillar, à l'hôtesse de l'air américaine ou au mineur français « nationalisé » d'élever leurs souffrances respectives spécifiques au désir commun d'exister comme des êtres humains et non comme des marchandises.
En prenant un peu de hauteur, en refusant l'application immédiate donnée par les journaux et qu'on nous écrase sur le nez : « tu es chômeur, tu es mineur, tu es immigré, tu es femme, tu es manuel, tu es flamand, tu es intellectuel… », nous nous rendons à nouveau capables d'affirmer : « nous ne sommes ni chômeur, ni mineur, ni immigré, ni femme, ni manuel, ni flamand, ni intellectuel... nous sommes le prolétariat ! [9] ».
Pour saisir l'universalité de nos conditions d'exploitation, il faut refuser de s'arrêter à ce qui semble formellement et immédiatement différencier ces conditions, et crier bien fort à tous ceux qui nient l'existence des classes sociales, que ce qui constitue le cœur commun de la réalité de tous les exploités de la terre, c'est la dépossession de toute propriété et l'obligation pour survivre de vendre sa force de travail.
Vues sous cet angle, les différences de condition existant entre un mineur du siècle dernier [10] et nos actuelles caissières de grand magasin disparaîtront rapidement. Et ce sera une bonne chose. Parce que toutes ces particularités sont mises si souvent en avant, qu'elles finissent par briser l'unité naturelle entre les prolétaires du monde entier.
Se vendre ou mourir : une règle commune imposée
A l'occasion de la journée des Droits de l'Enfant, un journaliste avait été invité à BlaBla, l'émission pour enfants de la télévision belge, et dialoguait avec la célèbre marionnette à propos de l'école :
- Tu sais, Blabla, il y a des pays pauvres où les enfants n'ont même pas d'école !
- C'est vrai que nous on est riches, on vit dans un pays riche !
- Exactement. Et nos étudiants qui manifestent si régulièrement leur mécontentement dans les rues feraient bien de s'en souvenir quand ils revendiquent de meilleures conditions pour leur enseignement !
Mieux que de longs discours, cette conversation approximativement retransmise ici, donne toute la mesure de la fonction qu'assume, dans notre société, le discours sur les conditions différentes dans lesquelles se retrouvent les exploités. Reproduisant jusqu'à la caricature l'idéologie dominante concernant les différences particulières entre le monde dit « riche » et le monde dit « sous-développé », les protagonistes encouragent ici les étudiants à se dire qu'ils sont riches et à ne pas se plaindre de leur sort. Le tour est joué. L'étudiant va sortir de l'école, sans travail parce qu'il n'y en a plus, sans droit immédiat aux allocations de chômage, sans toit s'il part de chez ses parents... bref sans rien, et il s'entend dire qu'en tant que riche dans un pays riche, il ferait mieux de ne pas pleurer sur son sort, qu'il y a des endroits du monde où c'est pire.
La fonction essentielle de tout cela est d'empêcher le prolétaire en Belgique de se reconnaître dans le prolétaire du dit tiers-monde. Et vice versa. Parce qu'à Lagos ou à Bogota, d'autres journalistes ou d'autres militants tiers-mondistes bien intentionnés compléteront l'histoire en prétendant qu'il n'y a pas à se solidariser avec ces masses de prolos embourgeoisés d'Europe, possédant caravane et télé [11].
Ce qui se met en place dans un tel mécanisme d'explication de la réalité est déterminant dans la négation de toute possibilité de se solidariser et de lutter ensemble contre ce qui nous détruit, ici et là-bas : l'exploitation capitaliste. Il ne s'agit pas de nier le fait qu'à certains endroits de la planète le capitalisme place des masses de prolétaires dans une situation de misère absolue qui ne leur laisse même pas de quoi refaire leur force de travail, et qu'ils en meurent. Il s'agit de montrer que cette réalité résulte directement des mêmes lois d'un même marché mondial qui soumet, dans tous les pays du monde, la même classe sociale à la même exigence pour survivre : vendre sa force de travail ou mourir.
Que les régions où se sont concentrées la production et la richesse aient produit quelques mécanismes qui permettent momentanément d'éviter que ne meurent directement ceux qui n'ont pas de propriété et pas de travail, ne remet en rien en question cette réalité fondamentale : le capitalisme est basé partout sur l'existence de masses d'hommes dépossédés de toute propriété (si ce n'est leur force de travail) et dont la survie dépend globalement du travail qu'ils ont ou non.
Tout comme pour les treize « suicidés » de Caterpillar, les conclusions d'une telle affirmation sont vitales parce que prendre conscience du fait que la même cause capitaliste universelle produit partout la même conséquence en terme d'exploitation permet non seulement de ne pas se tromper d'ennemi (ce n'est pas le « blanc » qui exploite le « noir » mais bien les patrons « blancs » et « noirs » qui exploitent les prolétaires « blancs » et « noirs ») mais aussi et surtout d'envisager que seule une dimension internationale de remise en question du monde pourra changer cet état de fait.
A contrario, si l'on part de certaines conditions d'exploitation locale, si l'on s'attarde sur l'ici et maintenant, non seulement on ne résout ni l'ici ni le maintenant, mais en plus on participe, qu'on le veuille ou non, à la mise en place d'une idéologie qui tire du « particulier » (nos frères qui meurent de faim en Afrique) la justification pour ne pas agir sur le « général » (entamer, ici, une action pour remettre en cause les conditions mondiales d'exploitation de l'homme par l'homme).
On est conscient qu'en situant l'urgence d'une explication des contradictions de ce monde à partir du point de vue le plus général, on renvoie à des perspectives tellement globales qu'elles semblent a priori quelque peu utopiques.
Utopie pour utopie...
Pourtant, elles ne sont pas plus illusoires que l'utopie libérale qui se borne à attendre une reprise qui ne viendra pas ou un monde meilleur découlant du respect des conditions des Accords de Maastricht. Utopie pour utopie, autant partir de ce qui nous semble seul porteur d'humanité et de dépassement : l'appel à l'unité de toutes celles et de tous ceux qui, par delà les frontières, n'ont pour futur que l'angoisse du lendemain et pour présent le réveil matin, cette première humiliation de la journée.
« Renverser la chaîne des oppressions », ouvrir l'espace à l'unité, c'est également le combat que mena Augusto Boal, le créateur des techniques du « Théâtre de l'Opprimé », lorsqu'il appelait l'ouvrier adulte, l'enfant immigré, la femme au foyer, et chaque maillon de la chaîne à retourner sa révolte vers le haut, vers l'oppresseur « supérieur », vers l'exploiteur, disait-il, plutôt que de se venger de ses malheurs sur plus faible que lui.
En plagiant Boal, on pourrait appeler à renverser la chaîne des divisions particulières opérées par la société pour cacher le fondamental. Car en partant de ce qu'il y a de spécifique dans une partie du monde, puis dans une couleur de peau, puis dans un pays, puis dans une région, puis dans une ville, puis dans un quartier, puis dans une maison ou un couple, ... on se retrouve vite à limiter sa lutte pour un monde meilleur à son seul individu [12].
De l'ennui généralisé à l'aventure universelle
Le court détour que nous avons effectué par le « tiers-monde » cherchait à mettre en lumière l'importance du refus de transformer en cloisons séparatrices les mille et une situations particulières dans lesquelles s'exerce notre exploitation. Revenons maintenant aux mineurs. Nous cherchions à donner un sens à ce qu'ils ont enduré, et nous avons vu que le capitalisme n'en est pas capable, que l'exploitation n'a pas de sens, si l'on part du point de vue de l'être humain et non des besoins du Capital.
Changeons donc de cadre. Passons à un autre niveau pour re-situer maintenant la souffrance des mineurs dans le cadre d'une même classe sociale qui, aujourd'hui comme hier, au Nord comme au Sud ou à l'Est et à l'Ouest, cherche toujours désespérément à résister à cette même pression capitaliste qui la contraint à accepter n'importe quoi pour échapper à la misère. C'est à ce niveau-ci, et à ce niveau-ci seulement, que la mémoire des innombrables prolos morts à la mine trouve tout son sens. Elle trouve son sens dans la mémoire vivante d'une classe qui revendique le caractère universel et commun de ses souffrances parce qu'elle cherche à abolir universellement l'exploitation. Elle trouve son sens dans le fait de rattacher les épreuves du mineur à celles de tous ceux qui, quels que soient leur sexe, la couleur de leur peau, leur nationalité, leur degré de souffrance, leur lieu de travail, sont à la base de tout ce que cette société produit et en sont pourtant complètement dépossédés.
C'est dans la seule négation de ces conditions générales d'exploitation que réside la signification à donner à la mémoire des mineurs. Un sens qui n'est pas de l'ordre des justifications, car rien ne justifiera jamais le ravalement de l'homme à l'état d'animal et moins encore à celui d'une marchandise. Un sens qui est de l'ordre d'une direction, d'un combat, d'une attitude vivante et actuelle : relier le fil des souffrances passées de la classe ouvrière à celles qu'elle endure actuellement, pour revendiquer dans l'unité l'abolition de tout esclavage.
Cette démarche commence par affirmer que le mineur n'a pas enduré la mine pour extraire du charbon, mais pour que des capitalistes puissent extraire une plus-value. Elle se poursuit par le rejet de toutes les idéologies, de droite comme de gauche, qui ont légitimé la soumission d'êtres humains à de telles conditions d'existence. Elle étend sa critique à la critique de toute forme de situation qui permet à des hommes de s'enrichir en exploitant d'autres êtres humains. Elle se concrétise ici et aujourd'hui de façon vivante, en re-situant la mémoire des combats et des défaites des mineurs de l'après-guerre en Belgique dans le cadre de la lutte à mener partout dans le monde, pour refuser la misère et l'absence de perspective.
* * *
Camarade mineur, quand on nous explique aujourd'hui que c'est tellement mieux de travailler chez Caterpillar ou chez Delhaize, et que c'est incomparable à ce que tu as souffert dans la mine, prends la parole, hausse le ton, et témoigne de ton refus de voir la gigantesque statue qu'ils t'érigent servir d'ombre à tous ceux qui, comme toi hier, souffrent aujourd'hui d'être contraints d'accepter n'importe quel boulot pour survivre ! Et quand pour s'excuser de t'y avoir envoyé, les grands de ce monde vantent le courage que vous avez eu, toi et tes frères, de descendre à la mine, rappelle-leur donc avec véhémence que ce n'est pas le courage, mais la misère qui t'a jeté dans ce trou profond et que c'est cette même misère qui contraint aujourd'hui ton frère de classe, partout dans le monde, à accepter de « perdre sa vie à la gagner ».
Ceux qui t'ont fait souffrir sont ceux qui glorifient aujourd'hui les souffrances que tu as endurées. Il faut dénoncer ces idéologies qui magnifient les tourments des prolétaires les plus défavorisés d'hier pour empêcher ceux d'aujourd'hui de se révolter contre leurs conditions d'exploitation. A l'encontre de tous ceux qui veulent t'enterrer en faisant de toi une relique d'un autre âge, alerte les hommes de notre temps et éclaire de toute l'actualité de ton expérience le jusqu'au-boutisme dont le capitalisme est capable quand il s'agit d'exploiter.
Camarade mineur, participe à ce plaidoyer pour l'affirmation d'une seule et même réponse humaine à l'inhumanité du capitalisme, en appelant les mineurs du monde entier à « se reconnaître dans les souffrances des caissières de grand magasin »…
… et puis aussi dans l'ennui mortel des employés de bureau, dans les colères des jeunes chômeurs, dans la rage contenue d'un étudiant se présentant pour un boulot, dans les regards d'un gosse qui crève de faim, dans les désirs tués des enseignants, dans la détresse d'un demandeur d'asile africain, dans la révolte des banlieusards de tous pays...
« Se reconnaître ». C'est sans doute là un premier pas pour prendre conscience qu'une société qui abolit toute aventure, fait de l'abolition de cette société la seule aventure possible.
Collectif 1984 (Bruxelles, 1996)
Postface
Lutte des classes ou compromis historique introuvable ?
L'exemple suisse
Nos sociétés occidentales reposent sur le mensonge et la séduction. La juste rétribution de l'effort, de l'intelligence, de l'audace... ce serait la liberté au volant, la satisfaction immédiate du fast food ou du sexe virtuel en réseau… Chacun pour soi, et que le meilleur gagne. Tel est le discours officiel.
L'égalité des chances est garantie, ici du moins, nous dit-on. Ailleurs on meurt de faim ? Peut-être, mais c'est parce que les dirigeants du tiers-monde sont corrompus. Ils n'ont qu'à faire comme nous. Avant on nous disait d'aller voir à Moscou. Maintenant ce serait plutôt chez Saddam ou au Pakistan. Les nouveaux ennemis voilent leurs femmes et leurs filles, ils ont des coutumes barbares. Ici c'est la civilisation.
Plaider pour la solidarité internationale du prolétariat, c'est refuser le compromis historique conclu par les bureaucraties politiques et syndicales de nos pays au dépend des exploités d'ici et d'ailleurs.
Si les salariés suisses ne se reconnaissent pas dans les souffrances des damnés de la terre, c'est parce que, bien longtemps, ils en ont été relativement préservés. Dominés, mais dans le camp des dominants. Notre bourgeoisie nationale a invité son prolétariat à sa table. En bout de table certes… Un ananas ou une tablette de choc' à un prix défiant toute concurrence, une paire de baskets fabriquée par un enfant du tiers-monde, un voyage en charter, une petite pute thaïlandaise... Elle lui a fait goûter à sa grande prédation.
L'or nazi... on ne savait pas, vous voulez rire ! Notre paix sociale s'est imposée, dans l'après-guerre, par un accord entre les « représentants » des classes ouvrières, le patronat et l'Etat. On était tous dans le même bateau et la guerre continuait. Une guerre économique et financière, dans laquelle notre petite patrie avait tout avantage à se blottir sous l'aile du grand frère américain.
La mayonnaise a pris parce que bien des travailleurs suisses ont été poussés vers le haut par les immigrés venus, comme dans les mines belges, occuper les mauvaises places. Ce sont eux qui ont construit les autoroutes, les cités nouvelles, rempli les usines, fait les basses besognes. Les Suisses devenaient contremaîtres, flics ou fonctionnaires... leurs enfants prenaient le chemin des bureaux et des banques où certains dictateurs barbares et corrompus avaient l'habitude de passer discrètement.
Les oubliés de la croissance, le quart-monde, les ouvriers suisses ? Des ratés, des nuls, des crétins, des alcooliques... réduits à avoir honte de leur échec, car chacun était censé avoir eu sa chance.
Depuis quelques années, il y a une nouvelle donne. Il devient de plus en plus difficile de croire que le succès ou l'échec professionnel ont un lien avec le mérite individuel. Les bonnes places sont prises, l'ascenseur est en panne. Si j'ai tel ou tel boulot, tel ou tel salaire, si je suis chômeur... c'est parce que je me suis trouvé au bon ou au mauvais moment au bon ou au mauvais endroit. Les dominés jouent encore le jeu, mais ils savent maintenant que les dés sont pipés, que l'arbitraire domine et qu'une petite minorité sort gagnante à tout coup.
Soumise aux lois aveugles du marché, à la logique de la haute finance, une société inhumaine se développe sous nos yeux. Elle exploite les uns, jette les autres à la rue, projette quelques « chanceux » sous les feux de la rampe, pour le temps d'un été. Tout cela dans le décor bruyant des destructions de notre environnement et de nos liens sociaux. Ce que nous pouvons observer aujourd'hui à notre petit niveau, dans notre petit pays, s'est développé avec une ampleur décuplée, tout au long de ce siècle, au niveau de la planète. Ce ne sont pas seulement des individus « inaptes » que le capitalisme jette à la casse, mais des populations entières, des régions, des nations.
Résister à la barbarie, oui mais comment ? Il est possible de rechercher un nouveau compromis dans le cadre de l'économie nationale (ou européenne) en préconisant une politique fiscale, ou une autre recette, qui favoriserait la relance de la consommation intérieure. L'exploitation se maintiendrait, mais de façon quelque peu adoucie peut-être, dans le cadre de la mère patrie... ou alors on choisirait l'Europe, avec une clause sociale.
Essayer de discipliner, de canaliser la logique capitaliste, au moins dans nos pays, est une option possible, mais ce n'est pas la nôtre. D'abord parce que nous sommes des niveleurs qui luttons pour l'égalité économique et pour une rotation des tâches socialement utiles. Or actuellement, non seulement il y a des riches et des pauvres, mais ce sont les gens qui réalisent les travaux les plus ingrats qui sont les moins payés. En plus, les travailleurs n'ont pas leur mot à dire quant au choix de ce qui est produit. Prétendre retourner à l'époque des « trente glorieuses », cela signifie d'abord accepter les hiérarchies traditionnelles et l'exploitation des faibles. Mais c'est aussi un programme utopique, parce que la majorité du camp bourgeois (banques et industries d'exportation) a fait le choix de la mondialisation et n'a plus guère la fibre patriotique. Il y a fort peu d'espoirs d'obtenir de sa part des cadeaux substantiels. Le nouveau compromis nordiste, qu'espèrent certains, semble bien introuvable.
Renouer avec l'internationalisme et avec la lutte des classes est à nos yeux juste et nécessaire, mais pas évident. Il faut une dose de volontarisme et d'idéal pour reconnaître notre appartenance au prolétariat mondial et à ses souffrances. Pour accepter l'idée qu'il n'y a pas de salut individuel et que c'est solidairement, en son sein, que nous voulons construire une autre société véritablement humaine et consciente de son destin collectif.
Lausanne-Genève, le 1er juin 1998 (éditions EDAM)
[1] Note de Zanzara athée (NdZA) : dans le texte du Collectif 1984, il est souvent question de « l'homme » ou « des hommes » quand il s'agit en réalité des humain-e-s, indistinctement de leur identité de genre ou de sexe…
[2] « Pour prendre le cas qui paraît fort charmant à certains analystes du télé-travail, entre la jeune femme rivée chez elle à son écran d'ordinateur, "annualisée" dans la durée et la productivité de son travail par une direction qui la contrôlera dans tous ses mouvements quotidiens, quelle différence de classe avec l'ouvrière d'usine ? », Michel Cahen, Le Monde : dossiers et documents, n°266, juin 1998.
[3] « Certains le découvriront avec terreur, mais le prolétariat représente désormais probablement plus de 75% de la population française », ibid.
[4] NdZA : ou, aujourd'hui, dans certains pays sud-américains.
[5] Oui, on a bien lu, on parle des « prolétaires », ceux-là même que le libéralisme a enseveli jusque dans la terminologie et dont on disait pourtant qu'ils parviendraient un jour, en s'unissant, à briser les chaînes de l'oppression et à enterrer le capitalisme. On sait qu'il n'est pas de bon ton aujourd'hui d'appeler un chat un chat. Des mots comme exploitation, prolétaires, plus-value, capitalisme, … ne trouvent pas leur place dans une société dominée par l'euphémisme et la dictature du « politically correct » [NdZA : le terme est plutôt mal choisi, quand on sait qu'il est largement utilisé par diverses tendances de la Droite, ouvertement racistes, sexistes et homophobes, en France comme aux USA, pour se plaindre notamment de ceux et celles qui les combattent…]. Pour notre part, on préfère continuer à parler du « chef de personnel » et du « balayeur de rue », plutôt que du « directeur en ressources humaines » et du « technicien de surface ».
[6] Sur un registre de la Fédération des Charbonnages, nous avons pu lire, pour qualifier l'arrivée d'un contingent de mineurs venus de l'Est avant 1939 : « importé de Pologne ». La violence de la terminologie a l'avantage de la clarté. L'homme, réduit à sa force de travail sous le règne du capitalisme, n'est rien d'autre qu'une marchandise.
[7] Extrait de « Ces gens-là » de Jacques Brel.
[8] Un « niveau d'abstraction » peut se définir comme un cadre d'explication renvoyant à un aspect plus ou moins particulier ou plus ou moins général de la réalité. Passer d'un niveau « particulier » de l'explication du monde à un niveau « général » provoque actuellement toutes les résistances propres à une société qui préfère globalement « gérer l'impuissance » face à la crise plutôt que de chercher à dépasser le système qui en est la cause.
[9] C'est ce qu'avaient répondu, au cours de la Première guerre mondiale, des grévistes anglais accusés par leurs patrons d'être des alliés des allemands parce qu'ils brisaient l'Union nationale : « Nous ne sommes ni anglais, ni allemands, nous sommes le prolétariat ! ».
[10] NdZA : comprendre « au 19ème siècle ».
[11] Quel luxe pour tous ceux qui, de plus en plus nombreux en Europe, habitent toute l'année dans leur caravane faute de pouvoir se payer un logement en dur !
[12] Et même au niveau de l'« individu », ce qui subsiste comme « unité » est très relatif, car il intègre à ce point les déchirements de la société que c'est à une véritable implosion sociale de son être qu'il est confronté. L'unité n'existe plus et, s'il part de lui-même pour « lutter », c'est sans espoir qu'il tentera de recoller les éclats de son être, car ils ne font que rejeter l'unité brisée d'une société immergée dans des antagonismes produits de la division en classes sociales.
Les éditions EDAM-Europe (Editions et Diffusion de l'Aide Mutuelle, à Genève) avaient également publié :
11:06
Paris, le 25 janvier 2009 — Les négociations sur l'Accord Commercial Anti-Contrefaçon (ACTA) se tiendront du 26 janvier au 29 janvier à Mexico. Le but de l'ACTA est de contrôler Internet, tout en évitant soigneusement les processus démocratiques. Des négociateurs non-élus aux ordres des industries du divertissement attaquent l'essence même d'Internet. Attaquons l'ACTA ! Dévoilons ses négociateurs pour les mettre face à leurs responsabilités.
Du 26 au 29 janvier, des représentants d'une poignée de pays (dont l'Union européenne, représentée par la Commission) se rencontreront à Mexico pour décider du futur de l'Internet et d'autres problématiques telles l'accès aux médicaments. Sans contrôle d'organisation démocratique et supervision démocratique, les conditions sont idéales pour que les lobbies du divertissement accomplissent leur rêve : imposer un régime de copyright fondamentalement inadapté en vue de contrôler l'Internet et l'accès aux savoirs. Plus de 80 organisations non-gouvernementales du monde entier (dont Consumers International, Reporters sans frontière, la Free Software Foundation et l'Electronic Frontier Foundation) ont déjà signé une lettre ouverte s'opposant fermement à l'ACTA1.
La dernière analyse de la Commission européenne2 dévoile l'intention du texte : imposer un accord "volontaire" entre les fournisseurs d'accès Internet et les titulaires de droits pour combattre de manière extra-judiciaire les atteintes au droit d'auteur par une riposte graduée et le filtrage ou une suppression automatisée des contenus. Pour forcer les opérateurs à accepter de telles restrictions, ACTA les rendra responsables des atteintes au droit d'auteur effectuées par leurs utilisateurs.
"En créant une insécurité juridique pour les opérateurs d'Internet, l'ACTA les forcera à céder sous la pression des industries du divertissement. L'ACTA obligera les fournisseurs d'accès à Internet à filtrer et enlever contenus et services, les transformant en auxiliaires privés de police et de justice. Nous ne pouvons tolérer que des restrictions aux droits et libertés fondamentaux soient imposées par des acteurs privés. Une telle modification du droit pénal par les gouvernements eux-même, dans l'opacité la plus totale, montre combien les personnes à l'origine de l'ACTA haïssent la démocratie." analyse Jérémie Zimmermann, porte-parole de La Quadrature du Net.
La Quadrature du Net appelle chaque citoyen à participer à la prise de conscience des dangers de l'ACTA (voir le policy brief3 et à dévoiler ses négociateurs afin qu'ils aient à faire face à leurs reponsabilités. Une page de campagne participative dédiée4 est fournie à cet effet.
"Obéissant aux industries de la musique et du cinéma, des négociateurs non-élus sont en train de décider du futur d'Internet. Nous devons les en tenir responsables et s'assurer qu'ils assumeront les conséquences de leurs décisions." conclut Jérémie Zimmermann.
14:16
SOMMAIRE :
Mettre sa vie en jeu
Maladie et Capital
Que faire de l'anti-fascisme ?
La Maladie Communautaire
La perte du langage
Inactualités sur les drogues
Les dissonances se trouvent dans le contenu de ces arguments. Mais en restant dans le contenu, se cristallisant à la place du parler (et même du faire), elles pourraient aussi devenir des éléments de récupération, d'alimentation de futures pensées conservatrices, de nouveaux uniformes (de couleur différente), de nouvelles « idoles » (dans un format plus agréable). Il n'y a aucune recette définitive capable de casser le rythme qui nous enveloppe constamment, pas même des dissonances.
Et pourtant, la dissonance a autre chose à offrir.
Quelque chose de significatif apparaît au carrefour des rythmes entre des faits réévoqués, le temps de l'écriture et le temps de la réalisation, c'est-à-dire dans la tâche librement appropriée par le lecteur, on perçoit un contenu qui est quelque chose d'autre que les arguments autoritaires, les voies d'observation et l'énonciation de voies. Dans la permission de se laisser frapper par la dissonance, on n'en devient pas illuminé, on ne chute pas prostré sur la route de Damas, nous créons simplement de l'air autour de nos pensées, c'est-à-dire qu'on laisse l'inattention entrer dans le domaine de la codification. La gamme d'arguments elle-même ouvre la voie aux unions imprévisibles qui n'ont pas toujours été prévues pendant la phase d'écriture, et n'étaient probablement pas des problèmes en tant que tel, même dans la phase factuelle. La dissonance agit comme un catalyseur pour les ouvertures informelles qui ne peuvent pas être contrôlées. Juste un avertissement : ne cédez pas à la tentation alarmiste sur la question de la signification.
Si la dissonance est partie intégrante de l'harmonie et constitue l'autre résultat, celui qui est toujours prévisible et même désirable, sa coagulation libre dans les processus de réalisation aléatoire produit quelque chose d'autre, une rupture qui n'est pas facilement amendable. Que chacun respecte le cycle complet dans le lit rassurant de la rivière des significations, avec laquelle les transporteurs d'eau étouffent nos craintes, mais ailleurs.
Ici on propose une lecture risquée : une chance, un voyage ouvert à d'autres possibilités.
La chance est encore à découvrir, surtout dans son rapport au chaos. Mais même cela doit encore être découvert, au moins dans le rapport avec l'ordre spontané.
On se revoit ailleurs.
AMB.
Mettre sa vie en jeuDepuis la nuit des temps, les humains ont toujours eut un goût prononcé pour le risque et l'aventure, pour des formes de jeu périlleuses comme les duels ou la chasse. Les jeux qui mettent la vie du joueur en danger datent autant des temps passés qu'ils perdurent aujourd'hui. Mais pour éviter d'aller trop loin en arrière dans l'histoire, il suffit de penser à la roulette russe, dont chacun se rappelle des pages d'un grand roman russe, ou de scènes dans un film américain assez récent. Dans les Années cinquante, un film sur la violence dans l'Amérique rurale a dépeint un jeu appelé « le saut de lapin », une course entre jeunes, chacun au volant d'une voiture et fonçant vers le bord d'une falaise. Celui qui sautait de la voiture en dernier était le gagnant. Ces derniers mois, des médias rapportaient la tenue de « roulettes d'autoroute », qui consistent à conduire le long d'une d'autoroute en sens inverse ; celui qui ira le plus loin sera le gagnant. Un autre jeu à la mode chez les jeunes garçons israéliens, et ce dés dix ans, consiste à placer un sac d'écolier au milieu de la route et de s'en saisir dés qu'une voiture approche. Celui qui récupère son sac en dernier gagne. Selon les médias, un certain nombre d'enfants sont morts en jouant à ce jeu.
Alors, pourquoi mettre sa vie en jeu ?
La réponse pourrait simplement être que ces comportements trouvent leurs raisons dans « la crise des valeurs » d'une société post-industrielle avancée qui n'a aucun avenir à offrir aux jeunes. Un autre film américain montrant la guerre des gangs à Los Angeles se terminait sur une scène ou le jeune protagoniste, plutôt que de se laisser arrêter, tuait un flic en criant « Il n'y a aucun avenir ! » Cela pourrait bien être une remarque pertinente. Les expériences quotidiennes qui forment la personnalité ont été sérieusement affectées par les changements profonds qui ont eu lieu ces dernières années dans les structures économiques et sociales des pays à industrialisation avancée.
Les pensées, les émotions et les actions des individus sont immergées dans une situation sans aucune catégorie pré-existante dans laquelle les ranger. C'est ce désordre qui empêche tout sens de la sécurité.
Cela mène les strates les plus jeunes, celles non encore capables de faire face à une telle situation ou qui ne sont pas encore en possession d'intérêts et d'idées bien enracinés, à se sentir « privées de valeurs » et incapables de « donner un sens à la vie ».
Pourquoi est-ce une réponse trop simple ? D'abord, parce qu'il ne me semble pas juste de toujours tout reléguer à un mécanisme social sous-jacent qui expliquerait tout. Derrière cette attitude se cache une sorte de néo-déterminisme qui nous empêcherait de saisir les motivations réelles à la racine des choses qui, si révélées au grand jour, pourraient nous donner une meilleure indication de ce qu'il faut faire.
La désintégration sociale résultant de la restructuration économique des années quatre-vingt est certainement l'une des raisons de l'ébrèchement des valeurs qui est apparu dans la période de l'après-guerre et qui resta plus ou moins intacte jusqu'à la fin des années soixante-dix. Une institution comme la famille, qui s'avère être de moins en moins solide ou capable de résoudre la tâche importante qui lui est assignée par la société capitaliste du siècle dernier, est frappée non seulement par les conditions changeantes du monde du travail et de la production, mais aussi par la circulation d'idées différentes, de la culture, des concepts de temps et d'espace, et ainsi de suite. Chacun de ces éléments, qu'il serait trop simpliste de regrouper ensembles sous le terme « économie », a produit des conditions qui doivent être examinées séparément. Elles sont très importantes et composent le tissu connectif sur lequel les émotions sont greffées aux pensées et aux actions de tant de ces jeunes qui se trouvent face-à-face dans les stades de football d'aujourd'hui et qui jouent avec leurs vies de mille façons différentes, se retrouvant notamment sur la base d'un non-avenir et d'un manque commun de perspectives.
Ici nous ne regardons pas simplement le phénomène marginal de l'intégration tardive des jeunes dans les conditions imposées par la vie sociale. Cela a toujours existé. Ce que nous pouvons voir à présent est un phénomène d'une consistance et d'une extension inconnue de par le passé. Et si nous voulons le comprendre nous devons aussi regarder nos propres modèles de pensée. Nous avons pensé, et correctement, que les conditions de travail importaient dans la compréhension des raisons pour lesquelles le prolétariat s'était engagé dans la lutte des classes, y compris de perspective révolutionnaire. Mais des conditions objectives changent. Nous avions l'habitude de penser que les luttes de la classe ouvrière pouvaient à tout moment se transformer en conscience révolutionnaire, précisément en raison des défauts du système de production dans son entièreté. Aujourd'hui, nous ne pouvons plus penser de façon si automatique.
Nous disions souvent qu'une des choses qui mettrait un frein à la lutte des classes était l'intégration éducative des jeunes par la famille, la première pierre de l'uniformité de jugement qui était complétée à l'école, dans l'armée et au travail. Beaucoup de ces choses ont maintenant changées. Divers concepts ont intégré la famille depuis sa désintégration, la menant à respirer un air nouveau de paternalisme. Les ménages sont directement pénétrés par le biais de la télévision et le filtre parental de censure ne fonctionne plus. Ces derniers ont aussi perdu un peu de l'autorité qui autrefois ne venait que de la simple force physique, au fil d'un contrôle étatique plus strict concernant les violences faites aux mineurs dans le cadre familial. La vieille affection, ce truc de peintures à l'huile du XVIIe siècle, sur laquelle on a supposé que résidait l'essence de la famille - une fantaisie d'écrivains et de poètes - n'est plus capable de dissimuler le manque réel de sentiments qui existe dans cette institution. Et nous, les anarchistes, étions parmi les premiers à avancer une critique sérieuse de la famille comme étant l'origine de beaucoup des horreurs de la société de classes.
Il en va de même pour l'école, où, avec une clarté de longue vue, nous avions vu ses limitations et ses défauts dés le XIXe siècle, proposant des formes libertaires d'éducation qui sont désormais reprises et récupérées par les intellectuels du régime. Je ne sais pas si nous sommes capables de comprendre ce qui se passe vraiment à l'école aujourd'hui, mais il ne me semble pas qu'il s'agisse là d'un secteur dans lequel nous serions en retard vis-à-vis des autres. Cependant, le niveau de l'analyse anarchiste aujourd'hui, ne semble pas capable de comprendre les changements rapides qui ont lieu dans la société et l'économie. Cela est démontré par ce qui est dit du problème de la production, et, avec une constance digne des plus grandes choses, l'insistance sur la validité du syndicalisme plus ou moins révolutionnaire.
À mon avis, de nouveaux problèmes se présentent sur la scène sociale auxquels nous ne pouvons pas nous confronter en utilisant de vieilles analyses, bien qu'elles puissent avoir été correctes en d'autres temps. En un sens, nous n'avons pas été capables d'amener nos propres formulations à leurs conclusions logiques. L'exemple de la famille est significatif. Nous étions parmi les premiers à dénoncer les fonctions répressives de cette institution, mais ne sommes nulle part parmi les premiers aujourd'hui, à en avoir tiré les conclusions appropriées.
La perte générale des valeurs traditionnelles ne nous voit pas capable de proposer autre chose (je ne dis pas de remplacer), pas même de critiquer les propositions des autres. Face aux nombreux jeunes qui demandent une bonne raison de ne pas mettre leurs vies en jeu, nous ne savons que dire. D'autres ont donné ce que nous savons ne pas être de réelles réponses, mais cela n'empêche pas des jeunes de les accepter de façon acritique, les réduisant à des instruments passifs entre les mains du pouvoir en éteignant leur agressivité libératrice. D'autres leur disent que la vie a une valeur en soi, parce que Dieu nous l'a donné ou bien parce qu'elle sert la révolution, la survie de l'espèce, et ainsi de suite. Nous savons que, prises individuellement, ces propositions ne sont pas justes, mais nous devrions savoir que proposer comme alternative valable aux jeux de risque pour le risque.
Maladie et CapitalLa maladie, c'est-à-dire le mauvais fonctionnement de l'organisme, n'est pas le propre de l'homme. Les animaux aussi sont malades, et même les choses peuvent à leur manière présenter des défauts de fonctionnement. L'idée de la maladie comme anormalité est un grand classique, développé par la science médicale. La réponse à la maladie, principalement à cause de l'idéologie positiviste qui domine encore la médecine contemporaine, est celle de la guérison, c'est-à-dire, d'une intervention extérieure choisie sur la base de pratiques spécifiques, visant à rétablir les conditions d'une idée donnée de la normalité.
Pourtant, ce serait une erreur de penser que la recherche des causes de la maladie a toujours été mise en parallèle avec cette nécessité scientifique de rétablir la normalité. Des siècles durant, les remèdes ne sont pas allés de pair avec l'étude des causes, qui ont parfois été absolument fantastiques. Les remèdes avaient leurs propres logiques, surtout lorsqu'ils se basaient sur des connaissances empiriques des forces de la nature.
Plus récemment, une critique du sectarisme scientifique, incluant la médecine, s'est basée sur l'idée de la totalité humaine : une entité composée de divers éléments naturels - intellectuels, économiques, sociaux, culturels, politiques et ainsi de suite. C'est dans cette nouvelle perspective que les hypothèses dialectiques et matérialistes du marxisme se sont introduites. Cette totalité variablement décrite de l'homme nouveau, le vrai, qui n'est plus divisé en secteurs comme l'ancien positivisme nous y avait habitué, a de nouveau été enfermée par les marxistes dans un déterminisme unilatéral. La cause de la maladie a donc été considérée comme exclusivement reliée au capitalisme qui, en aliénant l'humain par le travail, l'a exposé à une relation distordue avec la nature et la « normalité », l'autre face de la maladie.
A notre avis, ni la thèse positiviste qui voit la maladie comme un mauvais fonctionnement de l'organisme, ni la thèse marxiste qui la voit comme un résultat déterminé par les méfaits du capitalisme, ne sont suffisantes.
Les choses sont un petit peu plus compliquées que cela.
Tout simplement, nous ne pouvons pas dire qu'il n'y aurait plus de choses telles que la maladie dans une société libérée. Nous ne pouvons pas dire non plus que dans cet heureux événement, la maladie elle-même se réduirait à un simple affaiblissement de certaines forces hypothétiques qu'il nous reste à découvrir. Nous pensons que la maladie fait partie de la nature de l'état de vie de l'humain dans la société, c'est-à-dire qu'elle correspond à un certain prix à payer pour corriger les conditions optimales de la nature en vue d'obtenir la superficialité nécessaire à la construction des sociétés les plus libres.
Certainement que la croissance exponentielle de la maladie dans une société libre où la superficialité entre les individus serait réduite au strict minimum ne serait pas comparable à celle d'une société basée sur l'exploitation, telle que celle dans laquelle nous vivons aujourd'hui. Il en résulte que la lutte contre la maladie fait partie intégrante du conflit de classe. Pas tellement parce que la maladie est causée par le capital - ce qui serait une déclaration déterministe, donc inacceptable, mais parce qu'une société plus libre serait différente. Même dans sa négativité, elle serait plus proche de la vie, de l'être humain. Ainsi, la maladie serait une expression de notre humanité, tout comme elle est l'expression de notre terrifiante inhumanité aujourd'hui. C'est pourquoi nous n'avons jamais accepté la thèse simpliste que l'on peut résumer par le slogan entendu : « faisons de la maladie une arme », même si elle mérite notre respect, notamment en ce qui concerne la maladie mentale.
Il n'est pas vraiment possible de proposer au patient un traitement qui serait exclusivement basé sur la lutte contre l'ennemi. Ici, la simplification serait absurde. La maladie, c'est aussi la souffrance, la douleur, la confusion, l'incertitude, le doute, la solitude, et ces éléments négatifs ne se limitent pas exclusivement à l'organisme, puisqu'ils attaquent aussi la conscience et la volonté. Élaborer de tels programmes de lutte sur ces bases serait tout à fait irréaliste et terriblement inhumain.
Mais la maladie peut devenir une arme si on la comprend à la fois dans ses causes et dans ses effets. Il peut être important pour moi de comprendre ce que sont les causes extérieures de ma maladie : les capitalistes et les exploiteurs, l'État et le Capital. Mais cela ne me suffit pas. Je dois aussi clarifier ma relation avec ma maladie, qui pourrait ne pas seulement être la souffrance, la douleur et la mort. Elle pourrait aussi être un moyen de mieux me comprendre, moi-même et les autres, ainsi que la réalité qui m'entoure et ce qui doit être fait pour la transformer ; aussi, avoir une meilleure compréhension de la question révolutionnaire.
Les erreurs qui ont été faites par le passé sur ce sujet proviennent d'un manque de clarté en raison de l'interprétation marxiste, basée sur la prétention du pouvoir à établir une relation directe entre la maladie et le capital. Nous pensons aujourd'hui que cette relation est indirecte, c'est-à-dire, en prenant conscience de la maladie, pas de la maladie en général comme condition d'anormalité, mais de ma maladie comme un élément de ma vie, un élément de ma normalité.
Ensuite, place à la lutte contre cette maladie. Même si les combats ne sont pas toujours victorieux.
Que faire de l'anti-fascisme ?
« Le renard sait beaucoup de choses.
Le porc-épic n'en sais qu'une, mais une grande. »
Archiloque.
Le fascisme est un mot à sept lettres qui commence par F.
Les gens aiment jouer avec les mots, qui en dissimulant en partie la réalité, les déchargent de toute réflexion personnelle ou de toute prise de décision. Le symbole agit à notre place en nous fournissant un drapeau et un alibi.
Et placer « anti- » devant le symbole n'équivaut pas à être absolument contre tout ce qui nous dégoûte. Nous nous sentons à l'aise de ce côté-ci, avec le sentiment du devoir accompli. Avoir recours à ce « anti- » nous donne une conscience claire, nous enfermant dans un domaine bien gardé, et très fréquenté.
Pendant ce temps, les choses évoluent. Les années passent, tout comme les relations de pouvoir. De nouveaux patrons prennent la place des vieux et le cercueil tragique du pouvoir passe d'une main à l'autre. Les fascistes d'antan ont observé le jeu démocratique et ont laissé leurs drapeaux et leurs croix gammées à quelques têtes brulées. Et pourquoi pas ? Après tout, nous parlons là d'hommes de pouvoir. Les bavardages vont et viennent, le réalisme politique est éternel. Mais nous, qui ne voulons savoir que peu ou rien de la politique, nous demandons à nous-mêmes, embarrassés, qu'à-t-il bien pu se passer pour que les chemises noires, les fascistes à barres de fer que nous avons combattus avec résolution, disparaissent de la scène ?
Ainsi, comme des poules sans têtes nous cherchons un nouveau bouc émissaire contre lequel nous pouvons lâcher notre prêt-à-haïr, alors que tout autour de nous, tout tend à devenir plus subtil et plus mûr et que le pouvoir nous invite à entrer en dialogue avec lui : Mais marchez vers l'avant je vous prie, en avant, dites ce que vous devez dire, ce n'est pas un problème ! N'oubliez pas, nous vivons en démocratie, chacun a le droit de dire ce qu'il veut. D'autres écoutent, sont d'accord ou ne sont pas d'accord, mais les purs décident du jeu. La majorité gagne et il ne reste plus à la minorité que le droit de continuer à n'être pas d'accord. Tout cela, aussi longtemps que la totalité se réduit à la dialectique du « choisir son camp ».
Si nous devions réduire la question du fascisme à de simples mots, nous serions forcés d'admettre que tout cela n'ait été qu'un jeu, ou peut-être un rêve.
« Mussolini, un honnête homme, un grand politicien. Il a fait des erreurs. Mais qui n'en fait pas ? puis il est devenu hors de contrôle. Il a été trahi. Nous avons tous été trahis. De la mythologie fasciste ? Laisse tomber ! Il n'y a aucun intérêt à penser à de telles reliques du passé. »
« Hitler », se souvient Klausmann, en faisant le portrait sarcastique de la mentalité de Gerhart Hauptmann, le vieux théoricien du réalisme politique, « mes chers amis ! ... sans rancune ! Essayons d'être... Non, si vous me permettez, ... permettez moi ... objectif ... Voulez vous que je vous serve un autre verre ? Ce champagne... vraiment exquis - Ce Hitler là, je veux dire ... le champagne aussi, d'ailleurs, quelle grande évolution ... la jeunesse allemande... environ 7 millions de votes ... comme je le dis souvent à mes amis juifs... ces allemands... incroyable nation... vraiment mystérieuse ...des impulsions cosmiques... Goethe ... la saga de la dynamique ... des tendances élémentaires et irrésistibles... »
Non, que cesse le papotage. Les différences s'atténuent autour d'un verre de bon vin, et tout devient une question d'opinion. Parce que, et c'est là la chose importante, il y a des différences, pas entre le fascisme et l'anti-fascisme, mais entre ceux qui veulent le pouvoir et ceux qui se battent contre le pouvoir et le refusent. Mais quelles sont les bases de ces différences à déchiffrer ?
Peut être en ayant recours à analyse ? Non, je ne pense pas.
Les historiens sont la catégorie la plus utile d'idiots au service du pouvoir. Ils pensent connaitre énormément, mais plus ils étudient furieusement des documents, plus ils ne connaissent rien d'autre. Les documents qui certifient indéniablement ce qui est arrivé procèdent de la volonté de l'individu emprisonné dans la rationalité de l'événement. L'équivalent de la vérité et du fait. Considérer qu'autre chose est possible devient un vague passe-temps littéraire. Si l'historien a la moindre lueur vacillante d'intelligence, il se dirige immédiatement vers la philosophie, s'immergeant dans l'angoisse commune, dans les contes de fées et de châteaux enchantés. En attendant le monde autour de nous se voit emprisonné entre les mains des puissants, et leur culture du livre de révision d'examens est incapable de souligner la différence entre un document et une pomme de terre cuite. « Si la volonté de l'homme était libre », écrit Tolstoï dans Guerre et Paix, « toute l'histoire serait une série d'événements fortuits... Si au lieu de cela il y a une loi dirigeant seule les actions de l'homme, alors le libre arbitre ne peut exister, parce que la volonté de l'homme doit être soumise à ces lois. »
Le fait est que les historiens sont utiles, particulièrement pour nous fournir des éléments confortables, des alibis et des béquilles psychologiques. Quel courage ces Communards de 1871 ! Ils sont morts comme de braves hommes, dos au mur du Père Lachaise ! Et le lecteur est excité et se prépare à mourir aussi si nécessaire, dos au prochain mur des communards. Attendre des forces sociales qu'elles nous mettent dans la condition du mort héroïque nous traverse alors quotidiennement, souvent au seuil de la mort sans même que cette occasion ne se présente. Mais les tendances historiques ne sont pas si exactes. Donnez ou prenez une décennie, nous pourrions manquer cette occasion et nous retrouver les mains vides.
Si vous voulez mesurer l'imbécillité d'un historien, faites lui raisonner sur les choses qui arrivent aujourd'hui plutôt que dans le passé. Cela vous ouvrira l'esprit.
Non, pas d'analyse historique non plus : la discussion peut-être politique ou politico-philosophique, du genre que nous nous sommes habitués à lire ces dernières années. Le fascisme est quelque chose une minute et quelque chose d'autre la minute suivante. La technique nécessaire pour en arriver à cette analyse est vite vue. Prenez le mécanisme hégélien d'affirmation et d'infirmation simultanées, extrayez-en une affirmation pure à propos de ce qui vous vient à l'esprit. Cela ressemble à ce sentiment de déception que l'on a lorsqu'après avoir couru pour attraper un bus, on réalise que le chauffeur, même s'il nous a vu, a accéléré au lieu de s'arrêter.
Bien, dans ce cas on peut démontrer, et je pense qu'Adorno l'a fait, que c'est précisément une vague de frustration inconsciente - causée par la vie qui nous échappe et devient insaisissable - qui déferle en nous, nous donnant envie de tuer le conducteur. Tels sont les mystères de la logique Hégélienne ! Ainsi, le fascisme devient progressivement moins méprisable. Parce qu'à l'intérieur de nous, se cachant dans un coin sombre de notre instinct animal, le rythme du cœur s'excite. Pourtant inconnu de nous-mêmes, un fasciste se cache en nous. Et c'est au nom de ce potentiel fasciste que nous venons à justifier tous les autres. Pas d'extrémistes, bien entendu ! Tant de gens sont-ils morts ?
Plus sérieusement, au nom d'un sens bancal de la justice, des personnes qui étaient pourtant dignes de respect mettent les non-sens de Faurisson en circulation. Mais non, mieux vaut ne pas s'aventurer le long de cette route.
Quand les connaissances sont rares et que le peu de notions que nous avons semblent sautiller sur place dans une mer orageuse, il est facile de devenir la proie d'histoires inventées par ceux qui sont plus intelligents avec les mots que nous le sommes. Dans le but d'éviter une telle éventualité, les Marxistes, gracieux programmeurs d'esprits qu'ils sont, ont entretenu l'idée que le fascisme était l'équivalent de la matraque.
A l'opposé, même des philosophes comme Gentile [1] ont suggéré que la matraque, en agissant sur la volonté, est aussi un moyen moral en ce qu'elle construit la symbiose future entre État et individu dans cette unité supérieure où l'acte individuel devient collectif. Là nous voyons à quel point les Marxistes et les fascistes sont originaires d'un même stock idéologique, avec toutes les conséquences pratiques qui s'ensuivent, camps de concentration inclus. Mais continuons. Non, le fascisme n'est pas juste la matraque, il n'est pas non plus juste Céline, Mishima, Pound [2] ou Cioran. Il n'est pas un seul de ces éléments, ni aucun autre pris individuellement, mais tous, lorsqu'ils sont réunis. Ce n'est pas non plus la rébellion d'un individu isolé qui choisit sa propre lutte personnelle contre toutes les autres, en incluant de temps en temps l'État, et qui pourrait même attirer cette sympathie humaine que nous ressentons pour tous les rebelles, même les plus inconfortables. Non, cela n'est pas le fascisme.
Pour le pouvoir, le fascisme brut comme celui qui a pu exister sous des dictatures à des périodes diverses de l'histoire n'est plus un projet politique praticable. De nouveaux instruments apparaissent aux cotés des nouvelles formes de gestion du pouvoir. Alors laissons cela aux historiens pour qu'ils puissent mâcher autant qu'ils le veulent. Le fascisme est démodé même en tant qu'insulte politique ou accusation. Quand un mot en vient à être instrumentalisé de façon désobligeante par ceux qui sont au pouvoir, nous ne pouvons pas l'ignorer. Et parce que ce mot et le concept lié à ce mot nous dégoûtent, il serait bien de mettre l'un et l'autre loin dans le grenier avec toutes les autres horreurs de l'histoire et l'oublier.
Oublier le mot et le concept, oui, mais surtout pas ce qui s'y dissimule. Nous devons garder celà à l'esprit pour nous préparer à agir. La chasse aux fascistes pourrait en effet être un sport plaisant de nos jours, mais il pourrait aussi représenter ce désir inconscient d'éviter toute analyse plus profonde de l'existant.
Je peux comprendre l'anti-fascisme. Je suis un antifasciste aussi, mais mes raisons ne sont pas semblables à celle des anti-fascistes ! J'en ai entendu par le passé et j'en entend toujours aujourd'hui qui se définissent comme tel.
Pour beaucoup, il fallait combattre le fascisme il y a vingt ans lorsqu'il était au pouvoir en Espagne, au Portugal, en Grèce, au Chili, etc. Mais pourtant, lorsque les nouveaux régimes démocratiques ont pris leurs marques dans ces pays, l'anti-fascisme qui possédait tant de féroces adversaires s'est éteint. C'est là que je me suis rendu compte que l'anti-fascisme de mes vieux camarades de lutte était différent du mien. Pour moi rien n'avait changé. Ce que nous avons fait en Grèce, en Espagne, dans les colonies portugaises et en d'autres endroits pourrait avoir continué même après que les nouveaux États démocratiques aient hérité des succès passés du vieux fascisme.
Mais beaucoup n'étaient pas d'accord.
Il est nécessaire de savoir écouter les vieux camarades qui nous racontent leurs aventures et les tragédies qu'ils ont connu, lorsqu'ils nous parlent de tous ceux qui furent assassinés par les fascistes, de la violence et de tout le reste. Mais, comme disait Tolstoï, encore lui, « l'individu qui joue un rôle dans des événements historiques n'en comprend jamais vraiment la signification. S'il essaye de la comprendre, il devient un composant stérile ».
Je comprends moins ceux qui un demi-siècle plus tard et n'ayant pas vécu ces expériences (ne se trouvant donc pas prisonniers de ces émotions) empruntent des explications qui n'ont plus aucune raison d'exister et qui ne sont souvent rien de plus qu'un simple écran de fumée derrière lequel se cacher confortablement.
« Je suis anti-fasciste ! », vous jettent-ils à la figure comme une déclaration de guerre, « et vous ? »
Dans un tel cas, ma réponse quasi-spontanée est - Non, je ne suis pas un antifasciste. Je ne suis pas un antifasciste de la façon dont vous l'êtes. Je ne suis pas un antifasciste parce que je suis allé combattre les fascistes dans leurs pays pendent que vous restiez au chaud dans votre démocratie. Je ne suis pas un antifasciste parce que j'ai continué à me battre contre la démocratie qui a remplacé ces innombrables versions du fascisme dans ce véritable feuilleton mélodramatique. La démocratie utilise des moyens de répression bien plus modernes, elle est, si cela vous fait plaisir, plus fasciste que les fascistes eux-mêmes. Je ne suis pas un antifasciste parce que j'essaye encore d'identifier ceux qui détiennent le pouvoir aujourd'hui et je ne me laisse pas aveugler par des étiquettes et des symboles ; tandis que vous, vous continuez à vous appeler anti-fascistes uniquement dans le but d'avoir une justification pour parader dans les rues à vous cacher derrière votre banderole « à bas le fascisme ! ». Bien sûr, si j'avais eu plus de huit ans du temps de la « résistance », peut-être aurais-je été moi aussi exalté par tant de jeunes mémoires et d'antiques passions et surement que je n'aurais pas été si lucide. Mais je ne pense pas. Parce que si l'on examine soigneusement les faits, même dans le conglomérat embarrassé et anonyme de l'anti-fascisme des formations politiques, il y en eut qui ne se sont pas conformés, qui sont allés plus loin, ont continué et ont porté leurs convictions bien au-delà du « cessez-le-feu ! ». Parce que la lutte vitale n'est pas seulement contre les fascistes en chemises noires [3] du passé et ceux du présent, mais aussi et fondamentalement contre le pouvoir et tous ses éléments d'appui qui nous oppriment, même lorsqu'il porte la figure laxiste et tolérante de la démocratie.
« Dans ce cas la, vous auriez du le dire plus tôt » pourrait-on me répondre - « vous êtes un antifasciste aussi ».
« Et comment pourrait-il en être autrement ? Vous êtes anarchiste... donc vous êtes anti-fasciste ! Arrêtez de vous couper les cheveux en quatre et de nous emmerder. »
Mais je pense qu'il est utile de faire des distinctions claires, je suis anarchiste et je n'ai jamais aimé les fascistes, ni leur projet. Pour d'autres raisons (mais qui après examen s'avèrent être les mêmes), je n'ai jamais aimé les démocrates, les libéraux, les républicains, les Gaullistes, les travaillistes, les Marxistes, les communistes, les socialistes ou n'importe lequel de ces projets. Contre eux, je n'ai jamais vraiment opposé mon anarchisme mais plutôt ma différence : Tout d'abord mon individualité, ma propre compréhension de la vie, ressentir des émotions, chercher, découvrir, expérimenter et aimer. Je permets seulement l'entrée à ce monde qu'aux idées et aux gens qui m'attirent ; le reste je le garde généralement à bonne distance de moi, poliment, ou autrement.
Je ne me défends pas, j'attaque. Je ne suis pas un pacifiste et je n'attends pas que les choses aillent au-delà du niveau de sécurité limite. J'essaye de prendre l'initiative contre ceux qui pourraient -même potentiellement- constituer un danger pour ma façon de vivre la vie. Et une partie de cette façon de vivre est aussi le besoin et le désir des autres - pas comme des entités métaphysiques, mais comme des autres clairement identifiés, ceux qui ont une affinité avec ma façon d'être et de vivre. Et cette affinité n'est pas quelque chose de statique et gravée à jamais dans la pierre. Il s'agit d'une affinité dynamique qui change et continue à se cultiver et à s'élargir, en révélant encore d'autres personnes et d'autres idées et en tissant un réseau de relation immense et divers, mais où la constance de ma façon d'être et de vivre avec toutes ses variations et évolutions, n'est pas menacée.
J'ai voyagé aux quatre coins du royaume des hommes et je n'ai pas encore trouvé d'endroit précis où satisfaire ma soif pour la connaissance, la diversité, la passion, les rêves : un amant amoureux de l'amour.
Partout j'ai vu d'énormes potentialités se laisser écraser par l'inconvenance, et de maigres capacités fleurir au soleil d'une constance de l'engagement. Mais tant que fleurit l'ouverture vers ce qui est différent [4], l'affinité est possible ; c'est possible de rêver à un engagement commun, perpétuel et au-delà du contingent, telle est l'approche humaine.
Et plus nous nous éloignons de tout cela, plus les affinités commencent à s'affaiblir et finalement, à disparaître. Et alors nous les retrouvons là, tous ceux qui portent leurs opinions comme des médailles, qui montrent leurs muscles et qui font tout ce qu'ils peuvent pour apparaître fascinants. Et au-delà, la domination du pouvoir, ses lieux et ses hommes, la vitalité obligatoire, la fausse idolâtrie, le feu sans chaleur, le monologue, le bavardage, le tumulte, toutes ces choses qui peuvent être pesées et mesurées demeurent.
C'est tout cela que je souhaite éviter, voici mon anti-fascisme.
La Maladie CommunautaireLa pratique anarchiste est brusquement retombée ces dernières années, avec peu d'actions, que ce soit à un niveau « de masse », ou au niveau de groupes spécifiques. Par conséquent, nous voyons un « revival » de la vieille question de la meilleure façon de se rapprocher du « communisme » ou de la construction de situations qui expriment non seulement nos idées mais aussi des valeurs morales et culturelles, mais qui sont aussi capables de satisfaire notre fondamental besoin individuel et collectif de liberté. Autrement dit, il y a une proposition de créer des points de référence qui vont au-delà de la division classique entre le personnel et le « politique ».
Cela correspond à un besoin croissant dans l'intégralité du mouvement anti-capitaliste d'aujourd'hui, pas uniquement dans le mouvement anarchiste. Comme les espoirs de changements profonds de la structure sociale ont disparu avec la diffusion du désistement de la lutte, la préoccupation de ne pas être englouti par la restructuration progressive est devenue plus grande encore ; « Nous devons continuer à lutter pour nos besoins essentiels, parce que de toute façon, ce n'est pas le moment de converser sur de grands changements macroscopiques ».
Le problème est que ces impulsions finissent par prendre deux routes qui, si examinées de près, finissent toutes les deux dans la même impasse, dans le même ghetto.
La première, plus directe, est celle du désistement : rien ne peut être fait, l'ennemi est trop puissant. Nous pourrions plutôt compter sur la diffusion de nos idées (qui de toute façon, sont supérieures) et ne pas insister sur l'attaque, qui ne mène qu'à la répression, créant plus de difficultés pour le mouvement dans son activité fondamentale de propagande et de diffusion de la théorie anarchiste.
La deuxième route, plus tortueuse, est celle de la proposition organisationnelle, forcement en lien avec l'idée de communauté.
Beaucoup de compagnons parlent de « communauté », bien que pas toujours comme quelque chose de limité à un secteur géographique ou pour satisfaire (ou essayer de satisfaire) certains besoins, même les plus basiques. Cela devrait signifier une façon différente de voir la vie, la culture, la nouveauté, la diversité. La « Communauté » échappe ainsi aux dangers du conservatisme, ou au danger de devenir une simple répétition de slogans vides.
Mais très peu de choses sont dites à propos de cette « communauté », de sa structure ou des autres arrangements qui pourraient donner une certaine idée de son aspect « opérationnel ». On le voit en termes de sens de la participation, d'une conscience des contradictions spécifiques de l'anarchisme (qui en vérité n'est jamais claire), et du désir de liberté et d'égalité, sans accepter l'un aux dépens de l'autre.
Pourquoi croyons-nous que cette route est égale à la première, celle du désistement ouvert et déclaré ? C'est facilement dit.
Parce que la lutte révolutionnaire est un fait organisationnel, ici et maintenant ; non simplement une « révolution culturelle » [5]. Parce que le heurt entre les classes ne laisse aucune place pour les « marges » ou les espaces libres qui peuvent être atteints par des opérations effectuées parmi les courants quelque peu pollués de la pensée philosophique. Parce que le révolutionnaire paye toujours de sa personne, il est donc conscient qu'il devra aussi faire face au « sacrifice », c'est-à-dire à l'ajournement de ses projets, au retard de la satisfaction de ses besoins.
Parce que quelqu'un qui décide vraiment d'attaquer le pouvoir des oppresseurs ne peut pas raisonnablement penser que ces derniers le laisseront en paix avec ses tensions idéelles vers la liberté et l'égalité. Parce que s'ils veulent vraiment que ces espaces de vie « communautaire » soient tangibles en termes pratiques (et pas juste comme un exercice cérébral), ils doivent aussi montrer un peu de bonne volonté, c'est-à-dire, se prononcer contre la violence, contre l'expropriation, particulièrement au sens individuel, et contre la solidarité active avec ceux qui luttent vraiment et font face à la mort chaque jour, sur leurs lieux de travail ou en d'autres endroits où se heurtent des intérêts opposés.
À ce point, la provocation doit être mise en ces termes, il me semble :
Nous pouvons parler de l'idée de « communauté » et nous y limiter. Très bien. Alors nous devrions être clairs à ce sujet.
Ou alors nous pouvons essayer de mettre l'idée de communauté en pratique. OK. Dans ce cas nous devrions être plus spécifiques sur les structures, les activités, les limitations et les possibilités communautaires.
Aussi longtemps que cela concerne le deuxième point, nous avons seulement une vague critique de tentatives auto-gérées dans des situations capitalistes aujourd'hui, qui ne prennent pas les nombreux autres problèmes en considération.
Je dois dire que lorsque l'on se trouve face à une myriade d'exemples historiques rarement édifiants, c'est toujours mieux de prendre du recul sur une idée, peu importe l'importance, l'utilité ou le confort à le faire. Et le problème de la « communauté » est sans aucun doute de cette sorte.
Jetons-y un coup d'œil. L'idée de « communauté » n'est pas spécifique aux anarchistes. Au contraire, elle a été développée partout dans la pensée philosophique (la codification universitaire des idées de la classe dominante), souvent en opposition au concept de « société ».
En laissant de côté l'utilisation spécifique que Platon, Fichte et Hegel faisaient de l'idée de « communauté », un exemple que l'on doit garder en mémoire est l'analyse de Marx et Engels de la « communauté primitive » dans laquelle commença l'histoire de l'humanité. Celle-ci devait devenir une communauté finale dans laquelle l'histoire du prolétariat et la lutte des classes devaient se résoudre. Un tel déterminisme philosophique atteint son expression tragi-comique achevée dans les théories de la « communauté » de Staline, qui se porte bien à côté des théories des Nationaux-Socialistes, qui n'étaient pas juste des théoriciens, mais presque les architectes de la communauté d'un peuple et d'une culture sacrée (par la force, bien sûr).
Jusqu'ici, nous sommes clairement dans le secteur d'une interprétation supranationale du concept de « communauté ».
Mais une autre élaboration de ce concept a été réalisée dans les ateliers du monde universitaire, une plus proche des idées qui sont discutées dans le mouvement anarchiste d'aujourd'hui. Celle-ci ne voit pas la « communauté » comme une entité supranationale, mais comme une liaison particulière entre les individus, autrement dit comme une « relation sociale ». Selon cette façon de voir les choses, des relations individuelles sont provoquées par l'intérêt commun, créant l'interaction qui sert à intégrer la « communauté ».
Ce concept a d'abord été formulé par l'école Romantique allemande, par le théologien Schleiermacher [6], pour être précis, en 1799, et ses idées sont sans aucun doute liées à son concept de « religion » qui signifie « lier ensemble » ou « relier ».
Alors en 1887, Tönnies [7], dans une formulation plus détaillée, décrivit la communauté comme un organisme naturel dans une sorte de volonté collective destinée à la satisfaction d'intérêts collectifs. Dans cet organisme, les pulsions et les intérêts individuels s'atrophient à un degré maximal, tandis que l'orientation culturelle tend à atteindre une dimension presque sacrée. Il y a une solidarité globale entre tous les membres. La propriété est conservée dans le commun. Le pouvoir (au moins comme il est compris aujourd'hui) est absent.
Le modèle présenté par Tönnies pour son analyse est celui de la société rurale européenne, des villages de paysans. Kropotkine, pour sa part, s'est basé sur d'autres sujets d'étude, comme le « mir » russe [8] et sur d'autres études anthropologiques de langue anglaise, mais tout deux avaient un modèle assez semblable en mémoire.
À mon avis, l'erreur se trouve dans la croyance qu'il est naturel d'agir dans une voie spécifique à certaines situations communautaires de l'histoire, dans un sentiment communautaire qui a existé parmi certaines populations avant la désintégration de l'ordre social. Autrement dit, il a été pensé que certaines institutions communautaires avaient échappé à leurs destructions par l'État moderne et continuaient à exister sous des formes incomplètes qui sont toujours visibles aujourd'hui, comme la famille (ou la famille étendue), les groupes de voisinage, les coopératives, etc. Tout cela est vraiment naïf.
Moins naïf, mais tout aussi trompeur (et dangereux), est le point de vue de ceux qui disent que la communauté est une union qui est ressentie « subjectivement » par ses membres, tandis que la société est seulement comprise par un arrangement objectif.
Rien de cela n'amoindrit les sentiments de solidarité, l'égalité, le refus du pouvoir et de la propriété que l'exploité a été capable de réaliser dans des formes bien définies. Tout comme cela n'amoindrit pas le concept d'auto-organisation, de créativité spontanée et de projectualité de ceux qui luttent contre le pouvoir.
Ce que je veux mettre en question ici, c'est la validité et l'utilisation possible du concept de « Communauté », au moins, pour les raisons suivantes :
1. A la lumière de l'histoire de ce concept, nous ne pouvons pas envisager la communauté comme indicateur d'une valeur qui est supérieure à celle de la société ;
2. Il s'ensuit que nous ne pouvons pas envisager la « Communauté » comme faisant partie d'un héritage culturel du progrès contre la réaction ;
3. Le point 2 est démontré par le fait que les mouvements fascistes et réactionnaires aussi - à leur propre façon - firent référence au concept de communauté ;
4. Il n'est pas facile de libérer la communauté de l'aura du sacré ou des porteurs-de-vérité. Cela a un effet de déformation sur la solidarité indéniable qui s'y étend, une solidarité qui s'étend souvent de façon acritique sous des drapeaux ou des slogans ;
5. Il serait loin d'être facile aussi de séparer le concept de « communauté » de ses origines paysannes et rurales avec toutes les implications qui sont maintenant lointaines et qui sont certainement contrastées par une situation générale de changement technologique profond.
Il me semble que nous pouvons terminer en disant simplement qu'il n'y a aucun besoin d'avoir recours à des concepts comme la « communauté », qui contiennent des pollutions qui ne sont pas faciles à filtrer, afin d'indiquer la capacité effective de l'auto-organisation que possède l'exploité .
Quand ce concept est utilisé pour se référer à une forme d'organisation possible, en pensant qu'il surmonterait les limites et les contradictions, les dangers et les traumatismes que l'activité anarchiste révolutionnaire porte inévitablement en elle à une époque de lacération sociale profonde comme la notre, je dois souligner mon désaccord.
La perte du langageUn des projets que le capital tend à réaliser est la réduction du langage. Par le mot langage, nous entendons ici toutes les formes d'expression, particulièrement celles qui nous permettent d'articuler des concepts complexes sur les choses et les sentiments.
Le pouvoir a besoin de cette réduction parce qu'elle supplante la répression directe par le contrôle, dans lequel le consensus joue un rôle fondamental. Et le consensus uniforme est impossible en la présence d'une créativité protéiforme.
Le vieux problème révolutionnaire de la propagande a aussi considérablement changé ces dernières années, démasquant les limitations d'un réalisme qui a prétendu montrer les altérations du monde aux exploités de façon claire, les mettant dans la situation d'une prise de conscience de leur condition.
Dans la sphère historique de l'anarchisme, nous avons l'exemple tout à fait exceptionnel de la capacité littéraire d'un Malatesta, basée sur une langue simplifiée à un degré maximal, constituant un modèle unique pour son temps. Errico Malatesta n'a pas utilisé de rhétorique ou d'effets de choc. Il a utilisé la logique déductive élémentaire, commençant par des points de départ simples basés sur le bon sens et terminant avec de complexes conclusions, facilement comprises par le lecteur.
Luigi Galleani, lui, travaillait à un niveau linguistique totalement différent. Il utilisait de vastes constructions rhétoriques, attachant beaucoup d'importance à la musicalité de l'expression et à l'utilisation de mots anciens, choisis pour créer une atmosphère qui à son avis amènerait les consciences vers l'action.
Aucun des exemples sus-mentionnés ne peut être proposé comme des modèles d'un langage révolutionnaire qui conviendrait aux temps présent. Malatesta, parce qu'il y a bien moins de choses à démontrer aujourd'hui et Galleani, parce qu'il y a de moins en moins de consciences à amener vers l'action.
Un éventail bien plus large de littérature révolutionnaire peut être trouvé en France, en raison de la grande tradition de ce pays qui n'a aucune équivalence en Italie, en Espagne ou en Grande-Bretagne, et en raison de la relation particulière en France avec la langue et la culture. À peu prés au même moment que les exemples italiens mentionnés ci-dessus, nous avons Sébastien Faure, Jean Grave et Émile Armand pour la clarté de l'exposition, tandis que pour la recherche et les aspects plus rhétoriques, il y avait Albert Libertad et Zo d'Axa.
Nous ne devons pas oublier que la France avait déjà l'exemple de Proudhon dont le style avait même étonné l'Académie, Faure était considéré, lui, comme la suite logique de cette grande école, sans oublier Grave, son style méthodique, asphyxiant. Autodidacte, il était un élève enthousiaste de Kropotkine dont le français était d'ailleurs très bon, précisément parce que, comme Bakounine, c'était le français d'un russe.
On pourrait continuer longtemps, des expériences linguistiques, littéraires et journalistiques de Libertad, Zo d'Axa et d'autres, jusqu'à leur prédécesseur Ernest Cœurderoy. Mais bien qu'ils représentent certains des meilleurs exemples de « journalisme » révolutionnaire, aucun de ces modèles n'est valable aujourd'hui.
Le fait est que la réalité a changé, alors que les révolutionnaires, eux, continuent de produire du langage de la même façon, ou plutôt d'une façon plus mauvaise encore. Pour le voir il suffirait de comparer une feuille de chou comme l'En-dehors de Zo d'Axa à certains des journaux lapidaires que nous produisons aujourd'hui - en regardant notre propre situation - comme par exemple celui que nous avons fait à l'occasion de la rencontre avec les compagnons d'Europe de l'Est à Trieste.
Mais le problème est parti bien plus loin que ça. Non seulement nos interlocuteurs privilégiés perdent leur langue, mais nous aussi nous perdons la nôtre. Et parce que nous devons nécessairement nous réunir sur des terrains commun si nous voulons communiquer, cette perte s'avère être grave, et irréversible.
Ce processus d'aplatissement répandu frappe toutes les langues, rabaissant l'hétérogénéité des expressions à l'uniformité des moyens. Le mécanisme est plus ou moins le suivant, et pourrait être comparé à la télévision. L'augmentation quantitative de nouveaux signifiés, réduit le temps disponible pour la transmission de chacun d'entre eux. Cela mène à une sélection progressive et spontanée d'images et de mots, d'une part ces éléments sont essentialisés, tandis que de l'autre la quantité de données transmissibles augmente.
La si désirable clarté déplorée par tant de générations de révolutionnaires désireux d'expliquer la réalité aux gens, a finalement été atteinte de la seule façon possible : en ne rendant pas claire la réalité (chose de toute façon impossible), mais en rendant réelle la clarté, c'est-à-dire l'exposition de la réalité construite par la technologie.
Cela arrive à toute l'expression linguistique, en incluant les tentatives désespérées de sauver l'activité humaine par l'art, qui laisse aussi de moins en moins de possibilités. De plus, cet effort se retrouve à devoir lutter sur deux fronts : d'abord, pour ne pas être avalé par l'appauvrissement qui transforme la créativité en uniformité et ensuite, contre le problème opposé mais de mêmes racines, celui du marché.
Mes vieilles thèses à propos de l'art pauvre et de l'art comme destruction sont toujours proches dans mon cœur.
Donnons un exemple : toute langue, en ce qu'elle est un instrument, peut être utilisée de beaucoup de façons. Elle peut être utilisée pour transmettre un code visant à entretenir ou perfectionner le consensus, elle peut aussi être utilisée pour stimuler la transgression. La musique n'est pas une exception ici, bien qu'à cause de ses caractéristiques particulières la route vers la transgression lui est encore plus difficile. Bien qu'elle semble plus directe, elle est en réalité plus difficilement accessible. Le Rock est une musique de récupération et a contribué à l'extinction de beaucoup d'énergie révolutionnaire dans les années soixante-dix. Selon l'intuition de Nietzsche, la même chose arriva à son époque avec l'innovation de la musique Wagnérienne. Pensez aux grandes différences thématiques et culturelles qui existent entre ces deux sortes de production musicale. Wagner a dû construire un édifice culturel énorme et décomposer complètement l'instrument linguistique pour captiver la jeunesse révolutionnaire de son temps. Aujourd'hui, le Rock a fait la même chose à une échelle beaucoup plus large mais avec un effort culturel ridicule qu'il vaudrait mieux ne pas comparer à celui de Wagner. La massification de la musique a favorisé le travail de récupération.
Nous pourrions dire que l'action révolutionnaire fonctionne de deux façons, d'abord selon l'instrument, qui subit un processus de simplification et de déshabillement, ensuite dans le sens de son utilisation, devenu peu à peu standardisée, produisant des effets qui ne peuvent pas toujours êtres réduits à un dénominateur commun acceptable pour tous ou presque tous. Cela arrive dans la prétendue littérature (poésie, récit, théâtre, etc.) aussi bien que dans le microcosme restreint des révolutionnaires avec l'examination des problèmes sociaux. Si cela prend la forme d'articles dans des journaux anarchistes, ou des tracts, des brochures, des livres, etc, les risques sont assez semblables. Le révolutionnaire est un produit de son temps, il utilise donc les instruments et les occasions que son temps produit.
Les chances de pouvoir lire à propos des conditions actuelles de la société et de la production ont été réduites, parce qu'il y a beaucoup moins de choses à apporter à la surface et parce que les instruments interprétatifs ont subi une récession. Dans une société qui a été polarisée en deux classes clairement opposées, la tâche de la contre-information était d'apporter la réalité de l'exploitation que les structures du pouvoir avait intérêt à dissimuler, de les exhiber au grand air. Les mécanismes d'extraction de la valeur en surplus, les stratagèmes répressifs, les régressions autoritaires de l'État. Maintenant, dans une société qui se déplace de plus en plus vers une forme démocratique de gestion de la production basée sur les technologies de l'information, le capital devient de plus en plus compréhensible.
Aujourd'hui nous devons interpréter la société avec des instruments culturels qui ne sont tout simplement pas capables d'interpréter les faits qui sont inconnus ou traités superficiellement. Nous devons aussi identifier une conflictualité inconsciente qui est loin du vieux conflit de classe extrêmement visible, nous devons aussi éviter d'êtres entraînés dans un refus simpliste incapable d'évaluer les mécanismes de récupération, le consensus et la mondialisation.
Plus que la documentation, nous avons besoin de la participation active des compagnons, y compris par l'écriture, dans ce qui doit être un projet précis. Nous ne pouvons pas nous limiter à la dénonciation de l'exploitation, nous devons apporter nos analyses dans un projet plus large qui devienne compréhensible au cours de l'analyse elle-même. La contre-information documentée et la dénonciation ne doivent plus suffire. Nous avons besoin de quelque chose en plus, tant que nous avons toujours des langues pour parler, tant qu'ils ne nous les couperont pas toutes.
C'est cette nouvelle interaction entre la façon de s'exprimer et le projet que l'on exprime qui est la force de cette utilisation des instruments linguistiques, mais c'est elle aussi qui mène à la découverte de ses limitations. Si l'on permet à la langue de s'appauvrir, si l'on s'adapte à la tendance à sa réduction permanente qui a été étudiée et appliquée par le pouvoir, alors c'est inévitable.
Je me suis toujours battu contre cette sorte d'objectivité détachée par écrit, regardant les questions révolutionnaires. Précisément parce que c'est un instrument, l'expression linguistique a toujours une dimension sociale qui se résume à son style. Ce n'est pas juste « l'homme » comme disait Buffon, mais « l'homme dans une société donnée ». Et c'est le style qui résout le problème, certainement difficile, de fournir les prétendus actes de l'événement avec le contenu indispensable, leur insertion dans un projet. Si ce projet est vivant et à jour sur les conditions du conflit, le style pourrait être égayé, tandis que si ce dernier n'est pas approprié ou perdu dans l'illusion de l'objectivité, même le meilleur projet courra le risque de se perdre lui-même dans une forêt fantomatique d'impressions.
Notre langage doit donc prendre une forme capable de soutenir notre contenu révolutionnaire et posséder des poussées de provocation capables de violer et de renverser les moyens normaux de communication. Il doit être capable de représenter la réalité que nous ressentons dans nos cœurs sans pour autant nous envelopper nous-même dans un linceul de logique et n'être compris que par nous-mêmes. Le projet et la langue utilisées pour l'illustrer doivent se rencontrer et se reconnaître dans le style employé. Sans vouloir pousser les choses à l'extrême logique de cette thèse bien usée, nous savons aujourd'hui que l'instrument constitue une partie considérable du message.
Nous devons rechercher ces processus, ne pas laisser une nouvelle idéologie du pragmatisme nous submerger dans des expressions jetables où il n'y a aucune relation entre le projet et la façon d'en parler.
Ainsi, l'appauvrissement linguistique en plein accroissement est aussi reflété dans les instruments de communication qu'utilisent les révolutionnaires. Tout d'abord parce que nous sommes des hommes et des femmes de notre temps, participants aux processus culturels réducteurs qui les caractérisent. Nous perdons peu à peu les instruments comme n'importe qui d'autre. C'est normal. Mais nous devons faire plus qu'un effort pour obtenir de meilleurs résultats et acquérir la capacité à résister à ce projet d'appauvrissement du langage.
Cette réduction de la capacité stylistique est une conséquence de la baisse de contenu. Elle est aussi capable de produire un nouvel appauvrissement, menant à l'incapacité d'exprimer la partie essentielle de notre projectualité, qui nécessairement reste liée aux moyens d'expression. Ce n'est pas donc pas le genre qui sauve le contenu, mais par dessus tout la façon qu'à ce contenu de prendre forme. Quelques personnes font des schémas et ne réussissent jamais à s'en libérer. Ils filtrent tout ce qu'ils viennent à savoir par ce schéma, en le croyant être « leur façon naturelle de s'exprimer ». Mais ce n'est pas comme ça que cela se passe. Il faut se libérer de cette prison tôt ou tard, si l'on veut faire de ce que l'on communique, la vivante réalité.
Il y a ceux qui choisissent l'ironie pour transmettre l'urgence qu'ils ressentent, par exemple. Très bien, mais l'ironie a ses propres particularités, c'est agréable, léger, une danse, une plaisanterie, une métaphore allusive. Cela ne peut pas devenir un système sans devenir répétitif ou pathétique comme les encarts satiriques des quotidiens, ou les bandes dessinées où nous savons à l'avance comment va se terminer l'histoire sans quoi nous ne serions pas capables de la comprendre, comme des plaisanteries de caserne. De la même façon, mais pour des raisons opposées, la tentative de rendre la réalité visible et palpable par la communication, en partant de la supposition qu'il ne peut y avoir aucune réalisation immédiate de quoi que ce soit qui ne semble pas réel - finit par devenir ennuyeuse, et irréalisable. Nous nous perdons dans le besoin constant d'insister, perdant la conceptualité qui est à la base de la vraie communication.
Une des expressions rebattue dans le musée de la stupidité quotidienne est que nous ne savons pas comment dire quelque chose, alors que le problème est vraiment que nous ne savons pas que dire. Ce n'est pas nécessairement vrai. Le flux de communication n'est pas unidimensionnel, mais multidimensionnel : nous ne faisons pas que communiquer, nous recevons aussi des communications. Et nous avons les mêmes problèmes avec la communication, qu'avec la réception de la communication. Il y a aussi un problème de style à propos de la réception. Difficultés identiques, illusions identiques. De nouveau, nous limitant au langage écrit, nous constatons que quand nous lisons des articles de la presse, nous pouvons reconstruire la faon dont l'auteur de l'article reçoit ses communications de l'extérieur. Le style est le même, nous pouvons le voir dans les mêmes articles, les mêmes erreurs, les mêmes raccourcis. Et c'est parce que ces incidents et limites ne sont pas juste des questions de style, mais sont les composants essentiels du projet de l'auteur, de sa vie même.
Nous pouvons voir que plus faible est la capacité du révolutionnaire à saisir la signification d'une communication entrante, même lorsqu'elle nous atteint directement par les événements, plus pauvre et plus répétitive est son interprétation, dans les mots et malheureusement dans les actes, l'approximation, l'incertitude, un bas niveau d'idées qui ne fait justice en rien aux complexités des capacités de l'ennemi ; ou à nos propres intentions révolutionnaires.
Si les choses étaient autrement, le réalisme socialiste par exemple, avec sa bonne classe ouvrière toujours prête à se mobiliser, aurait été la seule solution possible. La dernière aberration dictée par une telle ignorance et le refus de considérer la réalité différemment était l'intervention des bons mineurs roumains pour rétablir le nouvel ordre d'Illiescu.
Les tentatives du Pouvoir de généraliser l'appauvrissement de l'expression linguistique sont l'une des composantes essentielles du mur insurmontable qui se construit entre l'inclus et l'exclu. Si nous
21:12
La semaine dernière, les Commissaires-désignés Viviane Reding, Michel Barnier et Neelie Kroes ont passé leur audition de confirmation devant le Parlement européen. Des questions relatives à la liberté dans la société d'information et de communication ont été posées par plusieurs eurodéputés.
Les vidéos de ces auditions sont disponibles sur EuroparlTV.
Viviane Reding, Commissaire-désignée à la Justice, aux droits fondamentaux et à la citoyenneté et ancienne Commissaire à la Société de l’information et aux médias, a pris position en faveur des droits fondamentaux des citoyens. Elle a répété son opposition à la "riposte graduée", en disant que la législation européenne ne devait pas être répressive et en insistant sur le besoin d'équilibre entre les droits des utilisateurs à accéder aux contenus créatifs et celui des artistes à être rémunérés. La Commissaire Reding a aussi mentionné l'ACTA, en soulignant que la contrefaçon et le partage de fichiers étaient deux phénomènes distincts qui demandent des approches réglementaires différentes. Enfin, elle a dévoilé une parties de ses projets concernant la future révision des directives européennes sur la protection des données, en insistant sur le besoin de donner des moyens aux utilisateurs d'Internet en ce qui concerne la protection de la vie privée en ligne.
Michel Barnier, Commissaire-désigné au Marché intérieur et aux Sevices, n'a pas dit grand chose sur les actions qu'il allait entreprendre concernant les "droits de la propriété intellectuelle", qui font partie de son porte-feuille. Il a toutefois affirmé qu'il ne ferait aucun compromis sur la protection des DPI, semblant faire allusion à la communication de la Commission sur l'amélioration de l'application des droits de la propriété intellectuelle (que La Quadrature du Net a fortement critiqué dans le document suivant : La Commission européenne fait état d'une vision dogmatique du copyright).
Neelie Kroes, Commissaire-désignée à l'Agenda numérique, a tenu des propos encourageants sur la neutralité du Net1 quand Marita Ulvskog (S&D, Suède) lui a demandé ce que la neutralité du Net signifiait pour elle : Mme Kroes a répondu que la neutralité du Net signifie que les fournisseurs d'accès à Internet ne devraient pas être en mesure d'exercer un contrôle ou de limiter l'accès aux contenus en ligne ; que de telles restrictions ne seraient acceptées pour des motifs commerciaux sous aucun prétexte, et qu'elles seraient acceptables si elles visaient à s'attaquer à des menaces à la sécurité (comme des spams par exemple).
Il n'a pas été beaucoup question du droit d'auteur et les réponses de la Commissaire Kroes sur le sujet sont restées plutôt vagues. Cependant, alors qu'on lui demandait son opinion sur le prélèvement d'une somme forfaitaire sur l'abonnement à Internet pour rémunérer les ayant-droit sur le partage de fichiers, sa réponse fut intéressante : elle a indiqué qu'elle "hésitait", que "ça pourrait être la solution" et que cette possibilité devait être étudiée. Reste à savoir si elle parlait de propositions telles que la contribution créative (qui reconnait au public le droit de partager des contenus en ligne) ou si elle suggérait une nouvelle taxe pour compenser au bénéfice des ayant-droit l'échec d'un modèle économique dépassé.
Au sujet de l'ACTA, Mme Kroes a déclaré que les négociateurs européens n'iraient pas au-delà de l'acquis communautaire, faisant explicitement référence à la directive e-Commerce et au Paquet Telecom (ce qui n'est pas très rassurant étant donné les importantes lacunes du Paquet Telecom).
En ce qui concerne l'amélioration de l'application des DPI, elle a rejeté l'idée qu'une harmonisation était nécessaire, ce qui pourrait laisser entendre que la directive IPRED 2 ne sera pas représentée devant les législateurs européens. Enfin, elle a fait allusion à des orientations pour les futures initiatives concernant la gestion du spectre et a soutenu une approche coordonnée entre les États membres sur le sujet.
Une fois que la nouvelle Commission sera confirmée2, les citoyens européens devront garder un œil sur la Commission pour s'assurer que l'intérêt public reste une priorité.
19:51
0:21
Paris, le 15 janvier 2010 - Hier, le comité ITRE du Parlement a mené l'audition de la Commissaire-désigné pour l'Agenda numérique, Mme Neelie Kroes.
La Commissaire Kroes a abordé plusieurs sujets relatifs aux libertés dans l'environnement numérique, exprimant une opinion positive au sujet de l'amendement 1381 et du principe d'interopérabilité. Elle a également affiché son soutien à la neutralité du Net.
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"Il est très encourageant de voir qu'un grand nombre de députés européens ont posé des questions au sujet de la neutralité du Net. Les propos de la Commissaire Kroes condamnant les pratiques commerciales qui violeraient la neutralité du Net sont rassurants et représentent un vrai pas en avant. La Commissaire à la Concurrence sortante sait que ce principe fondateur d'Internet est essentiel pour l'innovation et pour la liberté d'expression dans la société de la connaissance. Nous allons veiller à ce que ces déclarations se concrétisent.", déclare Jérémie Zimmermann, porte-parole de La Quadrature du Net.
"Le fond du problème est de savoir si la Commission proposera une législation imposant ce principe fondamental aux fournisseurs d'accès Internet fixes et mobiles européens. Il faudra également faire en sorte qu'il n'y ait pas de lacune dans la réglementation, et que les pratiques acceptables de gestion du réseau en vue de se prévenir contre des menaces de sécurité soient précisément définies. Dans les mois à venir, les citoyens et les organisations de la société civile devront dialoguer avec la Commission pour s'assurer que l'intérêt général reste la priorité. Bonne chance à Mme Kroes pour cette très importante mission !", conclut Jérémie Zimmermann2.
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16:40
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Paris, le 8 janvier 2010 – Nicolas Sarkozy vient d'annoncer qu'il mettrait en œuvre certaines préconisations du rapport qu'il a commandité au producteur et lobbyiste du disque Patrick Zelnik. Ces dispositions « sur mesure » existent avant tout pour servir les intérêts des amis de la présidence. Bien que risibles, elles révèlent un dogmatisme inquiétant dans lequel les droits du public et l'intérêt général disparaissent au profit de quelques industries désemparées… les copains d'abord !
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C'est officiel : Les contribuables français devront mettre la main à la poche pour payer des millions de copies de fichiers musicaux. Rien de plus normal en période de crise économique et tandis que les universités et les hôpitaux sont à l'agonie. Cette mesure, qui s'annonce toute aussi efficace que la machine à punir HADOPI inaugurée aujourd'hui en grande pompe, révèlent une vision d'Internet étroite, dangereuse et dogmatique de la part du Président de la République.
Écartée d'un revers de main, la contribution créative était pourtant la seule voie d'évolution qui aurait pu mettre fin à cette absurde « guerre contre le partage », menée par les industries du divertissement contre les consommateurs et citoyens. Elle aurait également permis de reconnaitre enfin les droits du public à hauteur des nouveaux usages sociaux, tout en apportant des financements supplémentaires pour la création. Qu'importe ! Alors que de nombreuses études gouvernementales et indépendantes confirment1 que le partage d'œuvres sur Internet, entre individus et sans but commercial, a un impact neutre voire positif sur l'économie de la création, le dogme des intermédiaires impose de fermer les yeux.
« Punir et taxer pour combattre ce que l'on ne comprend pas, voilà une drôle de façon de considérer le futur d'Internet… Tout un programme pour la création et son public ! », ironise Jérémie Zimmermann, porte-parole de La Quadrature du Net. « Ces mesurettes fades et coûteuses sont au niveau de la farce HADOPI. Il faut garder à l'esprit qu'après la répression du partage d'œuvres sur le réseau, le pouvoir en place semble bien décidé à poursuivre son entreprise de contrôle de l'Internet, notamment avec la censure du Net amorcée par la future loi LOPPSI. », conclut-il.
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Paris, le 7 janvier 2010 - Le rapport de la mission Zelnik est présenté aujourd'hui au public par son commanditaire présidentiel. La remise de ce rapport a été plusieurs fois repoussée tant le trio composant la mission éprouvait de difficultés à exécuter ses instructions : trouver de nouvelles sources de financement pour les modèles commerciaux choisis par le gouvernement, et ce sans reconnaître aucun droit aux internautes et citoyens. Le résultat frise l'obscénité : en privilégiant subventions publiques et crédits d'impôt, le rapport propose de faire payer par tous les contribuables le prix d'une marchandisation culturelle dogmatique.
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La mission Zelnik accouche donc d'une vilaine petite souris : quelques dizaines de millions d'euros de subventions à des business dépassés, financés par de l'argent public via des taxes complexes et tous azimuts. Comme le ministre l'avait annoncé, elle a ignoré les approches fondées sur la reconnaissance des droits au partage non-commercial et le financement équitable de l'ensemble de la création, comme la contribution créative.
La mise en place de la mission et son fonctionnement avaient déjà soulevé de graves interrogations sur les conflits d'intérêts et la fermeture au débat de fond, soulignées à plusieurs reprises par La Quadrature du Net et l'UFC Que Choisir (29 septembre 2009, 16 décembre 2009). Les résultats renforcent ces inquiétudes.
« En privilégiant les subventions publiques en direction de modèles commerciaux obsolètes et en refusant toute reconnaissance de droits au public, la mission Zelnik a montré que les grands discours du gouvernement sur la diversité culturelle ne sont là que pour servir d'étroits intérêts sectoriels. En réalité, les seuls à assumer les risques seront les contribuables et les citoyens, déjà attaqués par la machine à accuser de l'HADOPI. Une vaste farce ! » commente Jérémie Zimmermann, coordinateur de La Quadrature du Net.
La mission s'est offert une petite audace en proposant une gestion collective obligatoire des droits à mettre à disposition (à offrir au téléchargement) pour les acteurs commerciaux en ligne1, ce qui ne l'empêche pas de rejeter dans le même temps la contribution créative au motif du caractère sacré des droits exclusifs et de la gestion individuelle. En l'absence de droits pour le public, la fluidification du marché du téléchargement par la gestion collective sera un beau cadeau pour les plus riches de ces acteurs commerciaux, qui ne feront qu'une bouchée de leurs petits concurrents.
Tout le monde est mis à contribution : contribuables, fournisseurs d'accès, régies publicitaires sur Internet. Pour ces dernières, le rapport multiplie les gesticulations en matière de taxation et de lutte contre les positions dominantes. La mission pense avoir trouvé un bouc émissaire en proposant de taxer les moteurs de recherche américains financés par la publicité, tout en croyant épargner les autres régies de publicité sur Internet. La mise en œuvre promet de ne pas être simple. Plus encore, qui croit pouvoir contrebalancer le pouvoir de ces grands acteurs sans mobiliser celui du public à agir pour la diversité culturelle par le partage ?
« En refusant de prendre en compte les preuves qui s'accumulent montrant que le partage de fichiers n'est pour rien dans la crise des industries culturelles et peut contribuer de façon majeure à la diversité culturelle, le gouvernement s'enfermerait dans un dogmatisme coûteux. Il poursuivrait ainsi 5 ans de refus du débat sur des propositions constructives comme la contribution créative. En plus de la guerre engagée contre le public par les lois HADOPI, le gouvernement s'apprête à mettre de l'argent public au profit de quelques intérêts privés cramponnés à une vision passéiste de l'économie culturelle » conclut Philippe Aigrain, co-fondateur de La Quadrature du Net.
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Les intervenants : Jean Darrot psychiatre, Albert Levy du syndicat de la magistrature, Raphaël Thaller du cabinet Cidecos, Odile Nguyen philosophe, Chistine Durif-Brucker Laurent Vercelletto acteur/lecteur de louis Althusser et Michel Foucault
L'UHSA (Unité d'Hospitalisation Spécialement Aménagée) est une prison dans l'hôpital psychiatrique, elle se trouve sous contrôle de l'administration pénitentiaire. C'est une structure hybride mélangeant des catégories professionnelles de tradition, de fonction et de statut différents : des surveillants pénitentiaires et des soignants. La visibilité de tous, personnels comme prisonniers sera constante (circuit vidéo) Le soin mis sous surveillance permanente. Comment garantir alors le respect de la confidentialité ? Comment maintenir sa dimension éthique ?
L'UHSA est la conséquence d'une judiciarisation des comportements qui assimilent sous prétexte de responsabilisation, malades mentaux et délinquants. Plus que le retour à une conception ancienne du grand enfermement, elle indique le point de bascule du médical au service de l'idéologie sécuritaire.
L'UHSA implantée sur le site de l'hôpital du Vinatier sera la 1ère d'une série de 22 prévues. Elle comptera 3 unités de 20 lits pour une population estimée à 9.000 détenus pour le territoire qu'elle a en charge. Peut-on sérieusement soigner avec de tels moyens les centaines de malades (30% des effectifs) qui peuplent les prisons qu'elle doit assister ? A moins qu'il ne s'agisse d'un soin « maintien de l'ordre » chargé de « casser les crises » suscitées par les conditions de détention ! Le soin deviendrai alors l'auxiliaire de l'ordre. La loi Hôpital Patient Santé Territoire dite « loiBachelot » désigne 14 missions de service public Les 4 dernières concernent les soins sous contrainte, les détenus, les sans-papiers ou demandeurs d'asile, les personnes retenues dans « les centres médico-sociaux judiciaires de sûreté ». Avec la circulaire du 11 janvier de graves entraves aux libertés sont planifiées. L'ordre et la sécurité publique priment sur les tentatives de réinsertion, rendant prioritaires les dossiers judiciaires, l'avis de la police et de la gendarmerie. C'est le grand retour aux amalgames. La maladie redevient un acte déviant et les malades des délinquants.
Comme à l'école, comme aux frontières, comme au pôle emploi, comme dans les quartiers pour tout problème il n'existe qu'une seule réponse le tout sécuritaire !
Au nom d'un sentiment d'insécurité diffus, l'Etat nous sature des peurs qui habitent la population. Il cultive à outrance ce sentiment, pour masquer une politique sociale inexistante, rétablissant le vieux fantasme des classes dangereuses. C'est toujours l'Autre qui est désigné responsable des dysfonctionnements de la société : le sans papier, le chômeur, l'étranger, l'adolescent « racaille », le malade…
Alors que la sécurité pour chacun devrait consister à avoir un travail correctement rémunéré, une couverture sociale véritable, un accès aux services publics étendus, des papiers, un toit etc.… les ingrédients de la peur qu'il faut combattre, ce sont les conditions d'exploitation de l'individu qui pousse au suicide les salariés, à la délation, à la crainte de l'autre, à la crainte du contrôle, à la crainte de perdre son emploi etc…
Un grand débat autour des soins psychiatrique est nécessaire et doit avoir lieu. Si la psychiatrie a toujours été le miroir de la société par la façon dont elle envisage son activité, son organisation et ses débats, il n'est pas question d'en faire une psychiatrie au service du pouvoir ! Il n'est pas question de la réduire à la portion congrue de "l'ordre et du propre" !
C'est pourquoi, citoyens, nous sommes tous concernés.
C'est pourquoi nous vous invitons à en débattre dans une nuit de la résistance.
Le 9 mars 2010 au Vinatier de 19h à 24h, salle des organisations, à proximité de la chapelle.Côté pratique : pour rendre ce moment convivial que chacun(e) vienne avec une entrée ou un dessert nous nous chargeons des saucisses, merguez et boissons. Participation financière libre.
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9 mars 2010
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Le ministre de l’éducation, Luc Chatel propose de remplacer les professeurs absents par des jeunes retraités ou des étudiants. Ces mesures devraient être mises en place à la rentrée 2010.
Selon Luc Chatel, 50.000 des 857.000 professeurs sont des remplaçants titulaires et 10%[...]
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Quelques minutes auparavant, une rixe avait opposé des militants néonazis bien connus et répertoriés à Besançon à des militants antifascistes qui passaient dans cette rue par hasard. Face à l'attaque des nazis sur le groupe d'amis, la légitime défense est apparue comme nécessaire pour contrer l'offensive des fascistes. Les interpellations ont été réalisés suite à l'appel téléphonique des nazis qui ont donné des noms, sans forcément qu'il y ait un lien entre les individus présents lors de la rixe et les interpellés.
Nous ne pouvons que condamner cette politique de criminalisation et de répression qui s'abat sur les acteurs multiples de la lutte antifasciste. Cet acharnement policier sur un combat politique, populaire et nécessaire pour sauvegarder Besançon de la montée des idées xénophobes est une preuve de l'implication des forces répressives étatiques dans un processus d'acceptation de ces idées.
Nous exigeons la libération immédiate et inconditionnelle des camarades arrêtés ainsi que l'arrêt des poursuites !
Affaire à suivre...
LA SOLIDARITÉ EST NOTRE ARME !
Scalp Besak
Solidaires - Egalitaires - Libertaires - http://scalpbesak.wordpress.com/
Appel à la solidarité suite à l'arrestation d'antifascistes à Besançon
Suite au communiqué du mardi 2 mars concernant l'arrestation de deux camarades antifascistes de Besançon, nous vous informons de leur libération au bout de 24 heures de garde à vue.
À l'issue de ces 24 heures, les camarades encourent des poursuites pour violence en réunion, violence aggravée et l'un des deux pour port d'arme de 6e catégorie. Des insultes et des menaces, notamment de violences physiques, ont été proférées par les forces de police contre un des camarades : « On va te casser la gueule », « La prochaine fois qu'on te grille en ville, on te choppe sous un porche », « Sale pute de gaucho »…
Nous lançons un appel à la solidarité et au soutien financier afin de prendre en charge les frais de justice et d'avocats. N'hésitez pas à nous contacter (via l'adresse mail scalpbesak AH gmail.com) pour les soutenir ou être informé des suites. Localement, une caisse de solidarité sera mise en place à la librairie l'Autodidacte, 5 place Marulaz à Besançon.
LA SOLIDARITÉ EST NOTRE ARME !
Scalp Besak, 4 mars 2010.
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Contacté par Jean-François Bayart, directeur de recherche au CNRS, spécialiste de l'Etat en Afrique et de la politique “par le bas”, le blog Agora publie la lettre ouverte que celui-ci a adressée il y a quelques semaines à Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, au sujet du blocage “incompréhensible” de sa carrière. Pour lire cette lettre sur le site d'Agora, dont l'objectif est "de contribuer à la visibilité de ces débats autour des sciences sociales". La section 40 du CNRS dont il est question ci-dessous se consacre à "Politique, pouvoir, organisation".
Mme Pécresse Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche
s /c M. Philippe Gillet Directeur du Cabinet MESR 1, rue Descartes 75231 Paris Cedex 05
Paris, le 16 février 2010
Madame le Ministre,
Je me vois dans la pénible obligation de vous adresser cette lettre ouverte pour contribuer à dissiper le malaise qu'a créé, au sein d'une partie de la communauté scientifique nationale et internationale, le traitement, depuis cinq ans, de mon dossier personnel de candidature à une promotion au grade de directeur de recherche de classe exceptionnelle par la Direction générale du CNRS, dont vous exercez la tutelle.
Je ne vous demande aucune faveur ou mesure personnelle. Le moment venu, les juridictions compétentes diront s'il y a eu, comme je le pense, excès de pouvoir, et aussi abus de pouvoir et harcèlement moral à mon encontre. Dans ce cas, elles répareront le préjudice que je subis. Dans cette attente, la reconnaissance scientifique que m'accordent mes pairs et le Comité national du CNRS, seule instance légitime d'évaluation de mes activités et de ma carrière, suffit à mon réconfort. Mais la détermination avec laquelle la Direction générale du CNRS me refuse, sans explication, la promotion dont le Comité national me juge digne soulève le problème plus général de la conception de l'évaluation scientifique que le gouvernement met en œuvre. En effet, ce dernier a nommé la direction de l'institution dont je dépends, exerce son autorité directe sur elle et lui a confié la mission de réformer cet organisme. Il est donc directement engagé par ses décisions administratives.
Les faits auxquels je me réfère sont simples. Directeur de recherche de première classe, j'ai déposé une première candidature en vue de ma promotion au grade de directeur de recherche de classe exceptionnelle (DRCE) en 2005. Dès cette première candidature, la section 40 du Comité national dont je relève m'a classé premier parmi les candidats qui lui avaient soumis un dossier et a recommandé à la Direction générale ma promotion, ce qui m'a naturellement comblé. Je ne me suis pas inquiété de ne pas avoir été en fin de compte promu, car le nombre des postes de DRCE disponibles est inférieur à celui des promotions que les différentes sections du Comité national suggèrent. J'ai donc déposé une nouvelle candidature en 2006, et derechef la section 40 m'a classé premier. Cette année là, je n'ai pas non plus été promu par la Direction générale. En 2007, à nouveau classé premier par la section 40 du Comité national, je n'ai pas plus été choisi par la Direction générale, qui néanmoins a promu au grade de DRCE un autre politiste, M. Sabouret, au titre, il est vrai, de sa carrière de gestionnaire de la recherche plutôt qu'à celui de son œuvre scientifique. En 2008, la section 40 m'a une nouvelle fois classé premier, tout en recommandant que me soit décernée la Médaille d'Argent du CNRS ; la Direction générale, non seulement n'a tenu compte d'aucun de ces deux avis, mais encore a promu DRCE M. Jaume, que la section 40 avait classé troisième. Enfin, je viens d'apprendre que la Direction générale a de nouveau repoussé, en 2009, ma promotion, que stipulait, pour la cinquième fois consécutive, la section 40 du Comité national en continuant à me classer premier parmi mes pairs également candidats.
En résumé, l'évaluation de mon dossier par le Comité national, je le répète seule instance habilitée, est sans ambiguïté. Dès ma première candidature au grade de DRCE, sa section 40 m'a classé premier, et a maintenu ce rang depuis cinq ans. Je précise que la composition de la commission de cette section a été entièrement renouvelée entre-temps, et que ce sont donc en fait deux commissions successives qui ont procédé à ce classement. Pourtant, la Direction générale du CNRS se refuse à suivre leur avis persistant. Son attitude à mon encontre est d'autant plus choquante qu'elle m'a préféré, au moins à une reprise, un candidat moins bien classé que moi-même, et qu'elle s'est félicitée, dans une lettre adressée au personnel en date du 9 décembre 2009, d'une augmentation de 43 postes de DRCE, dont le nombre est passé de 27 à 70.
La section 40 s'en est évidemment émue par une lettre au Directeur général du CNRS et lors d'une rencontre avec M. Bruno Laurioux, directeur scientifique des sciences humaines et sociales, lors de sa session de printemps, les 18-20 mai 2009. Si j'en juge par le compte-rendu de ladite session, ce dernier a argué de la « souveraineté de la Direction » en la matière et a déclaré que « l'excellence n'est pas le seul élément à prendre en considération ». De quel autre critère M. Laurioux a-t-il voulu parler ? D'après le compte-rendu, il ne l'a pas précisé, en dépit des questions insistantes qui lui ont été posées. Des compétences administratives ? Mais elles entrent dans le champ de l'évaluation du Comité national, au même titre que les activités d'enseignement. En l'occurrence, je suis un chercheur qui enseigne, y compris à l'étranger, où je suis régulièrement invité et où mes travaux ont été largement traduits, notamment en anglais. En outre, j'ai dirigé le Centre d'études et de recherches internationales, l'un des plus gros laboratoires du Département des sciences de l'Homme et de la société du CNRS, de 1994 à 2000. Et ce, d'une manière telle que l'administrateur de la Fondation nationale des sciences politiques m'a proposé la direction scientifique de cette dernière à l'issue de mon second mandat, et que je figurais dans la « liste courte » des trois noms envisagés par le CNRS à la même époque pour prendre la direction du Département des sciences de l'Homme et de la société.
Je soumets donc à votre haute attention, Madame le Ministre, une double question :
1. Approuvez-vous le principe de la « souveraineté de la direction » du CNRS en matière de promotion par rapport aux délibérations du Comité national, alors que les réformes que vous conduisez, sous l'autorité du président de la République, se réclament d'une volonté d'améliorer la qualité et l'indépendance des processus d'évaluation des chercheurs et des enseignants ?
2. Quels sont les critères autres que celui de l'« excellence » dont peut se targuer la Direction générale du CNRS pour ne pas tenir compte, cinq années consécutives, d'une recommandation argumentée par un rapport écrit de la section compétente du Comité national ?
Vous comprendrez que la communauté scientifique française attend avec impatience votre réponse quand elle continue à douter du bien-fondé des réformes de l'Université et de la Recherche que vous avez engagées, en particulier du point de vue du respect de la liberté académique, et voit avec inquiétude un nombre croissant de présidents d'Université passer outre aux classements des commissions de spécialistes pour recruter ou promouvoir « leur » candidat à la faveur de l' « autonomie » dont ils peuvent désormais se prévaloir. Il en va également de la crédibilité internationale du CNRS et de l'Université française, que met à mal ce genre de mesures discrétionnaires. Enfin, à l'approche d'une élection à laquelle vous êtes vous-même candidate, Madame le Ministre, les citoyens ont le droit de savoir sur quelle conception précise de l'Enseignement supérieur et de la Recherche ils ont à se prononcer, dans la mesure où les régions sont devenues des partenaires importantes de l'Université et des organismes de recherche.
Dans l'attente de votre réponse, et vous en remerciant par avance, je vous prie d'agréer, Madame le Ministre, l'expression de ma haute considération.
Jean-François Bayart
Directeur de recherche au CNRS SciencesPo-CERI 56, rue Jacob 75006 – Paris
6:35
Fichage des enfants : les raisons de poursuivre la lutte avec le CNRBE sont de plus en plus lisibles ! A l’attention des directrices et directeurs des écoles publiques, des enseignants des écoles et des conseils des maîtres.
Vous êtes aujourd’hui, de par votre fonction,[...]
0:06
SOYEZ AUX AGUETS, les tortionnaires de l'enfance, profs sadiques qui foutent des tartes, humilient les cancres, abrutissent, discriminent ; surveillants de cauchemar qui gèrent les enfants comme des prisonniers, les font taire, les font pas bouger ; parents qui pensent que leurs enfants sont des biens, des sous – êtres, à leur merci et à leur service, qui perpétuent l'idéologie mortifère de la famille ; et tous les bourreaux innocents.
- Anti-Psychiatrie / Normalité / Affiches, Tracts
23:20
L'enregistrement audio de cette séance est accessible ici.
Christian Topalov. PrésentationLa séance d'aujourd'hui porte sur le premier rapport d'étape du Conseil pour le Développement des Humanités et des Sciences Sociales (CDHSS) ou rapport Maurel, du nom de sa présidente. Nous aurons trois intervenants sur ce sujet. Le premier, Michel Barthélémy, s'intéressera moins à ce rapport précis qu'au genre rhétorique dans lequel il s'insère et à la vision doctrinale des réformes de l'enseignement supérieur et de la recherche que les rapports sur le même sujet tissent progressivement. Le deuxième exposé, celui d'Elie Haddad, se focalisera plus particulièrement sur le détail des arguments du rapport Maurel. Enfin, jacques Lautman rappellera notamment quel est l'arrière-plan historico-politique qui sous-tend l'existence de ce rapport et son contenu. Nous ouvrirons ensuite la discussion générale.
Michel Barthélémy. Logique des rapports officiels et la définition d'une situation homogène pour l'action publiqueDans le cadre de cet exposé, j'aimerais examiner la question du rôle que jouent les rapports officiels, en tant que pratiques d'enquête et genre politico-scientifique. Plus spécifiquement il s'agit de voir quelle part ces documents prennent dans l'élaboration d'un cadre doctrinal des réformes de l'enseignement supérieur et de la recherche (ESR), en l'occurrence celles qui sont relatives au secteur dit de la « recherche et innovation ».
Je dois réduire tout de suite mes ambitions quant à mes capacités à traiter de ce sujet. En effet, j'ai engagé ce travail pour cette séance. Le manque de recul que je peux avoir sur un dossier complexe me contraint à me contenter d'un survol de ces questions.
J'ai examiné en particulier les rapports suivants : le rapport d'étape du 14 janvier 2010, émanant du Conseil pour le Développement des Humanités et des Sciences Sociales (CDHSS), intitulé : « Pour des sciences humaines et sociales au cœur des universités ». Cela m'a conduit à m'intéresser au rapport de la Stratégie Nationale de la Recherche et de l'Innovation (SNRI) de 2009. Lui-même m'a orienté vers le rapport annuel 2007 du groupe de travail FutuRIS (Futur, Recherche, Innovation, Société) créé en 2005 au sein de l'Agence Nationale de la Recherche Technologique (ANRT) [1]. Cet ouvrage collectif est coordonné par Jacques Lesourne et Denis Randet. Il est consacré à la recherche et l'innovation en France [2]. Je me suis intéressé au chapitre 4 du volume 2007 intitulé : « Essai d'interprétation de l'évolution 2006-2007 du SFRI : la réforme à la croisée des chemins ? ». Je l'ai découvert au cours d'une recherche sur internet visant à m'éclairer sur la signification de l'expression « fonctions majoritairement séparées » qui définit la nouvelle orientation prise par le système français de recherche et innovation (SFRI) qu'évoquait le rapport de la SNRI ; notion sur laquelle nous aurons l'occasion de revenir. Voilà pour les principaux documents. On aura compris que je vais centrer ma contribution non pas sur la question de l'enseignement supérieur mais sur celui de la recherche, et plus précisément, sur les liens entre la recherche et l'innovation tels que les rapports et les réformes en cours les prévoient et les façonnent, ainsi que sur leurs conséquences sur la transformation de du système d'enseignement supérieur et de recherche public dans son ensemble.
Dans une première partie, assez brève, je ferai un certain nombre de remarques de portée générale que la lecture du récent rapport d'étape du Conseil pour le Développement des Humanités et des Sciences Sociales (CDHSS) en particulier a pu susciter. Une présentation plus complète de ce texte est en ligne sur le site du séminaire. Ces remarques portent sur le genre d'enquêtes que promeuvent les rapports de recherche officiels, la forme de raisonnement qu'ils mobilisent et le registre de signification et d'action dans lequel ils se situent. Dans un second temps, je m'intéresserai au modèle employé par ces documents pour rendre compte des transformations du paysage de la recherche français. Je reviendrai entre autres sur l'éclairage que ce modèle permet de donner de la notion d'« autonomie » telle qu'elle est utilisée pour décrire entre autres la réforme du gouvernement des universités, au regard du dispositif d'ensemble dans lequel elle s'insère. Enfin, en conclusion, je confronterai le premier type de démarche d'enquête, qui est celui mis en œuvre dans la préparation des travaux conduisant à la rédaction des rapports officiels, à une autre approche dont les caractéristiques, contraintes de réalisation et omissions du premier, justifie pleinement l'existence. Je traiterai ce point sous la question de l'éthique de la recherche en SHS et la nécessaire réappropriation de l'esprit de la recherche, de ses objets, de ses méthodes, par la démarche scientifique critique en sciences sociales dans ce type d'exercice particulier.
I) Le rôle des rapports officiels dans l'élaboration d'un cadre doctrinal des réformes de l'ESR relatives au secteur de la recherche et innovation
Pour lire la suite.
Elie Haddad. Présentation et discussion du rapport du CDHSSLa présentation que je vais faire vient en grande partie d'un texte que j'ai rédigé avec Laurence Giavarini pour l'association Sauvons l'Université (dont nous sommes membres) et qui peut être consulté sur le site de SLU [3]. Plusieurs textes de ce type ont été rédigés et signés par un ou plusieurs membres de l'association avec la mention « pour SLU », les textes ayant été approuvés par son CA. Ils s'insèrent dans une réflexion collective sur les réformes en cours dans l'enseignement supérieur et la recherche nourrie par une opposition aux principes de ces réformes, que les analyses des années passées ont peu à peu précisé. Un des objectifs de cette réflexion collective est aussi de redonner toute leur dimension politique (dans tous les sens du terme) à l'Université, à l'enseignement supérieur et à la recherche, avec les choix que cela suppose, en opposition au discours gestionnaire qui masque cette dimension politique et les choix effectués. Il s'agit aussi de jouer notre rôle d'intellectuels et d'essayer d'analyser au mieux, d'éclairer aussi les réformes en cours.
Un bref rappel pour commencer. Le Conseil pour le Développement des Humanités et des Sciences Sociales a été mis en place le 2 septembre 2009 par Valérie Pécresse. Il est composé de membres [4] qui ont pour mission
d'explorer « les enjeux de formation, de qualification et d'insertion des étudiants qui choisissent les filières des sciences humaines et sociales de nos universités »
d'« engager une réflexion sur la structuration de notre potentiel de recherche dans le nouveau paysage français qui s'appuie désormais sur des universités autonomes, les Instituts du CNRS, le réseau des Maisons des Sciences de l'Homme et l'ensemble des établissements et des organismes parties prenantes dans la production scientifique de ces champs de la connaissance »
de réfléchir aux spécificités de l'évaluation dans le domaine des sciences de l'homme et de la société
de « dégager les grands enjeux scientifiques qui animeront les sciences humaines et sociales françaises dans les années à venir » et « d'œuvrer au renforcement de notre exceptionnel potentiel de recherche » (p. 7).
Le 14 janvier 2010, le CDHSS a remis son premier rapport d'étape intitulé Pour des sciences humaines et sociales au cœur des universités [5]. Ce rapport est divisé en quatre chapitres respectivement intitulés
« Vers un enseignement plus généraliste dans les licences de sciences humaines et de sciences sociales »,
« Les Sciences de l'Homme et de la Société face à la mission d'orientation et d'insertion professionnelle des universités »,
« L'enseignant-chercheur en SHS : trouver le temps de la recherche »
« Le dispositif institutionnel de la recherche en SHS : quelle coordination entre universités, organismes et agences ? ».
Chacun de ces chapitres se clôt sur une série de recommandations. La conclusion ouvre sur des perspectives pour inscrire les SHS dans le cadre du Grand Emprunt.
Le rapport offre une façade mesurée et informée. Il s'agit, pour le CDHSS, de se légitimer tant auprès de la communauté des universitaires et des chercheurs que des media et du ministère lui-même. Aussi le rapport est-il en apparence pleinement « dépolitisé », comme s'il ne s'inscrivait pas précisément dans une politique à laquelle ses auteurs, comme l'a montré Michel Barthélémy, adhèrent en acceptant ses attendus et son cadre intellectuel qui délimitent étroitement l'espace de la réflexion, ce qui n'empêche pas évidemment quelques différends sur les orientations spécifiques à suivre pour les SHS. Néanmoins, comme le rapport est signé collectivement par le CDHSS, je prendrai ici ce dernier comme auteur collectif et considèrerai que chacun de ses membres assume la posture de cet auteur collectif, ainsi que les analyses et les préconisations du rapport. Je ne reviendrai pas sur ce que Michel Barthélémy a montré des problèmes posés par les rapports officiels comme genre politico-scientifique. Je laisserai aussi de côté dans la discussion du rapport ce qui concerne le CNRS, dont Jacques Lautman parlera après moi. Je vais me contenter de présenter le contenu du rapport de manière synthétique, en essayant de lui être fidèle mais en mettant aussi en évidence les points qui font selon moi problème, et je me concentrerai ensuite, dans un second temps plus critique, sur la place des disciplines dans le rapport, sur la façon dont elle est articulée à l'« employabilité » des étudiants, et sur la conception des sciences humaines et sociales qui transparaît dans ce texte [6].
Pour lire la suite.
Jacques LautmanCe rapport ne tombe pas du ciel effectivement. Je vais, avec des mots différents et probablement plus concrets revenir un peu au départ sur ce qu'a dit Barthélémy. Je veux essayer de montrer rapidement dans quelle séquence politique et culturelle un tel rapport peut arriver. Ensuite je me livrerai à un examen plus approfondi exclusivement des chapitres 3 et 4 et en me focalisant sur le fonctionnement de l'activité de recherche dans les universités et dans les laboratoires et sur le rôle que le Cnrs a pu jouer et sur le ou les rôles que les universités peuvent jouer ainsi que sur l'illusionnisme d'un certain nombre de points dans ce rapport.
Pour annoncer la couleur je dirai personnellement que ce rapport m'attriste plus qu'il ne me scandalise. Il m'attriste parce qu'il est cosigné de fait par un certain nombre de collègues tout à fait éminents, une brochette de professeurs au Collège de France notamment, qui ne sont pas parmi les plus étroitement érudits ou hyperspécialisés, et qui sont éminemment respectables. Ils sont des collègues éminents. Là je salue le courage de Mme Pécresse d'avoir une fois de plus mis une femme en position visible, et c'est un des mérites de Mme Pécresse, il faut bien le reconnaître, Mme Maurel est quelqu'un d'éminemment respectable. Je le dis d'autant plus volontiers que j'ai signé sa nomination comme directeur de laboratoire il y a de cela vingt-trois ans quand elle a pris la direction d'un laboratoire d'étude des sociétés rurales d'Europe de l'Est à Montpellier-III et qui dépassait très largement les pratiques de recherches habituelles des géographes. Elle est géographe mais elle va largement au-delà des confins de sa discipline.
Le cadre historico-politique du rapport Maurel
La hargne anti-Cnrs : ses manifestations
En fait, ces collègues se sont, comme le disait Barthélémy, inscrits dans un cadre politique assez précisément défini. Alors je voudrais quand même revenir sur les origines de ce cadre politique. Le point un, c'est la hargne que suscite le Cnrs dans la classe politique française et dans la haute administration depuis près de trente ans. La première manifestation que j'en connaisse, autant que je me souvienne, c'est le conflit entre Mme Saunier-Séïté, ministre de la recherche, et Robert Chabal, directeur général du Cnrs, 1978-79. Je n'y reviendrai pas. La deuxième manifestation que j'en connais, c'est l'espoir annoncé à cor et à cri par le syndicat autonome des Lettres en 1986, lors de l'alternance, exactement au moment où j'ai été nommé directeur du département SHS. Un haut responsable du syndicat autonome des Lettres est venu la semaine suivante me dire dans mon bureau : « Bien entendu, vous êtes là pour être le fossoyeur et pour fermer ». Je lui ai dit que je n'entendais pas les choses comme ça, et les choses ne se sont pas passées comme ça. Ceci est le cas, parce que Alain Devaquet, à l'époque ministre, qui était un proche de Chirac, a été et est resté pendant vingt ans, y compris pendant les deux mandats de Chirac en tant que président, un défenseur actif, autant qu'il a pu l'être, du Cnrs. J'ai plaisir à le dire, parce que je le sais, il n'a pas toujours gagné, mais il a fait ce qu'il a considéré être juste. Alors, à propos de cette hargne anti-Cnrs, j'ai eu un jour une surprise fantastique ; ayant été invité ès fonctions à Matignon, quand Rocard était premier ministre, des gens me sont tombés dessus pour me dire : « ah, vous représentez le Cnrs, cette institution que le monde entier nous envie, mais que personne ne copie ! » et puis, plus précisément : « le Cnrs est une copie conforme de l'Académie des Sciences de feue l'URSS ». Ce sont « des laboratoires en haute mer, coupés des universités ». A quoi j'ai répondu que sur un plan historique, cette allégation est fausse. Les créateurs du Cnrs n'ont absolument pas copié l'Académie des Sciences de l'URSS. En revanche, il est vrai que les laboratoires propres du Cnrs ont été plus ou moins, et parfois plutôt plus que moins, fort séparés des universités jusqu'en 1964-65, lorsque le directeur général du Cnrs nommé en 1963, M. Jacquinot, qui, historiquement, a été l'un ou le plus grand directeur général du Cnrs, a pris la décision de créer des structures d'association entre le Cnrs et l'université. C'est ainsi que sont nés à ce moment là les laboratoires associés et les équipes associées, dont la différence de dénomination découlait de la taille respective de leurs effectifs. A partir de 1964, l'affirmation d'une coupure marquée entre les laboratoires du Cnrs et l'Université est devenue fausse. Au jour d'aujourd'hui, dans le secteur SHS, le rapport Maurel and Co. écrit qu'il n'y a plus que six unités propres du Cnrs et l'essentiel des forces humaines et du financement Cnrs en SHS est dans les unités mixtes de recherche, comme vous le savez.
Deuxième argument critique contre le Cnrs est : « le Cnrs en fait est dirigé par les syndicats. Les sections du Comité national sont aux mains des syndicats ». C'est aussi tout à fait exagéré. J'ai écrit un petit texte à ce sujet à l'occasion du cinquantenaire du Cnrs, il y a vingt ans, parce que d'expérience et de concertation avec mes collègues directeurs des autres départements scientifiques du Cnrs, il m'est apparu que dans les disciplines dans lesquelles il existe un consensus scientifique ou intellectuel fort, il n'y a jamais de problème de contestation de promotion ou de recrutement pour « raisons » syndicale, corporatiste, copinage ou compassionnelle. En revanche, et c'est vrai, dans les disciplines dans lesquelles le consensus intellectuel fait défaut, alors le compassionnel et le copinage apparaissent ou peuvent apparaître.
Troisième critique à l'encontre du Cnrs qui court les rues et les oreilles des parlementaires, y compris certains de gauche, je puis l'affirmer, c'est : « les chercheurs ont la liberté de faire tout et n'importe quoi, y compris rien ». Il y a à peu près deux ans, M. Belloc, ancien président de Toulouse-I, université de droit, d'économie et de sciences sociales, actuellement conseiller du président de la République, et au demeurant chercheur en économie qui, d'après d'excellents collègues à moi, a paraît-il fait une bonne thèse dans un laboratoire de l'université associé au Cnrs, M. Belloc donc s'est permis de dire, et cela a été repris dans la presse, qu'un tiers des chercheurs SHS n'a jamais rien publié. Ce qui est radicalement, manifestement, ouvertement et grossièrement faux, bien évidemment. Mais il l'a dit et c'est repris et ça fait la vulgate commune.
A ces critiques à l'encontre du Cnrs, s'est ajoutée historiquement la jalousie et la jalousie compréhensible, il faut bien le dire, de beaucoup d'universitaires devant les chercheurs et ingénieurs Cnrs. Cette jalousie n'est pas sans fondement et il n'est pas facile de la récuser. En revanche, il me paraît plus facile de récuser la façon dont les présidents d'universités ont utilisé cette jalousie pour monter un lobbying puissant anti-Cnrs et pour dire : « A nous la bonne soupe ! Nous voulons l'argent et les postes du Cnrs et nous voulons mettre ça dans les universités ». A ce propos, j'ai quelques éléments qui me donnent à penser que c'est après le retournement de 1993, sous le gouvernement Balladur, que ce mouvement prend coalescence et que les présidents d'universités deviennent audibles et sont pris en compte par les ministres sur ce point. A l'époque, le ministre de la recherche et de l'enseignement supérieur, c'est François Fillon. J'ai un souvenir précis là-dessus.
L'ANR et le CNRS
Pour lire la suite.
DébatChristian Topalov : Le débat est ouvert. Toutes les questions sont possibles, bien entendu, sur ce rapport. Je vous en prie monsieur.
Salle (enseignant Paris-8) : Je m'adresse à Elie en particulier, à propos de la critique du CDHSS. Vous avez dit qu'il y avait des postulats qui étaient tronqués, notamment l'idée que les étudiants attendent de trouver un emploi alors qu'il n'existe pas de statistiques sur ce point. Je vous invite à venir dans les universités, parce qu'il n'y a peut-être pas de statistiques, mais il y a des étudiants. Et, moi-même, pour avoir débrayé des cours, et constaté les réactions des étudiants quand on interrompait leurs cours, parce qu'ils allaient rentrer sur le marché du travail trois mois après, cela montrait bien que ces étudiants étaient là pour trouver du travail. Quand on venait leur parler, leur discours était de nous dire : « nous, on part en entreprises dans trois mois, laissez-nous tranquilles, on veut être performants sur le marché du travail ». Vous pouvez venir aussi discuter avec les étudiants ; il y en a pas mal qui sont très inquiets justement de la possibilité de trouver du travail et qui ont un rapport à l'université spécifique par rapport à leur inquiétude de trouver du travail. Je vous assure qu'à l'université, je suis à Paris-8, ils attendent de trouver un emploi.
Et je trouve aussi que faire une critique de ce rapport en se basant là-dessus, ce n'est pas une bonne chose. Enfin, je pense que la critique devrait plutôt se faire au nom de l'indépendance de l'université vis-à-vis des pouvoirs en place : une critique de l'idéologie gestionnaire. A mon avis, on ne doit pas avoir de comptes à rendre à ce genre d'idéologie. C'est plutôt là-dessus qu'il faudrait se baser, à mon sens, et remettre en question sans doute l'AGCS (l'Accord Général sur le Commerce et les Services) et ce genre de choses, ce qui ne se fait malheureusement pas. Si on veut aller un peu plus loin que ce qui s'est passé ces mois précédents à propos de la LRU, il faut prendre cette direction là.
Christian Topalov : Merci. On pourrait peut-être regrouper quelques questions qui portent sur les problèmes de formation, de débouchés, c'est à dire sur la première partie du rapport. D'autres questions sur ces points ?
Gilles Verpraet : Quand il y avait les DESS (Diplômes d'Etudes Supérieures Spécialisées) et les doctorats, le clivage était clair entre ceux qui voulaient professionnaliser leur culture générale ou disciplinaire au sens large vers des secteurs professionnels et ceux qui se dirigeaient vers la thèse avec des conséquences en termes de carrières. Il y avait une prise de risque sur un an, deux ans, trois ans. L'idée de Master a dissous les DESS, les a incorporés et maintenant on dissout le doctorat. Donc, le flou vient un peu de la réforme des masters.
J'ai une question pour M. Lautman. Dans l'inversion du rapport de force universités/Cnrs, vous avez cité Balladur, 1993. Or il y a d'autres paramètres à prendre en compte : la montée de la CPU, c'est aussi la régionalisation, qui donne plus de poids, l'Europe, il y a des structures de présidence d'universités européennes, et pour revenir à ma discipline, il y a une inversion du rapport de force dans les effectifs. Début des années quatre-vingt, c'était 300 chercheurs Cnrs, tout confondu, et 300 universitaires. Avec le plan de recrutement Jospin, à différentes périodes, il y en a eu deux, c'est 600 universitaires et 280 sociologues Cnrs. Donc, on peut ramer, mais le rapport de force est là. Donc, la question organisationnelle qui se pose, c'est une double structuration dont on peut juger qu'elle est forte ou faible du côté universitaire, arrogante ou vide, côté Cnrs, mais il y a deux structurations. Ce problème, il faut y répondre. Mais est-ce qu'il faut y répondre en termes macro-gestionnaires, selon le discours managérial, ou en termes de formule type de coopération ?
Christian Topalov : Encore une ou deux questions avant de repasser la parole à la table.
Etienne Boisserie : Je suis le président de Sauvons l'université, donc je ne vais pas rebondir sur ce qu'a pu dire Elie. Je voulais juste signaler quelques éléments qui n'ont pas été abordés et qui me semblent importants, qui peuvent rebondir d'ailleurs sur des choses qui ont été dites, en particulier par M. Lautman. Sur la tonalité générale du rapport, moi ce qui m'a beaucoup frappé, je suis enseignant-chercheur, c'est la totale méconnaissance apparente et la totale absence de prise en compte de la réalité du métier d'enseignant-chercheur. C'est à dire que l'on a un peu le sentiment d'un rapport « hors-sol » et vous avez mentionné ce passage qui est effectivement édifiant concernant cette multiplication des tâches de l'enseignant qui n'est jamais mise en perspective avec la réalité de ce que sont les nouvelles procédures d'évaluation qui, en réalité, ne permettent pas, au fur et à mesure de l'évolution de la carrière, la prise en compte de certains travaux plus que d'autres, mais ont pour effet de sanctionner les manquements dans l'une de ces différentes tâches. C'est à dire que le rapport fait comme si ça n'existait pas, mais la réalité est que l'enseignant chercheur est désormais évalué avec des sanctions possibles sur l'ensemble des charges statutaires qui résultent du statut d'avril 2009. Je suis tout à fait frappé de voir qu'à aucun moment il n'est fait état de la réalité de cela. De même que, à aucun moment, on ne parle de la réalité de la situation budgétaire ou de la situation du taux d'encadrement, qui n'est jamais évoquée pour ce qu'elle est. Et puis, dernier point, un peu hors-rapport, pour rebondir sur ce que vous avez dit au sujet de l'interdiction de recrutement local. Pour que cette interdiction puisse exister, il faudrait que l'on sorte d'une logique immensément perverse du processus actuel qui n'est pas seulement le processus de la LRU, c'est le processus qui consiste à dire que l'entreprise est une entreprise comme une autre et qu'à ce titre le président d'université est libre de choisir ses collaborateurs. Or, comme on est dans cette logique là, il est tout à fait évident que le localisme ne peut pas être dissous. Cela introduit un élément de concurrence faussée, en quelque sorte. La logique assumée de la LRU est que l'université est une entreprise comme les autres, comme l'homme est une marchandise comme les autres finalement, et à ce titre là on peut très bien recruter en local, avec les effets pervers que vous soulignez, qui sont très justes. Et ce dont on s'aperçoit en cumulant les différents éléments que vous avez évoqués, c'est que non seulement ce rapport – je ne reviens pas sur ce qui a été dit par Barthélémy et par Haddad -, manifestement, en dépit de l'éminence de ses signataires, ne tient aucun compte de la réalité des universitaires dans les universités et il ne tient pas plus compte de la réalité, disons, de la structuration intellectuelle de ceux qui produisent les textes. On est sur quelque chose qui est totalement « planant » en réalité par rapport à ce qui se passe, qui est simplement situé dans une politique d'accompagnement et de validation de choix préexistants. Et c'est bien dommage qu'un certain nombre de collègues éminents commettent ainsi ce que d'autres, c'est Waters je crois qui parle d' « infanticide ». Il y a eu le parricide, et puis il y a l'infanticide. On a donc un ensemble de collègues qui ont fait de belles carrières et qui, sur la fin de leurs carrières, ont décidé de fracasser le système qui les ont fait vivre et c'est un peu gênant. Peut-être que la conclusion est exagérée, mais voilà ce que j'en dis.
Christian Topalov : Une intervention encore et puis je repasse la parole aux orateurs.
Fanny Cosandey : J'ai juste une question : qui sont les auteurs de ce rapport ? Combien sont-ils et quel est leur profil ?
Christian Topalov : Je vais solliciter une intervention de notre jeune collègue des sciences politiques, puisque dans le texte qu'ils ont élaboré il y a un point spécifiquement consacré à ta question, Fanny. Je veux aussi dire que Sophie Pochic a commencé de faire un travail prosopographique sur l'ensemble de ce Conseil. Elle n'a pas eu tout à fait le temps de le terminer, et je ne voudrais pas déflorer ses premières conclusions en les simplifiant trop. On va essayer de répondre à ta question, Fanny, mais je pense que dans le séminaire on va revenir, dans une séance complète, je pense au mois de mai, sur les identités sociales et professionnelles de nos réformateurs, de nos modernisateurs, parce qu'il y a des récurrences absolument troublantes, extrêmement intéressantes, avec un mystère qui est : comment se fait-il que des collègues qui n'épousent pas nécessairement la totalité des points de vue du gouvernement finissent par se retrouver dans la situation dans laquelle ils se sont mis, parce qu'ils l'ont bien voulu, mais ils s'étonnent ensuite qu'on les critique. Pourquoi, comment des choses pareilles sont-elles possibles ? comment se fait-il qu'ils soient si nombreux à faire tant de sottises alors que ce ne sont pas nécessairement des « méchants » ?
Voulez-vous intervenir sur l'identité des membres du Conseil, et puis sur d'autres sujets ?
Pour lire la suite.
[1] Cf. l'article de L'Usine Nouvelle http://www.ici-et-demain.fr/images/Usine_Nouvelle_Fevrier_2008.pdf
[2] L'ouvrage est publié chez Odile Jacob. La page de présentation indique ceci : « Deuxième opus d'une série annuelle, le FutuRIS 2007 propose un panorama du système français de recherche et d'innovation, profondément remodelé depuis 2005 par une série de réformes importantes.
Cet ouvrage est le fruit des travaux menés au sein de la plate-forme FutuRIS qui rassemble acteurs et experts issus de la recherche publique comme de l'entreprise.
Le lecteur y trouvera un bilan actualisé de la situation française, ainsi que des analyses et des propositions sur un certain nombre de questions majeures : les besoins en innovation de la société de demain, les controverses socio-scientifiques, la coopération européenne en recherche, la mondialisation de la recherche et les logiques territoriales, les nouveaux outils (agences, pôles…), les synergies entre la recherche publique et l'entreprise, le rôle des PME en matière d'innovation…
Synthétique et documenté, cet ouvrage a le mérite de présenter un état des lieux rigoureux d'un système en cours de transformation, ainsi qu'une réflexion sur ses devenirs possibles. »
[3] « Un coup de poignard dans le dos ». http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article3419.
[4] nommésPour la liste des membres du CDHSS : http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid48762/composition-du-conseil-pour-le-developpement-des-humanites-et-des-sciences-sociales.html
[5] http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article3332
[6] Notons que le Conseil a renoncé dans son nom même à la notion de SHS, en séparant « Humanités » et « Sciences sociales ». Il y a sans doute là un accord trouvé pour satisfaire les différentes conceptions des membres du Conseil, mais ce n'est pas sans enjeux intellectuels.
22:53
Mercredi 3 mars aux environs de 16 heures au squat du Grand Lyeu 3 flics se sont introduit dans la place.
Récit
22:32
La semaine dernière, le message suivant est tombé dans notre boîte à mails :
« Bonjour, je suis un enfant de 9/10ans que s’intéresse à l’informatique (je programme php/html/js/… tous les langages Web). Je souhaite vous remercier pour cette suite de logiciels libres et portables Framakey, mais je n’ai pas d’argent (10€ en tout). Je ne souhaite pas poster ce message sur le forum car j’aurais le honte (je pense). Merci pour tout et bonne continuation. J’espère que vous deviendrez riches (c’est pas tout de suite…). Thibaud »
Effectivement c’est pas pour tout de suite ! Mais sache que ça n’est pas le but non plus ;-)
Par contre, un tel message vaut bien tout l’or du monde ! Pas courant de programmer si jeune (et d’utiliser notre Framakey), alors en le remerciant à mon tour pour sa gentille missive, j’ai eu envie d’en savoir plus en lui posant quelques questions[1].
Voici ses réponses. Elles n’ont pas été retouchées, si ce n’est quelques petites fautes d’orthographe de-ci de-là.
Entretien avec ThibaudBonjour Thibaud, peux-tu te présenter rapidement ?
Je m’appelle Thibaud, j’ai 9 ans, presque 10. Je suis en CM1 et j’habite dans une maison à 2 étages à Blanquefort (Gironde).
Tu nous as écrit pour nous signaler que tu était passionné d’informatique. D’où te vient cette passion : de l’école ? de ta famille ?
Cela vient de moi, personne ne m’a aidé au début.
Tu développes en PHP, Javascript et HTML. Où as-tu appris ces langages ? Dans des livres ? Sur Internet ? A l’école ? Parce que d’autres personnes t’ont initié ?
Le Html, c’est mon père. Le Javascript, le PHP et le CSS, c’est moi (avec l’aide de Google).
Peux-tu nous décrire quelques uns des programmes que tu as créé ?
En fait j’ai plutôt créé des menus car le reste je le dois au site de scripts EditeurJavascript.com : HTML (10%), Javascript (65%), PHP (20%) et CSS (5%).
Aussi, je modifie les jeux pour les rendre compatibles avec tous les navigateurs (surtout ceux des consoles et téléphones portables).
Quels sont les sites internet que tu fréquentes et que tu préfères ?
Google.com, framakey.org, dsi.fr.nf (mon site à moi) et donc editeurjavascript.com.
Comment as-tu découvert la Framakey ?
J’ai rencontré la Framakey sur un forum en cherchant « logiciel pour clé USB ». J’était très content car je change souvent de maison (2/3 fois par semaine).
Comment l’utilises-tu (tu bootes sur Linux ou uniquement avec Windows) ? Sur plusieurs ordinateurs ?
Je l’utilise uniquement sur Windows car tout ma famille a Windows et mon portable (à moi) ne marche avec aucun Linux (ni avec Windows…), c’est dommage.
Utilises-tu l’ordinateur à l’école et si oui comment et pourquoi ? Cela t’intéresse ou bien tu t’ennuies un peu, à cause de tes connaissances au dessus de la moyenne ?
On utilise que Firefox et Open Office pour les exposés et les rédactions. Remarque : il n’y a pas autre chose… à part le système d’exploitation (Windows XP). À l’école ça ne m’ennuie pas car le maître me dit d’aider les autre qui en ont besoin (tout le monde :)).
Aider les autre ça fait passer le temps qui lui n’est pas long… une demi-heure par semaine. C’est vrai, je suis « largement » au dessus de la moyenne de la classe (la moyenne est basse, hi!hi!hi!)
Quelle est ta configuration matérielle et logicielle ?
J’ai tous les logiciels portables Framakey et ça me suffit. Ma mère me prête son ordinateur fixe maintenant qu’elle a un portable. Chez mon père, je programme pas trop car son ordi est sur Vista et il y a un mot de passe administrateur…
Tu as une connexion à Internet dans ta chambre ? Tes parents te laissent-ils surfer autant que tu veux sans regarder ce que tu visites ?
Dans mes deux maisons il y a une connexion wi-fi avec mots de passe, dans des endroits « libres » de la maison.
Oui mes parent me laissent mais JE NE TCHATE JAMAIS. Je joue aux jeux sur mon site pour mobile depuis ma Nintendo DS(i). Mes parent surveillent juste l’heure du coucher (max 21h30/22h).
Cela t’arrive de télécharger des choses « illégalement » ? (de la musique, des films, des jeux, des logiciels, etc.)
JAMAIS !!! (mais mon père…)
Sais-tu ce qu’est un logiciel libre ? Comprends-tu pourquoi un site comme Framasoft souhaite que l’on utilise plus de logiciels libres ?
Un logiciel libre est un logiciel public sur lequel tout le monde a tous les droits. La différence est que le logiciel non libre, tout le monde n’a pas tous les droits ! Oui je comprends : c’est pour qu’on puisse s’entraider sans avoir à demander a une quelconque personne et qu’on n’ait pas à payer 150€ pour taper du texte et dessiner sur l’ordinateur.
Quels conseils donnerais-tu à un camarade qui voudrait lui aussi se mettre à programmer ?
Prends Framakey et Linux !
Penses-tu qu’Internet puisse participer à rendre le monde meilleur et si oui pourquoi ?
Oui car on peut partager nos connaissances et nos avis.
Notes[1] Crédit photo : D Sharon Pruitt (Creative Commons By)
21:01

La direction générale des ressources humaines de l'Éducation Nationale vient d’envoyer aux recteurs et aux inspecteurs d’académie une lettre de cadrage datée du 25 février avec pour titre : « Objet: dispositif d'accueil, d’accompagnement et de[...]
20:46

In Le Monde
En septembre, comme à chaque rentrée, le ministère devra placer devant des élèves des enseignants débutants. La différence, c'est que cette fois, une partie d'entre eux auront un handicap supplémentaire : ils seront encore plus débutants que leurs prédécesseurs et n'auront même[...]
19:44
18:52
par Christian W. Denker,
Lehrbeauftragter (chargé de cours) à l'Institut de Philosophie de l'Université de Vienne.
Avant de vous présenter les grandes lignes des demandes des enseignants universitaires à Vienne, je vous propose quelques informations de base sur la situation des enseignants en Autriche.
Les demandes dont je vais vous parler sont formulées par une majorité de personnes dans une situation « précaire ». La distinction entre le personnel « interne » d'un côté et « externe » de l'autre, prend ici tout son intérêt. La situation du personnel « interne », voire des professeurs titulaires, pourrait certainement être meilleure. En effet, les structures « internes » sont caractérisées par une hiérarchisation extrême et souvent par un manque de collégialité. Cependant, la majorité des enseignants « externes », une sorte de prolétariat universitaire, serait décidément très heureuse de passer au statut « interne ». En effet, la pression de la concurrence est énorme, les espoirs minimes. J'enseigne à Vienne à l'Institut de Philosophie comme « Lehrbeauftragter », c'est-à-dire chargé de cours, recevant pour chaque séminaire un dédommagement de 2612.89€, c'est-à-dire environ 435€ par mois, ainsi qu'une sécurité sociale de base. Pour des raisons de « diversification » les personnes concernées sont en général chargées d'un seul séminaire par semestre, ce qui permet d'embaucher un maximum de personnes avec des moyens modestes.
Les décisions concernant les contrats sont prises par une commission composée d' « internes », c'est-à-dire d'enseignants « normaux ». Les contrats ont une durée d'un semestre voire de six mois. Les externes sont étrangers à toute décision « interne ». Au début du semestre, un enseignant « interne » est chargé de leur expliquer les besoins d'enseignement. Ensuite les « externes » présentent leurs projets d'enseignement par écrit. Par la suite la commission d'embauche les informe si leur est accordé nouveau contrat ou non. Le statut d'« externe » n'est pas exceptionnel. Au contraire : en 2008 l'université de Vienne comptait 379 Professeurs (dont 74 femmes et 305 hommes) et 6.106 personnes de statut « externe », le « personnel scientifique et artistique » (dont 2.890 femmes et 3.211 hommes) (Source : http://www.statistik.at/web_de/statistiken/bildung_und_kultur/formales_bildungswesen/lehrpersonen/028129.html, 15.02.10, 14h). Selon mon estimation, la situation ne s'est aucunement améliorée depuis la fin de l'année 2008. Des chiffres plus ou moins équivalents caractérisent toute la politique d'embauche des universités en Autriche (2.191 professeurs contre 31.413 « externes »). La majorité des enseignants se trouve donc en situation plus ou moins précaire.
Cependant, la situation des enseignants n'est qu'un élément dans la misère universitaire viennoise. De nombreuses vagues de protestation d'étudiants et d'enseignants se sont mises en mouvement depuis 2009. Entre autres, c'est la soumission de l'université aux nécessites économiques, le processus de Bologne et la politique générale du pays (en particulière la politique économique) qui sont visés.
Face a cette situation, l'assemblée des enseignants et des chercheurs des universités viennoises décidait le 2 novembre 2009 d'un catalogue de demandes (« Forderungskatalog ») (http://unsereuni.at/ ?page_id=14187, 15.02.10, 14h, voir annexe). Je ne vous donne pas une traduction complète et exhaustive mais j'essaie de transmettre les demandes principales :
§ 1. Nous demandons un débat sur un « concept d'instruction émancipatoire » (« emanzipatorischer Bildungsbegriff ») ! Actuellement, le concept d'instruction est orienté par une économie de compétition. La signification des institutions d'enseignement est mesurée en fonction d'une logique d'utilité de marché. Un « concept d'instruction émancipatoire » au contraire favorise l'apprentissage autonome et auto-organisé, la liberté de la recherche et la reconnaissance des cultures de savoir non académiques.
§ 2. Nous demandons l'accès libre au savoir et une démocratisation des subventions de recherche ! Les priorités des subventions accordées à la recherche ne sont pas transparentes. Les décisions des élites favorisent la profitabilité et causent la précarité dans de nombreux domaines de recherche. Le savoir créé par des institutions publiques devrait être librement accessible et gratuit pour tout le monde. Colonialisme, national-socialisme et rôle des scientifiques (« embedded scientists ») investis dans les guerres actuelles méritent l'attention de la recherche.
§3. Nous demandons l'instruction (« Bildung ») pour tout le monde sans limitation temporaire au lieu de « formation tout au long de la vie » ! L'impératif d'une formation tout au long de la vie » sert aujourd'hui avant tout à entraîner les personnes pour un marché du travail flexible(« employability »).Nous demandons que es certificats scolaires et universitaires ainsi que les compétences cognitives, sociales et créatives soient reconnus dans un contexte large d'épanouissement personnel et de mouvement de la société.
§ 4. Nous demandons des Universités de masse excellentes ! Le processus de Bologne soutient la formation des élites dans tout le système d'éducation. Il nous faut une éducation et une recherche excellentes à tous les nivaux, pour toutes les sciences et pour tous les étudiants, au lieu d'une liaison de la production du savoir aux privilèges sociaux. L'université de masse peut garantir cela, si elle est dotée des moyens financiers et personnels nécessaires.
§ 5. Nous demandons des mesures contre la discrimination ! Une grande partie de la population se trouve exclue du système d'éducation. Les frais d'inscription, les tests d'immatriculation brutaux (« Knock-out-Prüfungen »), la discrimination selon les critères sociaux, les origines ethniques, la race, l'âge, et la nationalité devraient disparaître. Les structures de soutien des groupes discriminés devraient être renforcés. L'enseignement et la recherche devraient produire un savoir antidiscriminatoire.
§ 6. Nous demandons le rétablissement et l'élargissement de l'autogestion et de l'autonomie des universités ! La limitation massive et systématique de la liberté des institutions universitaires en faveur de modèles économiques est à revoir. L'installation des structures de pouvoir autocratiques s'oppose aux formes de discussion démocratiques et collégiales. L'ensemble des personnes concernées (l'ensemble des « vier Kurien », c'est-à-dire des professeurs, des professeurs associés, des étudiants et d'autres personnels) devraient être intégrés dans les processus de décision pour mettre un terme à la politique hiérarchique (« Top-Down-Politik »). La fonction des présidents d'université et des bilans de savoir (« Wissensbilanzen ») est à revoir. Nous demandons l'abolition du Conseil d'université (« Universitätsrat »)
§ 7. Nous demandons la protection financière pour tout le monde ! La situation des professeurs associés et des jeunes employés est exemplaire de la précarité des conditions de travail. L'octroi de contrats de courte durée aux chargés de cours (« LektorInnen ») met en danger l'existence des enseignants et de l'enseignement. L'autofinancement des postes d'emploi par les sources tertiaires (« Drittmittel ») cause des pressions supplémentaires. Le personnel scientifique et non scientifique est forcé à un nombre inacceptable de travaux non payés sous une pression temporelle énorme. Nous demandons des contrats de longue durée, des postes fixes et des espaces de travail pour l'ensemble des enseignants et chercheurs. La flexibilisation des marchés du travail est symptomatique de la tendance générale à priver de plus en plus de personnes d'une sécurité financière stable. Nous demandons une discussion sérieuse sur un revenu minimum.
§ 8. Nous demandons des structures d'enseignement et recherche émancipatoires ! La structure de financement du personnel scientifique détermine la manière dont enseignement et recherche fonctionnent et ainsi la production et la transmission de savoir. Actuellement les structures établies sont privilégiées au détriment des structures innovatrices, risquées et critiques. Nous demandons des périodes de subventions prolongées et un renforcement des subventions au-delà des orentations « mainstream » de la science (« Förderung von Forschung jenseits des wissenschaftlichen Mainstreams »)
§ 9. Nous demandons une discussion de principe au sujet des suites et de correction du « processus de Bologne » ! Le processus de Bologne est le parangon des problèmes actuellement discutés dans les universités autrichiennes. La critique concerne notamment la « scolarisation » (« Verschulung ») des études, les restrictions de la reconnaissance des résultats des études et d'examen, la détérioration de la mobilité internationale et nationale, le manque d'acceptation du diplôme Bachelor (licence) pour la qualification professionnelle et les systèmes d'accréditation difficiles. Est également critiqué le statut du processus de Bologne comme directive européenne qui doit être interprétée et appliqué par les acteurs nationaux exclusivement. Nous demandons une réflexion approfondie sur les changements causés par Bologne.
§ 10. Nous demandons la révision des nouveaux programmes d'étude (« Studienpläne ») ! La révision des programmes d'étude selon les nécessités de Bologne, qu'elle soit prévue ou déjà appliquée, a causé de nombreux problèmes de structure et de contenu. Notamment la mise en modules cause une instruction contradictoire (« ‘Ver-Ausbildung' von Bildung »), nuit à la curiosité scientifique des étudiants et à la liberté de la recherche. La pensée critique nécessite la liberté d'études autonomes, non la soumission à des programmes d'études inflexibles. Il faut rétablir les lieux de liberté pour l'organisation des études et des enseignements selon des critères de l'auto-organisation.
§ 11. Nous demandons des lieux publics pour le débat collectif ! La discussion publique occasionnée par les protestations des étudiants doit continuer. Les demandes ne peuvent pas être satisfaites par des mesures d'urgence, qu'elles soient financières ou d'action. Il nous faut des changements de structure qui correspondent à une réflexion sociale et globale de longue durée. Ceci n'empêche pas la nécessité des actions immédiates. En ce sens les enseignants et chercheurs des universités viennoises soutiennent l'annexion des lieux de réflexion et l'élargissement du mouvement d'occupation et de protestation. Nous demandons aux responsables de libérer les salariés et les étudiants pour la participation dans telles actions.
Annexe : texte allemand intégral du "Catalogue de demandes des enseignants viennois :
Erweiterter Forderungskatalog der Lehrenden- und Forschendenversammlung der Wiener Universitäten, 2. November 2009
§ 1. Wir fordern breite Debatten zu einem emanzipatorischen Bildungsbegriff !
Der derzeitige Bildungsbegriff ist am Projekt einer wettbewerbsfähigen Wissensökonomie orientiert. Bildungsinstitutionen wird fast ausschließlich im Kontext marktwirtschaftlicher Verwertungslogiken Bedeutung zugemessen. Ein emanzipatorischer Bildungsbegriff dagegen umfasst selbstbestimmtes und selbstorganisiertes Lernen sowie das Recht auf freie Forschung und erkennt auch nicht-akademische Wissensformen und Wissenskulturen an. Ziel von Bildungspolitik sollte daher sein, die Rahmenbedingungen für die Thematisierung und Reflexion möglichst vielfältiger Inhalte aus verschiedenen Perspektiven zu schaffen. Wir lassen uns nicht zu Humankapital einer Wissensökonomie reduzieren. Wir sind Teil einer ebenso breiten wie vielfältigen Basis emanzipatorischer, sozialer Bewegungen.
§ 2. Wir fordern freien Zugang zu Wissen und die Demokratisierung der Forschungsförderung !
Die Prioritätenbildung in der Forschungsförderung von Seiten der Politik ist weder transparent noch Ergebnis eines demokratischen, gesamtgesellschaftlichen Aushandlungsprozesses. Sie wird von Eliten vorgegeben und folgt oft partikularen wirtschaftlichen Interessen. Dadurch leiden viele nicht unmittelbar ökonomisierbare Forschungszweige und Fachgebiete unter Unterfinanzierung. Dies hat dramatische Auswirkungen auf das Lehr- und Forschungspersonal und die Infrastrukturen, wie Bibliotheken und technische Gerätschaften. Wissen, das an öffentlichen Einrichtungen geschaffen wird, soll auch frei und kostenlos für alle zugänglich sein. Insbesondere fordern wir eine öffentliche Auseinandersetzung mit der Teilhabe der Wissenschaft und ihrer Institutionen an Kolonialismus, Nationalsozialismus und „embedded scientists“ in gegenwärtigen Kriegen.
§ 3. Wir fordern Bildung für alle und jederzeit statt lebenslänglich Ausbildung !
Der Imperativ lebenslangen Lernens ist heute vor allem eine Aufforderung, sich für einen flexiblen Arbeitsmarkt „fit“ zu halten. Nicht nur zertifizierte Schul- und Universitätsabschlüsse, sondern auch außerschulische Kompetenzen und kognitive Fähigkeiten wie Intelligenz, soziale Kompetenz und Kreativität, werden in den Dienst von „employability“ gestellt. Wir fordern, dass diese Fähigkeiten auch außerhalb einer Verwertungslogik als Grundlage persönlicher Entfaltung und sozialer Bewegungen anerkannt werden. Eine so verstandene Bildung muss für alle Generationen und generationenübergreifend frei zugänglich sein.
§ 4. Wir fordern exzellente Massenuniversitäten !
Der im Zuge des sog. „Bologna-Prozesses“ offen zu Tage tretenden Tendenz zur Elitebildung im ganzen Bildungssystem muss Einhalt geboten werden. An die Stelle von fragwürdigen Eliteprogrammen, die eine höchst spezialisierte, politisch regulierte Wissensproduktion mit gesellschaftlichen Privilegien verbinden, müssen Bemühungen und Maßnahmen treten, eine ausgezeichnete Lehre und Forschung auf allen Ebenen, in allen Fachbereichen und für alle Studierenden zu gewährleisten. Eine Massenuniversität kann mit der entsprechenden finanziellen und personellen Ausstattung Exzellenz für alle bieten.
§ 5. Wir fordern verstärkte Maßnahmen gegen Diskriminierung !
Verschiedene gesellschaftliche Mechanismen erschweren und verhindern aktuell breiten Teilen der Bevölkerung den Zugang zum Bildungssystem. Dazu zählen nicht nur Studiengebühren und Knock-out-Prüfungen an den Universitäten, sondern ebenso Diskriminierung aufgrund von sozialer Herkunft, Geschlecht, Hautfarbe, Alter, Migrationshintergrund, StaatsbürgerInnenschaft, etc. an allen Bildungseinrichtungen, insbesondere im Pflichtschulbereich. Um mittelfristig allen Gesellschaftsmitgliedern den Zugang zu Bildung zu ermöglichen, sind wir für den Ausbau institutioneller Strukturen und Investitionen zur Förderung benachteiligter Gruppen, neben antidiskriminatorischer Betriebsvereinbarungen und der Anerkennung ausländischer Zeugnisse. Darüber hinaus fordern wir die explizite Orientierung von Forschung und Lehre an der Herstellung von Wissen, das die Strukturen der Produktion von Ungleichheiten benennt, analysiert und bekämpft, sowie die stärkere Förderung antidiskriminatorischer Kontrollmechanismen (z.B. Transparenz bei Besetzungsverfahren, Quotenregelungen).
§ 6. Wir fordern die Wiederherstellung und Ausweitung der universitären Selbstverwaltung und Mitbestimmung !
Die letzten Jahre brachten eine massive und systematische Beschneidung der Freiheit der universitären Selbstverwaltungsorgane und der Mitbestimmung aller Mitglieder der Universitäten zugunsten marktwirtschaftlicher Modelle. Die Installierung autokratischer Macht- und Herrschaftsstrukturen führte zu massivem Abbau demokratischer, kollegialer Arbeits- und Diskussionsformen. Um die aktuelle Top-Down-Politik zu stoppen, ist eine gleichberechtigte Einbeziehung aller vier Kurien in universitäre Entscheidungsprozesse unabdinglich. Die Befugnisse des Rektorats sowie die Praxis der Leistungsvereinbarungen und der Wissensbilanzen müssen neu überdacht werden. Wir fordern die Abschaffung des Universitätsrats.
§ 7. Wir fordern neue Formen finanzieller Absicherung für alle !
Die existentielle Situation des akademischen Mittelbaus und des wissenschaftlichen Nachwuchses ist beispielhaft für gegenwärtige prekäre Arbeitsbedingungen. Die kurzfristige und ungesicherte Vergabe von Semesterverträgen für LektorInnen bedroht die Existenz der Lehrenden wie die Lehre selbst. Die immer zwingendere Selbstfinanzierung des eigenen Arbeitsplatzes durch Drittmittel führt zu immensen zusätzlichen Belastungen. Wissenschaftliches sowie nicht-wissenschaftliches Personal leistet in diesen Kontexten unter hohem Zeitdruck ein untragbares Ausmaß an unbezahlter Arbeit. Wir fordern langfristige Verträge mit Aussicht auf Verlängerung, fixe Arbeitsplätze und Versammlungsräume für alle Lehrenden und Forschenden. Die Flexibilisierung wissenschaftlicher Arbeitsmärkte ist symptomatisch für allgemeine Tendenzen am Arbeitsmarkt, die immer mehr Menschen immer weniger kontinuierliche, finanzielle Absicherung bieten. Wir fordern daher eine ernsthafte Diskussion über das bedingungslose Grundeinkommen und einen allgemeinen Mindestlohn als Möglichkeiten kontinuierlicher, finanzieller Absicherung statt prekarisierter Arbeitsmärkte.
§ 8. Wir fordern Strukturen für emanzipatorische Lehre und Forschung !
Die Finanzierungsstruktur von Forschung und Lehre und damit auch die Arbeitsbedingungen wissenschaftlichen Personals geben den Rahmen für die Art und Weise vor, wie Forschung und Lehre angelegt werden und damit indirekt auch, welches Wissen produziert und vermittelt werden kann. In den derzeitigen Strukturen erhalten tendenziell die etablierten Forschungs- und Lehrbereiche mehr Unterstützung als neu entstehende und solche mit kritischem Inhalt. Kurze Anstellungsperioden und hoher Leistungsdruck schließen komplexere Fragestellungen aus und führen zur Vernachlässigung innovativer aber riskanter Forschungsinhalte. Wir fordern daher überall dort längere Förderperioden wo es nötig und sinnvoll ist sowie die stärkere Förderung von Forschung jenseits des wissenschaftlichen Mainstreams.
§ 9. Wir fordern eine grundsätzliche Bestandsaufnahme sowie Diskussion über Folgen und mögliche Korrekturen des Bologna-Prozesses !
Der sog. „Bologna-Prozess“ ist der Inbegriff für viele Missstände, die zur Zeit an den österreichischen Universitäten diskutiert werden. Sogar die deutsche Kultusministerkonferenz schließt sich der Kritik von Studierenden an einer „Verschulung“ des Studiums, einer restriktiven Anerkennung von Studien- und Prüfungsleistungen, der Verschlechterung der nationalen und internationalen Mobilität, einer geringen Akzeptanz des Bachelors als berufsqualifizierenden Abschluss, sowie den aufwändigen Akkreditierungsverfahren an. Hinzu kommt, dass „Bologna“ den Status einer EU-Direktive hat, weshalb sie nur von nationalen AkteurInnen interpretiert und umgesetzt werden kann. In diese Diskussion müssen alle Universitätsangehörigen und die Öffentlichkeit einbezogen werden. Wir fordern eine gründliche Reflexion darüber, welche positiven Neuerungen „Bologna“ bringt und was sich durch die Umstrukturierungen verschlechtert.
§ 10. Wir fordern die Überarbeitung der neuen Studienpläne !
Die im Zuge des sog. „Bologna-Prozesses“ geplante und teilweise erfolgte Umgestaltung der Studienpläne hat viele strukturelle und inhaltliche Probleme nach sich gezogen. Insbesondere die Modularisierung führt zur „Ver-Ausbildung“ von Bildung, zur Ermüdung der wissenschaftlichen Neugier der Studierenden und einer Einengung der Freiheit der Lehre. Kritisches und mündiges Denken vollzieht sich nicht entlang schablonierter Studienpläne, sondern kann nur in der Freiheit eines selbst bestimmten Studiums gedeihen. Daher müssen in die Studienpläne mehr Freiräume für ein selbstorganisiertes Lernen und Lehren eingearbeitet werden.
§ 11. Wir fordern die Einrichtung öffentlicher Räume für eine kollektive Debatte !
Es ist von wesentlicher Bedeutung, dass die öffentliche Diskussion, die die Studierendenproteste ausgelöst haben, fortgesetzt wird. Den vorgelegten Forderungen kann nicht durch einmalige Maßnahmen, weder durch rein finanzielle Mittel noch durch ein ad-hoc-Maßnahmenpaket, Genüge getan werden, sondern nur durch strukturelle Veränderungen und langfristig angelegte, gesamtgesellschaftliche Reflexion. Das bedeutet nicht, dass es nicht sofortigen Handelns bedürfte ! In diesem Sinne unterstützen die Lehrenden und Forschenden der Wiener Universitäten ausdrücklich eine Aneignung solcher Räume und die Ausweitung der Besetzungs- und Protestbewegung ! Zur Unterstützung der Bewegung fordern wir die Verantwortlichen auf, MitarbeiterInnen sowie Studierende der Universitäten für entsprechende Aktionen freizustellen !